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Journal Sciences au sud (IRD) N09

n 9 - mars/avril 2001
25 F - 3,81
bimestriel

r i z i ố r e s

a u

g ộ n o m e

En guise
dau revoir

Les dộfis du riz

L

T

roisiốme cộrộale en terme de
production aprốs le blộ et le

maùs, le riz constitue la base
de lalimentation de la moitiộ de lhumanitộ. Les 150 millions dhectares de
riziốres cultivộes dans le monde, essentiellement en zone intertropicale, produisent environ 600 millions de tonnes
par an de riz paddy (grains non dộcortiquộs) dont 90 % en Asie, loin devant le
continent amộricain (5 %) et lAfrique
(3 %). Pour assurer les besoins dune
population croissante, en particulier
dans les pays du Sud, la production rizicole devra presque doubler dici 25
ans. Un vộritable dộfi que doivent
aujourdhui relever la recherche agronomique et les biotechnologies.
Face de tels enjeux, lIRD mốne de
nombreux programmes en collaboration
avec des instituts de recherche des pays
du Nord et du Sud, lAdrao (Association
pour le dộveloppement de la riziculture
en Afrique de lOuest) et lIRRI
(International Rice Research Institute)
notamment. Depuis 1999, lInstitut sest
mobilisộ avec lInra, le Cirad, le CNRS et
lUniversitộ sur la gộnomique du riz dans
le cadre du programme Gộnoplante qui
associe la recherche publique franỗaise
des partenaires privộs. Ce programme

la veille de ce passage de relais,
je veux redire ici ma conviction
profonde, celle aussi qui sous-tend
toute laction de lộquipe de
direction (au courage et
lefficacitộ de laquelle je tiens
rendre hommage) : disposer dun
ộtablissement public de recherche
dont la finalitộ est de travailler en
partenariat avec les pays du
ôSudằ, au service de leur
dộveloppement, est une chance
pour notre pays et dont peu de
nations bộnộficient. LORSTOM dont
on connaợt lenracinement
historique a longtemps et bien


jouộ ce rụle, respectộ et louộ hors
de nos frontiốres nationales,
parfois mal compris en leur sein,
trop souvent ballottộ entre des
directives et/ou des rộformes
contradictoires. Quelles que
puissent ờtre les critiques
apportộes la derniốre de ces
rộformes et les Irdiens, fidốles
leurs traditions libertaires, nen
ont pas ộtộ avares! on ne saurait
me faire grief de penser et de dire
ma conviction que cest une bonne
rộforme, et, pour longtemps,
effectivement la derniốre!

(suite page 2)

a v e c

Repiquage du riz en Indonộsie.
du virus de la panachure jaune du riz,
flộau de la riziculture africaine, amộlioration de la productivitộ des riziốres de
mangrove1, ộvaluation de limpact des
principaux ravageurs dans les riziốres
du Sud-Est asiatique, pour nen citer
que quelques-uns. Grõce ses nombreuses collaborations internationales
et sa capacitộ dexpertise, lInstitut met

R a y m o n d

R aymond Aubrac, connu de tous pour le rụle ộminent
quil a jouộ pendant la Rộsistance, a ộgalement ộtộ,
aprốs la guerre, un acteur essentiel de lộvolution
des relations entre la France et ses anciennes colonies,
notamment le Viờt-nam et le Maroc. Il a exercộ pendant
une douzaine dannộes les fonctions de directeur la FAO1
puis, partir de 1987, celles de conseiller dAgropolis
Montpellier. Il a bien voulu nous confier quelques
rộflexions sur sa conception des relations Nord-Sud
en matiốre de coopộration scientifique et technique.

V

ous minterrogez sur ma
vision du problốme du dộveloppement mais, vous savez,
je ne suis plus tellement au fait du dossier ! Je peux nộanmoins vous dire
quelques mots de la conservation et de
lutilisation des informations scientifiques et techniques, et puis aussi (sourire) des rats !
Des rats ?
Mais oui, des rats ! Vous savez, cest la
mờme chose : il sagit de la lutte, per-

manente, contre le gaspillage ! La premiốre tõche de linformation scientifique et technique est dộviter de
perdre des informations utiles. Lun
des meilleurs projets que jai pu rộaliser ce propos, le fut linitiative de
Jean-Pierre Chevốnement. Alors
ministre de la recherche, il minvite
un petit-dộjeuner et me dit : ô Je pars
au Viờt-nam la semaine prochaine,
vous connaissez bien ce pays, suggộrez-moi un projet de la compộtence de
mon dộpartement qui puisse les intộresser ằ. ô Je sais quil existe au ministốre de la Coopộration, aux Archives et
dans nos bibliothốques lui rộpondisje une quantitộ invraisemblable de
documents jamais utilisộs, occultộs,
oubliộs. En ce qui concerne en particulier le Viờt-nam, il y a, dans les placards

les connaissances acquises disposition des pays du Sud et au profit du
dộveloppement durable de la riziculture tropicale.
1. Cf. Sciences au Sud, n 7, p. 6.

(suite page 8-9, voir ộgalement p. 2 et p. 5)

A u b r a c

ô Prộparer lavenir sans perdre
la mộmoire du passộ ằ

â Irốne ELster

Oự en sommes-nous aujourdhui?
La lettre de mission que jai reỗue
lors de ma seconde nomination
tranche singuliốrement, dans le ton
et dans les intentions affichộes,
avec celle qui mavait ộtộ adressộe
en dộcembre 1997. Celle-la nous
intimait de nous rộformer en
profondeur; courtoise dans la
forme, elle ộtait particuliốrement
sộvốre quant au fond. Celle de
novembre 2000 rend explicitement
hommage leffort considộrable
qui a ộtộ accompli par lInstitut, en
trois ans peine, pour tenir
compte des directives qui lui
avaient ộtộ enjointes; elle exprime,
sans la moindre ambiguùtộ, la
volontộ des pouvoirs publics de
prendre dộlibộrộment appui sur ce
qui a ộtộ fait pour bõtir lavenir.
ôLe contrat quadriennal entre
lẫtat et lInstitut, que vous
conduirez son terme pour une
signature au cours du premier
trimestre 2001, permettra
dancrer la politique suivie des
derniốres annộes dans la durộe.ằ
Et encore : ôIl permettra ộgalement de clarifier les engagements
des deux parties dans ce cadre.ằ

E n t r e t i e n

bộnộficiera des attendus dun ambitieux
projet public international de sộquenỗage du gộnome du riz dont la composante franỗaise est reprộsentộe par le
Gộnoscope dEvry.
DAfrique en Asie du
Sud-Est, lIRD conduit
ses recherches sur le riz
et la riziculture tropicale des ộchelles et
selon des axes variộs et
complộmentaires
:
depuis le fonctionnement des gốnes dans la
plante jusqu lộcologie des riziốres et aux
systốmes de production rizicoles.
Aujourdhui comme hier, les ộtudes
visent identifier les meilleures variộtộs
de riz qui puissent ờtre cultivộes et
rendre plus performantes les pratiques
culturales sans porter atteinte lộquilibre de lenvironnement. Ces travaux
ont permis des progrốs notables en
divers domaines : diversitộ gộnộtique,
amộlioration des techniques de culture,
microbiologie des riziốres, etc. Rộcemment, dimportants rộsultats ont ộtộ
acquis : identification de gốnes de rộsistances des pathogốnes trốs nuisibles,
reconstitution trốs fine de la structure
â IRD/M. Dukhan

orsque paraợtra ce numộro de
Sciences au Sud, mon mandat
la prộsidence de lIRD sera sur
le point de sachever.

â IRD/M.-N. Favier

D e s

E d i t o r i a l

de ce ministốre, un nombre considộrable de travaux de tous ordres qui,
coup sỷr, intộresseraient vos interlocuteurs. Vous pourriez leur proposer
den faire linventaire dabord, par
exemple, dans le domaine des ressources naturelles et de leur mise en
valeur. ằ Et cest ainsi, quaprốs laccord enthousiaste des Vietnamiens,
nous avons rộalisộ un inventaire de
deux mille pages, ils ont triộ les documents qui les intộressaient de faỗon
prioritaire, nous avons demandộ au
CNRS leur microfichage et nous avons
pu leur envoyer lộquivalent de
quelque quatre cents bouquins de cinq
cents pages sur les dites ressources et
sur bien dautres sujets aussi
(suite page 16)

Sommaire
Actualitộs
Lumiốre sur une photosynthốse
bactộrienne
p. 2
Moustiquaire et modernitộ
p. 3
Partenaires
Afrique
Faire progresser la scolarisation p. 4
Adrao
Riz rộsistants pour lAfrique
p. 5
Recherches
Ecosystốme dupwelling
Poissons au grộ des courants
Histoire des sols tropicaux
Prộcieux traceurs
Des riziốres au gộnome
Les dộfis du riz
Formations
Guinộe
Une analyse critique des
marchộs
Va l o r i s a t i o n
La copropriộtộ avatar du
partenariat
Expertise collộgiale
Mobilisations des savoirs

p. 6
p. 7
p. 8

p. 10

p. 11
p. 11

Planốte IRD
Burkina Faso
La recherche livres ouverts p. 12
La Cinquiốme rencontre avec lIRD
Le Sud est-il malade du Nord p. 13
Instances
CCDE
Une prộsidente dexpộrience

p. 15


Allons ! LIRD mộrite coup sỷr
son beau nom dInstitut de recherche pour le dộveloppement. Tous
les Irdiens peuvent, lộgitimement,
en ờtre fiers. Et je
suis heureux davoir
pu travailler leurs
cụtộs pendant
quelques annộes.
Philippe Lazar
Prộsident du conseil
dadministration de lIRD

Sciences.au.sud@paris.ird.fr
IRD - 213, rue La Fayette F - 75480 Paris cedex 10
Tel. : 33 (0)1 48 03 77 77
Fax : 33 (0)1 48 03 08 29
http ://www.ird.fr
Directeur de la publication
Jean-Pierre Muller
Directrice de la rộdaction
Marie-Noởlle Favier
Rộdacteur en chef
Olivier Dargouge
Comitộ ộditorial
Franỗoise Bellanger, Patrice Cayrộ, JeanMichel Chassộriaux, Antoine Cornet,
Philippe Lazar, Jacques Merle, Anne-Marie
Moulin, Yves Quộrộ, Hervộ de Tricornot,
Jean-Anne Ville, Gộrard Winter
Rộdacteurs
Marie-Lise Sabriộ (rubrique Recherches sabrie@paris.ird.fr)
Sonia Arfaoui
Ariel Crozon
Correspondants permanents
Bertrand Gobert (Brest),
Jacqueline Thomas (Noumộa),
Michel Fromaget et Abdoulaye Ann
(Dakar)
A collaborộ ce numộro
Marie-Agnốs Bray
Photos IRD Indigo Base
Claire Lissalde
Daniốle Cavanna
Photogravure, Impression
Jouve, 18, rue Saint-Denis,
75001 Paris - Tộl. : 01 44 76 54 40
ISSN : 1297-2258
Commission paritaire : 0904805335
Dộpụt lộgal : mars 2001
Journal rộalisộ sur papier recyclộ.

Une rộcente ộtude menộe
par une ộquipe de lIRD
Montpellier montre que la
lumiốre permet certaines
bactộries, les
Bradyrhizobium, de sassocier des lộgumineuses
vivant dans les riziốres, les
Aeschynomene. Symbiose
qui favorise lutilisation de
lazote de latmosphốre et
la croissance de la plante.

L

es racines des lộgumineuses
prộsentent de petits renflements, ou nodules, contenant
des bactộries, les Rhizobium. Grõce
cette association avec ces micro-organismes, la plupart des lộgumineuses
rộpertoriộes dans le monde sont
capables de fixer lazote de latmosphốre. Cela constitue un ộnorme
avantage, notamment dans les rộgions
tropicales oự les sols sont pauvres en
azote, pourtant essentiel leur fertilitộ.
Que se passe-t-il pour les autres lộgumineuses ? Les nodules se forment sur
les tiges. Cest notamment le cas des
lộgumineuses du genre Aeschynomene, rencontrộes sur des zones inondộes des rộgions tropicales, comme les
riziốres. La symbiose fixatrice dazote se
fait alors avec un autre genre de bactộries, les Bradyrhizobium, qui se servent

C h a o

â IRD/LSTM

de la lumiốre comme source dộnergie
pour se dộvelopper. Ce nest pas tout.
ô Nous avons, pour la premiốre fois,
montrộ via des expộriences de transformation gộnộtique menộes en collaboration avec un chercheur du CEA, Andrộ
Vermộglio, que grõce cette activitộ
photosynthộtique, les Bradyrhizobium
participaient la formation des
nodules et contribuaient la croissance
des Aeschynomene ằ, prộcise ẫric
Giraud, chercheur pour lIRD de lunitộ
mixte de recherche INRA-CIRAD-IRDAgroM Symbioses Tropicales et Mộditerranộennes Montpellier.
En outre, le travail rộalisộ par Clộmence
Chantreuil au cours de sa thốse a permis de constater que ces Bradyrhizobium photosynthộtiques sassociaient
des riz sauvages. Leur inoculation
expộrimentale des espốces de riz cultivộes amộliore leur croissance de faỗon
non nộgligeable, induisant un dộploie-

ment du systốme
racinaire et un
ộlargissement des
tiges. ô Cependant,
cet effet nest pas
attribuộ au transfert
azote-plante comme
dans le cas des lộgumineuses. Une production dhormones
en serait la cause. Ce
rộsultat montre que la
niche ộcologique des
Bradyrhyzobium photosynthộtiques nest pas limitộe aux lộgumineuses, mais
sộtend des espốces cohabitant avec elles ằ, poursuit ẫric
Giraud. Des applications susceptibles de contribuer lessor de la riziculture tropicale
sont dores et dộj ộvoquộes.

Contact
Eric Giraud
giraud@mpl.ird.fr
Mise en ộvidence de
limportance de la
photosynthốse bactộrienne
lors de la symbiose de tige
Aeschynomene/Bradyrhizobia.
(Puf : inoculation avec des bactộries
ne rộalisant plus la photosynthốse ;
ORS278 : inoculation avec
une souche sauvage de bactộries).

Riziốres dans le delta
du Chao Phraya.

Les dộfis dun
delta en mutation
Du 12 au 14 dộcembre Bangkok, les ộvolutions rộcentes
et lavenir agricole et industriel de la plaine centrale
de Thaùlande (delta du Chao Phraya) ont ộtộ au centre
dun grand colloque organisộ par lUniversitộ de
Kasertsart, en collaboration avec lIRD et les universitộs
de Kyoto et Chulalongkorn (Thaùlande).

L

Sciences au Sud - Le journal de lIRD - n 9 - mars/avril 2001

Cette ộtude a donnộ
loccasion lộquipe de se
pencher sur la phylogộnie
des bactộries du genre
Bradyrhizobium. Elle a ainsi
dộcouvert que leur
aptitude saider de
la lumiốre pour assurer
leur croissance ộtait
un caractốre ancestral.
Cependant, seules
les espốces se fixant sur
les tiges des
lộgumineuses
(ici Aeschynomene
sensitiva) lont
conservộ ; pour les
autres, vivant dans le
sol, donc labri de la
lumiốre, ce caractốre
devenant superflu, a
ộtộ perdu.



P h r a y a

IRD collabore depuis 5 ans avec
lUniversitộ de Kasetsart sur un
programme de recherche intitulộ ô Dynamiques agraires et gestion
de l'eau dans la plaine centrale de
Thaùlande ằ. Ce programme sachốve
en 2001 et la confộrence ộtait loccasion den valoriser les nombreux rộsultats. Mais, au-del du groupe multidisciplinaire participant au projet, la
confộrence a tentộ (notamment grõce
un site internet) de rassembler lensemble de la communautộ internationale des chercheurs concernộs par les
transformations et les dộfis relatifs au
dộveloppement du delta du Chao
Phraya : objectif atteint avec quelque
320 participants (Thaùlande, Japon,
Australie, France, Canada, Viờt-Nam,
Inde, Bangladesh, Myanmar)1.
ô Le delta du Chao Phraya constitue le
cur de lagriculture, de lộconomie et
de lhistoire thaùlandaise. Au cours des
derniốres dộcennies, industrialisation et
urbanisation (8 des 14 millions de personnes qui vivent dans le delta rộsident
Bangkok) sont allộs de pair avec des

Mise en ộvidence de lactivitộ
photosynthộtique bactộrienne
grõce un gốne rapporteur
(coloration bleue) sur une
section transversale dun
nodule de tige
dAeschynomene sensitiva.

â IRD/LSTM

Comment, avec un tel socle de
compộtences, avec les rộseaux
que lhistoire de lorganisme a tissộs
au Sud, avec la confiance gộnộrale
dont nous jouissons auprốs de nos
partenaires, avec la lộgitime
volontộ des personnels de lInstitut
de dộfendre leur histoire tout en
sachant intộgrer les non moins
lộgitimes exigences des temps
prộsents, pourrions-nous sộrieusement refuser de nous engager
rộsolument, et ensemble, vers
lavenir vers notre avenir, qui est
partie prenante de lavenir de toute
la coopộration scientifique et technique entre les deux hộmisphốres ?

Lumiốre sur une
photosynthốse
bactộrienne

transformations agricoles marquộes
par la mộcanisation, lintensification et
la diversification, explique Franỗois
Molle responsable du projet lIRD et
co-organisateur de la confộrence. Ces
mutations ont progressivement modifiộ les caractộristiques traditionnelles
de la Plaine centrale, souvent vue
comme une rộgion de monoculture
rizicole avec quelques plantations de
canne sucre et darbres fruitiers. ằ
proximitộ des principaux marchộs
urbains et des filiốres dexportation, le
delta du Chao Phraya constitue sans
doute une rộgion privilộgiộe au sein de
la Thaùlande. Nộanmoins, les communications ont mis laccent sur plusieurs
contraintes et goulets dộtranglement
qui se font jour. Les problốmes environnementaux sont en augmentation et la
pression sur les ressources en eau
entraợne des conflits entre les diffộrents
usages (lagriculture ộtant le secteur le
moins prioritaire). Les diffộrences de
salaire entre les secteurs ộconomiques
provoquent des migrations entraợnant
des pộnuries de main duvre en milieu

â IRD/ E. Mollard

2

Le texte de ce contrat un
document portant la signature de
trois ministres de la Rộpublique !
mộrite une lecture attentive.
Celle-ci permettra tous ceux qui
ộprouvent encore des doutes de
reprendre confiance dans lavenir
de cette maison, une institution
nouveau pleinement respectộe
par les pouvoirs publics. Une
institution dont la spộcificitộ
rộsulte de deux traits essentiels,
complộmentaires : dune part sa
capacitộ de gộrer conjointement,
de faỗon noffrant plus aucune
prise la critique, des activitộs
de recherche, de formation et
dexpertise ; dautre part sa
prộsence effective et forte sur la
plupart des grands chantiers
ouverts lộchelle planộtaire,
quil sagisse de recherches
portant sur la gộosphốre, la
biosphốre ou lanthroposphốre.

â IRD/LSTM

Actualitộs

E d i t o r i a l - s u i t e

rural. Lagriculture doit sadapter la
baisse des revenus rizicoles, lexode
rural comme la diminution de la taille
des parcelles par division d'hộritage. La
viabilitộ ộconomique de la riziculture
passe par une augmentation des rendements, une baisse des coỷts de production et une stabilisation des prix. La
diversification entraợne quant elle de
gros besoins en capital, main doeuvre
et savoir-faire et reste dộpendante des
dộbouchộs. Enfin, la structure sociale et
culturelle du delta rural, sous linfluence
de Bangkok, est en pleine mutation.
La question des crues et inondations a
ộgalement ộtộ largement traitộe mais, si
les chercheurs commencent mieux
comprendre leur fonctionnement, ils sont
encore loin de maợtriser les paramốtres
permettant des prộvisions fiables. Seules
deux communications traitaient de la

qualitộ des eaux, domaine
encore peu abordộ, au-del
de compilations d'observations, et qui devrait recevoir
plus d'attention dans le futur.
Enfin, des travaux comparatifs ont permis de mettre en
relief les spộcificitộs du Chao
Phraya par rapport aux autres
deltas d'Asie du Sud-Est et de
le replacer dans la perspective
plus large des transformations actuelles du monde
rural asiatique. ô Le Chao
Phraya apparaợt comme une
des rộgions les plus avancộes
dans ses infrastructures, son
intộgration aux marchộs et
son degrộ de diversification/
intensification, mais il est aussi une
des plus exposộes aux dộgradations
environnementales et aux diffộrenciations socio-ộconomiques ằ, conclut
Franỗois Molle .


Contact
Franỗois Molle
Odoras@ku.ac.th
1. Trois visites de terrain ont ộgalement permis quelque 130 chercheurs de discuter in
situ des problốmes de diversification, des systốmes traditionnels de riz-flottant et du
dộveloppement historique de la riviốre et de
son delta.

http://std.cpc.ku.ac.th/
delta/conf/home.htm


Par Anne-Marie Moulin, directrice du
département Sociétés et Santé de l’IRD

L

‘usage de la moustiquaire varie
d’un pays d’Afrique ou d’une
région à l’autre : en Gambie, il
serait très répandu, exceptionnel au
Ghana... La moustiquaire délimite un
espace de couchage. Elle abrite le
couple et assure dans la case commune
l’intimité nécessaire. De façon courante,
chaque mère tend à dormir avec ses
jeunes enfants. Elle dort sur le côté, un
bras autour d’un enfant dans son giron,
les autres pressés autour d’elle. Le mari
dort seul sous « sa moustiquaire ».
L’évocation de la moustiquaire est une
façon détournée de parler de sexe. On
plaisante : « je suis né sous la moustiquaire », et si un amoureux déclare
« viens sous ma moustiquaire ! », il s’agit
d’une invite à un engagement prolongé
et non plus d’un flirt passager.

© IRD/Yves Goudineau

« Fixé » réalisé pour Sciences au Sud par Gadjigo, Dakar.
Contrairement aux enfants, les adolescents, symbole de leur célibat et de leur
statut transitionnel, dorment le plus
souvent sans moustiquaire.
La moustiquaire fait souvent partie du
« trousseau » et représente un
« cadeau » masculin obligé : chaque
homme devrait en apporter une à sa
ou ses épouses. Si des femmes déclarent à l’enquêteur payer la moustiquaire de leurs deniers, elles encourent
les railleries et les critiques des
hommes : devant des inconnus, elles
font perdre la face au « papa » !
Couleur, dimensions, formes, mode
d’attache, autant de variables. Si la
moustiquaire épaisse et opaque est

recherchée dans la case commune, ou
pour protéger du froid, ailleurs les tissus
légers et transparents prévalent. Si la
couleur blanche est souvent de mise,
(mais dans certaines cultures elle évoque
fâcheusement le linceul), les citadins
sont sensibles à la mode et aux suggestions du marché : bleu clair ou verte
(étendard du Prophète ?), et pourquoi
pas multicolore ? Qu’elle soit tissée localement ou découpée dans des métrages
industriels, distribuée par des tontines
ou des ONG, comment assurer sa distribution, son ravaudage, sa lessive et surtout sa réimprégnation régulière ?
La moustiquaire ne renvoie pas directement au paludisme, attribué plutôt au

Le 17 janvier, le projet français
Mercator1 diffusait son premier bulletin
hebdomadaire de prévision océanique.
Pour l’instant limité à l’Atlantique nord
tropical, il décrit avec une résolution de
30 kilomètres l’état de l’océan dans
tout son volume, de la surface au fond.
Outre l’état actuel des principales
variables océaniques (courant, salinité,
température, hauteurs de mer, etc.) le
bulletin propose une prévision de l’évolution de ces données à 7 et 14 jours.

Actualités

La moustiquaire imprégnée
d’insecticide (et même
bi-imprégnée!) a été
récemment remise
à l’honneur dans la lutte
contre le paludisme.
Encore faut-il s’assurer
de l’acceptabilité
par les populations...
C’était la question posée
à l’atelier organisé par
le programme VIHPAL (Palu)
à Cotonou (Bénin)
en décembre 2000.

Quel temps faitil dans l’océan ?

3
© Mercator

Moustiquaire et modernité

M e r c a t o r

soleil ou à l’humidité, mais à la protection contre les nuisances : punaises,
mouches, insectes en tous genres.
Contre les moustiques, en fonction de
leur bourse, les villageois utilisent aérosols, fumigations, serpentins découpés
sur mesure. Parlant des campagnes de
désinsectisation des années soixante,
ils évoquent parfois la menace persistante du paludisme comme une « vengeance », le retour offensif d’ennemis
revenus plus méchants et plus nombreux, irrités par le combat final que les
hommes ont cru mener contre eux.
La moustiquaire imprégnée a des
atouts indéniables : même trouée, elle
décourage les moustiques. Mais gare à
des lessives trop prolongées, et si l’intégration des insecticides dans les mailles
évite la problématique réimprégnation,
elle augmente le prix de revient.
L’enquête sur le sens et les usages de la
moustiquaire (prévue dans quatre pays
d’Afrique) amène donc à redécouvrir
l’intrication profonde du biologique et
du social et faire l’expérience de la « biosocialité ». L’interrogation, simple en
apparence : avoir une moustiquaire ou
pas ? se débobine vite en des questions
multiples qui touchent au vécu quotidien
mais aussi à l’esthétique et au symbolique, bref aux valeurs fondamentales
qui ordonnent la vie sociale, le budget et
l’horizon existentiel. Rien de tel qu’une
moustiquaire suspendue au ciel des
idées pour rapprocher les chercheurs et
obliger, sous le filet qui les enserre, les
différentes sciences du département,
entomologie, épidémiologie, socio●
anthropologie... à collaborer!

Hauteur de la surface de l’océan
Atlantique. Bulletin Mercator du
24 janvier 2001.
Mercator exploite un modèle tridimensionnel dynamique de l’océan capable
d’intégrer toutes les informations instantanées fournies, observations satellites, mesures in situ réalisées par des
navires ou des bouées fixes comme
celle du réseau Pirata de l’IRD. Il en offre
ensuite une représentation continue et
cohérente dans le temps.
Dans les trois années à venir, Mercator
va progressivement enrichir le service
proposé en étendant la couverture à
l’ensemble du globe et en affinant la
résolution. Le projet s’inscrit, en effet,
dans le cadre de l’expérience internationale GODAE (Global ocean data assimilation experiment) dont l’objectif, de
2003 à 2005, est de démontrer la faisabilité d’un système international fin
d’observation, de modélisation et de
prévision de l’océan global.

Contact
moulin@paris.ird.fr

M a d a g a s c a r

La nutrition
en fête

© GRET/O. Bruyeron

recherche-action visant à améliorer
l’alimentation des jeunes enfants.
Après un diagnostic approfondi de la
situation alimentaire et nutritionnelle,
des procédés culinaires1 et des messages d’éducation nutritionnelle ont
été élaborés en travaillant en relation
étroite avec les populations de 3 villages et à l’issue de nombreux allers et
retours entre terrain et laboratoire. Ils
sont destinés à être vulgarisés dans le
cadre du programme de Nutrition à
Assise Communautaire (NAC) soutenu

L'entretien individuel, un élément clé du diagnostic de situation.

© Mercator

L

es mauvaises pratiques alimentaires sont reconnues comme
l’un des principaux déterminants de la malnutrition chronique qui
affecte 48 % des enfants malgaches
de moins de 3 ans.
Sur la côte est, autour de Brickaville, le
GRET et l’IRD mènent depuis 1999, avec
le soutien financier du Comité français
pour l’UNICEF et en collaboration avec
l’université d‘Antananarivo et l’Iredec
(ONG œuvrant pour le développement
communautaire), un programme de

© IRD/S. Trèche

A Madagascar, dans le cadre du projet Nutrimad,
l’IRD et le GRET font participer les bénéficiaires potentiels
à l’élaboration de stratégies d’amélioration
de l’alimentation infantile.

La fête, un moyen efficace de sensibiliser les populations.
par l’UNICEF qui touche actuellement
près de 200 sites ruraux dans différentes provinces du pays.
Du 23 au 26 janvier, un séminaire de
restitution de la première phase de l’intervention GRET/IRD s’est tenu à
Brickaville en présence de représentants des institutions concernées (autorités administratives régionales, ministère de l’Enseignement supérieur,
UNICEF, IRD). Les résultats obtenus ont
fait l’objet d’exposés par les ingénieurs,
les animateurs et les étudiants participant au projet tandis que les méthodes
utilisées étaient transférées, au cours
d’ateliers de sensibilisation, aux futurs
acteurs de la seconde phase (services
techniques de la santé et de l’agriculture, ONG). Le temps fort du séminaire a
été la fête tenue dans le village
d’Ampasimbe : au travers de chants,
sketches et de danses longuement pré-

parés avec l’aide des animateurs du
projet, les villageois ont démontré, non
seulement, qu’ils avaient compris et
retenu les messages et les technologies
culinaires, mais aussi qu’ils étaient
motivés pour les mettre en pratique.
Il reste maintenant à développer cette
stratégie participative à plus large
échelle et à en évaluer les effets sur
l’état nutritionnel des jeunes enfants. ●
1. Par exemple des procédés de fabrication
et modes d’utilisation de farines germées
pour l’élaboration d’aliments de complément à haute densité énergétique.

Contacts :
Serge.treche@mpl.ird
Charlotte Ralison
chr.ral@simicro.mg
Chantal Goudeau
goudeau@gret.org

Température de l’eau de la surface au fond
le long d’une section de l’océan Atlantique
entre Rio de Janeiro et le Cap Vert.

L’étape suivante consistera à relever le
défi d’une prévision climatique complète, fondée sur la description et la
connaissance du système océan-biosphère-atmosphère.


1. Le projet Mercator réunit six organismes
français de recherche : le CNES, le CNRS,
l’Ifremer, l’IRD, Météo-France et le Shom .

Les bulletins Mercator sont diffusés
sur internet :

www.mercator.com.fr

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 9 - mars/avril 2001


ẫcole laùque, rộgion de Niakhar,
Sộnộgal.

B a r r a g e s

â IRD/M. Fromaget

4

Contact
Jean Pierre Lamagat
Lamagat@ird.sn

â IRD/J.-J. Lemasson

la suite dune longue sộrie
dannộes de sộcheresse en Afrique
occidentale, les bailleurs de fonds institutionnels et lOrganisation pour la
mise en valeur du fleuve Sộnộgal (OMVS)
ont entrepris de lutter contre les prộjudices causộs par les alộas climatiques.
Le fleuve Sộnộgal a ộtộ ainsi ộquipộ au
cours de la dộcennie 80 de deux barrages importants, Diama et Manantali.
Le premier devait permettre d'empờcher la remontộe de l'eau de mer et le
second de produire de l'ộnergie et de
rộaliser une rộgularisation interannuelle du dộbit du fleuve Sộnộgal.
LIRD a ộtộ chargộ du Programme
dOptimisation de la Gestion des
Rộservoirs (P.O.G.R, financộe par la
France (FAC) et la Banque Mondiale)
afin de dộvelopper un systốme de gestion en temps rộel. LIRD travaille en partenariat avec la Sociộtộ de gestion de
Diama (Soged), la Sociộtộ de gestion
de Manantali (Sogem), les ministốres
de lHydraulique des pays concernộs et
lOMVS. Dautres collaborations ont ộtộ
dộveloppộes avec lUniversitộ de Stanford (Californie), l'Institut sộnộgalais de
recherche agricole (ISRA), le CNES
(Toulouse), le CEMAGREF et le Danish
Hydraulic Institute
(Copenhague).
Les trois premiốres
annộes ont ộtộ
consacrộes
aux
observations et au
dộveloppement
de moyens de
mesure dune prộcision inaccessible
jusque-l (dộbits
topographie limnimộtrie ).
Une sộrie de logiciels, dộveloppộs
par lIRD, permet
de prộvoir lộtendue de linondation de la vallộe en
fonction
des
conditions

Bakel,
station
dentrộe de cette
vallộe. Selon les
contraintes impoBarrage de Diama
sộes
par
la
demande, il est maintenant possible de
gộrer la retenue de Manantali afin dassurer un limnigramme objectif qui corresponde au limnigramme optimisộ.
Le logiciel de gestion en ô temps rộel ằ,
Progesen, assure la rộalisation de lhydrogramme objectif. Un deuxiốme logiciel simule les divers scộnarios imposộs
par les contraintes. Les paramốtres de
ces contraintes sont fixộs par lopộrateur qui peut ainsi connaợtre ladộquation entre offre (limnigramme Bakel)
et demande (contraintes). Les rộsultats
sont traduits en nombre de jours de
dộfaillance (navigation irrigation )
ou en Giga Watt heure pour lộnergie.
Les scộnarios sont simulộs sur la pộriode
historique connue, 1904- 2000.
Au cours de la derniốre phase du projet
(2000-2001) un essai de prộvision de la
pluviomộtrie quatre mois (juin septembre) partir d'indices d'irrộgularitộs
de la pluviomộtrie (collaboration Mộtộo
France) est en cours de dộveloppement.
Cette prộvision doit permettre de minimiser les lõchộs de Manantali non turbinộs en faisant correspondre la crue
artificielle (cultures de dộcrue pờche
põturages recharge des nappes )
avec le maximum des apports non
contrụlộs (Falộmộ Bakoye et bassins
intermộdiaires). Au cours de lannộe
2001, une synthốse de lộtude va ờtre
rộalisộe en mờme temps que seront
exploitộes les donnộes de la crue 2000
et peut ờtre 2001.


A f r i q u e

Faire progresser
la scolarisation
Nombre de pays en Afrique ont encore un taux brut de scolarisation infộrieur 50 %.
Les politiques fondộes sur l'idộe qu'il suffirait d'accroợtre l'offre en construisant
des ộcoles, en recrutant des enseignants, etc. pour que la scolarisation progresse
ont-elles nộgligộ un facteur important ? La demande d'ộducation, rộpondent les
chercheurs rộunis au sein du rộseau FASAF ô Famille et scolarisation en Afrique ằ. Entretien
avec Yacouba Yaro (Plan International) et Marc Pilon (IRD), coordinateurs du rộseau.

ô

Au-del du constat gộnộral
dune sous-scolarisation rurale
et fộminine, on sait encore
peu de choses sur les pratiques scolaires des familles : quel(s) enfant(s)
scolarise-t-on ? Comment agissent le
statut familial des enfants, les caractộristiques des chefs de mộnages, la
structure des mộnages, leurs conditions dhabitat, le besoin de mainduvre domestique et productive ?
Quelle est limportance rộelle de la
contrainte financiốre ? etc. ằ
Si les statistiques scolaires sont, par
nature, inadaptộes pour rộpondre ces
questions, les recensements et la plupart des enquờtes dộmographiques
recueillent des informations pertinentes mais largement ignorộes. Ces
constats ont conduit un groupe de
chercheurs, de statisticiens et de planificateurs de lộducation mettre en
place, au sein de lUnion pour lộtude
de la population africaine (UEPA), le
Rộseau thộmatique de recherche, FASAF,
qui vise notamment lanalyse secondaire de ces sources de donnộes.
Coordonnộ institutionnellement par
lUnitộ denseignement et de recherche

en dộmographie (UERD) de luniversitộ
de Ouagadougou, il regroupe des spộcialistes de neuf pays africains (Bộnin,
Burkina Faso, Cameroun, Cụte dIvoire,
Mali, Maroc, Niger, RDC, Togo), ainsi
que des chercheurs du Nord (France,
Canada, ẫtats-Unis) et des membres de
lInstitut des statistiques de lUNESCO.
ô Le rộseau cherche renouveler lapproche scientifique de la demande
dộducation, amộliorer la collecte des
informations, renforcer les capacitộs
nationales de recherche, et uvrer
pour une collaboration plus ộtroite entre
institutions de recherche, services nationaux de la statistique et de lộducation. ằ
Mais quest-ce que la ô demande
d'ộducation ằ ? ô Faute dune dộfinition
reconnue, nous proposons de la considộrer comme le produit dun ensemble
de facteurs (scolaires, ộconomiques,
sociaux, dộmographiques, politiques,
religieux, culturels) que les individus et
les groupes prennent en compte, directement ou indirectement, consciemment ou non, dans leurs pratiques de
scolarisation. Ces facteurs conditionnent ainsi la mise lộcole, litinộraire
scolaire et la durộe de la scolaritộ. ằ

Tout en ayant lesprit les limites des
sources de donnộes quils utilisent, les
chercheurs recourent aux diverses
mộthodes danalyse statistique en vue
didentifier ces facteurs (et leur poids
respectif). ô Le principal intộrờt de
notre dộmarche est dapporter des
ộclairages quantitatifs propos dun
domaine faisant surtout lobjet dapproches qualitatives. Les analyses dộj
effectuộes permettent ainsi de mettre
en lumiốre des diffộrences de scolarisation selon le sexe du chef de mộnage
(traduisant le plus souvent une attitude
plus favorable des femmes), selon le
statut familial et le sexe des enfants (ce
qui renvoie aux interactions entre scolarisation, confiage1 et travail des
enfants). Les sources de donnộes utilisộes permettent dapprộhender la scolarisation au niveau des mộnages, en
distinguant ceux qui scolarisent tous
leurs enfants, ceux qui nen scolarisent
aucun, etc. ; et de connaợtre alors les
caractộristiques socio-dộmographiques
de ces mộnages. Des repộrages statistiques qui constituent autant de pistes
de recherche et dộboucheront sur des
investigations plus qualitatives. ằ

Contact
Yacouba Yaro
yacoubay@yahoo.com
Marc Pilon ;
pilon@ird.bf
1. Pratique, courante en Afrique, de placement des enfants dans une autre famille
diverses fins (ộducation, travail).

En savoir plus
Guide dexploitation et danalyse des donnộes
de recensements et denquờte en matiốre de
scolarisation, ộditộ par le 7e Rộseau thộmatique de recherche de lUEPA sur les dộterminants familiaux de la scolarisation, Les documents et Manuels du Ceped, n 9,
CEPED-UEPA-UNESCO, Paris 1999, 80 FF, 12,2 e .
M. Pilon et Y. Yaro (ộds.), 2000 La
demande dộducation en Afrique : ộtat des
connaissances et perspectives de recherches,
UEPA, Dakar, 241 p. ( paraợtre).

L a b e x

Un laboratoire virtuel Agropolis

M

ardi 23 janvier ộtait signộ
au ministốre de la Recherche et de la Technologie et
en prộsence de Vinicius Pratini de
Moraes, ministre de lAgriculture brộsilien, et Roger-Gộrard Schwartzenberg,
ministre de la Recherche, un contrat de
coopộration entre linstitution brộsilienne de recherche agropastorale
(Embrapa) et lassociation Agropolis
pour linstallation dun laboratoire virtuel de lEmbrapa lộtranger ou Labex.
Il sagit pour lorganisme brộsilien de
bộnộficier au sein dAgropolis de facilitộs pour accueillir jusqu cinq de leurs
chercheurs dans lune ou lautre des institutions de lassociation montpelliộraine, encadrộs par un coordinateur qui
disposera dun espace permanent. Ces
derniers auront le choix entre travailler
avec des scientifiques de la structure
daccueil, ou mener leurs ộtudes de
faỗon autonome. Biotechnologies, agriculture de prộcision, technologies agroalimentaires et agro-industrielles, technologies de conservation et de gestion
durable de lenvironnement seront les

Sciences au Sud - Le journal de lIRD - n 9 - mars/avril 2001

thốmes abordộs par les programmes de
recherche dans le cadre de ô projets
dintộrờts communs ằ (PIC). Les premiers
projets devraient ờtre mis en place en
cours dannộe 2001. ô LIRD, le Cirad et
lInra, collaborateurs de lEmbrapa des
degrộs divers, proposent dộj leur appui
scientifique et logistique. Mais, en
dehors dAgropolis, lEmbrapa compte
bien ộlargir son champ de coopộration
dautres partenaires franỗais et mờme
europộens (organismes publics, universitộs) opộrant dans le domaine de la
recherche agricole et technologique ằ,
prộcise Marie-Simone Chandelier, responsable des opộrations avec lAmộrique latine pour la Dộlộgation aux relations internationales lIRD.
LEmbrapa poursuit par cette opộration
son projet dimplantations de Labex
lộtranger et met ainsi le pied en
Europe, aprốs sờtre dộj ộtabli aux
ẫtats-Unis et avant une future installation au Japon. Cette prộsence sur le
continent europộen permettra aussi
lentreprise brộsilienne dassurer une
veille technologique sur ce terrain et

dờtre au cur des progrốs rộalisộs
dans ses domaines prioritaires.

â IRD/M. Dukhan

Partenaires

Une gestion
en temps rộel

ô De plus, en utilisant le mộnage
comme unitộ danalyse, notre approche
encourage se rộfộrer aux micros unitộs, au dộtriment des approches qui
tentent de cerner les questions ộducatives aux ộchelles plus larges du pays ou
de la rộgion. Il est certain que lensemble des facteurs analysộs au sein
des mộnages peut mieux faire comprendre et dộterminer des actions et
des politiques visant avec plus de pertinence la promotion scolaire. ằ
Lexploitation appropriộe dun recensement, rendue techniquement possible
et dun coỷt marginal grõce aux progrốs
de linformatique, permet par exemple
de procộder une analyse spatiale trốs
fine de la scolarisation. Elle peut fournir
des indications prộcises sur leffectif des
mộnages concernộs et le nombre denfants en õge scolaire : ô des informations
indispensables dans la perspective de la
mise en uvre dune politique sociale
dappui aux familles ằ.
La collaboration entre chercheurs, statisticiens et planificateurs de lộducation au sein du rộseau FASAF constitue
un atout pour faciliter la prise en
compte des rộsultats de la recherche
par les dộcideurs ; limplication de
lInstitut des statistiques de lUnesco
reprộsente dộj un rộsultat important.
ô Mais il nous appartient dabord de
tester la validitộ scientifique et la pertinence des rộsultats et indicateurs que
nous pouvons produire, pour ensuite
convaincre les diffộrents acteurs du
champ ộducatif. ằ

Contact
Maurice Lourd,
reprộsentant de lIRD au Brộsil
lourd.ird@apis.com.br
Ariỏdne Maria da Silva, Secrộtariat de
coopộration internationale de lEmbrapa,
Ariadne.Maria@embrapa.br
www.embrapa.br

Laboratoire GeneTrop
de Montpellier.

Au cur de la recherche
agricole brộsilienne

L

Embrapa, entreprise brộsilienne de recherche agropastorale crộộe en
1973, est une institution qui dộpend du ministốre brộsilien de
lAgriculture. Sa vocation est de rộaliser des recherches dans tous les domaines
de lagriculture et de lộlevage et de coordonner lensemble des programmes
de recherche agronomique du pays. Par son action, elle doit favoriser le dộveloppement durable de lagriculture et de lagro-industrie du Brộsil travers la
gestion, ladoption et le transfert des connaissances et des technologies. Prốs
de 9000 personnes travaillent lEmbrapa parmi lesquelles 2000 chercheurs
rộpartis dans 37 centres distribuộs dans tous le pays. Sa prộsence dans le
monde est par ailleurs trốs marquộe puisquelle coopốre avec 56 pays.



Le prix
Roi Baudouin
du CGIAR

A d r a o

Riz résistants
pour l’Afrique
croître la production, l’Adrao s’est
notamment spécialisée dans la
recherche de nouvelles variétés de riz
résistantes et performantes obtenues
par croisements d’espèces. L’Adrao a
également dans ses priorités un volet
sur les problèmes de santé posés par la
riziculture. Pour ces deux axes, elle collabore avec de nombreux partenaires
scientifiques et des bailleurs de fonds
internationaux.
Les nouveaux riz créés par l’Adrao sont
regroupés sous le nom de Nerica, pour
NEw RIces for afriCA, fruits de l’hybridation entre l’espèce africaine de riz
cultivé peu productive mais présentant
des adaptations diversifiées – Oryza
glaberrima – et l’espèce de riz asiatique
à haute productivité – Oryza sativa. Les
premiers résultats sont encourageants
et ont permis de vérifier, grâce à des
tests en champ réalisés en conditions
traditionnelles, le bon comportement
de ce nouveau matériel génétique.
Cela devrait permettre aux agriculteurs
de produire plus ou alors de choisir de
diversifier leurs cultures. « Les graines
de Nerica sont d’ores et déjà commercialisées en petites quantités sur les
marchés locaux et quelques supermarchés de Guinée et de Côte d’Ivoire »,
précise Kanayo F. Nwanze. Les travaux
sur les Nerica, financés par le PNUD, le
ministère des Affaires étrangères japonais et la fondation Rockfeller et auxquels participent l’IRD, l’IRRI, le CIAT, l’IITA
(international institute for tropical agri-

Rizières irriguées dans les bas-fonds inondables de la ville de Gagnoa
(Côte d’Ivoire)
culture), l’Université Cornell aux ÉtatsUnis, le centre anglais John Innes, le
Jircas (Japan’s international research
centrer for agricultural science) et l’université de Tokyo, ont valu à l’Adrao de
recevoir le Prix Roi Baudouin du CGIAR
en octobre dernier.
« En tant que partenaire scientifique,
notre travail s’est concentré sur l’établissement d’une carte génétique interspécifique de l’espèce O. glaberrima,
établie à l’aide des marqueurs moléculaires. Ces derniers nous permettront
d’identifier les caractères intéressants
de cette espèce », commente le généticien Mathias Lorieux. Dans sa collaboration avec l’Adrao, l’IRD s’est aussi
penché sur l’étude du virus de la panachure jaune du riz, endémie à l’origine
de nombreux dégâts. C’était l’occasion
pour les deux institutions de mettre en
place un volet formation via la thèse
effectuée sur ce sujet par Marie-Noëlle
Ndjiondiop. Sur la base d’une étude de
variétés de riz très résistantes à ce virus,
un gène majeur de résistance naturelle
a été identifié et cartographié. Ce gène
est actuellement transféré par croisement dans plusieurs variétés de riz très
cultivées en Afrique de l’Ouest mais
aussi très sensibles à la maladie. « Les

travaux préalables au clonage de ce
gène de résistance ont été entrepris à
Montpellier à l’IRD. Nous évaluons également la durabilité de ce gène de
résistance en étudiant, en parallèle, la
diversité des souches de virus et leur
capacité à surmonter les résistances en
conditions de laboratoire », souligne
Alain Ghesquière. L’Adrao joue un rôle
de coordination important pour valoriser, sur le plan agronomique, les résultats des programmes sur les Nerica et
sa présence sur une grande partie de
l’Afrique promet une application étendue sur le terrain.


Contact
alain.ghesquiere@mpl.ird.fr
1. Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte
d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, GuinéeBissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger,
Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Tchad et Togo.
2. Programme des Nations Unies pour le
développement.
3. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.
4. Commission économique pour l’Afrique.

Culture d’une variété améliorée
de riz en pluvial à Man (Côte d’Ivoire).
http://www.warda.
cgiar.org

C B G P

La peste
soit des rats !
© IRD/J.-M. Duplantier

au vecteur, le rat noir accueille deux
tent ainsi sur l’homme », explique le
espèces de puce : Xenopsylla cheopis,
spécialiste. Cependant, l’endémie reste
caractéristique des rats de maison et
cantonnée sur les Hauts Plateaux au
importée, et Synopsyllus fonquerniei,
dessus de 800 mètres. Quelle conclucaractéristique des rats d’extérieur et
sion en tirer ? La puce endémique
endémique à l’île.
n’ayant jamais été trouvée au dessous
« Nous avons déterminé et expliqué la
de cette altitude, cela suggère qu’elle
saisonnalité de la peste humaine.
est indispensable à la transmission de la
Survenant de novembre à avril, elle
maladie en milieu rural. « Les risques
La peste à Madagascar a fait l’objet d’un programme
semble liée au cycle
d’extension de la peste humaine à
de recherche qui illustre la thématique « biologie
annuel d’abonl’ensemble du territoire sont donc limiet gestion des pullulations » développée
dance
des
tés », temporise Jean-Marc Duplantier.
au nouveau Centre de biologie et gestion
rongeurs et
Chaque année, la Division de la lutte
des populations (CBGP) de Montpellier.
des
puces.
contre les maladies transmissibles du
Il a d’ores et déjà fourni des précisions
Alors que la
ministère de la Santé malgache fournit
quant à la nature du vecteur, la transmispopulation
médicaments et insecticides aux postes
sion de la maladie du rat à l’homme,
des
puces
de santé concernés afin de prévenir les
et les conditions de contamination.
atteint
son
épidémies.

maximum de sepa peste a touché les côtes de
et d’un réservoir,
tembre
à
Le réservoir de la peste,
le rat noir, Rattus rattus.
Madagascar en 1898, puis s’est
(un
rongeur),
novembre,
installée dans les années vingt
hébergeant les bactéries infectieuses,
celle des rats chute brutalement. Les
dans les Hautes Terres, partie centrale de
Yersinia pestis. À Madagascar, c’est le
puces, contraintes de se trouver un
l’île. Faisant des milliers de victimes penrat noir qui joue le rôle du réservoir.
nouvel hôte pour se nourrir, se rabatduplant@ensam.inra.fr
dant la décennie suivante, son impor« Le rat noir est à la fois le seul réservoir
tance a diminué d’abord sous l’action
de la peste et sa principale victime »,
de vaccinations de masse, puis grâce à
souligne Jean-Marc Duplantier, spéciaCBGP
l’utilisation d’antibiotiques et à d’épanliste à l’IRD des maladies transmissibles
dages préventifs d’insecticides. Dans les
communes à l’homme et aux rongeurs.
Biosystématique et écologie.
années quatre-vingt, une recrudescence
Il est responsable du programme
Génétique des populations en déséquilibre.
du nombre de cas et la réémergence
« Peste » qui s’inscrit dans la thémaBiologie et gestion des pullulations.
d’un foyer portuaire ont été observées
tique « biologie et gestion des pullulaRésistance aux pesticides et gestion des populations.
après plus de 60 ans de silence.
Relations populations-environnement et lutte biologique.
tions » du CBGP et auquel ont collaboré

Modélisation des interactions cultures-ravageurs.
Pour se propager, une épidémie de
l’Institut Pasteur de Madagascar et le
peste a besoin d’un vecteur (une puce)
ministère de la Santé du pays. Quant

L

1. International rice research institute.
2. Centro internacional de agricultura tropical.
3. International institute of tropical agriculture.
4. Centro internacional de mejorameinto de
mlaiz y trigo.
5. International potato center.
6. International crops research institute
inthe semi-arid tropics.

© IRD/A. Ghesquière

L

e riz est l’élément de base de
l’alimentation en Afrique.
Cependant, le continent n’arrive pas à produire la quantité nécessaire à sa population, toujours grandissante, d’où le besoin de recourir à
l’importation. Chaque année, plus de
trois millions de tonnes de riz sont ainsi
introduites vers le centre et l’ouest de
l’Afrique pour une somme de près d’un
milliard de dollars. On comprend mieux
les efforts fournis par certaines institutions dans l’espoir de pallier ce problème. L’Adrao – Association pour le
développement de la riziculture en
Afrique de l’Ouest – en fait partie.
C’est une organisation de recherche
intergouvernementale représentant
17 pays d’Afrique1. Elle est elle-même
un maillon du réseau de 16 centres
internationaux de recherche agricole
coordonnés par le CGIAR – Groupe
consultatif pour la recherche agricole
internationale. Créée en 1971 sous le
parrainage du Pnud2, de la FAO3 et de
la CEA4, l’Adrao – dont le siège se situe
en Côte d’Ivoire – est l’un des trois
organismes du CGIAR à travailler sur le
riz : « son rayon d’action est circonscrit
au centre et à l’ouest de l’Afrique. Le
Ciat – Centre international pour l’agriculture tropicale – s’occupe de
l’Amérique latine, tandis que l’Irri –
Institut international de recherche sur
le riz – bénéficie d’une couverture
mondiale », précise Kanayo F. Nwanze,
directeur général de l’Adrao. Afin d’ac-

© IRD/Y. Marguerat

Proposer des solutions afin d’augmenter la productivité
rizicole en Afrique de l’Ouest fait partie des attributions
de l’Adrao. Pour ce faire, l’association a notamment pris
le parti d’élaborer de nouvelles variétés de riz, travail
pour lequel elle s’est adjoint la collaboration de divers
organismes de recherche, parmi lesquels l’IRD.

Contact

Les six thèmes de recherche du

:

Une place forte
de la lutte
biologique
En décembre 2000 était inauguré,
à Montpellier, le Centre de biologie et
de gestion des populations (CBGP). Ce
laboratoire, organisé sous forme d’unité
mixte de recherche Inra, IRD, Cirad et
Agro-M et dirigé par Yves Gillon de l’IRD
regroupe une cinquantaine de chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, personnels techniques et administratifs. Ses projets ont à la fois pour
objectif de contribuer à améliorer les
stratégies de lutte contre les espèces
nuisibles et à identifier des stratégies de
conservation pour des populations
naturelles menacées. Cela passe notamment par une meilleure compréhension
des mécanismes qui régissent les populations d’organismes ayant un impact
sur l’agriculture, l’environnement ou la
santé humaine. Rongeurs, crapauds,
insectes, acariens, nématodes ou complexes d’organismes nuisibles aux cultures provenant du monde entier constituent donc des objets d’étude
privilégiés. L’installation du CBGP à proximité du CISRO (Commonwealth scientific
and industrial research organisation)
australien et de l’EBCL (European biological control laboratory) font du campus
de Baillarguet une place forte de la
recherche sur la lutte biologique.


Contact
gillon@ensam.inra.fr

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 9 - mars/avril 2001

Partenaires

En 1980, le CGIAR reçoit le prix Roi
Baudouin du développement international décerné par la Fondation Roi
Baudouin pour sa « contribution à
l’amélioration quantitative et qualitative
de la production alimentaire dans le
monde ». Un an plus tard, le groupe,
fort de ce succès, décide, en accord
avec le Royaume de Belgique, de créer
son propre prix. Ainsi, depuis 1982 et
tous les deux ans, une des institutions
du CGIAR est récompensée à la fois pour
avoir fait preuve d’excellence scientifique sur un projet de recherche agricole dont la finalité est de contribuer à
l’essor des pays du Tiers monde, et
pour les relations de partenariat mises
en place entre le Nord et le Sud pour
mener à bien ces travaux. Dix mille dollars et un diplôme reviennent au lauréat. L’Irri1, le Ciat2, l’Iita3, le Cimmyt4,
le Cip5, l’Icrisat6 et aujourd’hui l’Adrao
ont d’ores et déjà été récompensés. ●

5


Pour simuler la dynamique des populations d’anchois dans l’écosystème du
Benguela, les chercheurs ont mis au
point, en collaboration avec l’unité de
recherche de l’IRD “Géométrie des
espaces organisés, dynamiques environnementales et simulations” (GEODES), un
modèle biologique dit “individus centré”1. Celui-ci permet par exemple de
simuler les déplacements, dans l’espace
et le temps sous l’effet de facteurs écologiques et environnementaux, des
œufs et larves d’anchois dans un environnement physique virtuel, établi à
partir du modèle hydrodynamique. La
simulation utilise des données (distribution des œufs, larves et juvéniles)
collectés en mer depuis 20 ans et des
informations biologiques (vitesse de
croissance par exemple). Les premières
expériences de simulation soulignent la
complexité du trajet des oeufs et larves
dans l’écosystème du Benguela, depuis
les lieux de ponte jusqu’à la zone
d’upwelling où
une partie d’entre eux est dispersée vers le
large.

1. Ce type de
modèle – Individual
based models, IBM –
permet de simuler
dans l’espace et le
temps le comportement d’individus au
sein d’une population et dans un
milieu donné en
intégrant des données écologiques,
physiques et biologiques.

Simulation
de type
« individus
centré » du
trajet suivi par
25000 particules
(larves et œufs)
au 15 janvier,
au 1er mars
et au 15 mai,
depuis les
régions de
ponte (banc
des Aiguilles)
jusqu’à
une zone
d’upwelling.
Seules les larves arrivant sur
le plateau continental (zone
sombre) ont une
chance survie.

Contact
Claude Roy, D6UR9C@mail.uct.ac.za ;
Christian Mullon,
cmullon@physci.uct.ac.za

Poissons au gré
des courants
Parfois, sardines et anchois se raréfient dans le
courant du Benguela aux eaux pourtant fertiles.
Afin de comprendre ces fluctuations, des
chercheurs sud-africains et français analysent
les interactions entre cet écosystème d’upwelling
et la dynamique des populations de poissons
pélagiques. À l’aide de modèles, ils explorent
la complexité des phénomènes physiques
et biologiques en jeu.
Entretien avec le Dr. Car van der Lingen du Marine & Coastal
Management et Pierre Fréon, directeur de l’unité de recherche
de l’IRD, IDYLE.
Quels sont les objectifs
de vos recherches ?
Comme dans tout écosystème d'upwelling, l’abondance des espèces
commercialement exploitées – sardines et anchois – fluctue beaucoup
dans le courant du Benguela. Mieux
connaître le rôle et la dynamique des
populations de ces poissons pélagiques dans un tel environnement est
indispensable pour identifier les facteurs de leurs importantes variations ; ces connaissances sont importantes pour élaborer une politique de
gestion des pêches. Ces fluctuations
se manifestent généralement par une
forte variabilité de la période d’arrivée et de la quantité des jeunes poissons dans la pêcherie. Nous avons
donc mis l’accent sur l’étude des premiers stades de vie, en particulier
sur le devenir des œufs et larves.

Pourquoi avoir privilégié
la modélisation ?
Les données récoltées en mer sont
limitées dans le temps et l’espace.
Nos moyens logistiques actuels ne
permettent pas en effet d'échantillonner l’océan de façon continue, à petite
échelle spatiale et en trois dimensions. Il est alors difficile de saisir la
complexité des processus propres
aux systèmes d'upwelling. La puissance des ordinateurs permet aujourd’hui de développer des modèles
numériques de la circulation marine
et des modèles biologiques possédant
une résolution relativement haute
(intervalle de temps de 2 heures à
2 jours, maille horizontale de 9 km
près de la côte, résolution verticale
de quelques mètres). Les modèles
constituent de puissants outils pour
appréhender la complexité des écosystèmes à ces échelles et d’en comprendre les mécanismes à l’aide, par
exemple, des outils de visualisation
en trois dimensions.

Quels sont aujourd’hui
vos principaux acquis ?
Nous avons mis au point des prototypes de modèles hydrodynamiques et
“individus centrés” en trois dimensions. Leur première phase d’utilisa-

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 9 - mars/avril 2001

tion nous a donné des indications sur
les périodes et lieux de ponte les plus
favorables à la survie de jeunes poissons et qui contribuent donc à des
bonnes pêches l’année suivante.
Grâce aux modèles écosystémiques,
nous comprenons également mieux le
rôle clé des poissons pélagiques dans
la chaîne alimentaire des écosystèmes
d’upwelling. Il apparaît ainsi que ces
poissons peuvent, dans certains cas,
contrôler à la fois les niveaux trophiques inférieurs – le plancton – du
fait de l’importance relative des quantités ingérées, et les niveaux supérieurs - les prédateurs – dont ils
constituent la proie principale.
Nous avons rassemblé de longues
séries de données biologiques, écologiques, relatives aux pêches ou obtenues par télédétection dans un système
d’information géographique pilote permettant une visualisation rapide ainsi
que des analyses spatiales. L’analyse
de ces données anciennes ou plus
récentes a permis de caractériser
l’écosystème et la pêcherie. Il apparaît
ainsi, d'une part, que le poids moyen
des bancs reflète la biomasse de l’espèce et, d’autre part, que la composition moyenne en espèces des bancs est
représentative de celle observée dans
l’écosystème. Autre acquis important :
grâce aux images satellitales, nous
avons pu préciser et quantifier la forte
dynamique spatio-temporelle de l’upwelling. Enfin, nous avons encadré les
travaux de maîtrise, DEA ou doctorat
d’une vingtaine d’étudiants sud-africains et français.

© dr

© dr

Des anchois
modèles

d ’ u p w e l l i n g

Fronts, courants
et tourbillons
L

es upwellings se forment dans la région du Benguela (côtes ouest de
l’Afrique du Sud et de la Namibie) lors des épisodes de vents de sudest, particulièrement forts au printemps et à l’automne. Les courants
alors générés au-dessus du plateau continental ont un impact important
sur les ressources biologiques, notamment en transportant et dispersant une grande partie des œufs et larves de sardines et d’anchois vers
le large où ils ne peuvent survivre. Pour étudier les principaux processus physiques impliqués dans le transport des œufs et des larves dans
cette zone d’upwelling, les chercheurs ont élaboré des modèles hydrodynamiques en deux puis en trois dimensions. A partir d’informations
sur les vents et les flux de chaleur en surface et d'indications sur la
structure des courants à grande échelle, un modèle hydrodynamique en
3 dimensions permet de simuler la circulation des masses d’eau dans le
domaine côtier et donne une représentation réaliste des fronts et des
tourbillons ainsi que des courants en profondeur. Le modèle bâti dans
le Benguela utilise un code numérique novateur largement adopté par
la communauté scientifique. Il donne une représentation assez réaliste
de la circulation des masses d’eau dans l’ensemble de l’écosystème
côtier, depuis la frontière Afrique du Sud-Namibie jusqu’à Port
Elizabeth, et permet une simulation fine de certains détails (fronts,
tourbillons,...) particulièrement importants pour la biologie. L’analyse
d’un ensemble de simulations a permis en particulier de mieux comprendre les interactions entre les courants et certains éléments topographiques comme la pente du plateau continental ou la présence d’un
cap et d'une baie. Par des simulations de l’évolution spatiale et temporelle de traceurs des masses d’eaux, il est possible de suivre et de quantifier les échanges de masses d’eau entre différentes régions représen●
tées dans le modèle.

Quels seront vos prochains
axes de recherche ?
En complément des traditionnels
indicateurs permettant de décrire
l’état des ressources, nous développerons d’autres indicateurs quantitatifs destinés à évaluer l’état d’ensemble de l'écosystème ainsi que sa
dynamique. De plus, les modèles
hydrodynamiques et “individu-centrés” en trois dimensions seront rendus aussi génériques que possible
(c’est-à-dire transposables) pour
pouvoir être facilement applicables à
d’autres écosystèmes d’upwelling. ●

© IRD/UCT/M&CM

6

Les upwellings sont suscités par des
vents qui induisent des remontées
d’eaux profondes, froides et chargées
en sels minéraux. Ils sont à l’origine
d’une production biologique forte mais
soumise à d’importantes fluctuations.
Le courant du Benguela, le long de la
côte sud-ouest de l’Afrique du Sud, est
l’une des principales zones d’upwelling
dans le monde. Les pêches y sont très
importantes en terme d’emplois, d’apport en protéines et représentent
chaque année un chiffre d’affaires de
plus de 300 millions de $. Depuis 1996,
des chercheurs de l’IRD, de l’université
du Cap et du Marine and Coastal
Management conduisent des recherches pluridisciplinaires sur cet écosystème, tout d’abord avec le programme
VIBES (Viabilité des ressources pélagiques exploitées dans l’écosystème du
Benguela), puis dans le cadre de la
nouvelle unité de recherche R097
“Interaction et dynamiques spatiales
des ressources renouvelables dans les
écosystèmes d’upwelling” (IDYLE).


E c o s y s t è m e

© dr

Recherches

Des upwellings
instables

Contact
Pierre Fréon,
pfreon@sfri.wcape.gov.za,
vdlingen@sfri.wcape.gov.za


1.

1. Coupe d’altération développée
sur migmatite en forêt équatoriale
(Mitzic, Nord Gabon).
2. Formation latéritique
manganésifère riche en cryptomélanes
(Tambao, Nord Burkina Faso).

Latérites et
controverse

s o l s

t r o p i c a u x

Précieux traceurs
Or, béryllium, potassium ou phytolithes offrent
aux chercheurs de précieux indices pour retracer
l’histoire des sols tropicaux. Des études
novatrices sur la genèse, le fonctionnement
et l’évolution des sols latéritiques démontrent
qu’ils résultent de périodes alternées d’altération
chimique et d’érosion mécanique.
es
sols
tropicaux
anciens et actuels résultent pour l’essentiel
d’un processus intense
d’altération géochimique du substrat
géologique, sous l’effet par exemple de
l’eau de pluie, de gaz dissous, d’acides
organiques, et de processus d’érosion
superficielle. Quand et comment se
sont-ils précisément formés et transformés au cours des âges ? La question

est d’importance à plus d’un titre.
Déterminer les mécanismes de formation de ces sols permet par exemple de
comprendre leur évolution sous l’effet
des changements climatiques et sous
l’action de l’homme. De plus, ces processus sont à l’origine de l’accumulation de ressources minérales (or, manganèse, nickel, cuivre, etc.) qui
peuvent constituer des gisements
superficiels exploitables.

Une histoire
de 60 millions d’années
L

orsqu’ils sont riches en minéraux contenant du potassium, les sols
latéritiques peuvent être datés de façon absolue par une méthode de
mesure d’un gaz rare1. Dans le cadre d’un programme associant l’IRD et
l’université de Nice, cette méthode a été appliquée à Tambao au nord du
Burkina Faso sur des formations latéritiques riches en cryptomélanes,
oxydes de manganèse contenant du potassium. « De la surface vers la
profondeur, sur un profil vertical de 100 mètres environ, les âges vont
des plus anciens – soit 58 à 60 millions d’années – aux plus jeunes, 3 millions d’années environ, souligne Fabrice Colin. Ceci signifie que les processus d’altération géochimique intense qui ont contribué à la formation
de ces sols ont commencé il y a 60 millions d’années et se sont achevés
il y a trois millions d’années. C’est la première fois que l’on remonte aussi
loin dans l’histoire d’un sol latéritique et que l’on détermine aussi précisément son âge. » Les datations des cryptomélanes prélevées à Tambao
et sur des collines adjacentes mettent par ailleurs en évidence des
groupes d’âge et non pas un gradient d’âge décroissant avec la profondeur. Ceci signifie que l’altération ne s’est pas produite de façon continue
au cours du temps, mais par phase. Ainsi, il apparaît que les épisodes
d’altération chimique ont été entrecoupés de périodes d’érosion mécanique, reflétant ainsi des grandes phases de changements climatiques. ●
1. Mesure par sonde laser du rapport isotopique argon40/argon39, sachant que le potassium 40 se désintègre en argon 40.

Pour dater et quantifier les processus d’altération à l’origine des sols
tropicaux, des géologues et géochimistes1 utilisent depuis quelques
années certains marqueurs présents
dans ces sols : l’or, les phytholithes,
le béryllium 10 cosmogénique et le
potassium notamment. « Ces différents marqueurs ont pour point commun d’avoir résisté à l’altération
dont ils sont les témoins. Ils nous
offrent des informations diverses sur
la formation et l’évolution des sols ;
en cela, ils sont complémentaires »,
souligne Fabrice Colin. Directeur de
recherche et géochimiste à l’IRD, il
dirige l’unité de recherche « Biogéodynamique supergène et géomorphologie tropicale ».
Dense, malléable, lentement altérable, l’or s’est révélé être un remarquable traceur pour distinguer les
processus d’altération chimique de
l’érosion mécanique, comme l’ont
mis en évidence, par exemple, des
études menées dans deux sites
représentatifs de la zone tropicale.
L’analyse de particules d’or prélevées dans la forêt gabonaise, altérées chimiquement seulement, a
indiqué que, dans les zones humides
de la forêt équatoriale, le moteur
essentiel de la formation des latérites était une puissante dissolution
chimique de la roche mère en profondeur. Celles prélevées au Burkina
Faso ont, en revanche, montré que
les sols subsahéliens se sont formés,
en grande partie, par altération chimique de matériaux qui avaient été
transportés mécaniquement sur plusieurs kilomètres sous la forme d’alluvions ou de colluvions.
Le béryllium 10 cosmogénique, qui
comme l’or permet d’identifier les
processus géochimiques et mécaniques, présente l’avantage considérable de pouvoir les quantifier.
L’analyse des quantités de 10Be produits in situ dans des sols est réalisée par spectrométrie de masse par
accélérateur2. Sa teneur dans des
quartz provenant de sols latéritiques
du Gabon et du Congo a démontré
que les sols étudiés s’étaient formés,

d’une part, par dissolution chimique
in situ avec un taux d’érosion superficielle de 12 mètres par million
d’années et, d’autre part, à la suite
d’un déplacement latéral de la
couche meuble superficielle à une
vitesse comprise entre 53 et
89 mètres par million d’années. Des
résultats comparables ont été obtenus sur des sols brésiliens. Des
datations absolues des événements
d’altération peuvent également être
réalisées. Pour cela, les chercheurs
utilisent comme traceurs des minéraux du sol contenant du potassium
(voir encadré).
La végétation participe également de
la genèse des sols tropicaux. Afin de
déterminer le rôle des plantes dans
la formation et le fonctionnement
des latérites, les chercheurs de l’IRD
et du CEREGE3 utilisent comme traceurs les phytolithes, particules
d’opale issues du silicium absorbé
par les plantes puis restitué aux sols
par la suite à travers les retombées
foliaires. Des recherches en forêt du
Congo et du Brésil ont par exemple
montré comment le cycle biogéochimique du silicium pouvait par transfert de particules dans les sols
contrôler partiellement les processus d’altération-érosion. Une étude à
la Réunion a même mis en évidence
que l’horizon superficiel d’un sol volcanique du Piton des Neiges avait
accumulé, depuis 4000 ans, plus de
20 cm d’épaisseur de phytolithes,
provenant de bambous détruits par

des incendies.

Contact
Fabrice Colin, colin@cerege.fr

1. Études réalisées par l’IRD, le CEREGE
(Centre européen de recherche et d’enseignement de géosciences de l’environnement), les universités de Nice, Franceville
(Gabon), de Ouagadougou (Burkina Faso),
de Dakar (Sénégal), de Sao Paulo et Ouro
Préto (Brésil)
2. En collaboration avec D. Bourlès, Cerege
3. En collaboration avec J.-D. Meunier,
CNRS.

L’or, fil d’Ariane
Trois caractéristiques permettent à l’or
sous forme de particules d’enregistrer
les processus de genèse et d'évolution
des sols. Altérable lentement, et de ce
fait, résistant partiellement au temps,
ce minéral subsiste à l’état particulaire
dans les sols pendant plusieurs centaines de milliers d’années. Parce que
ce métal est malléable, les processus
d’altération chimique ou d’érosion
mécanique s’y impriment, laissant chacun des marques distinctes, vides de
dissolution ou stries mécaniques.
Denses et lourdes, libérées de leur
roche d’origine par altération chimique, les particules d’or s’éloignent
moins de leur source, par transferts en
surface, que les
minéraux
plus
légers. Ils constituent alors un “fil
d’Ariane” pour
remonter à l’origine des processus
qui
ont
contribué à la formation des sols
qui les contiennent et à l’évolution des paysages
Particules d’or prélevées dans
des sols latéritiques (Sénégal).
anciens.

© IRD/M. Dukhan

d e s

© IRD/F. Colin

H i s t o i r e

Recherches

2.

Sous les tropiques, une altération très
intense et ancienne de différentes
roches sous l’effet de conditions climatiques favorables a donné naissance à
des sols communément appelés “latérites”. Véritable “masque rouge”, ils
couvrent l’essentiel de la zone intertropicale. L’origine et les processus d’évolution de ces sols demeurent aujourd’hui sujets à controverse. À l’échelle
des paysages par exemple, les latérites
ont souvent été considérées par les
géographes et les géomorphologues
comme issues de processus mécaniques (dits “allochtones”), autrement
dit résultant de l’érosion de matériaux
étrangers aux roches du substrat local ;
en revanche, les études pétrologiques
menées à l’échelle minérale suggèrent
un processus de formation géochimique in situ (dit “autochtone”), c’està-dire essentiellement d’une dissolution des roches mères et une
reprécipitation sur place des éléments
les moins mobiles.


Un traceur
venu du cosmos
Le béryllium 10 (10Be), isotope cosmogénique, est produit par l’action du
rayonnement cosmique sur la matrice
de minéraux exposés à la surface de la
terre. La quantité de 10Be d’un quartz1
est donc fonction du temps passé en
surface et de sa profondeur. Par
exemple, lorsque les teneurs diminuent
régulièrement en fonction de la profondeur des quartz et proportionnellement à l’atténuation du rayonnement
cosmique, on peut en conclure que le
sol s’est formé in situ par dissolution/précipitation. En revanche, lorsqu’un quartz, enfoui à quelques mètres
de profondeur, recèle une quantité de
10Be supérieure à celle qu’il devrait
contenir compte tenu de sa profondeur, cela signifie qu’il a été exposé
longtemps en surface avant d’être
recouvert par d’autres matériaux. Les
mesures de 10Be permettent également
de quantifier certains processus : taux
de dénudation des paysages, durées
d’exposition de matériaux à la surface
ou d’enfouissement dans le sol,
vitesses de reptation des matériaux à la
surface des sols.


(1) Le quartz est ubiquiste dans les latérites.

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 9 - mars/avril 2001

7


Contact
gerard.second@mpl.ird.fr

« Mauvais » riz
Des riz adventices se multiplient dans les
rizières irriguées. Analogues à des
espèces sauvages, ces « mauvais » riz
prolifiques sont à l‘origine d’importantes
baisses de production. Ils représentent
également un danger potentiel en cas
d’introduction de riz transgéniques car
les transgènes pourraient être transmis
par croisement naturel à une population
d’adventices. Les conséquences seraient
graves si, par exemple, celle-ci héritait
d’une résistance aux herbicides qui la
rendrait plus difficile encore à éliminer.
Les travaux de l’IRD semblent pour
l’heure montrer que leurs populations
résultent plus d’une dynamique autonome que de flux et d’échanges importants de gènes avec les variétés cultivées.
Ceci tendrait à minorer les risques de
transfert de gènes sans toutefois les
exclure totalement. L’élimination de
formes adventices dans les rizières apparaît donc comme un préalable à toute
culture de riz transgénique.


Contact
Alain.Ghesquière@mpl.ird.fr

Conservation
à la ferme
Pour préserver les ressources génétiques des plantes cultivées, la conservation in situ à la ferme, en complément
des banques de gènes, rencontre un
intérêt croissant. Celle-ci permet de
maintenir une diversité génétique locale
qui bénéficie à la richesse des agrosystèmes, d’assurer l’adaptation des ressources génétiques à l’évolution de l’environnement et d’impliquer les
communautés rurales dans la conservation de la biodiversité. Des chercheurs de
l’IRD et de l’IRRI, en partenariat avec des
institutions nationales de recherche, ont
étudié la diversité des riz cultivés et son
maintien dans des agrosystèmes rizicoles
philippins, vietnamiens et indiens de
façon à déterminer les modalités de ce
type de conservation. Aux Philippines et
au Viêt-nam, dans un contexte d'intensification agricole, les variétés locales sont
apparues agronomiquement peu compétitives face aux variétés améliorées et
menacées par les aléas climatiques. Les
stratégies de conservation proposées
reposent notamment sur des modifications des pratiques culturales des variétés
de riz locales et des méthodes simples de
préservation des semences produites
localement. Ces stratégies vont être testées dans plusieurs villages philippins. ●

Contact
pham@mpl.ird.fr

D e s

r i z i è r e s

a u

g é

Les défi
Biologie moléculaire,
microbiologie, phylogénie,
conservation des ressources
génétiques, lutte contre les maladies,
amélioration des variété cultivées et
des techniques culturales, la diversité des
recherches de l’IRD sur le riz et la riziculture
est la hauteur de l’enjeu : nourrir la moitié
de l’humanité.

Un génome
aux enjeux
internationaux
remière céréale de
l’alimentation humaine,
le riz est une plante
modèle pour l’étude du
génome des monocotylédones et, en
tout premier lieu, celui des graminées. D’une part, son génome (environ 430 millions de paires de bases)
est l’un des plus petits parmi les
céréales. D’autre part, le contenu de
ses chromosomes ainsi que l’ordre
des gènes sur les chromosomes sont
très proches de ceux des autres graminées. De ce fait, le riz est une
espèce de choix pour développer des
outils moléculaires qui faciliteront
l’étude de céréales au génome beaucoup plus complexe.
En 1998, un consortium international public réunissant dix pays,
l’International rice genome sequencing project (IRGSP), a été mis en
place pour le séquençage du génome
du riz et de ses 12 chromosomes. La
France s’est pour sa part portée
candidate au séquençage du chromosome 12. L’initiative de la participation française à ce programme
revient à la communauté scientifique
du Languedoc-Roussillon (CNRS à
Perpignan, IRD et Cirad à Montpellier) et a été relayée par le Génoscope d’Evry en raison de sa capacité à séquencer des génomes
entiers. La séquence complète du riz
sera très vraisemblablement disponible en 2003 et ouvrira très largement l’accès aux gènes et à l’étude
de leur fonctionnement.
Dans ce contexte de très forte compétition internationale, les équipes
de la région Languedoc-Roussillon
se sont mobilisées depuis 1999 à
travers le programme Génoplante.
Celui-ci réunit le CNRS, l’Inra, le
Cirad, l’IRD et plusieurs partenaires
privés (Aventis Cropsciences SA,
Limagrain, Bioplante) pour renforcer les études sur des génomes
modèles (riz et Arabidopsis) et
d’autres plantes cibles (blé, colza,
maïs, protéagineux...).
Une équipe de recherche de l’IRD au
sein de l’UMR “Génome et développement des plantes” (CNRS-IRD-univer-

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 9 - mars/avril 2001

sité de Perpignan) participe au
développement des outils nécessaires à l’exploitation des données
de séquences et à l’identification de
gènes de riz : banque d’ADNc (ADN
complémentaires correspondant à
la fraction exprimée du génome) ou
séquences partielles de gènes exprimés (Expressed Sequence Tags ou
EST) par exemple.
Elle participe également en collaboration avec le CIRAD au développement et la caractérisation de
mutants afin d’attribuer une fonction aux gènes. Ces nouveaux outils
aideront les chercheurs de l’IRD à
identifier et cloner des gènes importants pour l’amélioration du riz
(gènes de résistance au virus de la
panachure jaune du riz, gènes de
l’espèce africaine de riz cultivé, O.
glaberrima).
Au travers des partenariats qu’elle a
établis, l’équipe mettra ces gènes à
disposition de pays du Sud et d’instituts internationaux qui souhaiteront les utiliser dans leurs propres
programmes de recherche et de

développement.

Contact
alain.ghesquiere@mpl.ird.fr

Panicule de riz Oryza sativa.

Le rôle clé des
microorganismes
a microbiologie des
rizières
constitue,
depuis près de quarante
ans, un axe fort des
recherches de l’Institut. Les microorganismes présents dans ces écosystèmes sont en effet un facteur clé de la
productivité de la riziculture1. Ils ont
de plus des impacts sanitaires et environnementaux non négligeables.
« Après des études au Sénégal sur
l’écologie de bactéries reponsables de
pertes de rendement ou au contraire
source d’azote essentiel à la croissance du riz, nous nous sommes intéressés, avec l’IRRI aux Philippines, à
l’utilisation
des
cyanobactéries
comme biofertilisants », raconte
Pierre Roger qui a dirigé de nombreuses études dans ce domaine. En
1988, les recherches se sont élargies
aux micro-algues et macrophytes
aquatiques et à leur rôle dans le cycle

© IRD/B. Moizo

8

Trois espèces ou sous-espèces de riz
sont cultivées sur la planète. La première,
Oryza glaberrima, cantonnée à l’Afrique
de l’Ouest, est originaire de ce continent
où son ancêtre sauvage venu d’Eurasie a
été domestiqué. Les 2 autres, Oryza
sativa indica et Oryza sativa japonica,
présentes dans toutes les rizières du
monde, ont pour origine l’Asie. Selon le
scénario établi à l’IRD sur la base d’analyses moléculaires des collections mondiales des riz sauvages et cultivés, c’est
l’érection de la chaîne himalayenne, il y a
2 à 3 millions d’années, qui a contribué
à isoler les deux sous-espèces asiatiques,
leurs ancêtres sauvages ayant dès lors
évolué séparément en Asie du Sud et en
Chine. Ces recherches sur l’origine du riz
et sa domestication se poursuivent avec
d’une part : le séquençage de certaines
régions de l’ADN chloroplastique pour
préciser les relations entre les différentes
espèces et sous-espèces du genre Oryza ;
et d’autre part, l’étude, en collaboration
avec l’Université de Leicester (GB), des
séquences répétées de l’ADN qui peuvent
être associées à la variabilité des taux de
mutations et à la réorganisation du
génome.


Riz en fleur.

©IRD/M. Dukhan

Recherches

L’Asie et l’Afrique
pour berceau

Rizière de Madagascar.

de l’azote et le maintien de la fertilité
des sols. Le résultat le plus important
a souligné les avantages d’enfouir
l’engrais azoté dans le sol plutôt que
de l’épandre à la volée dans l’eau de la
rizière, comme on le fait souvent en
Asie. D’une part, cette technique favorise l'activité fixatrice d’azote de cyanobactéries (soit un apport de 10 à
30 kg d'azote par hectare et cycle de
culture) ; d’autre part, elle permet
d’éviter la prolifération dans l’eau des
rizières d'algues unicellulaires reponsables d’importantes pertes d’azote et
propices au développement de larves
de moustiques, vecteurs du paludisme
et d’encéphalites. Un projet pluridisciplinaire en milieu paysan et en parcelles expérimentales a par ailleurs
étudié les effets biologiques, économiques et sanitaires des pesticides
dans les environnements rizicoles des
Philippines. « Nous avons montré des
effets à court terme relativement
modestes sur la microflore, plus marqués sur les populations d'invertébrés
et très significatifs sur la santé des
riziculteurs, souvent en raison d'une
utilisation inadéquate des pesticides.
L’étude a également mis en lumière
l’absence d’information sur les effets à
long terme des pesticides sur la
microflore et la fertilité des sols. »
Alors que les gaz à effet de serre sont
devenus une préoccupation majeure,
les travaux du Laboratoire de microbiologie de l’IRD de Marseille se sont
récemment orientés sur l’écologie des
microorganismes responsables de
l'émission de méthane par les rizières.
Selon ces études menées sur 22 sites
représentatifs des différents types de
rizières dans le monde, le potentiel


Ravageurs :
quelles priorités
de recherche
et de lutte ?

n o m e

© IRD/M. Durkhan

is du riz

Contact
Pierre Roger
rogerpa@esil.univ-mrs.fr
1 Voir également p. 2.

Alain Ghesquière. Nous avons par
ailleurs testé ces résistances sur des
isolats représentatifs de la diversité
des populations de virus présentes
en Afrique, explique le phytovirologue, Denis Fargette. Celles-ci agissent contre les 4 principaux types de

Les scientifiques recherchent aussi
les gènes impliqués dans les mécanismes de sensibilité de la plante à
la maladie. La récente reconstitution2 de la structure de l’enveloppe
du virus en trois dimensions et avec
une résolution de 2,8 angströms
devrait s’avérer très utile. Cette
image très fine permettra de préciser les interactions moléculaires
entre la plante et le virus. « Nous
étudions la pathogénie du virus
pour mieux comprendre les
mécanismes de résistance et la fonction de
certains gènes. Tout
comme le riz est une
plante modèle en génomique fonctionnelle, les
interactions
moléculaires entre cette plante
et le virus de la panachure jaune offrent de
surcroît à nous généticiens un modèle pour étudier
les
interactions
hôtes/virus chez d’autres
céréales », conclut Christophe

Brugidou.
© IRD/ILTAB/Scripps

© IRD/J.-P. Montoroi

méthanotrophe (consommant du
méthane) des sols est toujours supérieur à leur potentiel méthanogène (en
produisant). Dans la majorité des
rizières continuellement irriguées et,
donc, plus méthanogènes que les
autres, un drainage au cours d’un cycle
cultural est apparu comme la solution
actuellement la plus réaliste pour
réduire fortement l'émission de
méthane. Cette pratique présente, en
outre, l'avantage de réduire le développement de certaines maladies du riz et
de vecteurs de maladies humaines. ●

n 1977, C. Fauquet et
J.-C Thouvenel, deux
virologues de l’IRD
découvraient pour la
première fois en Afrique de l’Ouest
le virus de la panachure jaune du
riz1. Cette maladie allait bientôt
devenir le principal fléau de la riziculture africaine à la suite notamment de l’introduction dans les
rizières de variétés de riz sensibles. Dès lors, un important
effort scientifique fut
consacré par l’IRD à ce
pathogène.
Les chercheurs ont
démonté
les
mécanismes de propagation
du
virus
lors
des
diverses phases du cycle
infectieux. « Dans un
premier temps, explique
le chercheur Christophe
Brugidou, le virus se
propage de cellule à cellule de l’épiderme de la
feuille infectée vers les tissus
vasculaires où il se réplique.
Ces vaisseaux servent d’“autoroutes” aux très nombreuses particules virales produites qui, peu
après, vont envahir les cellules de
nouvelles feuilles où elles se multiplieront. »
Quelques rares variétés sont
capables de résister à l’infection.
Des phytovirologues de l’IRD et de
l’Adrao ont caractérisé deux types
de résistance : l’une, partielle,
ralentit la propagation du virus,
l’autre, élevée, l’empêche de se
déplacer dans la plante. « Nous
avons pu récemment identifier certains des gènes qui gouvernent ces
résistances », souligne le généticien

Structure atomique du virus de la
panachure jaune du riz et unité
capsidaire ; résolution 2,8 angströms.
souches virales que nous avons identifiés. » Actuellement, les chercheurs
se penchent sur la stabilité à long
terme de ces résistances. Peut-on
par exemple assister à leur contournement par des souches virulentes
présentes sur des graminées sauvages, réservoir du virus ? Ils tentent
de répondre à cette question par des
études moléculaires approfondies de
la pathogénie du virus.

1 Identifié initialement en 1966 en Afrique
de l’Est, ce virus de la famille de
Sobémovirus est transmise au riz par un
coléoptère.
2 En collaboration avec l’International
Laboratory for Tropical Agricultural
Biotechnology et le Scrips Research
Institute (États-Unis)

Contact
Christophe.Brugidou@mpl.ird.fr,
Denis.Fargette@mpl.ird.fr

O. glaberrima, des qualités inexploitées

M

© IRD/G. Reversat

algré des performances agronomiques inférieures à l’espèce asiagènes de résistance ont été identifiés et clonés, ce n’est pas encore le cas
tique O. sativa, le riz cultivé africain, O. glaberrima, recèle un potendu riz. D’importantes avancées ont été cependant récemment accomplies
tiel génétique encore mal connu et peu exploité pour l’amélioration des
à Montpellier et au Laboratoire d’étude des sols tropicaux de l’IRD en Ilevariétés cultivées. Cette espèce rustique possède en effet quelques qualités
de-France. Les chercheurs ont ainsi mis en évidence certaines variétés de
– et non des moindres – qui font généraO. glaberrima présentant une résislement défaut à O. sativa : elle résiste
tance totale à ce nématode. Celle-ci
très bien au virus de la panachure jaune
est gouvernée par un seul gène domidu riz, aux attaques de plusieurs
nant que les scientifiques sont actuelespèces de nématodes ainsi qu’à cerlement en train de localiser précisétains aléas tels que la sécheresse ou la
ment sur le génome. Ils ont également
salinité des sols. En collaboration avec
démontré qu’il était possible par
l’Adrao1, des généticiens de l’IRD à
hybridation de transférer ce caractère
Montpellier s’attachent à identifier et
à O. sativa. L’un des obstacles à ce
caractériser les gènes qui gouvernent
type de transfert par croisement
ces caractères. « Pour cela, explique le
interspécifique est la stérilité des desgénéticien Mathias Lorieux, nous procécendances obtenues. « Ces travaux
dons à des croisements entre O. sativa
nous offrent alors l’occasion d’étudier
et O. glaberrima et à des rétrocroiseles barrières de stérilité entre les
ments des descendances obtenues avec
deux espèces. Là aussi, nous progresO. sativa. Nous analysons ces diffé- Kystes de nématode Heteredora sacchari
sons, se réjouit le chercheur. Nous
rentes lignées à l’aide de marqueurs sur les racines d'un plant de riz.
venons en effet de localiser sur les
moléculaires de façon à identifier les
chromosomes 3 et 6 d’un hybride d’O.
fragments chromosomiques propres à l’espèce africaine. L’ensemble des
sativa et d’O. glaberrima deux gènes impliqués dans cette stérilité. »

lignées nous permettra de représenter le génome entier de O. glaberrima
sous la forme de petits fragments chromosomiques. »
Ce programme de recherche international met l’accent sur la résistance
Mathias.Lorieux@mpl.ird.fr
de variétés cultivées à certains nématodes, comme Heterodora sacchari,
responsables de pertes de rendements importantes en Afrique. Si chez
1. voir p. 5.
plusieurs plantes, la tomate ou la betterave à sucre par exemple, des

Contact

Contact
Serge.Savary@mpl.ird.fr

Des systèmes
de production
en cause
Pendant 8 ans, une équipe pluridisciplinaire de l’IRD s’est penchée sur les
conditions de développement des cultures irriguées et de la riziculture au
Sahel. Ce programme a été conduit,
sous l’égide du Coraf, en collaboration
avec le Cirad et les instituts de
recherche agronomique du Mali, Niger,
Mauritanie et Sénégal. Il s’agissait en
particulier de comprendre les raisons
d’une diminution des rendements et
du revenu des riziculteurs malgré un
excellent potentiel de production (16 à
18 t/ha/an). Des causes complexes sont
apparues. Contrairement à ce qui était
admis, la dégradation des sols joue un
rôle mineur au regard de celui des systèmes de production et de la maîtrise
technique (pratiques culturales, accès à
l’eau, système de crédit, etc.). En
Mauritanie et au Sénégal par exemple,
les contraintes d’une gestion collective
représentent l’un des freins majeurs au
développement de l’irrigation. En
outre, les politiques agricoles engagées
par l’État ou les bailleurs de fonds se
sont souvent révélées inadaptées aux
stratégies des riziculteurs ou trop changeantes. La recherche de solutions
techniques n’a pas toujours tenu
compte des savoir-faire des paysans,
plus souvent considérés comme des
exécutants que comme des décideurs.
« La réussite de la culture irriguée au
Sahel suppose avant tout d’accompagner et de favoriser une transformation
des sociétés rurales par une reponsabilisation et une professionalisation des
acteurs », concluent Pascal Boivin et
Jean-Christophe Poussin qui ont dirigé
ces recherches.


Contact
Pascal.Boivin@msem.univ-montp2.fr,
Jean-christophe.Poussin@mpl.ird.fr

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 9 - mars/avril 2001

Recherches

Un virus traqué

Des dizaines d’espèces de champignons et de bactéries pathogènes, plus
de cent espèces de mauvaises herbes
ou d’insectes : la diversité des ravageurs du riz en Asie tropicale est
extrême. Selon des recherches menées
par l’IRD, l’IRRI et leurs partenaires nationaux sur six sites en Chine, aux
Philippines, au Viêt-nam et en Inde,
seules quelques dizaines d’espèces provoquent des pertes de récolte significatives et le potentiel de nuisance de certains ravageurs est parfois inférieur aux
estimations ayant cours. Ainsi les
insectes ou une maladie comme le tungro ne sont pas aussi nuisibles qu’on le
pensait ; en revanche, les mauvaises
herbes et le champignon tellurique
Rhizoctonia solani apparaissent comme
les plus néfastes à la productivité des
rizières. Les ravageurs n’attaquent pas
les cultures indépendamment mais en
formant des associations dont les chercheurs ont pu établir des profils types.
Certaines situations de production
apparaissent en outre plus vulnérables
que d’autres. D’une manière générale,
ce sont les rizières où la productivité
potentielle est la plus forte (5,9 t/ha)
qui subissent les pertes de récoltes les
plus importantes ; lorsqu’elle est
moindre (4,7 t/ha), les pertes sont nettement inférieures et ont pour origine
une plus grande diversité de ravageurs.
À l’heure où s’élaborent des stratégies
de lutte fondées sur le déploiement de
nouveaux gènes de résistance aux
ravageurs, ces constats s’avèrent
importants pour hiérarchiser les priorités de recherche et d’intervention. ●

9


T h a ï l a n d e

G u i n é e

© IRAM

Marché en Guinée.

Cette technique qui a été progressivement adaptée aux conditions spécifiques de différents pays comme en
Amérique du Sud, en milieux arides
(Mexique), sur sols indurés et sur fortes
pentes (Équateur). Cette méthodologie
est maintenant couplée à d’autres
appareils pour la mesure de la rugosité
(point quadrat et distanciomètre laser)
et pour l’étude de l’hydrodynamique
interne (sonde à neutrons, tensiomètres, Time Domain Reflectrometry).
De plus, elle permet d’obtenir plus rapidement que par des suivis classiques
(mesures hydro-météorologiques), des
données hydro-pédologiques originales
(ruissellement, érosion) et fiables sur
bassins versants expérimentaux.
Cet atelier, exemple de formation à la
recherche par la recherche, a permis une
maîtrise de l’appareil (acquisition, traitement et interprétation des données) par
les futurs utilisateurs et a mis en évidence
de nombreux paramètres hydrodynamiques liés aux caractéristiques des sols à
fortes pentes des milieux étudiés grâce à
des mesures expérimentales au champ.
L’engouement des partenaires pour
cette méthodologie nouvelle en Asie du
Sud-Est et la réussite de cet atelier de
formation sont de bonne augure pour
les recherches menées par les pédologues et les hydrologues de l’ird en
étroite collaboration avec leurs partenaires dans la région. L’intérêt des autorités thaïlandaises a été marqué par la
présence de vice-gouverneur de la province de Phrae au cours de la première
journée de cet atelier de formation. ●

Contact
Jean-Louis Janeau
janeau@ibsram.org

ous la responsabilité de
François Doligez de
l’Institut de recherches
et d’applications des
méthodes du développement (IRAM,
Paris) Le programme « La construction des marchés financiers en milieu
rural et dans les villes secondaires de
Guinée Conakry », a été sélectionné à
l’appel d’offres « Coopération scientifique et de recherches sur l’évolution
de la vie politique, de la société et de
la ville en Afrique », délégué à l’IRD et
au Codesria par le ministère français
des Affaires étrangères.
L’objectif de ces recherches vise à
comprendre les raisons de la persistance d’un marché financier segmenté au niveau local, d’analyser
quelle est la construction socio-économique de l’ajustement entre l’offre
et la demande de service financiers,
mais aussi comment évoluent les
rapports entre marchés financiers et
autres marchés (biens, services, tra-

A s i e

d u

vail, foncier) au niveau local, mésoéconomique et national. Ce programme présente une forte originalité
dans le partenariat proposé, puisqu’il
est porté par deux structures associatives, l’IRAM et l’Association d’anthropologie et de sociologie appliquées (lasoa, République de Guinée).
Le lasoa est une association scientifique créée en mai 2000 par des chercheurs de l’université de Conakry en
vue de la promotion de la recherche
en sciences sociales en Guinée. L’IRAM
a pour objectif de contribuer à des
actions de développement en associant étroitement une pratique de la
recherche avec l’action pour le développement. Les relations entre l’IRAM
et les chercheurs du lasoa sont antérieures à la création du LASOA. Elles
remontent à des études réalisées
depuis 1994 sur l’aménagement des
bassins versants en Guinée. Elles se
sont confirmées par deux programmes de recherche liés à l’accom-

développement, à la nécessité de
pagnement du crédit rural de Guinée
renforcer les capacités d’analyse des
mis en œuvre depuis 1999.
mutations en cours et de renforcer
Cette association entre un opérateur

des partenariats novateurs.
français du développement et une
association de chercheurs guinéens
va permettre un travail en étroite
relation avec les partenaires du déveiram@iram-fr.org
loppement en Guinée. Elle devrait
également confirmer
les capacités du
LASOA dans le domaine de la recherche
et de l’expertise en
micro-finance.
Le projet répond
ainsi non seulement
aux objectifs scientifiques de l’appel
d’offres par la production de connaissances nouvelles
issues du terrain,
mais également par
la dynamique partenariale qu’il porte
en ancrant la recherche aux milieux du Crédit rural de Guinée à Faranah.

Contact

© IRAM

Participants de l’atelier de formation
à la simulation de pluie, Phrae, Nord Thaïlande.

Le programme de recherche « La construction
des marchés financiers en milieu rural et dans
les villes secondaires de Guinée Conakry »
propose l’analyse critique de la conception
classique des marchés financiers.

S u d - E s t

La chimie de
l’environnement se dynamise
’unité de recherche
« Ariane » (R067) de
l’IRD, en collaboration
avec l’IBSRAM (International Board for Soil Research and
Management) et avec son partenaire
le Land Development Department
(LDD), a organisé du 27 novembre au
8 décembre 2000 un atelier de formation pour des chimistes des pays
de l’Asie du Sud-Est.
Cet atelier s’inscrit dans le cadre des
activités du réseau SEALNET (South
East Asia Laboratory Network), créé
en 1998 par l’IBSRAM et l’IRD pour
favoriser les échanges et les collaborations entre les différents laboratoires d’analyse des sols, des eaux et
des végétaux d’Asie du Sud-est. L’IRD
entend favoriser cette dynamique en
s’appuyant sur ses collaborations
scientifiques dans les principaux
pays de la région.

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 9 - mars/avril 2001

© IRD / J.-L. Janeau

10

Une analyse
critique
des marchés

Du 12 au 15 décembre 2000, un atelier
de formation privilégiant les mesures in
situ sous simulation de pluie a eu lieu
sur un bassin versant expérimental de la
région de Phrae, Nord Thaïlande sous
l’égide de l’IRD, de l’International Board
for Soil Research And Management et
des partenaires thaïlandais du Royal
Forest Department et du Land
Development Department.
Cette formation a été soutenue financièrement par la délégation régionale du
ministère des Affaires étrangères français.
Elle a permis la participation de stagiaires
laotiens, thaïlandais et vietnamiens, partenaires de l’unité de recherche “Érosion
et Changements d’Usages des sols” (ECU).
Le simulateur de pluie, récemment
monté et basé en Thaïlande au sein du
programme Management Soil Erosion
Consortium (MSEC), circulera au cours
des deux prochaines années au sein
des 3 pays partenaires communs à l’IBSRAM, centre de recherche hôte de ce
programme, et à ECU.
La simulation de pluie est une technique
de mesure de paramètres hydrophysiques bien maîtrisée à l’IRD. Sa mise au
point a été effectuée par des pédologues
et des hydrologues en Afrique sahélienne, soudanienne et forestière pour
des caractérisations des états de surface
du sol en vue de modélisation de l’hydrodynamique superficielle, mais aussi
pour des applications originales telle la
dispersion de la rouille de l’arachide.

© IRD / J.-L. Janeau

Formations

Apprendre à
faire la pluie

Jean Pétard (IRD Montpellier) explique la
détermination de l’azote par distillation.

L’atelier a regroupé
19 chimistes de 8 pays
du sud-est asiatique,
dont la Thaïlande, le
Laos, le Viêt-nam et
l’Indonésie. L’atelier a
couvert les principales
méthodes d’analyses
de sol, de plantes et
d’eau, en mettant l’accent sur les problèmes
de contrôle de qualité
et de gestion des
résultats analytiques.
Au-delà de la formation,
cet atelier cherchait à
installer une dynamique collective régionale. Certains participants vont relayer les
informations et développer les futures activités de SEALNET dans

leurs pays. De plus, les échantillons
étudiés au cours de l’atelier seront
analysés par chaque laboratoire et les
résultats échangés, premier pas vers
un échange organisé d’échantillons
standards à l’échelle régionale.
Il est prévu d’organiser une série
d’ateliers de formation à l’échelle de
chaque pays ou de groupe de pays
partageant la même langue, en utilisant les compétences acquises par
les participants de cet atelier. Le
premier atelier devrait avoir lieu à la
fin de l’année 2001 avec le soutien
du ministère français des Affaires

étrangères.

Contacts
Roland Poss (IRD)
poss@ksc15.th.com
Rod Lefroy (IBSRAM)
Lefroy@ibsram.org


lus que jamais, la
recherche est affaire
de partenariat, avec
des organismes nationaux, ou ộtrangers, frộquemment
dans le cas de lIRD, ou encore des
industriels. Mais au moment oự les
recherches aboutissent une innovation susceptible dexploitation industrielle, que faire ? Idộalement, linvention commune devrait ờtre
protộgộe par un brevet en copropriộtộ. Selon les cas, ce nest pas
sans causer quelques soucis. ô La
copropriộtộ souffre dune absence de
rốglement, souligne Jean-Anne Ville,
responsable de la valorisation lIRD.
Comment, en effet, dộfinir les
apports de chaque partie apport
intellectuel, matộriel ou financier si
rien nest planifiộ lavance ?
Lorsquune demande de dộpụt de
brevet est formulộe, nous sommes
tenus de respecter des dộlais stricts

pour lenregistrement auprốs de
lINPI 1. Or, la copropriộtộ suppose la
signature des diffộrentes parties,
parfois difficiles obtenir en temps
et en heure lorsque les partenaires
sont lautre bout du monde ằ. Pour
ộviter ce genre de complications, il
existe plusieurs solutions. Dix-huit
mois se passent entre le dộpụt de
brevet et sa publication. Ainsi, le brevet peut ờtre dộposộ, dans un premier temps, au seul nom de lun des
partenaires. Ensuite, au cours des
12 mois suivant, il est possible de
transfộrer une partie des droits au
non-dộposant. Le brevet est alors
ộtendu en copropriộtộ lộtranger.
Cela a notamment ộtộ le cas avec le
brevet sur lapomixie dộposộ par
lIRD, puis partagộ avec le Cimmyt2 en
janvier 1998. Chaque copropriộtaire
peut alors exploiter directement la
dộcouverte, mais na cependant pas
le droit de cộder de licence sans lac-

E x p e r t i s e

Plumpy, aliment de renutrition pour les situations
durgence, lorigine un brevet en copropriộtộ
entre lIRD et lentreprise normande Nutriset
qui le dộveloppe et le commercialise.
cord des autres. Autre option : lun
des co-propriộtaires est mandatộ par
son partenaire pour prendre en
charge toute la procộdure du dộpụt et
dexploitation du brevet.
ô Par ailleurs, le dộpụt et lentretien
dun brevet impliquent des coỷts. Le
Dộpartement expertise et valorisation dispose cet effet dun budget,
mais ce nest pas le cas de tous les
partenaires, obligeant parfois linstitut avancer les sommes ằ, poursuit
Jean-Anne Ville. Le manque dhomogộnộitộ des lois rộgissant la propriộtộ
industrielle dans le monde est aussi
source de difficultộs. Celles-ci ont
cependant ộtộ largement attộnuộes
depuis les accords de lOMC en 199495. titre dexemple, lEspagne se
dộmarquait des autres pays europộens en matiốre de droits de propriộtộ jusqu son entrộe dans la
communautộ. Les pays dAmộrique
Centrale et du Sud, sous rộgime hispanique, suivaient ses habitudes jusqu trốs rộcemment. Aujourdhui,
lorsquun brevet est dộposộ dans lun
des pays membres de la Convention
de Paris (la quasi totalitộ des pays du
monde), cette date de dộpụt unique
vaut pour tous les autres pays

membres. Les copropriộtaires disposent alors dune annộe pour valider
leur demande dans chaque pays, procộdure encore compliquộe par un
certain manque dhomogộnộitộ.
LIRD dộpose en moyenne 5 brevets par
an, parmi lesquels un, voire deux, sont
en copropriộtộ. ô Il pourrait y en avoir
plus puisque ce sont essentiellement
les chercheurs basộs en France qui
effectuent cette dộmarche. Une part
non nộgligeable de la valorisation et
de lexploitation des rộsultats des
chercheurs expatriộs se fait directement sur place et le retour dinformation vers linstitut savốre trop tardif
pour entamer les procộdures de protection des travaux. Les chercheurs
ne semblent pas assez sensibles lintộrờt quils ont protộger leurs rộsultats. Souvent, ils sestiment aptes,
tort, de juger si leurs travaux mộritent
un dộpụt de brevet ou non ằ, remarque

la responsable.

Contact

Milieux et environnement
Gestion de leau en milieu aride
ou semi-aride : Comment utiliser
de faỗon optimale le savoir accumulộ
sur les petits barrages ?
Dộgradations du littoral insulaire tropical : Quels sont les
effets de la pression anthropique et
environnementale sur le littoral
insulaire dans les ocộans Indien et
Pacifique ?
El Niủo et la prộvision climatique : Comment utiliser le savoir
accumulộ sur le phộnomốne El Niủo
pour mieux en prộvoir et gộrer la
rộcurrence et les consộquences ?
Risques sismiques et volcaniques : Comment utiliser des fins
prộventives le savoir accumulộ sur
les risques terrestres et maritimes
majeurs ?

Ressources vivantes
Gestion des substances naturelles du Pacifique : Comment
favoriser lexploitation durable des
substances naturelles dans une
rộgion-rộservoir de la biodiversitộ planộtaire, en veillant au plein respect
des droits des populations concernộes ? Aspects techniques, socio-ộconomiques, dộontologiques, etc.
Gestion durable des ressources
halieutiques dans lAtlantique
sud : Comment passer du systốme
actuel de surexploitation des ressources et de surinvestissement ộconomique un systốme de gestion
socialement acceptable et responsable quant au risque d'ộpuisement
des ressources ?
La Martinique, ô ợle bio ằ ? : Est-il
concevable de transformer tout ou
partie de la Martinique en une ợle de
productions agricoles ô biologiques ằ ?
Phộnomốnes de rộsistance
induits par les traitements
contre les vecteurs et/ou les
microorganismes : Comment
prendre aujourd'hui de front le
problốme du dộveloppement des
phộnomốnes de rộsistance liộs la
pression
sộlective
des
traitements ?

Santộ
La dengue hộmorragique dans
les
dộpartements
franỗais
dAmộrique : Comment ộviter les
ộpidộmies, diagnostiquer plus vite
leur ộmergence, optimiser la prise
en charge des patients ?
La ô transition ộpidộmiologique ằ
dans les pays ộmergents et les
problốmes de santộ publique en
rộsultant : Oự et comment se pose le
problốme de ladjonction de problốmes majeurs de santộ associộs
lộmergence du dộveloppement ?
Les trypanosomoses africaines
aujourdhui : Comment faire face
la nouvelle flambộe des trypanosomoses, notamment grõce aux nouvelles mộthodes de diagnostic et aux
nouveaux traitements disponibles ?
Lutte contre le trachome en
Afrique subsaharienne : Les
mộthodes de lutte intộgrộe (antibiothộrapie de masse, hygiốne des
enfants, etc.) peuvent-elles venir
bout du trachome, cause majeure de
cộcitộ en Afrique subsaharienne ?
Mộtaux toxiques dans les
ô espaces gộographiques fermộs ằ (ợles, rộgions isolộes) :
Que sait-on, en milieu insulaire tropical (ou plus gộnộralement en
milieu gộographiquement isolộ), de
la prộvalence de l'exposition aux
mộtaux considộrộs comme toxiques,
de la nature et de la gestion des
sources de cette exposition ?
Rụle des observations spatiales
dans la lutte contre les maladies
vecteurs : En quoi les observa-

industrielle assurant son titulaire
un droit exclusif sur une invention
pour une durộe de 20 ans. Mais
quest-ce quune invention?
Une invention se prộsente comme
une solution technique un problốme technique. Ce nest le cas ni
des dộcouvertes scientifiques dont
aucune application nest proposộe, ni des mộthodes mathộmatiques, pas plus que des programmes informatiques ou des crộations
artistiques qui bộnộficient du droit
dauteur. Labstrait nest pas brevetable. Pour ờtre brevetộe, linvention doit : ờtre susceptible
dapplication industrielle, ờtre
nouvelle et enfin impliquer une
activitộ inventive, ne pas relever
de lộvidence. ô Dộposer un brevet
nempờche pas la publication dun
article dans une revue scientifique, insiste Jean-Anne Ville,
dans la mesure oự la demande est
dộj enregistrộe. Une publication
sera de toute maniốre systộmatique au terme des 18 mois de

procộdure. ằ

ville@paris.ird.fr
1. Institut national de propriộtộ industrielle
2. Centre international damộlioration du
maùs et du blộ

c o l l ộ g i a l e

Mise en valeur des sols salộs :
Comment gộrer au mieux les potentialitộs des sols salộs en tenant
compte des paramốtres du milieu et
de la recevabilitộ socioculturelle des
innovations proposộes ?

Le brevet est le titre de propriộtộ

http://www.inpi.fr

Mobilisation des savoirs
Alors que les deux
premiốres expertises
collộgiales menộes
bien en 2000 sont en
cours de publication,
dix-huit nouveaux
projets se mettent
en place, vộritable
offensive dans
tous les secteurs
dintervention de lIRD.

Que peut-on
breveter ?

tions spatiales peuvent-elles permettre un repộrage rapide des maladies vecteurs et une amộlioration de
la lutte contre elles ?

Sociộtộs
Construction et dộconstruction
des communautộs de chercheurs en Afrique : Comment les
politiques de coopộration influencent-elles les dynamiques luvre
dans les communautộs scientifiques
africaines (en termes daccompagnement, daccộlộration, de blocage, de
dộtournement, etc.) ?
Diasporas scientifiques : En quoi
les pays en dộveloppement peuventils tirer parti de leurs ô diasporas
scientifiques ằ ?
Le concept de gouvernance
dans lespace mộditerranộen :
Quelles sont les principales difficultộs rencontrộes dans la mise en
uvre du processus de coopộration
euromộditerranộenne (dit ô de Barcelone ằ) et les rộponses susceptibles

de les pallier ?

Contact
dev@paris.ird.fr

Les projets mentionnộs prộsentent des ộtats
davancement variables, certains sont dộj
en phase opộrationnelle, dautres nen sont
quaux rộflexions prộliminaires.

ẫtat de lart et
recommandations
Les deux premiốres expertises collộgiales
sachốvent avec la remise prochaine des
rapports leurs commanditaires. Elles
auront permis lIRD de mettre en place
cette nouvelle procộdure de valorisation
des connaissances accumulộes.
Le mercure en milieu amazonien
(Guyane); quelles sont les incidences
des activitộs humaines sur la contamination par le mercure? Lorpaillage
est-il la seule ou la principale cause de la
pollution mercurielle?
Les donnộes analysộes permettent de
dộgager quatre champs de rộflexion :
LAmazonie, terrain de convergence des
facteurs de risque de contamination du
milieu par le mercure ; LAmazonie, terre
daffinitộ du mercure, fragilisộe par les
facteurs aggravants dorigine anthropique ; LAmazone, terrain favorable la
formation de mộthyl-mercure ; Quels
risques pour la santộ des populations
amazoniennes ?
Elles conduisent le groupe dexperts
formuler un ensemble de recommandations : Divulguer linformation. Faciliter
laccốs des populations risque aux dispositifs de santộ. Amộliorer la gestion de
ces dispositifs et renforcer les suivis sanitaires. Rộduire lexposition aux vapeurs
de mercure en modifiant les pratiques
dorpaillage. Rộduire lexposition au
mộthyl-mercure en adaptant les habitudes alimentaires. Maợtriser limpact du
mercure sur lenvironnement. ẫtablissement dune charte des bonnes pratiques
de lorpaillage. Crộation dune structure
dencadrement de lorpaillage en
Guyane. Mise en place d'un observatoire
de surveillance. Poursuite des recherches
sur la contamination mercurielle.
Impact des projets de dộveloppement
au Cameroun sur le paludisme et les
autres maladies vecteurs liộes
leau. Comment prộvenir les consộquences des projets de dộveloppement rural ou
urbain sur lincidence du paludisme et des
autres maladies vecteurs liộes leau?
Les rapports complets de ces deux
expertises seront prochainement ren
dus publics.

Sciences au Sud - Le journal de lIRD - n 9 - mars/avril 2001

Valorisation

Pour les chercheurs publics, la valorisation des
rộsultats par le brevet est encore souvent une
prộoccupation de derniốre minute. Pourtant une
certaine anticipation est dautant plus nộcessaire
que souvent les brevets doivent ờtre partagộs
avec des copropriộtaires.

â Nutriset

La copropriộtộ,
avatar du partenariat

11


Planète IRD

« La recherche est une activité
complexe et plurielle, non le fait d’individus isolés, l’un des objectif du club
consiste à le faire comprendre aux
jeunes en leur permettant de participer
à un véritable projet », explique Henri
Poupon, représentant de l’IRD au
Mexique. À Mexico, le but est de
mettre au point des cultures de champignons d’intérêt alimentaire sur des
déchets agricoles, en premier lieu la
bagasse de canne à sucre. « La réalisation de ce projet oblige les jeunes à
prendre contact avec divers partenaires : les organismes de recherche,
l’université et les producteurs de canne
à sucre, plus tard, ils devront aussi s’enquérir des marchés pour valoriser leurs
travaux. » Le projet est entré dans sa
phase expérimentale au début de l’année. Les jeunes multiplient les souches
de champignons en laboratoire et sous
serre (des pleurotes dans un premier
temps), afin de disposer de matériel en
quantité pour ensuite réaliser les essais
qui leur permettront d’optimiser tous
les paramètres de la culture et de
constituer un véritable manuel de production de champignons.
« La recherche scientifique n’accepte
pas l’à peu près, ajoute Henri Poupon,
Il y a des engagements et un calendrier
à tenir, une obligation de résultat. Nous
avons placé le club dans
un véritable contexte
professionnel, dont les
jeunes apprennent à
connaître les règles. »
Les activités du club
entrent par exemple à
part entière dans la
convention que l’IRD met
en place avec l’Universidad Autónoma Metropolitana. Ainsi le Club
dispose de l’infrastructure
expérimentale
nécessaire.
Au cours de la semaine
de la science en octobre
2000 à Mexico, les jeunes
ont eu l’occasion d’expliquer avec enthousiasme
leur projet à un large
public. « Le Mexique possède un système scolaire
très théorique, explique
Henri Poupon et notre expérience suscite
un vif intérêt auprès des enseignants,
mais aussi des responsables de l’éducation, des universités et de la recherche.
Monter une telle opération demande
certes quelques moyens, mais l’élément
déterminant consiste surtout à trouver
un scientifique prêt à s’investir auprès
des jeunes. Pour le club de Mexico, nous
avons la chance de bénéficier de l’engagement de Daniel Martinez-Carrera, professeur mexicain, spécialiste de la biotechnologie des champignons et partenaire
de l’IRD depuis de nombreuses années.» ●
© IRD/Catalina Cruz

12

F a s o

La recherche à livres ouverts
Créé à Ouagadougou à l’initiative du service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France,
du Cirad et de l’IRD, le Centre d’information sur la recherche
et le développement (CIRD) vient d’être inauguré.
Riche d’un fonds de plus de 10 000 documents (ouvrages,
revues et supports multimédias), il pourra à terme
accueillir de 50 à 100 lecteurs par jour, étudiants,
enseignants et chercheurs burkinabès pour l’essentiel.

E

ntretien avec Francis Saudubray,
chef du service de coopération
et d’action culturelle de l’Ambassade de France à Ouagadougou.

Quelles raisons ont conduit
la Coopération française, le
Cirad et l’ird à faire œuvre
commune avec le cird ?
Les raisons sont à la fois structurelles et
conjoncturelles. Il s’agissait d’une part
de répondre aux grandes difficultés
d’accès à l’information scientifique
dont souffre le Burkina Faso. D’autre
part, il était nécessaire de rationaliser
les fonds documentaires mis à disposition par le Centre culturel français
(CCF), l’IRD et le Cirad. Chacun de ces
organismes avait en effet un centre de
documentation sur la recherche et le

Le Centre d’information sur la recherche et le développement
vient d’ouvrir ses portes à Ouagadougou
(architecte : D. Wango, bureau d'études Answer).
pour travailler ensemble. Renforcer les
liens entre les centres de recherche et la
Coopération française est plus que
jamais nécessaire à un moment où la
compétition en matière d’expertise
scientifique et de projets de développement est de plus en plus vive.

développement offrant des services
similaires à un public commun. Cette
rationalisation était d’autant plus
urgente que le Centre d’information
sur le développement du CCF Georges
Meliès venait d’être fermé. Il fallait
trouver une solution pour éviter que
son fonds de plus de 3 000 références
ne se perde. Accueillant chaque jour
près de 30 lecteurs (étudiants, chercheurs enseignants et de membres
d’ONG), ce centre de documentation
bénéficiait d’une audience très large et
diversifiée, à plus de 90 % burkinabè.
Par la synergie qu’il crée, le CIRD est une
réalisation exemplaire. La France avance
trop souvent à l’étranger en ordre dispersé. Ici, l’IRD, le Cirad et la Coopération française ont montré que l’on
peut dépasser les logiques de structure

De quels moyens
bénéficiera le CIRD ?
Les trois organismes ont mis en commun leurs fonds documentaires respectifs, ce qui représente un total de
12 000 ouvrages et plus d’une centaine
de périodiques. L’IRD a pris en charge la
construction du bâtiment sur son terrain, admirablement bien situé au
cœur de la ville. Le Cirad a conduit une
expertise aussi bien pour l’étude technique du CIRD (informatique, équipements, etc.) que pour sa phase de
démarrage. La Coopération française a
pour sa part financé, pour un total de
550 000 FF, l’équipement en mobilier,
en informatique et télématique. Les
10 consoles informatiques de ce centre

Contact
Alain.Casenave@ird.bf

L

a mise en place simultanée de 90 unités de recherche et de service ne se
fait pas sans quelques ajustements de dernière minute :
• L’unité S025 est désormais dénommée « Moyens à la mer et observatoire
océanique ».
• L’Unité R02 s’intitule maintenant « Socio-anthropologie de la Santé ».
• L’implantation principale de l’unité R043, « Pharmacochimie des substances naturelles » est à la faculté des Sciences pharmaceutiques de l’université Paul Sabatier, 35 chemin des Maraîchers, 31062 Toulouse cedex 4.
courriel : sauvain@ns.ird.fr.


Le représentant régional
de l’IRD au Sénégal décoré

Stand de l’IRD au Salon du livre de Bamako « SALIBA », qui s’est tenu
du 15 au 21 décembre 2000 dans les jardins du Palais de la Culture.
Une trentaine d’exposants, éditeurs originaires principalement du Mali
et des pays voisins (notamment Sénégal et Côte d’Ivoire),
mais aussi du Ghana et d’Afrique du Sud, étaient présents.

A g e n d a
● 5e Édition des Rencontres
halieutiques de Rennes

16-17 mars
École nationale supérieure agronomique, Rennes
Contact : dgascuel@agrorennes.educagri.fr

© IRD/J. Kubler

Irdmex@mail.internet.com.mx

De la gauche vers la droite : Philippe. Lazar, Madior Diouf actuel ministre
de la Culture (ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche scientifique) ; Jean-René Durand ; l'Ambassadeur de France,
Jean De Glinasty ; Balla Moussa Daffé (ancien ministre de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche scientifique).

À

© IRD/Catalina Cruz

de documentation multimédia permettront aux lecteurs d’accéder à internet
et à un réseau de banques de données
sur le développement. Chacun des
organismes contribuera aux frais de
fonctionnement, notamment pour la
souscription d’abonnement à des
revues scientifiques. L’animation sera
assurée par les documentalistes du
Cirad et de l’IRD ainsi que par un CSN
mis à disposition par l’Ambassade de
France. Ce centre sera cogéré par les
trois institutions avec la participation
d’un représentant du Centre national
de la necherche scientifique et technologique du Burkina Faso. Ceci traduit
une volonté forte de tisser un partenariat étroit avec les centres de documentation locaux et de prendre en compte
les préoccupations de la communauté
scientifique burkinabé à laquelle le CIRD
est essentiellement destiné.


L’IRD en 90 unités

Contact
Les partenaires du Club : Asociación Juvenil
de Divulgadores de la Ciencia ; Museum
d’Histoire naturelle de Mexico ; Universidad
Autónoma Metropolitana

© IRD/Yann Le Troquer

Rigueur et déjà
professionnalisme

B u r k i n a

© IRD/J. Brunet-Jailly

M e x i q u e
C l u b j e u n e s

l’occasion de sa visite au
Sénégal, le Président du
Conseil d’Administration de
l’IRD, Philippe Lazar, a remis, en présence de deux anciens ministres sénégalais de la Recherche scientifique dont
l’un a, actuellement, en charge la
Culture, les insignes de Chevalier de la
Légion d’honneur à Jean-René Durand,
représentant régional de l’IRD au
Sénégal. La cérémonie de remise de
décoration qui a eu lieu le 16 février

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 9 - mars/avril 2001

2001 à la Résidence de l’Ambassadeur
de France a été l’occasion pour Jean
René Durand de souligner la « difficulté
de la recherche pour le développement, recherche fondamentale et finalisée qui ne peut répondre immédiatement à l’urgence pourtant manifeste
dans bien des domaines » ; ce pourquoi
suggère t-il, « le concept d’'expertise
collégiale devrait permettre d’améliorer
l’image de la recherche IRD vis à vis des
décideurs et développeurs ».


● 3rd Research Coordination
Meeting on « Genetic
applications to improve the
sterile insect technique for
tsetse control/eradication
including population genetics »

19-23 mars
Bouaké - Côte d’Ivoire
Contact : Philippe Solano, solano@ird.ci

Réunion annuelle de la
Société française d’ichtyologie


26-27 mars
Brest
Contacts : Bertrand Gobert, gobert@ird.fr
Bernard Séret, seret@cimrs1.mnhn.fr
● Second Colloque
Micronésien : Regards
anthropologiques intérieurs
et extérieurs

à propos de la Micronésie
17-20 avril
San Sebastian - Espagne
Contact :
Jean-Christophe.Galipaud@orleans.ird.fr

● Internationl Conference on
New Horizons in Biotechnology
- NHB-

18-22avril
Trivandrum - Inde
Contact : Sévastianos Roussos,
roussos@esil.univ-mrs.fr

2e Conférence Internationale
sur l’apomixie



24-28 avril
Come - Italie
Contact : Yves Savidan,
savidan@agropolis.fr
● 8e colloque annuel sur la
dynamique et l’évolution du VIH

27-29 avril
Hôtel Novotel Vaugirard, Paris
Contact : eric.delaporte@mpl.ird.fr

4e Conférence internationale
sur la chimie de l’environnement
et la géochimie sous les
tropiques – GEOTROP



7-11 mai
Townsville – Australie
Contact : Rolan Poss, poss@hx15.th.com
● Colloque « Origines et
histoire de l’hydrologie »

9-11mai
Dijon - France
Contact : Pierre.Chevallier@mpl.ird.fr


M i c r o t r o p

À

l’origine, les « fiches d’actualité scientifique de l’IRD »
et cette préoccupation de
Maurice Mourier : existe-t-il un véritable échange, sur le plan de la
recherche médicale, entre pays riches,
technologiquement avancés, et pays
pauvres ? « Au cours de mes discussions avec l’IRD, j’ai vu se dégager trois
situations : des cas où la coopération
fonctionne très bien ; d’autres qui se
soldent par un échec ; d’autres enfin
où la coopération naissante reste incertaine. J’ai alors dessiné cette histoire
qui, pour ne pas être lénifiant, part
d’un échec et, pour éviter le catastrophisme, aboutit à un succès. » « J’ai utilisé pour mettre l’histoire en image une
pure technique de documentaire »,
ajoute Gilles Capelle.
L’IRD avait d’emblée offert son concours. À
Paris, pour le choix des exemples, mais
surtout sur place, pour atteindre le cœur
des sujets. «Nous n’aurions jamais eu
accès à tout ce que nous avons vu en si
peu de temps (un mois de tournage),
reconnaît Maurice Mourier, sans la profonde implantation sur le terrain des chercheurs de l’IRD : Geneviève Bourdy et Éric
Deharo en Bolivie; Pierre Cabalion et
Christian Colin en Nouvelle Calédonie;
Jacques Berger au Viêt-nam.» «L’IRD a
aussi été constamment présent en termes
logistiques, complète Gilles Capelle, nous
avons partout été véhiculés par l’IRD, et
même logés au centre de Nouméa, ce qui

face à la science occidentale, questions
politiques, arrière-plans de corruption,
etc. » L’impasse. Et une note d’espoir,
mais d’ironie amère. « La leishmaniose
se propage chez les chiens du Nord. Ils
sont plus solvables que les populations
pauvres du Sud et la recherche d’un vaccin a démarré », conclut Gilles Capelle.
Brève escale dans la nature exubérante
de Nouvelle Calédonie, sur les pas de
l’ethnobotaniste Pierre Cabalion.
Inventaire des plantes endémiques
locales et de leurs usages. Rencontres
avec les guérisseuses de Thio. Leçon du

représente une part importante du budget pour un documentaire.» Si l’IRD s’est
fortement impliqué, les auteurs ont joui
d’une totale liberté d’enquête et de ton,
très perceptible.
Première étape en Bolivie, sur la piste de Galipea longiflora. Forêt
amazonienne, quelques Chimanes savent
encore utiliser la plante
pour lutter contre la
leishmaniose, maladie
grave et répandue.
Alain Fournet, chercheur à l’IRD, a percé le
mystère, identifié les
molécules actives, réalisé leur synthèse chimique, simple. Des
essais sur l’animal sont
concluants. La voie
d’un médicament? L’IRD
a donné le brevet au
gouvernement bolivien.
Et puis plus rien. Pourquoi? «Nous étions terriblement attirés par
cette question», avoue
Maurice Mourier. Enquête incisive, près de
la moitié du film. «Vraiment un problème Tournage sur l’Ile de Duy Hoa, près de Danang,
Nord-Sud type, résume Viêt-nam. De gauche à droite Bernard Osès
(IRD, ingénieur du son), madame Nga (Foreign Press
l’auteur : susceptibilité Center, Hanoï), Maurice Mourier (auteur)
de chercheurs locaux et Gilles Capelle (réalisateur).

Sud au Nord sur les soins traditionnels
apportés au nourrisson. Difficultés
pour s’entendre sur le nom des plantes
dans les trente-quatre langues locales.
« Les gens qui possèdent ces savoirs
pensent qu’ils sont condamnés », commente Pierre Cabalion. Importance de
former des chercheurs kanaks.
Fin du périple au Viêt-nam. Les problèmes de sous-nutrition, carence en vitamines et minéraux, sont une cause
d’ampleur nationale. « Nous avons pu
avoir accès à tout : archives, bureaux,
dispensaires, etc., sans aucune difficulté », s’enthousiasme Maurice Mourier.
Préparation de nuoc-mâm enrichi en fer,
recherche pilote sur les femmes enceintes, développement de farines de
sevrage supplémentées en oligo-éléments, anciennes techniques de la propagande politique au service de l’éducation nutritionnelle, participation active
des populations. « Depuis 1995, l’IRD et
le Gret (Groupe de recherche et
d'échanges technologiques) apportent à
ces programmes leur appui scientifique
et technique sur la base d’une coopération saine, intervient Jacques Berger de
l’IRD. Chacun apporte ses compétences,
ses connaissances pour définir les projets
de recherche et ensuite travailler en parfaite coopération. »
« Au terme de ce triple voyage, conclut
le commentaire de Maurice Mourier,
remisons les idées simples et essayons
d’exploiter ensemble, sur cette planète
petite et bientôt mondiale, au plus
mauvais sens si nous n’y prenons
garde, l’incroyable mine de la biodiversité qui est d’abord humaine. »


La Microbiologie est l’une des
sciences qui a le plus évolué au cours
des 20 dernières années. Cependant, la
majorité des communautés scientifiques
du Sud sont restées à l’écart de cette
évolution, particulièrement en Afrique.
L’approche moderne de l’écologie
microbienne nécessite, en effet, des
connaissances à la fois théoriques et
pratiques peu ou pas enseignées dans
les cursus universitaires ; seule une université d’été aux États-Unis aborde la
diversité du monde microbien dans différents écosystèmes. En 20 ans, seul un
chercheur africain a pu y assister ! Ce
manque de formation entraîne une
sous-représentation de ces communautés dans les grands programmes internationaux de biodiversité ou environnementaux (réhabilitation des sols, gaz à
effet de serre, etc..). De ce constat, deux
chercheurs de l’IRD et un autre congolais
ont décidé d’organiser au Sénégal une
formation intensive à l’écologie microbienne des sols tropicaux, intitulée
Microtrop. Cette formation, conduite en
partenariat avec l’Université Cheikh
Anta DIOP de Dakar, l’Institut Sénégalais
de Recherche Agricole et l’Université de
Ouagadougou, se déroulera du 24 juin21 juillet 2001 au laboratoire de
Microbiologie des sols tropicaux du
Centre IRD de Dakar. Elle bénéficie de
l’appui de l’UNESCO, l’IFR de Lyon et l’IFS.
Microtrop se propose d’initier des
jeunes scientifiques à une démarche
écologique d’étude des communautés
microbiennes dans les sols tropicaux, en
favorisant l’intégration des méthodes
(classiques et moléculaires) et le brassage de chercheurs (européens et africains). L’objectif, à travers cette
approche globale du rôle des communautés microbiennes, est de permettre
aux microbiologistes d’aborder la complexité des problématiques actuelles
environnementales (réhabilitation des
sols dégradés, durabilité des agro-systèmes, dépollution, connaissance et
exploitation des milieux extrêmes, etc.).
Cette formation, ouverte à l’ensemble
des jeunes chercheurs microbiologistes
ou biologistes s’intéressant au rôle des
bactéries dans le sol, devrait aboutir à
la création d’un réseau permanent de
jeunes scientifiques du Nord et du Sud,
seule alternative à l’isolement.


Générique

M

édecine du Nord et du Sud,
les liens de la recherche
52 minutes
Auteur : Maurice Mourier
Réalisateur : Gilles Capelle
Ingénieurs du son : Bernard Osès
(IRD) et Jean-Luc Rault-Cheynet
Montage : Loïc Turquier
Production : System TV
Première diffusion : La Cinquième,
série « La Cinquième rencontre »,
29 mars 2001, 14 h 30.


© IRD/Jacques Berger

En cinquante-deux minutes, le film "Médecine du Nord
et du Sud, les liens de la recherche" de Maurice Mourier
et Gilles Capelle ausculte trois programmes qui illustrent
les aléas de la coopération en matière de recherche
médicale avec l’IRD. Rencontre avec l’auteur et
le réalisateur d’un film qui pose un regard original
et incisif sur les rapports Nord-Sud.

Une initiative
originale sur
les microorganismes des
sols tropicaux.

Contact
alain.Brauman@ird.sn,
ampe@mpl.ird.fr

A u d i o v i s u e l

Organisé par le projet Hydromed
28-31mai
Tunis – Tunisie
Formulaire d’inscription
téléchargeable sur :
http://www.cig.ensmp.fr/~iahs ou
http://wwwmedaqua.org
Contact : jean.albergel@ird.intl.tn

Juin
Ouagadougou - Burkina Faso
Contact : Ph. Chevalier,
Chevalph@mpl.ird.fr
● Colloque « Écologie humaine
et gestion du milieu dans
l’écotone forêt-savane
d’Afrique centrale »

13-15juin
Yaoundé - Cameroun

3e forum international de l’eau

Contact : Alain.Froment@orleans.ird.fr

29-31 mai
Cannes
Le 30 mai Thierry Ruf présentera une
communication sur « Les tensions sur
l’eau dans le monde Méditerranéen »

● 12th International Meeting
on Frankia and Actinorhizal
Plants



Contact : Thierry.Ruf@mpl.ird.fr

Colloque « Phytovirologie en
Afrique sub-saharienne »


4-8Juin
Nigéria
Contact : Denis.Fargette@mpl.ird.fr
● Atelier de présentation d’un
manuel sur les aliments riches
en carotènes

Les films de l’IRD sont présents dans de
nombreux festivals dont :

Festival panafricain du
cinéma et de la télévision de
Ouagadougou, Fespaco



27 février 6 mars
Ouagadougou, Burkina Faso
Film présenté : Sur les traces des mangeurs de coquillages


Cinéma du réel

● 20e Bilan du film
ethnographique

Contact : Elisabeth Navarro,
navarro@univ-lyon1.fr

20 - 24 mars
Paris
Film présenté : Sur les traces
des mangeurs de coquillages

26-28juin
Lorient - France
Contact : Francis.Laloe@mpl.ird.fr

Orsay
24 - 28 avril
films présentés :

L’ouvrage sur la ville égyptienne
de Rosette, Rosette, naissance, prospérité et déclin d’une ville (en arabe)1,
édité sous la direction de Galila El kadi et
al., vient d’obtenir le prix du meilleur
ouvrage sur le patrimoine architectural
et urbain, décerné par l’Organisation
des villes et des capitales islamiques. Le
prix a été remis à l’auteur le 13 février
au Caire lors de la cérémonie inaugurale
de la 6e conférence de l’organisation.
L’organisation des villes et des capitales du monde musulman est une
association à but non lucratif créée en
1983. Elle regroupe 154 pays, en plus
de six organismes internationaux dont
l’Unesco, et œuvre à l’amélioration de
la qualité de vie dans les villes et les
capitales du monde musulman.

Série Familles :
Tanna, Vanuatu ;
Huahiné, Polynésie ;
Mossi, Burkina Faso.
Sur les traces des mangeurs de
coquillages

9 - 18 mars
Paris
Film présenté : Sur les traces
des mangeurs de coquillages

17-21juin
Carry le Rouet - France

● 5e Forum halieumétrique
Halieutique : complexité et
décision

Rosette primée…

16e Festival international du
film scientifique


● 5e Festival
Territoires
en images

Institut de géographie
29 - 31 mars, Paris

© dr

Séminaire International sur
les petits barrages dans le
monde méditerranéen



Une scène du film Huahin,
de la série Famille, qui nous introduit dans la
vie quotidienne d’une famille polynésienne.

1. Rosette, naissance, prospérité et déclin
d’une ville, edition Dar Al Afaq al-Arabéya, le
Caire, 1999, 400 pages, 64 illustrations,
32 plans. La sortie de l’ouvrage en français
est prévue pour 2002, éditions IRD/IFAO

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 9 - mars/avril 2001

Planète IRD

Le Sud est-il malade
du Nord ?

© Maurice Mourier

Entretien avec des guérisseuses
de Nouvelle Calédonie,
à Grand Borindi, dans la case
du Grand chef.
De gauche à droite, Georgette Noké,
Gilles capelle (réalisateur),
Marinette Oundo et Bernard Osès
(IRD, ingénieur du son).

13


Audiovisuel

P u b l i c a t i o n s

Nouveaux films

Inộgalitộs et politiques publiques en Afrique
Pluralitộ des normes et jeux dacteurs

LIRD Audiovisuel a coproduit avec la
Cinquiốme et Lieurac Production trois
films de la sộrie Familles. Le principe de
cette sộrie est de nous introduire dans la
vie quotidienne de diffộrentes familles
dans le monde.

Lappauvrissement est dabord exclusion des
modes daccốs aux ressources productrices de
revenus et de liens sociaux. Il va de pair avec
inộgalitộs, prộcaritộs, vulnộrabilitộ, sans se
confondre avec elles. Cest un processus de
marginalisation et celle-ci est plus ou moins
accentuộe selon le capital social des individus. Il
sanalyse comme un accroissement des inộgalitộs face un enrichissement parfois extrờmement indu. Si ce processus a plus frộquemment
concernộ les catộgories de population les plus
fragiles, la croissance nempờche pas le maintien,
voire la montộe des inộgalitộs, lesquelles sont, en
retour, des handicaps lenrichissement collectif.
Ce livre est le produit dune expertise collective
conduite par lIRD et le Gret et animộe par Gộrard
Winter. La mise au point de louvrage a ộtộ finalisộe par un comitộ de pilotage de dix membres de
lIRD, du Gret, du CNRS, de Dial, de lIRAM et du
ministốre des Affaires ộtrangốres.
Gộrard Winter, coordinateur, Karthala IRD, 453 p., 180 F; 27,44 e .

ô Tanna, Vanuatu ằ

Ressources

52 min
Rộalisation : Luc Riolon
Conseil scientifique : Annie Walter, IRD
Ce film est dộdiộ Joởl Bonnemaison
qui fut directeur de recherche ird et
professeur la Sorbonne.

â dr

ô Mossi, Burkina Faso ằ

â dr

26 min
Rộalisation : Gilbert Loreaux
Conseil scientifique : Bernard Taverne, IRD.

ô Huahinộ, Polynộsie ằ

Pờcheurs de trocas
en Indonộsie... la fin
dune tradition?
Ce film, coproduit par

RFO, Lieurac
Production et lIRD, nous mốne au cur de
deux villages de pờcheurs indonộsiens.
Lun, Waltaar aux Molluques, gốre encore
la ressource le troca (coquillage) selon
un mode traditionnel fondộ sur linstauration de pộriodes de pờche ; lautre,
Bendar sur lợle de Java, exploite la mer
avec des moyens modernes au risque
dune surexploitation terme. ô Ce film,
en ộclairant la rộalitộ complexe du terrain,
remet en question certains a priori du
dộveloppement durable ằ, souligne la rộalisatrice, Isabelle Antunes. Gộographe,
elle a rộalisộ sa thốse dans le cadre de
Pelfish, un programme sur la gestion de la
ressource halieutique menộ en Indonộsie
par lIRD et The Indonesian Research
Institute on Marine Fisheries.

(52 min)
Rộalisation : Isabelle Antunes
Conseil scientifique : Patrice Cayrộ IRD
Diffusion :
Samedi 24 mars 9 h 35 sur FR3
et 20 h sur RFO-Sat

Les espaces de lhalieutique
La gestion des
espaces
halieutiques
constitue
une dimension de
plus en plus essentielle de la rộgulation des systốmes
de pờche. Cet
ouvrage prộsente
une large palette
des analyses et des
mộthodes dộveloppộes aujourdhui
par les chercheurs
en halieutique pour prendre en compte
cette dimension spatiale des phộnomốnes. Le lecteur y trouvera une partie
des communications prộsentộes lors du
quatriốme ô forum halieumộtrique ằ tenu
Rennes en juin 1999.
Eds sci. : Didier Gascuel, Pierre Chavance,
Nicolas Bez, Alain Biseau ; IRD ẫditions, Col.
Colloques et sộminaires ; 130 F, 19,82 e .

Ce lexique tente de
rộpondre une
double exigence :
prộsenter un vocabulaire en usage
aujourdhui et en
donner une transcription cohộrente
et prộcise. Il comporte par ailleurs
des indications sur
la grammaire tahitienne et sur la prononciation de la
Rộộdition
langue.
Yves Lemaợtre, IRD Editions, 70 F, 10,67 e .

Des cassettes vhs sont disponibles
lIRD Audiovisuel, Bondy :
audiovisuel@bondy.ird.fr

ô Pờcheurs de trocas en Indonộsie... la fin dune tradition ? ằ

ẫditions

Lexique du tahitien contemporain :
tahitien-franỗais, franỗais-tahitien

26 min
Rộalisation : Marie-Pierre Raimbault
Conseil scientifique : Bernard Vienne,
IRD.

La pờche cụtiốre en Guinộe :
ressources et exploitation
Les activitộs de lORSTOM en Guinộe ont
dộbutộ il y a 15 ans
et ont notamment
consistộ assurer
lencadrement
scientifique
du
Centre national des
sciences halieutiques de Boussoura
(CNSHB). Le prộsent
travail se veut la
synthốse de lensemble des travaux rộalisộs par le CNSHB
pendant cette pộriode sur les ressources
marines cụtiốres et leur exploitation par
les pờches artisanale et industrielle.
Eds : Pierre Chavance, Abdoulaye Diallo ;
IRD/CNSHB, 393 p., 110 F, 16,77 e .

âIRD/B. Osốs

14

IRD

Mejoramiento sostenible del cafộ
Arabica por los recursos genộticos,
asistido por los marcadores moleculares, con ộnfasis en la resistencia a
los nematodos
Compte rendu de
latelier organisộ au
CATIE
(Turrialba,
Costa Rica) les 29
et 30 aoỷt 2000
sur lamộlioration
gộnộtique du cafộ
arabica.
Eds. : Franỗois
Antony, Ely
Rodriguez ;
Publication spộciale
CATIE/IRD, 98 p.
Tecnicas de laboratorio para la seleccion de sustancias antimalaricas
Les derniốres informations de lOMS
sur le paludisme
sont alarmantes :
300 500 millions
de personnes sont
concernộes, et prốs
de 2,5 millions en
meurent chaque
annộe. Ce manuel
est destinộ venir
en aide ceux qui
sinitient la chimiothộrapie expộrimentale antipaludộenne.
Eric Deharo, Philippe Gautret, Victoria
Muủoz, Michel Sauvain ; IRD/CYTED ; 187 p.
El Sotavento veracruzano. Procecos
sociales y dinỏmicas territoriales
Cet ensemble de
textes est le fruit de
sộminaires qui se
sont tenus doctobre 96 mars 99
sur la rộgion du
Sotavento situộe
dans lEtat de
Veracruz,
au
Mexique. Lobjectif
de ce programme
de recherche ộtait
danalyser, sous diffộrents angles, la problộmatique de la transformation sociale,
ộconomique, politique, culturelle et territoriale de la rộgion.
Eric Lộonard, Emilia Velỏzquez ; IRD/Ciesas,
Col. Anthropologớas ; 183 p.

Contact

Lộconomie camerounaise :
un espoir ộvanoui

Jusqu trốs rộcemment, le systốme
consistant alterner une phase de
culture avec une
phase de jachốre
fonctionnait trốs
bien en Afrique
tropicale. Aujourdhui, les donnộes
sont diffộrentes : la
population augmente et la sộdentarisation se dộveloppe, doự une multiplication des
surfaces cultivộes et une baisse des terres
en jachốre. Il convient dộsormais de
moduler ce systốme traditionnel et denvisager des mộthodes de substitution. Cet
ouvrage rassemble une partie des communications effectuộes lors dun sộminaire, qui sest tenu Dakar du 13 au
16 avril 1999. Un deuxiốme volume est
publiộ chez le mờme ộditeur.
Ed. sci. : Christian Floret, Roger Pontanier ;
Actes du sộminaire, John Libbey Eurotext,
777 p., 380 FF, 57,93 e .

Jusqu la fin des
annộes 1970, le
Cameroun faisait
figure de modốle
de prospộritộ ộconomique, prospộritộ reposant sur la
prộsence de gisements pộtroliers.
Cependant, le ô miracle camerounais ằ
sest ộtiolộ avec les
annộes et aujourdhui, le pays nest
toujours pas sorti de la crise qui la touchộ
dốs la moitiộ des annộes 80. Quelles sont
les raisons qui ont conduit le pays au
marasme ? Quelles sont les contraintes
qui brident le dộveloppement du pays, et
quelles sont ses perspectives ? Telles sont
quelques-unes des questions abordộes
par les auteurs de ce livre.
Jean-Joởl Aerts, Denis Cogneau, Javier
Herrera, Guy de Monchy, Franỗois
Roubaud ; Ed. Khartala, Col. Les Afriques ;
287 p., 21,34 e .

Identitộs et transition dộmographique :
lexception malgache ?
A la fin des annộes
1980, la conjonction de leffondrement du bloc communiste
et
de
mouvements
de
contestations internes a ộtộ lorigine
dun vaste processus de transition
politique en Afrique, et notamment
Madagascar. Sous
la pression populaire, un nouveau rộgime fondộ sur les
principes dộmocratiques a ộtộ mis en
place. Lauteur se propose de dresser le
bilan de ces derniốres annộes, en appliquant les concepts et les instruments de
la sociologie ộlectorale quantitative. La
confrontation des rộsultats obtenus dans
ce cadre avec ceux de la sociologie ou de
la politique africaniste ouvre des pistes
qui mộritent dờtre creusộes.
Franỗois Roubaud, LHarmattan, 255 p.,
130 F, 19,82 e .
Lộconomie sud-africaine
au sortir de lapartheid
La disparition de
lapartheid na pas
rộsolu les graves
problốmes sociaux
et ộconomiques de
lAfrique du Sud.
Un retour de la
croissance et donc
une poursuite de la
restructuration de
lộconomie
sont
nộcessaires afin de
rộduire les inộgalitộs et de crộer des
emplois. Le succốs de la politique dinsertion internationale constitue un second
dộfi. La mondialisation limite les marges
de manuvre des politiques ộconomiques nationales et contribue laccroissement gộnộral des inộgalitộs observộ
dans la plupart des pays. LAfrique du Sud
peut-elle, dốs lors, passer outre cette tendance et amorcer sa reconstruction ?
Jean-Pierre Cling, Khartala, Col. Les
Afriques, 259 p., 140 F, 21,34 e .

Sộcuritộ alimentaire
et dộveloppement durable
Huit cent millions
de personnes souffriraient de malnutrition dans le
monde et un milliard trois cent millions nauraient pas
accốs leau. Cette
situation
risque
dempirer, notamment en Afrique,
du fait de conditions
naturelles
dộfavorables
et
dun accroissement ộlevộ de la population. LAcadộmie des sciences et
lAcadộmie des sciences morales et politiques ont rộuni, autour dun colloque,
des chercheurs en sciences naturelles et
en sciences sociales ainsi que des responsables dorganismes nationaux et internationaux afin dộvaluer des moyens dassurer une sộcuritộ alimentaire et un
dộveloppement durable pour les rộgions
menacộes.
Actes de colloque, Tec&Doc, Acadộmie des
sciences, Acadộmie des sciences morales et
politiques, 240 p., 256 F, 39,03 e .
Marchộ du travail et compộtitivitộ
en Afrique sub-saharienne
Analyser, lheure
de la mondialisation, le lien entre
ces deux thốmes
dans cette rộgion
en pleine mutation
constitue le cur
de cet ouvrage. En
ce dộbut de XXIe siốcle, la question du
dộveloppement de
lAfrique sub-saharienne est en effet,
toujours dactualitộ. Les trois auteurs ont par ailleurs cherchộ ộvaluer en quoi les ộvolutions du
marchộ du travail permettaient dexpliquer et de comprendre les faiblesses de la
compộtitivitộ en Afrique Sub-saharienne ?
Denis Cogneau, Sarah Marniesse, JeanYves Moisseron, Ed. Economica, 175 p.,
145 F, 22,11e .

Cộdộrom

diffusion@bondy.ird.fr

Autres ộditeurs

Afrique noire et monde arabe :
continuitộs et ruptures

Pờche thoniốre et dispositifs
de concentration de poissons

Seiziốme numộro de
la revue Autrepart
LAfrique noire et le
Maghreb sont habituellement dissociộs du fait de la
prộsence, entre les
deux, du Sahara.
Cet a priori ne
reflốte pas la rộalitộ. En effet, lộvolution des moyens
de communication
rapproche lAfrique
noire des pays de la
pộninsule arabique, leur donnant loccasion de tisser de liens la fois politiques,
ộconomiques et religieux. Cet ouvrage
met en avant le dynamisme et la diversitộ
de ces liens.
Eds sci. Emmanuel Grộgoire, Jean Schmitz ;
Editions de laube / IRD, Autrepart ; 181 p.,
120 FF, 18,29 e .

Technologie, mộthodes de pờche,
impact sur les ressources, comportement agrộgatif
des poissons et
aspects socio-ộconomiques de lutilisation des DCP
ộtaient les principaux thốmes abordộs en octobre
1999 par le colloque international ô Pờche thoniốre et
dispositifs de concentration de poissons ằ.
Cet ouvrage permet de dresser un bilan,
sous forme de synthốses rộgionales, de
lexploitation des grands poissons pộlagiques laide de DCP dans les trois
ocộans et en Mộditerranộe.
Eds sci. Jean-Yves Le Gall, Patrice Cayrộ,
Marc Taquet ; Ifremer, Col. Actes de colloque ; 684 p., 315 F, 48,02 e .

Sciences au Sud - Le journal de lIRD - n 9 - mars/avril 2001

La jachốre en Afrique tropicale :
Rụles, amộnagement, alternatives

Novo atlas eleitoral do Brasil,

ALCEU

Ce nouvel atlas ộlectoral du Brộsil est composộ
de 900 planches, comprenant des cartes, des
graphiques et des textes relatifs aux ộlections
prộsidentielles de 1989, 1994 et 1998 et aux
indicateurs socio-ộconomiques. Les cartes sont
rộalisộes trois niveaux dobservation : le pays,
les ộtats et les rộgions.
Pontificia Universidade Catúlica do Rio de
Janeiro, IRD, CNRS (PC-MAC)
South india population
information system, SIPIS
SIPIS se prộsente comme une base de donnộes conviviale ayant pour sujet principal les
populations du sud de lInde et les infrastructures quelles occupent. De nombreuses
et diverses informations (infrastructures de
santộ et dộducation ; possibilitộs de communication et de transport) sur les villages
et les villes des ộtats de Tamil Nadu et de
Pondicherry sont accessibles partir de
cartes.
Christophe Guilmoto, Sộbastien Oliveau,
IRD/FIP (PC)


C o m i t é

d ’ é t h i q u e

Une présidente
d’expérience

Noëlle Lenoir, présidente du Comité consultatif de déontologie
et d’éthique de l’IRD.

Conseils d’Unité et de service

Un fonctionnement
plus démocratique

D

otés d’un surcroît de responsabilités, les nouveaux directeurs d’unités doivent désormais mettre en place un « Conseil
d’unité » au sein des structures qu’ils
animent. Composé de représentants
élus de chaque catégorie de personnel
(de la totalité des personnels dans les
unités de moins de 15 personnes), le
Conseil se réuni au moins deux fois par
an. Il est obligatoirement consulté sur :
la politique scientifique et budgétaire et
la répartition des moyens de l’unité ; la
composition en équipes de l’unité ; la
politique de l’unité concernant la localisation géographique de ses personnels ;
les projets d’association ou d’insertion
dans des structures fédératives ; le plan
de formation permanente de l’unité ;
les problèmes relatifs aux conditions de
travail, à l’hygiène et à la sécurité ; l’application des règles d’éthique et de
déontologie ; la titularisation des ingénieurs, des personnels techniques et

d’administration de la recherche stagiaires à l’issue de leur stage.
Il donne un avis sur : le renouvellement
du directeur de l’unité au terme de son
mandat ; les candidatures éventuelles à
sa succession ; l’évolution de l’unité au
terme de huit années consécutives
d’exercice du mandat de son Directeur
De la même manière, les services centraux élisent un Conseil de service
consulté sur toute question relative à
l’organisation et au fonctionnement de
la structure : la répartition des moyens
qui lui sont affectés, le plan de formation permanente du service, les questions relatives aux conditions de travail,
à l’hygiène et à la sécurité, l’application
des règles de déontologie et d’éthique,
la titularisation des fonctionnaires stagiaires à l’issue de leur stage, etc.

Pour plus d’information :
www.ird.fr, rubrique textes de référence, Règlement intérieur.

www.ird.fr, rubrique
débats

CFDT :

Scrutin du 7/2/2001
Voix
Sièges
390 voix (46,4 %)
20

Scrutin du 30/09/1997
Voix
Sièges
531 voix (53,2 %)
17

CGT :

140 voix (16,7 %)

4

160 voix (16,0 %)

4

FO :

195 voix (23,2 %)

12

308 voix (30,8 %)

11

FSU :

116 voix (13,8 %)

3

non présent

7

Tirage au sort

2

tirage au sort

7

T

• trois membres du personnel de
l’IRD, sur proposition du Directeur
général de l’établissement, dont un
représentant ou directeur de
Centre, un chercheur et un ingénieur, technicien ou membre du
personnel administratif,
• trois personnalités scientifiques
extérieures à l’établissement, sur
proposition du président du
Conseil scientifique de l’Institut.
La durée du mandat des membres
du CCDE est de quatre ans, renouvelable.


15

● Nomination
Mireille Guigaz, directrice du développement et de la coopération technique au ministère de la Coopération
et de la francophonie a été nommée
membre titulaire du Conseil d’administration de l’IRD en remplacement de
Pierre Jacquemot.

Disparition du
Président du Conseil
scientifique de l’IRD

héoricien de l’économie,
Louis-André Gérard-Varet
travaillait à Marseille sur le
développement des méthodes de
théorie des jeux appliquées à l’analyse
de la concurrence imparfaite et sur
des problèmes liés à l’économie de
l’information. Directeur d’études à l’École des hautes études en Sciences
sociales, il avait dirigé le Groupement
de recherche en économie quantitative d’Aix-Marseille (Greqam) et fondé
à Marseille l’Institut d’économie
publique (Idep).
Louis-André Gérard-Varet, qui avait
été élu en juin dernier président du
Conseil scientifique de l’IRD, fut dans

• trois personnalités extérieures à
l’Institut, dont le président du
Comité et deux personnalités relevant de pays partenaires,

Carnet

© dr

L

moyenne, sur listes présentées par les
syndicats de fonctionnaires. Ce sont ces
élections qui déterminent la représentativité des organisations syndicales au
sein de l’établissement.
Le taux de participation du scrutin de
2001 à l’IRD s’élève à 58,54 %, inférieur à
la précédente élection de septembre
1997 (65,4 %). En ce qui concerne la
représentativité des organisations syndicales, le Syndicat National des Chercheurs
Scientifiques (SNCS-FSU) fait son entrée au
sein des CAP de l’Institut, avec 3 sièges et
13,79 % des voix. Il devient par là même
«organisation représentative».


e CCDE est composé de neuf
personnalités, nommées par le
président du Conseil d’administration de l’Institut dans les conditions
suivantes :

rédige pour le Premier ministre, Michel
Rocard, le rapport « Aux frontières de la
vie, une éthique biomédicale à la française » (La Documentation française
Paris, 1991). De 1993 à 1998, elle préside le Comité international de bioéthique de l’Unesco avec lequel elle a
notamment l’occasion d’aborder certaines des questions spécifiques des
relations Nord-Sud qui seront au cœur
des préoccupations du CCDE de l’IRD. De
1994 à 1998 elle préside le Groupe de
conseillers pour l’éthique de la biologie
de la Commission européenne puis,
depuis 1998, le Groupe européen
d’éthique des sciences et des nouvelles
technologies.
La composition complète des neuf
membres du Comité consultatif de déontologie et d’éthique sera indiquée sur le
site internet de l’Institut (www.ird.fr) à
l’issue du Conseil d’administration de
l’IRD, le 12 avril prochain.


Un nouveau venu
dans la représentation
des personnels
e dépouillement des élections
aux Commissions administratives
paritaires de l’IRD, le 7 février
2001, fait apparaître un nouveau venu
dans le paysage syndical de l’Institut.
Les Commissions administratives paritaires (CAP) sont consultées sur les questions intéressant la carrière des fonctionnaires : mutation, détachement,
mise à disposition, avancement, titularisation, licenciement, sanctions disciplinaires, etc. Elles se composent à parité
de représentants de l'administration et
de représentants du personnel, élus au
scrutin proportionnel à la plus forte

L

les années 1970 l’un des premiers économistes à s’intéresser aux problèmes
d’environnement. Ses recherches sur
la conduite de l’action publique,
l’avaient alors amené à se pencher sur
la question du développement. Dans
l’entretien qu’il nous avait accordé
(voir Sciences au Sud n° 6), il résumait
ainsi le rôle qu’il avait l’intention de
tenir à l’IRD : « J’ai entendu à plusieurs
reprise dire qu’un des problèmes de
l’IRD provenait de la notion de “développement” qui n’était pas partagée
par tout le monde de la même
manière. Il existe plusieurs concepts de
développement, c’est tout à fait clair,
mais un institut dont la mission est le
travail scientifique sur ces questions-là
se doit d’assumer ces différentes définitions et si j’ai un rôle à jouer, c’est
d’aider à ce que cela se fasse de façon
scientifiquement fructueuse. »
Louis-André Gérard-Varet vient de
mourir brutalement des suites d’une
maladie qui ne pardonne que rarement. Jusqu’au dernier moment, il
s’est occupé activement avec un
remarquable courage de la rédaction
du premier jet du rapport de conjoncture et de prospective du Conseil scientifique de l’Établissement. Cet engagement nous a profondément émus. À
son épouse, à ses enfants et à sa
famille, tous les personnels de l’Institut
adressent leurs sentiments de très sincère compassion. Sa mémoire restera
vivace pour nous tous.


Instances

© dr

C

onditions d’accès à la biodiversité, conditions de la recherche
dans et avec les pays en développement, partage des connaissances
et de leurs retombées, etc. : qu’il s’agisse
de règles de comportement professionnel à préciser ou de conflits de valeur à
mettre en débat, le Comité consultatif
de déontologie et d’éthique (CCDE) qui se
met en place à l’IRD a devant lui de nombreux chantiers cruciaux pour l’épanouissement des relations scientifiques
Nord-Sud.
À l’heure ou nous imprimons ces lignes,
la liste de ses membres n’est pas encore
définitivement arrêtée. Sa présidente
néanmoins est d’ores et déjà connue :
Noëlle Lenoir. Maître des requêtes au
Conseil d’État depuis 1984, Noëlle
Lenoir fut la première femme nommée
parmi les « neuf sages » du Conseil
constitutionnel en 1992 ; son mandat
vient de prendre fin en février dernier.
Depuis une dizaine d’année, Noëlle
Lenoir s’est forgé une solide réputation
internationale dans le domaine de la
réflexion sur les questions éthiques soulevées par les développements de la
recherche scientifique. En 1991, elle

Composition
du CCDE

Jean-Christophe Peaucelle, sousdirecteur de la stratégie de la communication et de l’évaluation au ministère
de la Coopération et de la francophonie a été nommé membre suppléant
du Conseil d’administration de l’IRD en
remplacement d’André Ladousse.
Patrice Cayré, directeur du département Ressources vivantes de l’IRD, a été
nommé membre du Conseil scientifique de l’université de Versailles-SaintQuentin-en-Yvelines.
Jacques Gaillard, chercheur de l’IRD
mis à disposition auprès de la
Fondation Internationale pour la
Science (IFS) à Stockholm, en a été
nommé directeur adjoint. Fondée en
1972, l’ISF est une organisation non
gouvernementale, elle s’appuie sur un
réseau de 104 organisations membres
dans 80 pays (dont les 3/4 sont des
pays en développement). Sa mission
est de contribuer au renforcement des
capacités scientifiques des pays en
développement en soutenant des
recherches de qualité, appropriées aux
besoins locaux et relatives à la gestion,
la valorisation et la conservation des
ressources biologiques ainsi qu’à la
sauvegarde de leur environnement.

Contact
jacques.gaillard@ifs.se
Web: www.ifs.se

Jacques Bonvallot a été élu membre
du Conseil du Comité national français
de géographie. Le Comite National
Français de Géographie coordonne
l’activité géographique française,
représente officiellement la France
auprès de l’Union géographique internationale (UGI) et assure la participation
française aux recherches décidées à
l’UGI. Il regroupe 350 géographes professeurs d’université ou directeurs de
recherche.

Contact
Jacques.Bonvallot@bondy.ird.fr

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 9 - mars/avril 2001


C o u r r i e r

Entretien

À propos de « Femme, africaine
et chercheuse »

Une vraie question
de titre

Entretien avec Raymond Aubrac (suite de la p. 1)

par écrit au titre de première page de
Sciences au Sud n° 8 : rire ? me désoler ? ne rien faire... Comme j’ai cinq
minutes, je réagis quand même à ce
titre, qui d’ailleurs, n’a pas fait réagir
que moi : nous étions plusieurs chercheuses et apprenties chercheuses (DEA
et thèses) quand le journal est arrivé,
première page bien visible... Est-ce que
je vais arriver à identifier, clairement
mais sans lourdeur, les raisons de notre
perplexité (voire de notre malaise) ?
– Des femmes chercheuses africaines, il y
en a plein... Le rapport hommes/femmes
doit être à peu près le même qu’en
France, avec des effectifs moindres au
total. C’est ce qui semble vous étonner
qui nous étonne, justement...
– Africaine, c’est quoi ? L’Afrique est
un grand continent, avec plein de
sociétés et de pays différents, des
femmes différentes, des chercheurs et
chercheuses différent(es)...
– Auriez-vous écrit Femme, asiatique
et chercheuse, ou femme, européenne
et chercheuse ? Eh non, ça ne sonne
pas pareil !
– L'’exemple de Nana Thiombiano n’est
pas mal, mais, une fois encore et toujours, c’est le rôle des femmes en rapport avec les enfants qui est mis en évidence... Eh bien les femmes peuvent et
savent aussi s’occuper d’autre chose et
tenir des rôles (y compris dans la
recherche) autres que ceux que « la tradition » (c’est quoi, scientifiquement ???)
leur assigne...
– Enfin, ce qui devrait/pourrait être mis
en avant, c’est que les chercheurs des
pays d’Afrique (mais le Maroc? L’Egypte?
La Tunisie ? Ferons-nous une différence
entre l’Afrique au nord du Sahara (i. e.
« blanche ») et l’Afrique au sud du
Sahara (i.e. « noire ») sont en fait probablement de moins en moins nombreux, parce que le « métier de chercheur » y existe de moins en moins...

L’ORSTOM avait lui-même accumulé
beaucoup d’informations concernant
le Viêt-Nam : sur l’hydrologie souterraine, la géologie, la climatologie …
Bien sûr ! Et elles figurent en bonne
place dans le catalogue évoqué !

Un titre
de vraies questions
Cet article avait aussi pour objet d’évoquer l’organisation d’un grand colloque
francophone sur les études de genre
dont le programme montre bien que
« femme et chercheuse » ou « femme
africaine » correspondent à de vrais
sujets. Y a-t-il tant de chercheuses en
Afrique ? en France ? et à l’IRD (ou elles
représentent moins de 10 % des directeurs d’unité, à peine 13 % du total des
chercheurs) pour qu’on ne leur consacre
pas un article ? Alors oui j’aurais écrit
« Femme, européenne et chercheuse ? ».
Quinze fois oui, car c’est aussi un vrai
sujet de réflexion qui fait l’objet d’une
action du cinquième programme cadre
de recherche et développement technologique de la Commission européenne.
(http://www.cordis.lu/improving/wome
n/home.htm).
Quant au rôle des femmes auprès des
enfants, Nana Thiombiano l’évoque en
fin d’article après avoir assez abondamment parlé, et avec passion, de ses engagements. On ne peut donc nous accuser
de vouloir la réduire à cela. De plus, à
aucun moment le mot «tradition» ne
figure dans cet article!
Sans doute aurions-nous pu trouver un
meilleur titre, celui-là ne prête ni à rire,
ni à malaise.

Olivier Dargouge
Rédacteur en chef

telle : elle concerne, elle, le long terme.
Ce qui m’a frappé dans votre journal,
c’est que, précisément, vous y parlez du
long terme alors que plus personne
aujourd’hui ne s’y intéresse : l’horizon
habituel, ce sont les élections ! L’État n’a
pas maintenu à un niveau suffisant d’activité les instruments adaptés à l’analyse
des besoins et des potentialités à cette
échelle de temps, tels le Plan. La question Nord-Sud, par exemple, serait parfaitement justiciable d’une approche de
cette nature. Mais elle est aujourd’hui
totalement occultée.
Vous ne pouvez évidemment pas
mieux rejoindre nos préoccupations.
La vocation d’un organisme comme
l’IRD n’est pas d’agir selon une logique
purement utilitariste, il doit, tout au
contraire, inscrire son action dans la
perspective de l’évolution planétaire à
longue échéance. Et il faut essayer
d’en convaincre nos partenaires du
Sud, à qui l’urgence des problèmes
qu’ils ont à résoudre risque de faire
oublier leurs responsabilités plus lointaines. Or nous avons, quant à nous,
des réponses immédiates à leur proposer : la formation de cadres scientifiques et techniques et l’expertise collégiale ; quant à l’avenir…
Pour l’avenir, lancez donc, à l’IRD, des
programmes ambitieux, à long terme,
et faites-le savoir ! Vous avez déjà l’expérience du long terme… tourné vers
le passé : par exemple votre connaissance de l’archéologie, des paléoclimats, de l’histoire des peuples, des
langues et des cultures. N’hésitez pas à
travailler aussi, délibérément, sur le
futur. Mais il faut pour cela que l’État
accepte, lui aussi, de jouer son rôle et
de vous soutenir, en assumant ses
propres responsabilités qui, précisément, concernent très directement le
long terme – et les dimensions poli-

tiques qui lui sont souvent associées.
On attendrait de l’Europe aussi qu’elle
s’engage dans la même voie et, notamment, qu’elle définisse une politique
Nord-Sud ambitieuse…
Ce qu’elle ne fait pas et qu’elle n’a
pas amorcé pendant la présidence
française, au semestre dernier…
C’est pourtant aussi notre avenir ! Et,
incidemment, cette question du
« Sud » passionne les jeunes : nous le
voyons bien, Lucie2 et moi – surtout
elle qui en rencontre tant – lors de nos
entretiens avec eux. Au cours de leur
vie, il leur faudra affronter des conflits
Nord-Sud et apprendre à les résoudre
pacifiquement. Développer la coopération scientifique et technique entre
pays du Nord et pays du Sud, sur le
long terme et sans perte de mémoire
du passé, est un programme qui
devrait les aider, demain, à surmonter
ces conflits.


1. Organisation des Nations Unies pour
l’Alimentation et l’Agriculture.

dr

Une procédure en effet séduisante, mais
qui met bien en lumière l’intérêt complémentaire de la recherche en tant que

A c t i o n s

c o n c e r t é e s

i n c i t a t i v e s

Un plus pour le paludisme
L

’action concertée incitative sur
le sida et sur le paludisme pour
les pays en développement (VIHPAL), mise en place par le ministère français de la Recherche en 19991, prend
une orientation nouvelle. Le domaine
de l’infection par le VIH est intégralement confié à l’Agence Nationale de
Recherches sur le Sida et l’action incitative devient le programme PAL+ : une
action sur le paludisme et les maladies
transmissibles émergentes qui lui sont
associées. « Cette configuration renforce l’engagement de la France dans le
domaine des maladies tropicales, tuberculose, trypanosomiase, dengue, etc. »,
explique France Agid, directrice de PAL+
au ministère de la Recherche. PAL+ privilégie les actions de coordination et de
formation à travers des programmes de
recherche en réseaux, structurés autour
de thématiques prioritaires. Pour la
recherche sur le paludisme, 4 thématiques ont été retenues: « médicaments
et chimiorésistances » ; « pathogenèse
des manifestations » ; « contrôle des

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 9 - mars/avril 2001

© IRD/J.-J. Lemasson

Réponse

Vous nous tendez la perche en décrivant exactement l’objet de ce que
nous appelons à l’Institut l’expertise
collégiale. Il s’agit en l’occurrence de
réunir, à la demande des « décideurs », l’ensemble du savoir existant
et pertinent par rapport à la question
qu’ils posent, puis d’en faire la synthèse critique. Et tout cela très vite (en
quelques mois) et dans une forme qui
soit directement utilisable par eux…

L’exemple du Viêt-Nam ne pourrait-il
être étendu à d’autres pays ?
Evidemment : à commencer par toutes
nos anciennes colonies ! Mais il faut
pour cela qu’il existe une structure
d’accueil et d’utilisation de l’information transmise, faute de quoi le gaspillage est simplement transposé un
cran plus loin ! Il faut une réelle culture
documentaire. J’avais lancé, au milieu
des années soixante, lorsque j’étais à la
FAO, un projet relevant du même état
d’esprit. Cette institution organise en
moyenne une réunion d’experts par

Bon, tout cela n’est pas excessivement
grave, pensons seulement que les
femmes, comme les noir(e)s, sont sensibles à certaines expressions...

Yveline Poncet
Centre IRD d’Orléans

jour ouvrable et j’avais, en l’occurrence, proposé à son directeur général
de constituer une base de données à ce
sujet : la FAO a ainsi été le premier organisme des Nations Unies à mettre en
ordre sa propre documentation. La
base de données en question, devenue
base coopérative internationale sous le
nom d’AGRIS, est toujours fonctionnelle
dans le domaine de l’agriculture…
Une démarche de ce type procède du
désir de ne pas laisser perdre – par
incurie… ou par simple oubli ! – ce que
l’on a produit. Je vous le disais, c’est le
même problème que celui de la conservation des récoltes, mais, là, la situation est proprement terrifiante ! Les
pertes, massives, sont soit antérieures
soit postérieures à la récolte. En riziculture par exemple, vingt à trente pour
cent de la production disparaît d’emblée, avant même que d’avoir été
engrangée, et cela notamment du fait
des ravages exercés par les rats. Il existe
certes des centaines de travaux portant
sur ces questions, mais ils sont étonnamment dispersés : chacun travaille
dans son coin, selon ses propres
méthodes. Il faudrait qu’à l’IRD vous
abordiez ce type de problème de façon
synthétique, multidisciplinaire…

Et qu’en ont-ils fait ?
J’ai pu vérifier qu’à partir des « fichesmères » et des quatre jeux de « filles »
que nous leur avions fait parvenir, ils
ont constitué un centre de documentation doté de plusieurs lecteurs de
micro-fiches et réparti les fiches-filles
dans des centres spécialisés. Et ils utilisent effectivement cette information !
Par exemple, lorsqu’ils ont voulu, pour
moderniser leurs chemins de fer, changer l’écartement des voies que nous
avions construites au début du siècle,
ils ont dû s’attaquer à la modification
des ouvrages d’art. Mais ils ne disposaient pas des plans de construction
des lignes… Or nous les possédions,
dans les dossiers mêmes d’appels
d’offres datant de l’époque ! La fourniture de cette masse d’informations leur
a permis de reconvertir à d’autres activités pas moins de trente équipes de
topographes qui avaient commencé à
refaire ce travail…

© Irène ELster

Je ne sais pas très bien comment réagir

de
recherche
concernés, notamment l’IRD et les
Instituts Pasteur,
pourraient en assurer la poursuite. »
Dès cette année,
France Agid consacrera une partie de
son temps, au sein
de l’IRD, à préparer
cette prise de relais
au début de 2003.
« Nous soutenons
Pulvérisation d’insecticide et récolte de moustiques
(culicidés) sur drap blanc.
des
recherches
conduites sous la
vecteurs » ; « aspects socio-culturels et
double coordination française/Sud. Nous
socio-économiques d’acceptance des
installons des ateliers qui réunissent les
mesures de contrôle du paludisme »2.
chercheurs impliqués, autour de discusMais, les Actions concertées incitatives
sions thématiques, créant des lieux de
n'ont pas vocation à durer et doivent
rencontres dont la mission est de faire
être reprises, en cas de succès, et s’ils le
travailler ensemble, à responsabilité pardésirent, par les organismes de rechertagée, ces communautés de chercheurs.
che dans le cadre normal de leurs misLes rencontres permettent à des scientisions. PAL+ s’achèvera fin 2002. « Aufiques de différents pays du Sud, de faire
delà de cette échéance, les organismes
connaissance, d'envisager des collabo-

rations scientifiques entre leurs pays et
avec des équipes françaises : de véritables réseaux se créent entre des
chercheurs, souvent isolés. C’est en particulier, ce mécanisme nouveau de collaboration scientifique, très apprécié par
les chercheurs du Sud, mais aussi par nos
chercheurs, que je souhaite pouvoir
pérenniser au-delà de 2002. »


Contact
France Agid
Ministère de la Recherche
Direction du programme PAL+
France.agid@recherche.gouv.fr
Télécopie 33 1 55 55 97 09

1. Voir le numéro Spécial Sida de Sciences au
Sud, 2000.
2. Dossiers de candidature à remettre avant
le 2 avril.

www.recherche.gouv.fr
(rubrique aci puis pal+)



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