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Journal Sciences au sud (IRD) N03

n° 3 - janvier/février 2000
25 F - 3,81 €

É d i t o r i a l

Une année de
transition

N

ous voici donc en l'an
2000, à l'orée d'une
année de transition entre un
siècle de bouleversements
de tous ordres et un autre
qui s'annonce tout aussi
fertile en événements
majeurs pour l'humanité.
Ce long point d'orgue
symbolique est une bonne
occasion d'approfondir notre

réflexion commune sur le
sens et plus encore sur les
modalités d'expression de
notre action.

Le thon dans les filets
de la recherche
E

njeu socio-économique d’importance pour le développement de plusieurs pays du Sud,
les pêches thonières font depuis 50 ans
l’objet de programmes scientifiques à
l’IRD. Menées en coopération avec les
pays où ces ressources sont exploitées,
ces recherches ont accompagné l’accroissement spectaculaire des prises

500000 à 4 millions de tonnes par an.
Reconnu internationalement pour ses
capacités de recherche et d’expertise
en matière de pêche thonière tropicale, l’IRD a assuré, lors de ces dernières
années, la coordination scientifique
d’importants programmes mis en

œuvre dans les océans Atlantique et
Indien sous l’égide des commissions
thonières internationales*. Ces
recherches visent un double objectif :
le développement soutenu de la
pêche thonière et la préservation de
la ressource. Parmi les avancées auxquelles ont contribué les études
récentes : la prospection acoustique

* Commission de l’océan Indien, Commission internationale pour la conservation
des thonidés de l’Atlantique, notamment.

Photo B. Gobert © IRD

(suite pages 8 et 9)

80 % de la pêche thonière mondiale s’effectue en zone intertropicale,


ce qui représente près de 4 millions de tonnes chaque année.

Au service de cette grande

(suite page 2)

mondiales, passées en un demi-siècle de

Au cours des années à venir, les recherches s’orienteront vers l’analyse des
interactions entre les thons et les différentes composantes de l’environnement, et notamment vers l‘étude des
relations des thons avec d’autres espèces, qu’il s’agisse de leurs proies ou de
poissons avec lesquels ils sont en compétition (espadons, requins, marlins).

L’Orstom est né, a grandi et
s'est affirmé au cours du
siècle qui s'achève. Il a vécu
des crises de croissance,
il a subi les chocs successifs
de mises en question et
de réformes multiples et
souvent contradictoires.
Il a changé de nom à
plusieurs reprises pour en
adopter finalement un,
sensiblement différent des
précédents, qui témoigne
moins de son organisation
la plus récente que de la
volonté d'affirmer la
pérennité de sa mission
fondamentale : la recherche
pour le développement.

cause, l'IRD porte
aujourd'hui nos espoirs.
Nous nous devons d'abord
d'aller de l'avant en termes
de progrès du savoir.
La constitution, en notre
sein et en alliance étroite
avec nos partenaires
étrangers et ceux de notre
propre pays, de nombreuses
unités de recherche et de
service nous en fournira le
support logistique. Le
processus d'évaluation en
cours se déroule
conformément aux
prévisions et l'année 2000
permettra de le parachever.
Mais les pays du Sud ont
également un besoin urgent
de connaissances
immédiatement utilisables
et leur avenir dépend en
bonne part du renforcement
de leurs propres équipes
scientifiques et techniques.
Là aussi, l'IRD est présent

appliquée à la recherche thonière qui
permet d’évaluer la densité des poissons dans un écosystème donné, de
mieux appréhender le comportement
des thons et de préciser les relations
prédateurs-proies. Avec leurs études
sur les dispositifs de concentration de
poissons, les chercheurs de l’IRD ont
également fait figure de précurseurs
en analysant le comportement des
thons à petite échelle et en soulignant le danger que pouvait présenter le développement incontrôlé de
cette technique de pêche sur la
conservation des ressources et l’équilibre des écosystèmes.

L es thons constituent l’une des principales richesses des océans tropicaux.
Contribuer à une exploitation durable de cette ressource et à la préservation de son
environnement, telle est l’ambition des recherches thonières à l’IRD.

S o m m a i r e
Sommaire
Actualités
Laboratoire de rétrovirologie
à Montpellier : VIH,
une recombinaison extrême p. 3
Partenaires

U n
e n t r e t i e n
a v e c
l e
r e c t e u r
M i c h è l e
G e n d r e a u - M a s s a l o u x

La science se formule
dans les langues de la
diversité culturelle mondiale

M

ichèle Gendreau-Massaloux a pris, début décembre 1999, ses
fonctions de recteur de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF). Elle a bien voulu confier à Sciences au Sud la
primeur de ses projets.

Madame le Recteur, vous prenez

ration universitaire et de recherche

une succession délicate, quelles

qui associe les pays du Sud à ceux du

sont vos intentions ?

Nord. Pour que ce développement

Je mesure à la fois la difficulté du

s’opère dans la transparence et l’effi-

moment que traverse l’agence mais

cacité, il faut évidemment que l’AUF

aussi la chance que me confère cette

ne puisse plus être regardée comme

élection, celle d’abord de donner un

institutionnellement fragile et je m’y

développement crédible à la coopé-

emploie activement.

Accord franco-indien :
De l’eau pour un milliard
de personnes

p. 4

Recherches
Atlantique équatorial :
Le climat au gré des courants p. 6
Santé de la reproduction
Un enjeu majeur en Afrique p. 7
Le thon dans les filets
de la recherche
p. 8-9
Formations
Sciences de l’éducation :
Projet pilote en Thaïlande

p. 10

Va l o r i s a t i o n s
Pays pauvres
et recherche partenariale :
Un droit d’entrée sur
la scène mondiale

p. 11

Planète IRD
Un laboratoire à Bondy :
Des cartes pour mieux
comprendre

p. 13

Ressources
Image numérique
et science

p. 14

Instances

(suite page 16)

Évaluation des projets :
Une étape décisive
dans l’évolution de l’IRD

p. 15


et actif, par des voies
originales et appréciées.

Au nom de toute l'équipe de

direction, je vous souhaite
donc une année 2000 à la
fois très heureuse pour vous
et pour tous ceux qui vous
sont chers, et riche en
réflexions sur tout ce que
nous voulons faire
ensemble. Et je souhaite
aussi que les pouvoirs
publics nous donnent plus
concrètement témoignage,
cette année, de l'intérêt
qu'ils portent à ce que nous
faisons et qui s'inscrit,
nous le savons, dans la
meilleure
tradition de ce
que notre pays
peut apporter
aux autres. ●
Philippe Lazar
Président du conseil
d’administration de l’IRD

Chaque année, un « prix de la coopération internationale » récompensera
une action d’entraide respectueuse
du partenaire et qui concourra à son
progrès vers le bien-être et la maîtrise
de son destin. Ce prix sera décerné à
l'occasion de la semaine de la solidarité internationale, en novembre. ●

Les aspects urbains contrastés de Johannesburg.

D

epuis le 26 novembre, les

proviennent du Conseil économique

différentes composantes

et social, représentent des élus ou

de la société civile peuvent

sont nommés en leur qualité d’ex-

faire entendre officiellement leur voix
sur les questions de coopération. Le
Haut conseil pour la coopération
internationale, présidé par Jean-

perts ou de personnalités qualifiées.
La seconde mission du Conseil
consiste à « favoriser l’adhésion du

Louis Bianco, et qui vient d'être ins-

public à ces différentes actions ». Elle

tallé par le Premier ministre, a en

s’appuie sur un constat : « l’opinion

effet pour mission principale de

française n’est pas toujours convain-

« permettre une concertation régu-

cue de l’intérêt de l’aide au dévelop-

lière entre les acteurs publics et pri-

pement. Les préjugés et les malen-

vés (…) dans un souci de cohérence

tendus se nourrissent d’événements

de leurs actions ». Les deux tiers de

spectaculaires et les réussites sont

ses 60 membres ont été choisis

peu valorisées. » L’objectif de trans-

parmi différentes organisations syn-

parence se double donc d’un devoir

dicales, mutualistes, patronales ou

d’information vis-à-vis du grand

de solidarité. Pour la première fois,

public. Pour mieux faire connaître ses

celles-ci bénéficient donc d’une

objectifs et rendre publics ses avis et

enceinte pour débattre des orienta-

recommandations, le Haut conseil

tions et des méthodes à mettre en

s’est déjà doté d’un site Web très

œuvre en matière de coopération

complet et interactif réalisé avec le

internationale. Les autres membres

concours de Handicap international.

http://www.cooperation-internationale.gouv.fr

coopération internationale. Les jeunes doctorants peuvent proposer un
sujet de mémoire ou de thèse en rapport avec les travaux du HCCI.
À la rubrique «Notes de lecture», à noter : un résumé du rapport de Jean Némo (ancien directeur général de l’Orstom) sur la recherche scientifique et les
pays en voie de développement.

Contact

Sur ce site Web, chacun peut faire
part de ses propres réflexions sur la

Gérard Winter :
gwinter@club-internet.fr

« Un fabuleux
gisement
d’expertise
scientifique »
Gérard Winter ancien directeur général de l’Orstom,
siège au Haut conseil en tant que « personnalité
choisie pour son autorité dans le domaine de l’aide
au développement et de la coopération culturelle,
scientifique et technique ».
« Mon premier espoir est que le Haut conseil arrive effectivement à établir un
véritable partenariat entre le gouvernement et la société civile française pour
promouvoir une nouvelle politique de coopération pour le développement.
En second lieu, je souhaiterais que le Haut conseil arrive à faire reconnaître au
niveau international que la France, avec ses partenaires, constitue un fabuleux
gisement d’expertise scientifique sur les problèmes de développement, ce qui
est probablement insuffisamment valorisé et exploité. »

Commission européenne
IRD - 213, rue La Fayette F - 75480 Paris cedex 10
Tel. : 33 (0)1 48 03 77 77
Fax : 33 (0)1 48 03 08 29
http ://www.ird.fr
Directeur de la publication
Jean-Pierre Muller
Directrice de la rédaction
Marie-Noëlle Favier
Rédactrice en chef
Claire Nguyên-Duy
Comité éditorial
Françoise Bellanger, Patrice Cayré,
Jean-Michel Chassériaux, Antoine
Cornet, Philippe Lazar, Ne Mboma,
Yves Quéré, Hervé de Tricornot,
Jacques Weber
Rédacteurs permanents
Marie-Lise Sabrié (rubrique Recherches sabrie@paris.ird.fr), Olivier Blot
(rubriques Planète IRD et Ressources blot@rio.net) Fabienne BeurelDoumenge, Jacqueline Thomas
Ont collaboré à ce numéro
Jean Asseline, Jean-Claude Bader, Corinne
Dupuis, Hubert de Foresta, Jean-Pierre
Guengant, Michel Monzier, Guy Vidy
Photos IRD – Indigo Base
Contact : Claire Lissalde
et Danièle Cavanna
Conception graphique
In’édit
Photogravure, Impression
Jouve, 18, rue Saint-Denis,
75001 Paris - Tél. : 01 44 76 54 40
ISSN : en cours
N˚ commission paritaire : 0904805335
Dépôt légal : janvier 2000
Abonnement annuel (5 numéros) :
100 F - 15,24 e
Journal réalisé sur papier recyclé.

Des noms et
des visages
R
omano Prodi l’avait annon-

efficace. Changement symbolique

cé, dès son arrivée à

non des moindres : la numérotation

Bruxelles : « Quand j’ai

des services a été supprimée et rem-

accepté la fonction de président de

placée par des dénominations brèves

la Commission, j’ai promis d’ouvrir

et compréhensibles. Le nombre des

une ère de changement. » De fait, la

services a été diminué et ils ont été

structure organisationnelle de l’insti-

regroupés d’une manière qui se veut

tution européenne n’avait pas connu

plus logique, de façon à réduire les

de changements majeurs depuis

chevauchements de compétences.

40 ans. Une réforme semblait donc

Par exemple, un nouveau service

incontournable pour lui permettre de

consacré aux entreprises concerne à

s’affirmer comme administration de

la fois l’industrie, les PME et l’innova-

rang mondial.

tion. Un service global est consacré à

Un rapide remaniement des services

l’éducation et la culture. De même,

a été opéré d’emblée, en attendant

la santé et la protection des consom-

une transformation plus profonde.

mateurs se retrouvent associées.

Les premières mesures s’attachent à

Enfin, les relations extérieures ont

simplifier la bureaucratie et visent à

été réparties par thème (commerce,

rendre la nouvelle Commission plus

développement…).

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000

Un projet de réforme détaillé est
attendu pour le début de cette
année. Parmi les orientations proposées par Romano Prodi, « une agence
européenne des produits alimen-

Poul Nielson
Philippe Busquin

taires et des médicaments qui soit
indépendante, pour contribuer à
regagner la confiance des consommateurs ».


© Commission européenne

2

dans la réflexion et dans
l'action. La science s'inscrit
toujours dans un contexte
social et culturel qu'il
convient de prendre
explicitement en compte,
dans toutes ses dimensions,
à commencer par celles qui
relèvent de considérations
d'ordre déontologique (les
règles de bonne pratique
de la recherche et de ses
applications) et éthiques
(la façon dont les
connaissances nouvelles
s'intègrent dans des
cultures fondamentalement
diverses).
Le respect de cette diversité
est partie intégrante de la
préservation de la richesse
de l'humanité. Nous y
sommes attentifs et nous
devons réfléchir à la façon
de mieux traduire cette
préoccupation.

Un espace de concertation
pour le développement

© Commission européenne

Actualités

Il faut aller plus loin encore

Haut conseil pour la coopération internationale

Photo E. Deliry Antheaume © IRD

E d i t o r i a l - s u i t e

Parmi les vingt commissaires
Poul Nielson (Danemark) est chargé du développement et de l’aide humanitaire. Philippe Busquin (France), le commissaire chargé de la recherche, a précisé lors de sa prise de fonction : « Tout en restant attentif aux évolutions survenant dans la société en général et dans le monde scientifique en particulier,
je veillerai à écarter toute pression éventuelle provenant des gouvernements
des États membres, des partis politiques et des différents groupes d’intérêt. »


Versant social
d’une crise
volcanique

Laboratoire de rétrovirologie à Montpellier

VIH : une recombinaison extrême
Des virus de l’immunodéficience humaine (VIH)
appartenant à deux groupes différents peuvent
se recombiner pour produire une nouvelle souche virale.
Une découverte aux implications importantes en termes
d’épidémiologie, de dépistage et de thérapie.

présente une très forte variabi-

lité génétique. Il existe deux principaux
types de virus : le VIH1 et le VIH2. Le
VIH1, le plus répandu dans le monde,
comprend trois groupes (M, N, O) qui
présentent des caractéristiques génétiques différentes. À l’intérieur du
groupe M, le plus fréquent, on distingue encore des sous-types génétiquement proches, néanmoins distincts. Les recombinaisons entre ces
sous-types sont très fréquentes et à
l’origine de nouveaux génotypes viraux
répandus dans diverses populations et
régions géographiques. En revanche,
aucune recombinaison entre des virus
appartenant à des groupes différents
(M, N ou O) n’avait jamais été observée
jusqu’à présent. Or, des chercheurs du

laboratoire de rétrovirologie de l’IRD à
Montpellier viennent d’identifier in vivo
une souche virale provenant d’une
recombinaison entre deux virus des
groupes M et O.

Photo M. Depardieu © Inserm

le savent depuis longtemps,

Cette découverte a des implications
importantes à plusieurs points de
vue. Elle démontre, en premier lieu,
qu’une recombinaison entre des
virus du sida présentant des différences génétiques importantes (plus
de 50 %) est possible in vivo et qu’elle peut contribuer à l’émergence de
nouveaux variants du VIH 1. Par
ailleurs, des analyses ont mis en évidence in vitro que ce recombinant a
de fortes capacités de réplication. Si
cette « réplicabilité » était effective in
vivo, ceci pourrait contribuer à l’accroissement rapide de la prévalence
d’une souche virale présentant cer-

Nucléocapside contenant le génome et les enzymes,
maquette du rétrovirus du sida.
taines caractéristiques génétiques
propres au groupe O. Or, les virus de
ce groupe, pour l’heure peu répandus, posent un certain nombre de
problèmes : d’une part, ils ne sont
pas toujours détectables par les tests
de dépistage actuellement commercialisés ; d’autre part, ils sont résistants à certains traitements antirétroviraux. Au-delà des questions

posées en termes de dépistage et de
thérapie par la diffusion éventuelle
de cette souche virale, la découverte
de ce recombinant souligne tous les
enjeux des recherches sur la variabili●
té génétique du virus du sida.

Contact
Martine.Peeters@mpl.ird.fr

Actualités

L

e virus du sida, les scientifiques

15000 habitants des flancs du volcan ont été évacués après la reprise d’activité du Tungurahua en octobre 1999*,
laissant dans un complet abandon une
zone agricole et touristique riche.
L’éruption est pour l’heure modérée,
accompagnée d’émissions cendreuses
qui retombent sur le cône et sont transportées par les vents, sur toute la région.
Ainsi, et bien qu’installés à la périphérie
de la zone concernée par l’évacuation
obligatoire, de nombreux agriculteurs
continuent d’abandonner leurs biens,
ravagés par les cendres (photo). Certains
se réinstallent plus loin ou chez des
proches, et des refuges ont été installés
pour ceux qui se retrouvent sans aucun
moyen de subsistance.
Les volcanologues de l’IRD, Michel
Monzier et Jean-Luc Le Pennec suivent
cette crise, en collaboration avec leurs
collègues équatoriens de l’Institut géophysique (École polytechnique nationale de Quito). Le volcan Guagua
Pichincha qui menace directement la
capitale, étant également en éruption,
la charge de travail pour tous ces personnels est lourde, portant à la fois sur
la surveillance des deux éruptions,
l’évaluation réactualisée jour après jour
des risques à court et moyen terme,
sans oublier le volet scientifique qu’il
faut assurer en parallèle (observations,
échantillonnages systématiques).


3

Photo M. Monzier © IRD

* Voir Sciences au Sud n° 2.

Aléas climatiques en Afrique

Photo M. Dukhan © IRD

Mauvaise inondation ici,
bonne récolte là

Sénégal, octobre 1999 : des villageois essaient de combattre
l’avancée des eaux en disposant des sacs de sable.

L

a crue du fleuve Sénégal de
l’automne dernier a atteint
une ampleur inégalée depuis
1974. La force de cette crue qui se

Contact
Michel Monzier : michmari@ecnet.ec

présents sur place étudient des
règles de gestion satisfaisant au
mieux les objectifs assignés à ces
ouvrages, tout en minimisant leurs
impacts négatifs.

Contact

Les inondations catastrophiques
observées dans la vallée du Sénégal
en 1999 sont dues à des apports en
eau extrêmement forts. Mais les
dégâts provoqués par la crue auraient
été beaucoup plus dévastateurs sans
l'important laminage effectué par le

barrage de Manantali.

Jean-Pierre Lamagat, hydrologue à
l’IRD Dakar (chef de projet) :

Glossaire
Étiage : niveau moyen le plus bas
d'un cours d’eau.

http://geofisico.cybw.
net/

Sénégal :
Jean-Claude Bader, hydrologue à
l’IRD Montpellier : bader@mpl.ird.fr

Niger, la
« bonne » année

lamagat@dakar.ird.sn
Niger :
Jean-Pierre Guengant, représentant
de l’IRD au Niger : guengant@ird.ne

IRD-Niger :
http://www.ird.ne/

produit régulièrement entre juillet et
octobre, varie considérablement
d’une année à l’autre. Pour tenter
de réguler ces débits capricieux, différents barrages ont été mis en service depuis le milieu des années
quatre-vingts. Celui de Manantali,
par exemple, permet de protéger les
populations et les villages des débordements trop abondants. Mais il
soutient également les crues trop

Mesure du niveau de la
crue du fleuve Sénégal.

Photo J. P. Guengant © IRD

Photo M. Dukhan © IRD

faibles car une inondation modérée
du lit majeur de la vallée est nécessaire au maintien d’un certain équilibre écologique et à la pratique des
cultures traditionnelles. Un autre
barrage, implanté à l’embouchure
du fleuve, à Diama, empêche la
remontée de l’eau salée en période
d’étiage*. Les hydrologues de l’IRD

La récolte de mil est stockée dans des greniers soit en paille, soit en
« banco » (terre et paille), et sur pilotis pour protéger les bottes
contre les ravageurs de grains.

Les pluies exceptionnelles de
1998 avaient causé des dégâts importants. Mais elles avaient permis un
récolte de mil excédentaire après plusieurs années de déficit. En 1999, le
total des précipitations pendant la saison des pluies est revenu à un niveau
moyen. Mais les premières pluies ont
été tardives, puis concentrées au mois
d’août, peu ensoleillé cette année.
Ces facteurs ont favorisé le développement de nombreux parasites avec,
un impact négatif sur la production.
Ainsi, comme d’habitude au Sahel, le
bilan des récoltes en 1999 est
contrasté. Celles-ci dépendent à la
fois du total des précipitations, de la
précocité et du retard des premières
et dernières pluies, et surtout de l’intensité et de l’espacement des événements pluvieux.
Globalement, la production de mil en
1999 reste excédentaire. Mais environ un quart des villages du Niger
accusent un déficit supérieur à 50 %,
c’est-à-dire ne sont pas en mesure de
couvrir leurs besoins au-delà de six
mois. Dans les pays du Sahel, le mil et
le sorgho constituent la base principale et quasi exclusive du régime alimentaire des populations rurales qui
représentent toujours 60 % à 80 %
de la population totale.


Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000


Partenaires

Comment le développement
du secteur agroalimentaire peut-il
contribuer efficacement à l’amélioration des situations nutritionnelles en
Afrique subsaharienne ? Scientifiques,
entrepreneurs, responsables d’associations et d’ONG de 16 pays africains
francophones et anglophones se sont
réunis pour identifier les réponses à
cette question. L’occasion leur était
fournie par un atelier intitulé « Les
petites industries agroalimentaires
pour une nutrition saine en Afrique de
l’Ouest », organisé au Burkina Faso, du
22 au 24 novembre dernier, par l’université de Ouagadougou et l’université de Wageningen (Pays-Bas), avec la
participation de la Fondation internationale pour la science et des nutritionnistes de l’IRD.
Les priorités qui ont été dégagées
sont communes à la plupart des pays
d’Afrique subsaharienne. Elles concernent la recherche appliquée et la formation des entrepreneurs. Il est
recommandé aux scientifiques de
mieux prendre en compte, d’une part,
les difficultés d’ordre technologique,
gestionnaire et commercial des entrepreneurs ; d’autre part, les besoins
nutritionnels des consommateurs.
Quant aux pouvoirs publics, il leur est
demandé de protéger à la fois pro●
ducteurs et consommateurs.

4

Industrie philippine du cocotier

Sauvetage d’embryons
L
cette mutation est récessive et les

et le Cirad (1995-1998). Actuelle-

recherche des gènes impliqués dans

cocotier

noix sont naturellement stériles. En

ment, l’équipe GeneTrop est la seule

le caractère « albumen mou » et son

e « sauvetage » in vitro
d’embryons

de

concentre toutes les atten-

fait, l’embryon d’une noix makapuno

équipe du Nord membre d’un réseau

introduction dans d’autres variétés,

tions de l'équipe mixte IRD-Cirad du

est viable mais quand celle-ci arrive à

international de culture in vitro

voire sa transposition à d’autres

laboratoire GeneTrop (Montpellier) et

maturité, l’activité enzymatique de

d’embryons de cocotier, le Cogent*,

espèces à noix ou grains utiles.

du Philippin Coconut Authority

l’albumen tue l’embryon. La seule

qui réunit 35 pays membres. Depuis

(PCA). La noix « makapuno » (de son

solution est alors d’extraire ce der-

1998, le projet d’amélioration des

nom local) d’un mutant spontané de

nier et de le faire germer sur un

techniques de culture d’embryons

Cocos nucifera est fort appréciée des

milieu de culture, ce qui a été rendu

associe, outre les deux laboratoires

Philippins car son albumen est mou,

possible grâce aux techniques de cul-

déjà cités (Philippines et France), des

sans fibre et de saveur douce. Les

ture d’embryons développées par le

équipes d’Indonésie, Inde, Sri-Lanka,

qualités organoleptiques et méca-

PCA et perfectionnées par GeneTrop.

Chine, Papouasie-Nouvelle-Guinée,

Contact

Tanzanie, Mexique et Brésil.

Jean-Luc Verdeil (Cirad) et Valérie

niques de cette noix en font l’ingré-

En conditions naturelles, un individu

dient de choix pour la fabrication des
glaces à la noix de coco prisées mon-

makapuno transmet le caractère

La collaboration entre GeneTrop et le

mutant au mieux à 10 % de ses noix,

PCA devrait se poursuivre pour la

dialement. Malheureusement, il y a

soit 2 à 20 par an. Grâce aux tech-

peu d’individus « makapuno » car

niques évoquées, on obtient une
plantation d’individus 100 % makapuno qui donneront entre 75 % à
100 % de noix à albumen mou.

Des noix qui se vendent
très cher

le coût de la culture in vitro (CIV) car
ces noix se vendent très cher : 15 à
45 pesos philippins pièce (1 dollar =

Contact

40 pesos) contre 1 à 3 pesos pour
une noix normale. En garantissant

Atelier artisanal de
fabrication de produits
fermentés à base de manioc.

Plans de
surveillance
pour la
biodiversité
aquatique
Un « état des ressources vivantes aquatiques continentales,
marines et côtières » a été effectué, à
l’occasion d’un atelier international,
« avec une attention particulière sur les
menaces dans les zones côtières et
leurs solutions ». Cette réunion, organisée à Montpellier par le laboratoire
« Halieutique et écosystèmes aquatiques » de l’IRD, du 15 au 18 novembre 1999, répondait à une demande
du Programme des Nations Unies pour
l’environnement (PNUE).
Une trentaine d’experts du Nord et
du Sud, ainsi que des représentants
de grandes organisations internationales et d’ONG, ont cherché à identifier en commun les régions sensibles, à établir des réseaux de surveillance et à formuler de nouvelles
propositions d’action.
Constitué au cours de l’atelier, un
groupe pérenne de 15 experts a poursuivi les travaux, les 19 et 20 novembre. Leur première mission consiste à
promouvoir la mise en application des
recommandations formulées au cours
de l’atelier, autrement dit de les traduire en programmes d’action et plans

de surveillance.

Photo A. Rival © IRD-Cirad

Photo S. Trèche © IRD

Serge Trèche,
04 67 41 62 95,
Serge.Treche
@mpl.ird.fr

Embryon zygotique isolé
de cocotier.

l’obtention de noix makapuno, la
CIV a permis le développement de
structures industrielles dans le pays,
tant pour la consommation sur place
que pour l’exportation.
La collaboration GeneTrop-PCA a
débuté en 1995, dans le cadre d’un

« Je continue actuellement l’étude biochimique et ultrastructurale de l’albumen de noix « makapuno », initiée lors de mes précédents séjours au laboratoire GeneTrop. Dès 1997, nous avions compris que les qualités particulières
de cet albumen lui étaient conférées par des différences au niveau des parois
de ses cellules. L’observation de l'ultrastructure pariétale au microscope électronique devrait permettre de comprendre en quoi elle est différente. Nous
étudions actuellement la possibilité d’utiliser dans l’avenir des marqueurs
moléculaires. Sur le plan fondamental, une meilleure connaissance des mécanismes de cette mutation apportera beaucoup à la physiologie végétale car les
mutations au niveau de l’albumen sont assez rares. »
Cristeta Cueto participe à la rédaction du bulletin du réseau Cogent dont l’éditrice,
Erlinda P. Rillo, est la coordonnatrice. Son séjour a bénéficié d’un financement du Cirad,
complété par l’IRD.

projet européen coordonné par l’IRD

disciplinaires regroupant des géomorphologistes, des pédologues, des
minéralogistes, des géophysiciens,
des biologistes, des hydrologues et
des géochimistes.

un milliard de personnes
La nouvelle cellule des sciences franco-indienne projette
d’analyser les facteurs qui déterminent la quantité et
la qualité des eaux souterraines et de surface.
Jean-Pierre Muller
directeur général de l’IRD.

B. V. Ramakishna pour l’IISc (Indian
Institute of Science).

population n’a pas accès à
l’eau potable et de nom-

Pour ce qui concerne l’IRD, le par-

Dans une première phase de trois

breuses nappes phréatiques sont

tenariat franco-indien envisagé sur

ans, la cellule va s’attacher à mieux

proches de l’épuisement. La ques-

les sciences de l’eau se concrétisera

connaître les interactions complexes

tion de la quantité et de la qualité de

par

l’Indian

entre l’hydrosphère, la géosphère et

l’eau disponible pour une popula-

Institute of Science (IISc), situé à

la biosphère qui régulent la qualité

tion qui atteint presque un milliard

Bangalore, d’une cellule commune

des eaux souterraines et de surface

de personnes, se pose donc de

de recherche, la Cefirse. Un accord

du sud de la péninsule indienne,

façon cruciale. La « Semaine françai-

de principe a été signé en ce sens

dans des milieux qui subissent de

se de l’eau » qui s’est déroulée dans

entre l’IRD et l’IISc, le 21 novembre,

fortes pressions anthropiques*. Deux

les principales villes d’Inde à partir

en présence du ministre Claude

projets sont envisagés.

du 19 novembre, a été l’occasion de

Allègre.

la

création,

avec

Le premier concerne l’influence de

réunir scientifiques, industriels et
décideurs indiens et français sur ce

L’IISc jouit d’une réputation bien éta-

l’intensification de l’agriculture, tant

thème. Elle s’inscrivait également

blie. Il a notamment été dirigé par le

sur les sols que sur la ressource en

Contact

dans le cadre de la visite en Inde du

Prix Nobel de physique C. V. Raman.

eau souterraine, à l’échelle des

Jean-Jacques Albaret, tel. : 04 67 14
39 26, albaret@mpl.ird.fr
Guy Vidy : vidy@mpl.ird.fr

ministre Claude Allègre venu conclu-

Il dispose d’équipements extrême-

« petits bassins versant » d’une surfa-

re divers accords de coopération cul-

ment

turelle, scientifique et technique.

450 chercheurs et 1 200 étudiants.

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000

J-Luc.Verdeil@mpl.ird.fr

risteta Cueto, vous êtes chercheuse senior au PCA,
quels peuvent être les fruits d’une recherche sur
ces noix de coco stériles ?
Vitroplant de cocos.

De l’eau pour

E

Hocher (IRD), tel. : 04 67 41 61 96

Un mystère
dans la noix

Accord franco-indien

n Inde, près de 40 % de la

* Cogent : International Coconut Genetic
Resources Network

C

Cette production est rentable malgré



© IRD-Cirad

Les PME au
secours des
besoins
alimentaires
de l’Afrique

performants

et

regroupe

ce de quelques km2. Ce projet nécessite la mise en œuvre d’études pluri-

Le second projet concerne l’influence des effluents d’exploitations
minières qui affectent gravement la
qualité de l’eau dans certaines
régions. Avec la même approche
pluridisciplinaire que pour le projet
précédent, les chercheurs étudieront, ici plus spécifiquement, les
aspects biogéochimiques de la dissolution et du transport de métaux
lourds. Une attention particulière
sera portée à l’identification de la
faune microbienne impliquée dans
ces processus et à l’analyse des facteurs qui conditionnent son activité.
Il pourrait ainsi être possible de favoriser les microbes qui jouent un rôle
d’épurateur aux dépens de ceux qui
jouent un rôle néfaste.


Glossaire
Anthropique : dû à l’existence et à
la présence de l’homme.

Contact
Pierre Chevallier, chargé de mission
au département « Milieux et environnement » à l’IRD Montpellier :
pierre.chevallier@mpl.ird.fr


Forêts indonésiennes

aider les services forestiers à traduire

Des paysans réhabilités
dans leurs droits

sa nouvelle politique.

sous forme de décret les principes de

tières d’État. De ce fait, les quelque
60 millions de personnes vivant sur et
de ces terres depuis des décennies
sont devenues des occupants illégaux
moment. Tensions avec l’État et incerPhoto H. de Foresta © IRD

titudes face à l’avenir ont conduit ces

Les agroforêts sont toujours complétées par d’autres systèmes de
culture. Ici, rizières permanentes, région de Krui.

Des paysans installés sur des terres forestières d’État
sont désormais reconnus comme leurs gestionnaires
légitimes. Résultat de dix ans d’études et d’efforts
conjoints sur les agroforêts.

paysans soit à l’abandon progressif
des pratiques locales qui assuraient
une production à long terme, soit au
gaspillage des ressources naturelles.
Conscient de ces problèmes, le
ministre des Forêts a décidé d’ouvrir
une nouvelle politique et il a choisi
pour cela la région de Krui, à l’extrême sud de l’île de Sumatra. Les paysans de cette région sont de véritables
bâtisseurs de forêts diversifiées, productives, rentables et durables : des

Ce texte ne concerne que les
29 000 hectares de terres forestières
classées et occupées par des agroforêts dans la région de Krui. Pourtant sa
portée est bien plus large et il sert,
depuis deux ans, de référence aux
réformes en cours de la politique
forestière indonésienne. En admettant
que le statut de squatter attribué aux
paysans n’était pas toujours justifié, il
a ouvert la porte à une reconnaissance
des droits coutumiers et à un règlement des conflits entre État et paysans
pour l’utilisation des terres classées.
Ce succès est avant tout à mettre au
compte du ministre des Forêts. Il traduit aussi la réussite d’un partenariat
entre individus aux compétences
complémentaires, entre organismes
scientifiques et ONG* qui ont su
transcender les barrières discipli-



naires et institutionnelles.

« agroforêts ». Le ministre pouvait se

De l’alimentation aux cosmétiques

La seconde vie
des crevettes
thaïlandaises
Les déchets de crevettes réduisent leur nuisance
environnementale et trouvent une nouvelle utilité.

D

son stage de PhD* au laboratoire de

es bactéries capables d’activer la fermentation de
déchets de crevettes, c'est
ce qu’a sélectionné Mukku Shrinivas
Rao, un chercheur indien, pendant

biotechnologies microbiennes tropicales (LBMT), à Montpellier. L’étude
des effets combinés de fortes
concentrations de sel et de pH
acides sur certaines bactéries lactiques, amylolytiques ou non, avait
pour but d’évaluer leur potentiel

baser sur le corpus de connaissances
sur les agroforêts accumulées au

* ONG : organisation non gouvernementale

cours des dix dernières années par
l’IRD et ses partenaires. Il pouvait aussi
s’appuyer sur une équipe solide, com-

Contact

posée de scientifiques et de membres

Foresta@engref.fr

de la société civile (Tim Krui), pour

Michon@engref.fr

Les agroforêts : un modèle
de développement rural

L

es systèmes agroforestiers forment un très large éventail de systèmes de
production paysans, puisqu’il suffit, dans l’acception actuelle du terme
agroforesterie, d’un arbre dans un champ pour décerner le label agroforestier.
Au sein de cet éventail, les agroforêts sont ce que l’on peut trouver de plus
forestier : ce sont des forêts multispécifiques, établies et gérées par des paysans, reconstruites autour d’espèces d’arbres fournissant des produits commercialisables destinés à fournir un revenu monétaire.
Le lecteur qui voudrait en savoir plus sur les agroforêts est invité à se reporter
à la brochure d’information Les agroforêts, exemples indonésiens : recréer des
forêts productives et diversifiées, rentables et durables dans les terroirs agricoles des tropiques humides. Cette
brochure qui existe déjà en indonésien, en anglais et en lao, vient de
paraître en version française,
publiée conjointement par l’IRD,
l’Icraf, l’Engref et le Cirad.

Photo H. de Foresta

D

Pour la première fois en Indonésie,
des paysans vivant sur des terres
forestières classées d’État en sont
reconnus légalement comme les seuls
gestionnaires légitimes. Dans les
années quatre-vingts, 75 % des terres
du pays ont été classés zones fores-

eux années ont passé, mais
le décret signé le 23 janvier
1998 par le ministre des
Forêts, Djamaludin Suryohadikusumo,
reste exemplaire en termes de politique forestière comme en termes de
partenariat scientifique.

En savoir plus
S’adresser à Hubert de Foresta ou
Geneviève Michon, IRD-Engref,
Centre de Montpellier, BP 5093,
34033, Montpellier Cedex 1

Les agroforêts comprennent
de nombreuses ressources
forestières, comme la résine
«damar».

d’utilisation comme « starter » pour

Photo M. Dukhan © IRD

la fermentation de déchets de crevettes. Ce procédé est étudié à

tions optimales d’utilisation de ces

l’Asian Institute of Technology (AIT,

souches, et de montrer qu’il n’y

Bangkok), d’où est issu Mukku

avait pas d’interactions entre les

Shrinivas Rao. Il sert à extraire la chi-

effets de l’acidité et de la salinité.

tine* par voie biologique et à rédui-

Les bactéries ayant été sélectionnées

re les problèmes environnementaux

sur des milieux de culture en labora-

posés par ces déchets produits en

toire, Mukku Shrinivas Rao les teste

grande quantité en Thaïlande. Et à

actuellement in situ en Thaïlande sur

faire d’une pierre deux coups,
puisque la chitine est utilisée comme
adjuvant de produits alimentaires,
cosmétiques et pour diverses autres

Équipement permettant
l’étude de la physiologie
des bactéries lactiques
amylolytiques (laboratoire
de biotechnologie
microbienne tropicale).

de réels déchets de crevette. Une copublication IRD/AIT sur cette étude
est en cours de préparation.

applications. Les travaux réalisés à

Mukku Shrinivas Rao a été accueilli

Montpellier ont permis de sélection-

au Centre IRD de Montpellier dans le

ner des souches de bactéries résis-

cadre du programme européen PTS

tantes au sel, de définir les condi-

(Postgraduate Technological Studies

Program), par le responsable du
laboratoire, Jean-Pierre Guyot, et par
José Pintado, jeune chercheur.


Les recherches sur les agroforêts
ont été initiées en 1982 par l’équipe
du professeur Hallé (Universite de
Montpellier II et Ensam), en collaboration avec le Biotrop (Organisation
de coopération scientifique en biologie pour l’Asie du Sud-Est) et le Lipi
(Institut des sciences d’Indonésie). Ce
partenariat a été poursuivi par une
équipe de l’Orstom, de 1990 à 1994,
avec la collaboration de chercheurs
du CNRS et de l’ENS. Depuis, l’équipe de l’IRD travaille en lien étroit avec
l’Icraf (Centre international de
recherches en agroforesterie).
Appuyé par la fondation Ford, un
groupe de travail informel sur les
agroforêts de la région de Krui, appelé « Tim Krui », a été constitué en
1994. Il rassemble des chercheurs de
l’IRD, de l’Icraf, de l’université
d’Indonésie, du Centre de recherche
du ministère des Forêts d’Indonésie et
du Cifor (Centre international pour la
recherche en foresterie), ainsi que les
membres de deux ONG indonésiennes, le Latin (Fondation pour la
nature en Indonésie) et Watala (Amis
de la nature au Lampung). Ce groupe
a réussi ce qu’aucune des institutions
partenaires n’aurait pu faire seule :
placer les agroforêts en particulier et
plus généralement les problèmes de
développement durable liés au classement des terres forestières d’État

sur l’agenda des gouvernants.

Friend :
des réseaux
à hauts débits
Est-ce parce que les hydrologues
sont coutumiers des réseaux? Ceux
qu’ils ont créés pour échanger données, méthodologies et résultats
connaissent une croissance exponentielle. Les différents réseaux que constituent les projets Friend, mis en place
sous l’impulsion de l’Unesco à partir de
1985, s’étendent maintenant à de
nombreuses régions du globe. Le tout
nouvel «Amigo» qui date de début
décembre, s’adresse aux Caraïbes et à
l’Amérique centrale.
L’IRD, par le biais de ses chercheurs,
accroît progressivement son implication dans ces projets qui ont prouvé
leur pertinence aussi bien comme relais
d’informations que comme moyen de
poursuivre des recherches en s’appuyant sur des compétences diverses
et régionales dans un domaine donné :
étiage, variabilité hydro-climatique ou
encore qualité de l’eau.
L’institut a pris, cette année, la relève
du Cemagref pour la coordination
générale du secrétariat scientifique,
la gestion et l’animation de la base
de données de Friend AMHY (Alpine
and Mediterranean Hydrology). Il
projette d’y intégrer davantage les
pays au sud de la Méditerranée :
Afrique du Nord et Moyen-Orient.
Par ailleurs, le projet Friend AOC
(Afrique de l’Ouest et centrale), au
sein duquel l’IRD est fortement impliqué depuis 1994, se lance dans une
deuxième phase après s’être réorganisé à Yaoundé (Cameroun), début

décembre 1999.

Glossaire
Glossaire
PhD : doctorat d’université (abréviation de Doctor of Philosophy)
Chitine : constituant principal de la
carapace des insectes et crustacés

Contact
Jean-Pierre Guyot, 04 67 41 62 85,
Jean-Pierre.Guyot@mpl.ird.fr

Friend : Flow Regimes from International Experimental and Network Data
Cemagref : Centre national du machinime agricole, du génie rural, des
eaux et forêts (France)

Contact
Éric Servat : eric.servat@mpl.ird.fr

www.mpl.ird.fr/amhy

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000

Partenaires

susceptibles d’être déplacés à tout

Reconnaissance des
droits coutumiers

Tim Krui
Quand recherche
et société civile
font équipe

5


A t l a n t i q u e

é q u a t o r i a l

gouriou@ird.fr

Cap sur
10° Ouest
En juillet et août derniers, le navire
océanographique Thalassa de la flotte nationale de recherche gérée par
l’Ifremer (Genavir) a accueilli une
vingtaine d’océanographes et de
météorologues pour la campagne
océanographique Equalant 99. Leur
but : effectuer dans le bassin Atlantique équatorial une série de
mesures physiques et hydrologiques
(vitesse des courants, température,
salinité), chimiques (oxygène dissous,
sels nutritifs et fréons qui permettent
de reconstituer le trajet des courants), biologiques (CO2, alcalinité,
pH, etc.) et météorologiques. Les
chercheurs ont effectué ces prélèvements le long de trois radiales méridiennes (voir carte ci-dessous) et ont
également réalisé des mesures à des
points fixes, non loin des bouées
ancrées du réseau Pirata. Les données acquises lors de cette campagne ont permis de couvrir les 2/3
de ce bassin (partie ouest). Au cours
de l’été prochain, la prochaine campagne – Equalant 2000 – mettra le
cap sur 10° Ouest afin de compléter
ces mesures. Au terme de ces deux
opérations, l’ensemble de la bande
équatoriale, des côtes brésiliennes
jusqu’à l’Afrique de l’Ouest, sera
échantillonné.


Photo B. Gobert © IRD

Le climat au gré
des courants

Contact

L’ Atlantique équatorial exerce une influence directe sur le climat de l’Afrique, de l’Amérique latine, de l’Europe et
de la partie est de l’Amérique du Nord. Ici, le golfe de Guinée.

La campagne
océanographique
Equalant 99
vient de livrer ses
premiers résultats.
Une belle moisson
qui permettra de
mieux comprendre
comment
l’Atlantique
équatorial influe
sur le climat et sur
le réchauffement
de la planète.

« Les mesures de courants et de
traceurs (composés chimiques de
l’eau de mer) nous ont permis de
suivre le courant froid profond originaire de l’Atlantique nord qui
longe les côtes de la Guyane française et du Brésil avant de bifurquer vers l’est le long de l’équateur, souligne Chantal Andrié,
océanographe à l’IRD et chef du

Océan
et effet de serre
Entretien avec Diana Ruiz-Pino, maître de conférence
à l'université Paris VI, et Aubert Le Bouteiller,
ingénieur de recherche à l’IRD.

projet Equalant. Pour la première
fois, sur toute la bande équatoria-

« Jusqu’à présent, l’Atlantique était

le, nous avons identifié des jets

plutôt considéré comme une source

profonds situés entre 500 et

de CO2 (gaz carbonique) pour l’atmo-

2 500 mètres. Ces jets sont des

sphère. Or, lors de la campagne

courants de quelques centaines de

Equalant 99, nous avons constaté que

mètres d’épaisseur se renversant

cet océan se comporterait parfois

alternativement vers l’est ou vers

comme un puits qui absorberait le
CO2 atmosphérique. Rappelons que le

ceurs géochimiques, nous pouvons

CO2 est le principal gaz à l’origine du

désormais estimer à moins de

réchauffement de la planète par ‘effet

Contact

40 ans le temps de transit, entre

de serre’.

l’Antarctique et l’équateur, de la

En effet, nous avons eu la surprise

bourles@ird.fr

masse d’eau de fond qui prend

d’observer le long de l’équateur des

es courants océa-

naissance dans la mer de Weddell

eaux très riches en silice biogénique,

Pirata

niques, en surface

et remonte vers le nord. L’ensem-

contenant donc beaucoup de diato-

comme en profon-

ble des jeux de données obtenus,

mées

Depuis 1997, l’IRD met progressivement en place, en collaboration avec
le CNRS-Insu et Météo France, mais
aussi l’INPE (Instituto Nacional de
Pesquisas Especiais, Brésil) et la
NOAA (National Oceanic and
Atmospheric Administration, États
Unis), un système pilote d’observation de l’océan Atlantique tropical.
Baptisé Pirata (Pilot Research Moored
Array in the Tropical Atlantic), ce
réseau est composé d’une douzaine
de bouées amarrées en divers points
du bassin tropical. Ces bouées mesurent la direction et la vitesse du vent,
la température de l’air, l’humidité
relative, les précipitations et le rayonnement solaire, la température de
l’eau en surface et en profondeur
(jusqu’à – 500 mètres). Ces données
sont quotidiennement transmises par
satellite aux scientifiques du monde
entier via le réseau Internet.


deur, jouent un rôle

nous mettent en mesure de décrire

ceuses). Les diatomées constituent

essentiel dans la dynamique des

la dynamique des courants depuis

l’un des principaux acteurs de la

climats de la planète. En effet, ils

la surface jusqu’au fond, sur les

« pompe biologique », processus biogéochimique majeur qui a pour effet d’im-

transportent et redistribuent en

deux tiers de la bande équatoriale

porter le CO2 depuis la surface vers les profondeurs de l’océan. Autrement

différents points du globe la cha-

(des côtes brésiliennes jusqu’à

dit, plus les diatomées sont nombreuses, plus il y a de carbone piégé. Lors de

leur émise par le soleil et absor-

10 ° ouest). »



la campagne, la silice biogénique est apparue plus abondante à l’est qu’à

bée, en partie, par les océans

planctoniques

sili-

l’ouest, mais c’est au centre de la ceinture équatoriale que nous avons relevé

Contact

des difficultés rencontrées dans la

Chantal Andrié :

entre la pression partielle de CO2 dans l’eau et celle dans l’air renseigne sur

prévision des changements clima-

andrie@lodyc.jussieu.fr

le sens et l’intensité du flux de CO2. Ainsi, nos observations indiquent que

sous

les

tro-

les plus fortes valeurs : 5 fois supérieures à celles enregistrées au cœur des
remontées d'eaux profondes du Pacifique central : un record ! La différence

l’ouest de l’Atlantique équatorial

tiques proviennent d’un manque de

servain@ird.fr

À l’aide de cette
bathysonde, les chercheurs
effectuent les prélèvements.

piques. Actuellement, certaines

essentiellement

Contact

compréhension de la circulation

serait une source de CO2 atmosphé-

océanique. Ce manque est particu-

rique tandis que le centre et l’est du

lièrement manifeste dans l’océan

bassin agiraient, au contraire,

Atlantique qui exerce une influen-

comme un puits.

ce

de

L’intensité du puits de CO2 de

l’Afrique, de l’Amérique latine, de

l’Atlantique apparaît donc étroite-

l’Europe et de la partie Est de

ment liée à la présence de diato-

l’Amérique du Nord. De ce fait, de

mées. Quels facteurs contrôlent le

nombreux programmes de recher-

développement de ces organismes

che internationaux ont été lancés

dans cette région réputée pour sa

directe

sur

le

climat

afin d’affiner les connaissances
dans ce domaine. Certains résultats préliminaires de la dernière
campagne

océanographique



Equalant 99 –, réalisée dans le
cadre du programme Eclat, permettent d’ores et déjà des avan-

www.brest.ird.fr/pirata/
piratafr.htlm

(algues

Photo Y. Gouriou © IRD

l’ouest. De plus, grâce aux tra-

cées dans la connaissance de la
dynamique des courants profonds
le long de l’équateur.

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000

© Laboratoire de cartographie appliquée de l’IRD

6

La campagne Equalant 99 s’inscrit
dans le programme Eclat (Etudes climatiques en Atlantique tropical), l’un
des volets du Programme national
d’études de la dynamique du climat
(PNEDC) composante française du programme international Clivar (Climate
Variability and Predictability). Pilotée
par l’IRD (Laboratoire d’océanographie
dynamique et de climatologie –
LODYC, centre IRD-Bretagne), cette
campagne a associé Météo-France, le
CNRS, l’université Paris VI (Laboratoire
de physique et de chimie marines LPCM), l’IUEM (Institut universitaire
européen de la mer, Brest), les universités de São Paulo (Brésil) et de Cocody
(Côte d’Ivoire), l’Institut océanographique de Woods Hole (États-Unis). ●

Photo J. Servain © IRD

Recherches

Une campagne
internationale

relative pauvreté, et quel est leur
impact réel sur le CO2 ? Voilà
quelques

questions

auxquelles

nous tenterons de répondre avec la
suite du programme. »

Contact
ruiz@ccr.jussieu.fr ou
lebouteiller@com.univ-mrs.fr




d e

l a

Qu’appelle-t-on
santé de la
reproduction ?

r e p r o d u c t i o n

Alors que de nombreux pays africains tentent de maîtriser leur
croissance démographique et de lutter contre le sida, la santé de la
reproduction est devenue un enjeu majeur des politiques sanitaires.
En témoigne le séminaire international organisé par l’Ensea et l’IRD.

... quelles voies
proposer pour
l’Afrique ?
Depuis 1998, les organisations
internationales affirment la nécessité d’informer les mères séropositives sur le risque de transmission
du VIH par le lait maternel et de

’une

des

grandes

questions

abordées

lors

du

séminaire

international « Santé
de la reproduction en Afrique »

Diminuer la transmission du VIH de
la mère à l’enfant...

grande majorité. Il a été associé, à

les aider à choisir le mode d’ali-

cet essai clinique, un programme de

mentation le moins risqué pour

recherches pluridisciplinaire sur les

leur nourrisson. Dans le cadre du

nombreux problèmes posés par la

projet Ditrame, il était recomman-

Cet essai visait à évaluer l’efficacité

transmission mère-enfant en amont

dé aux femmes suivies d’adopter
l’allaitement

d’un traitement par la zidovudine

et en aval du traitement proprement

nait la prévention de la transmis-

(AZT) par voie orale pendant 3 à

dit : dépistage, tolérance et accepta-

c’était possible ou de sevrer l’en-

sion du VIH de la mère à l’enfant.

4 semaines avant l’accouchement

bilité des interventions, fertilité des

fant au plus tard à six mois. Des
enquêtes menées auprès de ces

(Abidjan, novembre 1999) concer-

artificiel

lorsque

chez des femmes séropositives. Les

femmes séropositives, prise en char-

associées au projet Ditrame (ANRS

résultats ont montré une réduction

ge des mères et des enfants infectés

femmes ont montré que celles-ci

049), un important essai clinique

de 38 % du nombre d’enfants séro-

par le VIH, désir de procréation,

perçoivent très bien le risque de

conduit à Abidjan et Bobo-Dioulasso

positifs à l’âge de 6 mois, lesquels

alternatives à l’allaitement maternel

transmission du virus par le lait

(Burkina Faso) de 1995 à 1999.

étaient allaités au sein dans leur très

chez les femmes séropositives.

maternel. Cependant, rares sont

Parmi les études présentées : celles

L’OMS définit aujourd’hui la santé
de la reproduction « non pas comme
une absence de maladie ou de
trouble dans le processus reproductif, mais plutôt comme une condition
par laquelle ce processus s’accomplit
dans un état de complet bien-être
physique, mental et social ». Au-delà
de la santé de la mère et de l’enfant,
ce concept prend donc en compte
aussi bien la régulation de la fécondité que la santé sexuelle des hommes comme des femmes à toutes les
étapes de leur vie. Consacré à la
santé de la reproduction en Afrique,
le séminaire international d’Abidjan,
organisé en novembre 1999 par l’IRD
et l’Ensea (École nationale supérieure
de statistique et d’économie appliquée d’Abidjan), a abordé quelquesuns des aspects les plus importants
que recouvre ce concept pour les
politiques de santé publique actuellement entreprises sur le continent
africain : les pratiques de régulation
des naissances et leurs évolutions les
plus récentes, les conséquences du
sida sur la procréation (des relations
sexuelles à la transmission mèreenfant), les conditions économiques
de fonctionnement et de viabilité des
programmes sanitaires mis en
œuvre, les droits des individus et la
législation en matière de sexualité et
de reproduction.


Recherches

Un enjeu majeur
en Afrique

Photo E. Deliry-Antheaume © IRD

S a n t é

7

Contact
vimard@newsup.univ-mrs.fr
ou dbonnet@club-internet.fr

celles qui ont choisi l’allaitement
artificiel dès la naissance du fait
d’obstacles financiers, culturels ou
sociaux. En revanche, toutes les
mères ont fait l’effort de sevrer
plus tôt que d’habitude. Elles ont
alors eu recours à des stratégies
(sevrage « en cachette » ou justifié
par des maladies bénignes, un
manque de lait…) afin d’éviter la
réprobation de leur entourage,
inévitable dans une société qui
Photo F. Sodter © IRD

valorise largement l’allaitement
maternel.
Au-delà des résultats acquis, se
pose la question de l’application
des programmes d’intervention par
les systèmes de santé des pays en
développement. À Abidjan, à la
suite de l’essai, un programme opérationnel a été lancé avec le soutien
de l’Unicef. Son objectif : analyser
la faisabilité de ce type d’interventions à large échelle et les difficul-

Photo Y. Paris © IRD

tés à prendre en compte.



Contact
msellati@bassam.ird.ci
ou annabel.desgrees@ird.ci

Consultation à un poste de santé à Toucar (Sénégal).

Les difficultés de la pratique contraceptive en Côte d’Ivoire
Depuis 1980, en Côte d’Ivoire, la fécondité diminue (7,2 enfants par femme
en 1980 contre 5,2 en 1998), sans pour autant que le recours à une contraception moderne soit élevé. Pour tenter d’expliquer ce paradoxe, une enquête a été conduite sur les pratiques contraceptives de femmes en consultation dans quatre centres sanitaires d’Abidjan.
La plupart des 2 400 femmes interrogées déclarent connaître les méthodes
contraceptives mais seulement 12 % recourent à une méthode moderne
(pilule, stérilet, préservatif…). Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet état
de fait, entre autres : une offre limitée en matière de planification familiale,
des réseaux informels d’information (entourage, médias, associations) peu
fiables, des problèmes antérieurs dans l’utilisation des méthodes, un manque
de connaissance du risque d’exposition à une grossesse... Autant d’éléments
qui vont à l’encontre d’une pratique contraceptive efficace, malgré un véritable désir, affirmé par la plupart des femmes, de planifier leurs grossesses.
Parallèlement, l’étude montre que, bien qu’illégal et socialement réprouvé
en Côte d’Ivoire, l’avortement est un acte couramment utilisé par les
femmes pour gérer leur fécondité : un tiers déclare y avoir recouru au

moins une fois et 7,9 % à chacune de leur grossesse. Cette pratique est plus
importante en début et en fin de vie féconde. En début, elle concerne surtout des jeunes femmes en situation instable et encore scolarisées, tandis
qu’à la fin, elle permet d’espacer les naissances ou d’arrêter de procréer.
En Côte d’Ivoire, l’avortement apparaît notamment comme un palliatif aux
difficultés rencontrées dans la pratique contraceptive et traduit un besoin
non satisfait de planification familiale.
Ainsi la réponse à l’attente des femmes en matière de régulation de la fécondité constitue un enjeu d’autant plus fort que se pose la question des conditions sanitaires dans lesquelles sont réalisés ces avortements. Selon certaines études, ceux-ci seraient en effet l’une des causes importantes de la
mortalité maternelle en Côte d’Ivoire.


Contact
Agnès.Guillaume@ird.ci
ou annabel.desgrees@ird.ci

L’Académie
des sciences
se mobilise
L’Académie des sciences a tenu à
Paris, les 21 et 22 octobre 1999, un
colloque international sur la santé de
la mère et de l’enfant dans les pays
en développement. Deux conclusions essentielles ont été établies.
• La « science » pertinente ne se
réduit pas à la seule recherche. Les
chercheurs doivent beaucoup plus
souvent qu’aujourd’hui servir, collégialement, d’experts, en réponse à
des questions précises posées par les
« décideurs » du Sud. Les sciences
humaines et sociales doivent intervenir dans cette perspective au moins
au même titre que les sciences plus
« dures » – médicales, biologiques ou
autres.
• Les Académies doivent user de leur
autorité pour faire comprendre que
« les problèmes de santé de la mère
et de l’enfant » ne sauraient être traités de façon efficace si l’on en reste
au partage des tâches qu’évoque
cette expression même. Ces questions ne peuvent évoluer de façon
décisive que si les hommes se sentent eux aussi directement concernés
et, de surcroît, si les femmes ne restent pas confinées à un rôle de
mères. Elles sont d’abord femmes, et
aussi citoyennes, et cette double
reconnaissance est sans doute l’une
des clés essentielles des progrès à
venir.


Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000


Le thon dans les f
de la recherche
Comment assurer le développement
de la pêche thonière tropicale
tout en préservant la ressource et
son environnement ? Une question clé
au centre des recherches halieutiques
menées par l’IRD dans les
trois océans de la planète.

Des thons
sous influence
des

tiques (HEA-IRD Montpellier) a

thons dans l’océan

mis en évidence que ce célèbre

n’est pas aléatoire,

phénomène climatique faisait éga-

mais elle dépend de

lement ressentir ses effets sur la

a

Christian.Chaboud@mpl.ird.fr
ou Alain.Fonteneau@mpl.ird.fr

Des thoniers
de plus en plus
performants

conditions de l’environnement très

pêche dans l’océan Indien.

spécifiques (température de l’eau,

« Nous avons en effet observé,

abondance de nourriture, etc.).

explique Francis Marsac, océano-

Les fortes exigences métaboliques

graphe à l’IRD, que le dernier El

de ces espèces leur imposent en

Niño du siècle, qui s'est manifesté

effet de trouver des oasis de nour-

avec une ampleur considérable en

riture dans de vastes étendues oli-

1997 et 1998, a eu, entre autres

gotrophes (pauvres en éléments

conséquences, un très fort impact

C’est ainsi que les prises des sen-

De ce fait, dans la partie orientale

sur la pêche thonière à la senne

neurs ont très fortement diminué.

du bassin, on a pu observer, lors

dans l'océan indien. La partie

Dans la partie est de cet océan, les

du dernier El Niño, une très nette

ouest de l'océan Indien, où pêchent

eaux se sont refroidies et l’habitat

augmentation des pêches : entre

habituellement les senneurs, a été

préférentiel des thons dans la

1997 et 1998, le nombre de coups

désertée et la flotte s’est concen-

couche d’eau superficielle s’est

de filets a été multiplié par 7 et

trée à l’est, région jusqu’à présent

réduit. Se concentrant en surface,

les captures par 4. »

rassembler en bancs dans des

peu fréquentée par ces navires. »

ils sont devenus particulièrement

zones propices à leur métabolis-

Mais comment expliquer une telle

vulnérables. Les senneurs, qui ont

me. Or, celles-ci varient au gré des

évolution sous l’impact d’un chan-

très rapidement suivi cette évolu-

Contact

saisons et des fluctuations inter-

gement climatique qui naît dans le

tion, sont allés pêcher plus à l’est.

Francis.Marsac@mpl.ird.fr

annuelles du climat océanique. Les

Pacifique équatorial ? « El Niño

thons vivant en permanence sous

induit, de façon quasi symétrique à

l’influence de ces variations de

ce que l’on observe dans le

l’environnement océanique, les

Pacifique, d’importants boulever-

rendements de la pêche thonière

sements dans l’environnement de

sont également tributaires de ces

l’océan Indien : modifications du

fluctuations. Des recherches ont

régime des vents et des courants,

ainsi souligné l’impact majeur d’El

rapides évolutions dans la tempé-

Niño sur la distribution des thons

rature de l’eau, etc. Ainsi, l’arrivée

dans l’océan Pacifique et, ce fai-

d’une masse d’eau chaude à l’ouest

sant, sur les pêcheries thonières.

du bassin a accru « l’espace vital »

Récemment, une étude conduite

des thons en profondeur, et de ce

par des chercheurs du laboratoire

fait, a réduit leur capturabilité par

halieutique et écosystèmes aqua-

les engins de pêche de surface.

nutritifs) ou encore des eaux dont
la température est favorable à leur
reproduction (25 °C). Cette quête
incessante d’un environnement

Grand thonier senneur
aux Seychelles.
Les thoniers tropicaux utilisent principalement trois techniques de pêche :
les senneurs encerclent les bancs de
surface avec un immense filet (la
senne) ; les palangriers capturent les
thons adultes en profondeur à l’aide
d’une longue ligne portant plusieurs
milliers d’hameçons (la palangre) ; les
canneurs pêchent à la canne en attirant le poisson en surface à l’aide
d’appâts vivants. La diffusion de techniques de pêche performantes
(palangres plus profondes, détection
des bancs par acoustique ou télédétection, par exemple) et l’utilisation
massive de dispositifs de concentration de poissons (DCP) équipés
d’émetteurs ont considérablement
augmenté l’efficacité des thoniers au
cours de cette décennie, et par là
même, la « capturabilité » des thons.
Toutefois, ces performances accrues
comportent à court terme le risque
d’une surexploitation de la ressource.
Composées d’un nombre important
de thons juvéniles et d’autres
espèces, les captures sous les DCP
posent par exemple le problème d'un
déséquilibre potentiel dans la structure des populations exploitées et dans
leur écosystème. Une telle situation
nécessite que des mesures strictes de
gestion et de l’effort de pêche soient
rapidement prises.


Contact
Daniel.Gaertner@mpl.ird.fr

adéquat conduit les thons à parcourir de grandes distances et à se

Les thoniers senneurs parcourent l’océan pour repérer les bancs,
puis les encerclent dans leur senne d’1,5 km de long. Ces navires
peuvent transporter 1000 tonnes, voire plus, de thons congelés.
Ici, un senneur dans le golfe de Guinée.

Thon albacore dans son élément naturel. Cette espèce représente
un tiers des captures thonières mondiales
(soit un million de tonnes par an environ).

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000



Photo P. Cayré © IRD

Contact

répartition

Photo P. Cayré © IRD

8

80 % de la pêche thonière mondiale
s’effectue en zone intertropicale, ce
qui représente près de 4 millions de
tonnes chaque année. C’est dans le
Pacifique que sont réalisées les prises
les plus importantes (65 % du total
mondial), viennent ensuite l’océan
Indien (20 %) puis l’Atlantique
(15 %). Ces captures sont effectuées
en majeure partie par des thoniers
senneurs (2/3 des captures mondiales) et les palangriers (20 %).
Dans l’océan Indien, la pêche artisanale est très dynamique et représente 45 % des prises totales. Si la
pêche thonière tropicale est le fait
pour l’essentiel de quelques pays
industrialisés (États-unis, Japon,
Espagne, France, etc.), elle revêt une
importance économique croissante
pour de nombreux pays tropicaux
côtiers « propriétaires » de la ressource, notamment depuis l’extension
des zones économiques exclusives à
200 milles. Outre des pêcheries,
ceux-ci accueillent des unités de
transformation (conserveries), bénéficient des activités portuaires
induites par la pêche thonière (transbordement, entretien des navires) et
des compensations financières négociées au titre des accords internationaux de pêche.


Photo P. Cayré © IRD

Recherches

Les thons,
richesse des
océans tropicaux

Les thoniers canneurs attirent les thons de surface en jetant
à la mer de petits poissons vivants comme appâts.


Le listao est l’espèce la plus
pêchée en zone tropicale.
Les captures, réalisées en
grande majorité dans le
Pacifique Ouest, s’élèvent
chaque année à 1,5 million
de tonnes (soit 47 % du
total mondial).

Aquarelle P. Opic (1993)

Où vivent les thons
polynésiens ?
450 mètres. Le thon obèse, pêché
jusqu’à 300 mètres, évolue de jour

(1995-1998) associant

entre 300 et 500 mètres dans l’ar-

l’IRD, l’Ifremer et le SRM (Service des

chipel de la Société. L’albacore,

ressources marines), le programme

plus abondant à proximité des îles

Ecotap (Étude du comportement des

Marquises, se maintient entre 50 et

thonidés par l’acoustique et la pêche)

350 mètres. Entre la surface et

a livré ses premiers résultats.

500 mètres de profondeur, l’abon-

L’objectif poursuivi était, pour l’essen-

dance en thons, toutes espèces

tiel, une meilleure connaissance du

confondues, a été estimée à 1,33

comportement et de la distribution

individu par kilomètre carré. Autre

des trois principales espèces de thons

conclusion importante d’Ecotap : la

(le thon à nageoires jaunes ou albaco-

distribution de ces poissons n’est
pas seulement gouvernée par la

re, le thon blanc ou germon, le thon

température et par la teneur en

obèse) exploitées en profondeur dans

oxygène des masses d’eau, mais

la zone économique exclusive de la

nourriture disponible, chaque espè-

la pêche palangrière de ce territoire.

ce ayant ses propres exigences.

L’un des principaux acquis de ces

Ces résultats qui contribuent à une

études est d’avoir précisé les

meilleure estimation des ressources

limites en profondeur de l’habitat

thonières en Polynésie française,

Photo B. Gobert © IRD

des thons dans les eaux polyné-

montrent que l’objectif d’une pro-

siennes. Ces profondeurs apparais-

duction annuelle de 11 000 tonnes

sent, dans l’ensemble, supérieures

(contre 5 200 actuellement), que se

à ce qui était admis par le passé au

sont fixé les autorités polynésiennes,

regard des statistiques de pêches.

est raisonnable et équilibré d’un

En effet, alors que le germon était

strict point de vue biologique.

capturé à 150 mètres, les résultats

es pêches thonières

quentées par les thons, alors qu’ici il

qui se sont dévelop-

demeure en surface. Mais pourquoi

9

aussi par la qualité et la quantité de

Polynésie française, afin d’optimiser

La pêche au gros dépend
parfois des petits

révèlent que cette espèce est pré-

Contact

sente pendant la journée à une pro-

bard@ird.pf ou

fondeur comprise entre 150 et

Erwann.Josse@ird.fr

Technique de pêche
artisanale dite « à la pierre
perdue » (Comores)



Une base
informatisée
pour la pêche
hauturière

Alain Fonteneau :
«L’expansion de la pêche sous DCP
n’est pas sans risques»

GAO (gestionnaire d’applications
océanographiques) vise à promouvoir
l’utilisation de données climatiques et
océanographiques dans le cadre
d’études sur la variabilité des pêches
hauturières induite par le climat en
milieu tropical. Ce projet s’appuie sur
un logiciel d’emploi aisé, couplé à des
bases de données remontant au
début du XXe siècle. Les informations
(plus de 200 000 profils verticaux)
gérées par le système concernent différents paramètres (température, salinité, oxygène dissous, sels nutritifs,
etc.) relatifs à la couche de surface
(0-500 m) dans la zone intertropicale
des océans Atlantique et Indien. Le
logiciel et les bases de données
seront disponibles sur CD-ROM en
2000.


pées depuis une ving-

ce comportement inhabituel ? La pau-

taine d’années au sud de la Guinée et

vreté relative de la zone pendant la

du Sénégal, au niveau de l’équateur,

saison de pêche pourrait en être res-

représentent, selon les années, 20 %

ponsable. Les Vinciguerria se nour-

à 50 % des captures de thons de

rissent de plancton qui se trouve uni-

l’Atlantique est pendant la saison de

quement près de la surface. Lorsque

rellement à se rassembler est pratiquée depuis des siècles. Pour leur part, les

pêche. La présence en ces lieux d’une

le plancton est abondant, ces pois-

senneurs industriels tropicaux ont commencé à utiliser cette technique au début

pêche si productive a très vite posé

sons s’en gavent rapidement au cré-

des années 1960, dans le Pacifique ouest. Depuis la fin des années 1980, ils

question aux scientifiques. En effet,

puscule quand ils remontent des pro-

l’ont développée massivement dans l’ensemble des océans. Aujourd’hui, les cap-

cette zone ne présentait a priori

fondeurs. Si le plancton se fait rare,

tures réalisées sous ces dispositifs artificiels de concentration de poissons

aucune caractéristique particulière

ils doivent passer plus de temps à se

(DCP) par cette flotille atteignent un million de tonnes par an, ce qui représen-

permettant d’expliquer une telle

nourrir et demeurent alors en surfa-

te un tiers des thons pêchés chaque année en zone intertropicale. Un bilan com-

concentration de thons. Cette ques-

ce pendant le jour. De plus, les condi-

paratif dans les trois océans laisse apparaître que les senneurs effectuent l’es-

tion a été à l’origine du programme

tions hydrologiques particulières à

sentiel de leurs captures sous DCP dans la ceinture équatoriale (entre 15° Nord

Picolo, mené par l’IRD en partenariat

cette région contribuent à une

et 15° Sud) et que les prises les plus importantes se situent à l’ouest du

Contact

avec le Centre de recherches océano-

concentration de ce plancton présent

Pacifique. Cette pêche concerne essentiellement le listao, espèce majoritaire

Francis.Marsac@mpl.ird.fr

logiques d’Abidjan et des chercheurs

en faible quantité, qui attire de nom-

dans les captures (63 %), mais aussi les patudos et les albacores de petite taille.

du CNRS et de l’Ifremer. Ces

breux bancs de Vinciguerria, et par là

L’expansion récente de cette technique performante, qui a profondément modi-

recherches ont permis de mettre en

même, de thons.



fié la pêche industrielle thonière,

évidence le rôle joué par les ondes

pourrait à terme poser de sérieux

d’instabilité tropicales sur l’enrichis-

Contact

sement biologique (production pri-

marchal@ird.fr

pêche de certains thons (le patudo

«

La pêche thonière sous objets flottants fixes ou dérivants (bouées, branches,
troncs d’arbre, etc.) autour desquels les poissons pélagiques tendent natu-

problèmes, liés notamment à la surpar exemple), aux captures de juvé-

comment ces ondes, actives pendant

niles et d’espèces non recherchées

l’été boréal (juin-août) seulement,

par les senneurs, ou encore aux

peuvent-elles avoir un impact sur la

modifications induites par les DCP

pêche thonière dont la saison ne com-

dérivants sur certaines caractéris-

mence que quelques mois après? La

tiques biologiques (migration, crois-

réponse est, semble-t-il, apportée par

sance, etc.) des thons. De ce fait, les
Photo A. Bertrand © IRD

maire) de cette région. Cependant,

un petit poisson, Vinciguerria nimbaria, proie préférée des thons de la
région, dont les larves et les juvéniles
profitent de cet enrichissement pendant l’été boréal. Quelques mois plus

potentielle pour les thons. Et là réside l’originalité de la zone : habituellement, pendant la journée, ce poisson
plonge à des profondeurs peu fré-

Photo P. Cayré © IRD

tard, devenus adultes, ils forment un
stock très important de nourriture

Recherches

u terme de quatre
années de recherches

Les thons tropicaux ne sont pas seulement exploités par les senneurs et
les palangriers industriels, mais également par des pêcheries artisanales
côtières. Particulièrement dynamiques et très anciennes dans l’océan
Indien, ces pêches artisanales constituent aujourd’hui un élément souvent important pour le développement économique et social de plusieurs pays insulaires ou côtiers,
notamment Oman, les Maldives ou
encore les Comores. Ce sont près de
100 000 tonnes par an qui sont ainsi
pêchées aux Maldives. Les pêcheurs
comoriens, pour leur part, débarquent 13 000 tonnes de thons par an
dont 80 % pêchés autour de DCP.
Avec plus de 4 000 embarcations, ce
secteur génère 12 000 emplois
directs et indirects. On estime à
500 000 tonnes au total les prises
réalisées chaque année par la pêche
artisanale dans l’océan Indien.


Photo P. Cayré © IRD

ilets

La pêche
thonière
artisanale

DCP ancré utilisé essentiellement par la pêche
artisanale. Les thoniers
industriels n’utilisent que des
dispositifs dérivants, très
souvent équipés d’émetteurs.

scientifiques, les commissions thonières internationales et les pêcheurs
eux-mêmes s’accordent aujourd’hui
sur l’urgente nécessité de limiter
l’usage de cette technique de pêche à
un niveau biologiquement raison-



nable. »

Contact
Alain.Fonteneau@mpl.ird.fr

«Faux poissons»
Cette expression désigne les poissons
refusés par les conserveries parce
qu’ils ne répondent pas à leurs
normes (thons de petite taille, abîmés ou mal conservés, espèces
autres que les thonidés...). Loin
d’être mineures, les captures de faux
poissons peuvent occuper une place
très importante dans l’économie
locale, ainsi que vient de le montrer
une étude conduite à Abidjan, premier port thonier de l’Atlantique.
Depuis une dizaine d’années, les
prises de faux poissons ont enregistré, dans ce port, un essor spectaculaire (les tonnages ont doublé), dû à
l’utilisation massive de DCP et à une
forte demande de la part d’une
population dont les besoins en protéine animale bon marché sont croissants. Lucrative et dynamique, cette
filière se caractérise par un circuit de
commercialisation fortement hiérarchisé et structuré, pour la première
fois étudié à Abidjan.


Contact
romagny@ird.ci, menard@ird.fr

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000


10

La division de la population des
Nations Unies a rộcemment lancộ
une initiative visant sassurer que
tous les centres dộtudes dộmographiques travers le monde auront
accốs Internet avant la fin de lan
2001. En effet, laccốs Internet et la
maợtrise de cet outil, tant du point de
vue technique quinstitutionnel,
constituent un dộfi important pour
les communautộs scientifiques, surtout dans les pays en dộveloppement. Les bộnộfices de cet outil peuvent ờtre immenses car il permet laccốs aux donnộes, la communication,
la collaboration et la diffusion des
rộsultats de la recherche de maniốre
ộconomique, sỷre et rapide.
Les obstacles laccốs Internet
sont, a priori, de nature diffộrente en
fonction des pays et des types dinstitution. Il peut sagir de difficultộs au
niveau de linfrastructure, de lộquipement informatique, de la disponibilitộ du logiciel, des connaissances
techniques, de la motivation ou de
limitations dordre politique.
Lexistence de six centres de recherche
sur la population en Afrique de
lOuest (UERD du Burkina Faso,
Ceforp du Bộnin, Iford du Cameroun,
Ensea de Cụte dIvoire, URD du Togo
et Cerpod du Mali) unis par lusage du
franỗais et par des thộmatiques scientifiques proches, les a dộsignộs pour
servir de rộseau pilote dans le cadre
de ce projet. Latelier ô Internet et la
dộmographie ằ qui sest tenu
Ouagadougou du 18 au 20 octobre
1999, a rộuni deux membres de chacun de ces centres de recherche, des
chercheurs de lIRD, du Ceped, des
responsables du programme population des Nations Unies et du Fnuap. Il
avait pour objectif de prộsenter aux
participants les diffộrentes ressources
accessibles sur Internet (moteurs de
recherche, sites particuliốrement
utiles, production de documents en
htlm, etc.). Il a ộgalement permis de
mesurer le coỷt dInternet, dộvaluer
les difficultộs liộes la crộation dun
site, tant en charge de travail quen
contraintes matộrielles, didentifier les
obstacles qui peuvent exister (mesure
de protection contre les virus par ex.).
Cet atelier a permis de dộfinir non
seulement le cadre technique de ce
rộseau, mais ộgalement les premiers
fondements de son fonctionnement :
forum de discussion, mise jour des
logiciels et des
informations,
etc. Les participants devraient
faire le point sur
son organisation
et son fonctionnement dans un
proche avenir.
Lambition ộtant
de
permettre
une mise jour constante de ce
rộseau, tant du point de vue technique que sur lanimation et le contenu.
La prochaine rộunion est prộvue en
mars 2000.


S c i e n c e s

d e

l ộ d u c a t i o n

Projet pilote
en Thaùlande
Luniversitộ de Chiang Mai ne compte actuellement aucun centre
permanent de recherche. Le projet privilộgiera une dộmarche
progressive et pragmatique, partir dateliers de formation.
compộtences scientifiques, mais
ộgalement un savoir-faire en matiốre de soutien et de suivi de projet.
La crộation dun centre de recherche au sein de luniversitộ de
Chiang Mai apparaợt comme un
projet novateur dans une universitộ
qui ne compte actuellement aucun
centre permanent de recherche. Il
marque ainsi une volontộ dexplorer
de nouvelles problộmatiques autour
des sciences de lộducation, en prenant en compte les dimensions ộconomiques de lemploi, les qualifications, le marchộ du travail et la
question de lidentitộ, dans le cadre
des transformations sociales et culturelles que connaợt le pays.

Une dynamique
impulsộe par cinq
ateliers
n partenariat avec
lIRD et des universitộs australiennes,
luniversitộ de Chiang
Mai en Thaùlande veut crộer, dans
un proche avenir, un centre de
recherche sur lộducation et le tra-

vail (Center for Education and
Labour Studies). Ce projet mộrite
lattention de lIRD car il se fonde
la fois sur une dộmarche pragmatique et progressive, et parce quil
sappuie sur un partenariat auquel
il est demandộ non seulement des

Plutụt que de crộer un centre de
recherche de toutes piốces, luniversitộ a choisi de privilộgier une
dộmarche progressive et pragmatique. Cest partir dateliers de
formation que doit se construire la
dynamique du futur centre. Ces
ateliers rộpondent plusieurs
objectifs. Le premier est de dispen-

F o n d a t i o n
i n t e r n a t i o n a l e
p o u r
l a
s c i e n c e

Photo A. Rival â IRD

Formations

La recherche
dộmographique
sur Internet

Dộtecter de bons chercheurs
laube de leur carriốre
Pour un scientifique nouvellement diplụmộ dun pays en voie de
dộveloppement, un petit coup de pouce pour dộmarrer sa carriốre dans son
propre pays est souvent bienvenu. Cest lobjectif que sest assignộ la FIS.

Contact
Armindo Miranda, International
Adviser Population Programmes and
Projects
Mirandaa@un.org

Glossaire
Ceforp : Centre de formation et de
recherche en population
UERD : Unitộ denseignement et de
recherche en dộmographie
Iford : Institut de formation en
recherche dộmographique
Ensea : Ecole nationale supộrieure de
statistiques et dộconomie
URD : Unitộ de recherche dộmographique
Cerpod : Centre dộtudes et de
recherches sur la population pour le
dộveloppement
Ceped : Centre dộtudes pour la population et le dộveloppement
Fnuap : Fonds des Nations unies pour
la population

a FIS est une organisation indộpendante
non gouvernementale, basộe Stockholm, qui accorde un soutien
financier de jeunes chercheurs.
Cette aide est ciblộe sur des
recherches portant sur lutilisation
et la conservation des ressources
biologiques : ressources aquatiques, productions animales et
vộgộtales, foresterie et agroforesterie, sciences agroalimentaires et
substances naturelles. Les critốres dattribution des bourses
sont liộs la formation du candidat, ses compộtences, la qualitộ et faisabilitộ du projet dans lenvironnement scientifique et matộ-

Sciences au Sud - Le journal de lIRD - n 3 - janvier/fộvrier 2000

riel local, ainsi qu sa pertinence
pour le pays ou la rộgion.
Lefficacitộ de la Fis repose largement sur le sộrieux et lengagement de nombreux scientifiques, du
Nord et du Sud, qui consacrent du
temps la sộlection des candidats
au sein des six comitộs scientifiques thộmatiques. Gộrard Fabre,
chercheur en phytopathologie
lIRD, prộcise le travail du comitộ
des conseillers scientifiques ô Crop
science ằ dont il est membre :
ô Le comitộ regroupe six chercheurs
dont les compộtences couvrent l'ensemble du champ disciplinaire Crop
science : de lagronomie la biotechnologie, en passant par la phytopathologie et les symbioses, les

ravageurs des cultures, la gộnộtique
et l'amộlioration variộtale.
ô Ce comitộ examine entre 160 et
200 demandes par an raison de
deux rộunions annuelles. Chaque
conseiller reỗoit la totalitộ des dossiers et prộpare un rapport complet
sur ceux qui relốvent de son champ
d'expertise (10 20) et un rapport
plus succinct pour les autres.
Chaque dossier est ộgalement ộvaluộ par deux ou trois experts extộrieurs choisis par le comitộ.
ô Le comitộ organise la sộlection
des dossiers quil classe en quatre
catộgories : les dossiers recommandộs, les dossiers recommandộs
sous conditions, les dossiers auxquels un complộment est demandộ

ser une connaissance de la littộrature sur les questions principales
dộducation et de travail aux enseignants chercheurs susceptibles de
simpliquer terme dans le centre.
Cinq ateliers sont prộvus pour lan
2000 sur les sujets suivants : les
stratộgies familiales face lộducation, citoyennetộ et politiques
nationales dộducation, ressources
humaines et compộtences, rụle de
lart dans la construction de la
citoyennetộ, lộducation et la croissance ộconomique.
Ces ateliers vont ộgalement permettre didentifier et de cerner les
problộmatiques de recherche qui
formeront lossature scientifique
du centre. Les programmes de
recherche devront ờtre en phase
avec les prộoccupations de la
Facultộ et avec les dộbats nationaux sur ces sujets. Ces ateliers
vont ộgalement permettre de
constituer le premier fonds documentaire dun centre de ressources. Les intervenants se sont
en effet engagộs nourrir ce fonds
avec les documents exploitộs lors
des ateliers et encourager la
politique de publication du centre
autour dune revue ô maison ằ
Education and Society Journal, en
publiant les confộrences prộsentộes lors des ateliers.
Les universitộs de Sidney et du
Queensland (Australie), ainsi que
lIRD, ont ộtộ sollicitộs pour participer ce projet. Leur apport
consistera non seulement dispenser des formations et animer
les ateliers, mais ộgalement
assurer un suivi en temps rộel des
difficultộs, des impasses et des
rộussites de ce projet. Les partenaires sont plus que des partenaires scientifiques, ils sont ộgalement conseillers en matiốre de formation et de recherche, doự le
choix de ce projet comme opộration pilote par le Dộpartement
soutien et formation de lIRD.


Contact
Alain Mounier :
mounier@paris.ird.fr

et les dossiers rejetộs. Les catộgories intermộdiaires tộmoignent de
limportance accordộe par la FIS
une ộvaluation conseil pour les
candidats dont le dossier prộsente
des faiblesses. Le comitộ propose
une sộlection au comitộ scientifique des bourses qui prend les
dộcisions finales.
ô Le travail dộvaluation du comitộ
scientifique thộmatique se fonde
la fois sur les rapports dexperts,
lavis du rapporteur et celui de
chaque membre. Il permet une
grande souplesse dans lapplication des critốres dộvaluation.
Ceux-ci prennent en compte la
situation propre de chaque demandeur. Le sộrieux de la sộlection
valorise le travail de ce comitộ qui
a ainsi la satisfaction davoir identifiộ, chaque session, une vingtaine de bons chercheurs laube
de leur carriốre. ằ


En savoir plus
La FIS Grev Turegatan 19
SE 114 38 Stockholm Suốde
Tộl. : (46) 8 545 818 00
Fax : (46) 8 545 818 01

Contact
info@ifs.se

http://www.ifs.se


de pilotage, dans un rayon de

support

500 m, mettent ce petit paramo-

aérien pour la télé-

teur radiocommandé à la portée

détection

d’un large public.

Pixy permet d’embarquer
plusieurs capteurs :
appareil de photo
classique
ou numérique,
caméra vidéo…

chée, conçu par l’IRD, et né d’une

Le drone Pixy un nouvel outil. Il

coopération avec l’Ensica et ABS

devrait être très utile pour les

Aérolight. Il existe de nombreuses

recherches en télédétection en

variétés de drones. Pixy, lui, se

agronomie, géologie, pédologie,

distingue par un vol très lent

hydrologie, géographie… D’autres

veillance de zones exposées à dif-

15 km à 30 km/h. Premier avanta-

domaines d’application sont prévi-

férents risques de pollution.

ge : il prend des images aériennes

sibles comme l’archéologie pour le

Pixy qui allie robustesse et coût

de grande définition et à très basse

repérage de sites, la protection

réduit, ne pèse que 6 kg et se

Contact

altitude. Deuxième avantage : des

civile, le suivi de phénomènes

transporte dans un coffret pas plus

Jean Asseline :

risques réduits et une simplicité

comme les inondations ou la sur-

grand qu’une valise.

Jean.Asseline@mpl.ird.fr

Plus de parasites dans la
banane
p a r t e n a r i a l e

Un droit d’entrée sur
la scène mondiale
Le multipartenariat représente une chance pour les transferts
aux pays en voie de développement.
a mise au point de

des connaissances que des profits.

données et les compétences recon-

les pays en voie de développement

produits nouveaux à

Les pays pauvres et d’économie pré-

nues est au cœur des laboratoires

ne peuvent ignorer. Il devient plus

partir de résultats de

caire sont accompagnés de struc-

et représente actuellement près

facile de faire partager les résultats,

la recherche deman-

tures de recherche financées au

de 90 % de l’activité des struc-

y compris dans les secteurs peu sol-

de des investissements considé-

niveau international dont la mission

tures de valorisation.

vables, lorsque que les investisse-

rables. Entre le coût de la recher-

est de les aider à subvenir à leurs

C’est une occasion que les orga-

ments financiers et les sources d’in-

che et le coût du développement

besoins en mettant en place les

nismes dédiés à la recherche pour

formation sont diversifiés.

pour mettre le produit sur le mar-

mesures et les produits nécessaires.

ché, un facteur 10 existe. Il peut

Ces pays qui conservent les plus

atteindre 100 quand il concerne les

grandes richesses minières et de

produits destinés à la consomma-

biodiversité (les pays industrialisés

tion humaine (médicament, ali-

les ayant épuisées), détiennent,

ments…) qui doivent répondre à

seuls ou en collaboration avec les

des normes nationales et internatio-

structures

nales de mise sur le marché. Pour

sommes énormes de données et d’in-

faire face à ces contraintes finan-

formation bénéfiques à tous. Ils

cières, les industriels ont pris l’ha-

devraient bénéficier d’un droit d’en-

bitude de mettre en place des sys-

trée dans les systèmes de partage.

tèmes d’alliance afin de partager les

Pourtant, il reste inhabituel qu’un

risques dus aux investissements.

industriel accepte de financer seul

Il n’est pas rare de voir un leader

les dépenses de recherche-dévelop-

du marché se rapprocher d’un

pement d’un résultat de laboratoire

ancien concurrent, sur un secteur

et accepte d’en faire bénéficier les

de l’économie définie, pour parta-

pays en voie de développement.

ger non seulement les investisse-

Un nouveau facteur intervient

ments financiers mais également

aujourd’hui : le transfert linéaire

les acquis scientifiques et tech-

d’une recherche publique à une

niques. Les entreprises s’accor-

recherche privée pour aboutir à un

dent dans un réseau mondial d’al-

nouveau produit sur le marché est

Glossaire

liance qui les rendent finalement

devenue l’exception. Au contraire,

GIS : groupement d’intérêt scientifique

plus réceptives aux partages tant

la recherche partenariale sur les

des

Génoplante
La France vient de mettre en place le réseau « Génoplante » dont l’objectif est
une connaissance approfondie du génome des plantes cultivées afin d’ouvrir
de nouvelles voies pour les filières agricoles et agro-industrielles. Ce réseau
rassemble les meilleures compétences de la recherche publique (Cirad/
CNRS/Inra/IRD) et de la recherche privée (Biogemma, Bioplante, RhônePoulenc). Les plantes modèles sont l’Arabidopsis pour les dicotylédones et le
riz pour les monocotylédones. La présence
du Cirad et de l’IRD
dans ce dispositif est
due à leurs compétences dans le domaine
du riz : compétences
qu’ils ont acquises en
multipartenariat
au
bénéfice des pays en
voie de développement
et dont les intérêts sont
préservés dans le
contrat constitutif du
GIS « Génoplante ».

Photo J. P. Montoroi © IRD

transnationales,



Photo T. Mateille

P a y s
p a u v r e s
e t
r e c h e r c h e



* Voir l’explication des conventions Cifre
dans Sciences au Sud n° 2, page 11.

Effets d’un Radopholus
similis in vitro.
Le laboratoire de nématologie de
l'IRD à la Martinique travaille actuellement sur une méthode de mise en
jachère et de réhabilitation des
anciennes bananeraies infestées par
les nématodes*. Ces travaux menés
en collaboration avec le Cirad-FLHOR
visent à réduire l'utilisation de nématicides après replantations.
Les premiers résultats montrent déjà
une considérable amélioration : un an
après replantation à l'aide de plants
issus de culture in vitro, le nombre de
bananiers infestés par Radopholus
similis, le nématode parasite le plus
dangereux en culture bananière, est
réduit de 65 % en appliquant cette
nouvelle méthodologie de mise en
jachère, comparativement aux pratiques habituelles. Cette méthode
d'éradication de Radopholus similis
par une mise en jachère contrôlée des
bananeraies infestées devrait ainsi
permettre de retarder, voire de supprimer les premières applications de
nématicides après replantation. Cette
opération de recherche, en collaboration avec le Cirad, est à replacer dans
le cadre de la programmation scientifique commune du futur Pôle de
recherche agronomique à la Martinique (Pram).


Glossaire
Nématodes : sortes de vers microscopiques du sol.

Photo T. Mateille © IRD

rappro-

Photo J. Asseline © IRD

e drone Pixy est un
nouveau

L’ANRT a donné son accord pour
une convention Cifre* au laboratoire
Pierre Fabre. Cette subvention est
octroyée à l’embauche d’une « thésarde ». Celle-ci poursuivra une thèse
sur l’étude pharmacochimique d’invertébrés marins. Dans le cadre de la
convention passée entre le laboratoire Pierre Fabre et l’IRD, cette jeune
chercheuse travaillera sous la direction de Cécile Debitus (docteur èssciences, chargée de recherche à
l’IRD et qui a effectué de nombreux
travaux sur les substances marines du
Pacifique).


Panicule de riz.

Nématode pénétrant une
racine de bananier.

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000

Valorisation

Pixy : modeste
mais indiscret

Triangle Cifre
au laboratoire
Fabre

Photo PP. Laboute © IRD

Photo J. Asseline © IRD

T é l é d é t e c t i o n
r a p p r o c h é e

11


Planète IRD

Montpellier et
les visiteurs

12

La population du centre
IRD de Montpellier varie
du simple au double du
fait des visiteurs et des
stagiaires accueillis dans
ses laboratoires. Une base
de données répertorie
l’historique de toutes ces
visites et permet de dégager quelques tendances
sur ce phénomène.
Les visiteurs, s’ils ne passent que
quelques heures dans les murs,
témoignent de l’intérêt des partenaires pour l’institut. Ces visites sont
organisées en relation avec la direction du centre, la direction des relations internationales de l’institut, le
ministère des Affaires étrangères et
Agropolis.
Afin de cerner les centres d’intérêt
des visiteurs et d’en repérer l’évolution qualitative et quantitative, le
secrétariat aux relations extérieures
et à la communication du centre a
mis en place, depuis 1995, une base
de données riche à ce jour de 1985
visiteurs.
Sur plusieurs années, étudiants,
chercheurs étrangers et organisations internationales représentent
ensemble plus de la moitié des
visites. Ceux-ci viennent surtout
d’Afrique, du Moyen-Orient et
d’Europe, France principalement.
Mais les années peuvent avoir une
« coloration » géographique particulière : en 1996, l’Asie-Pacifique
représentait presque 17 % des
visites, tandis qu’en 1998, le continent américain (nord, sud et centre)
égalait en affluence l’Afrique (autour
de 13 %). Certaines années, comme
1997, sont marquées par les grandes
réunions institutionnelles : journées
des nouveaux recrutés (janvier) et
des représentants (septembre).
Le relevé montre les nombreux liens
avec les universités et les gouvernants de nos partenaires du Sud. Le
Languedoc-Roussillon est représenté
par des institutionnels, des indus●
triels et des scolaires.

Contact
Marie-Christine Boulé,
M-Christine.Boule@mpl.ird.fr

http://www.mpl.ird.fr

U n

l a b o r a t o i r e

à

B o n d y

Des cartes
pour mieux comprendre
Le laboratoire de cartographie appliquée a entrepris
de créer à Bondy un centre de ressources et
de capitalisation de l'information géographique.

F

inies la couche à tracer et les
délicates opérations de photogravure argentiques. Les
techniques de la géographie moderne ont conduit le laboratoire de cartographie dans l’ère du tout numérique. Issu de l’ancienne unité cartographique des éditions de l’Orstom,
ses missions ont été sensiblement
élargies en 1995.
Trois objectifs étaient recherchés :
moderniser la qualité acquise en édition cartographique ; développer une
capacité de production multimédia sur
CD-Rom et sur Internet ; créer au sein
de l’institut un même lieu de capitalisation de l’information géographique
et des savoir-faire numériques.
Parallèlement, le laboratoire assure
des fonctions de veille technologique,
ainsi qu’un soutien à des développements logiciels spécialisés en cartomatique (Cabral 1500) et SIG (Savane).

s’adapter à l’inévitable diversité des
projets. L’évolution a été conduite en
veillant à maintenir la meilleure qualité d’édition, et à la transposer sur
supports multimédia ; un serveur
Web présente depuis un an des
extraits des produits réalisés.
L’équipe comprend actuellement une
dizaine de techniciens et ingénieurs
permanents, et accueille pour la
durée d’un projet quatre à cinq chercheurs et ingénieurs des UR (unités
de recherche). Elle accueille également chaque année une quinzaine
de stagiaires de l’institut et de ses
partenaires du Sud, chercheurs, techniciens, étudiants, pour quelques
semaines à quelques mois, souvent à

La capacité d’édition a été développée, en partant des bases de données sous SIG les plus diverses réalisées par les équipes et leurs partenaires. L’effort a donc porté sur la
maîtrise des transformations de formats de fichiers, essentielle pour

Miruram (Milieu rural et aménagement, A. Beaudou, H. Lemartret)
est une réalisation multimédia à forte composante cartographique
sur l'Indonésie et le Viêtnam, accessible par le serveur du
laboratoire (http://www.bondy.ird.fr/carto, rubrique « cartographie
multimédia »).

Total annuel des visites
sur 5 ans. En moyenne,
377 visiteurs par an passent
à l’IRD de Montpellier.

Le laboratoire était présent au Festival international de
géographie de Saint Dié des Vosges, 1 - 3 octobre 1999.
l’occasion de l’appui à un projet de
recherche. Ces formations « à la
carte » représentent environ le tiers
des activités du laboratoire.

Informatisation des
14 000 références
L’autre volet important du projet
concerne la capitalisation de l’information géographique de l’institut et
sa valorisation. La vente de cartes
scannées sur CD-Rom par un distributeur privé a été initiée récemment.
Surtout,
l’informatisation
des
14 000 références de la cartothèque
est en cours, qui s’inscrit dans le projet
d’Infothèque des sciences du Sud de la
DIC. Elle permettra, dès le printemps
2000, de consulter sur le Web la partie thématique du fonds (un tiers des
titres environ). La consultation en ligne
des documents eux-mêmes est envisagée en basse résolution, ainsi que le
recensement des très nombreuses
photographies aériennes acquises par
l’institut depuis des décennies, devenues une référence historique indispensable pour de nombreuses études
environnementales.
Les synergies recherchées entre l’édition, la capitalisation documentaire

et la recherche ont ainsi conduit à
évoluer vers un centre de ressources
dédié à un ensemble d’outils et de
méthodes souvent jugés stratégiques
pour nombre des thèmes de
recherche de l’IRD.


Un peu de
technique…
Le laboratoire a choisi une configuration informatique hétérogène
pour pouvoir répondre à la diversité des projets. Il dispose de cinq
stations de travail sous Windows
NT, de deux Sparc-Station Sun et
d’une dizaine de Macintosh, ainsi
que d’un traceur A0 et de deux
scanners. Les principaux logiciels
utilisés incluent Microstation et
Adobe Illustrator pour les éditeurs
graphiques, ArcInfo, ArcView,
MapInfo et Savane dans le domaine des SIG, Adobe Photoshop et
Microstation Descartes pour l’imagerie Raster.


http://www.bondy.ird.
fr/carto

Pierre Peltre
géographe

Le laboratoire intervient
‘‘
très en amont des projets
’’

Origine géographique des
visiteurs en 1999.

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000

La demande de formation et d’appui en amont des projets est parfois aussi
forte, voire plus, que la demande d’édition. Elle permet aussi d’intervenir dès
le début des projets, ce qui est un gage certain de qualité à l’arrivée. »



L’Alis au mouillage dans la baie
des Vierges aux Îles Marquises.

Les travaux
sur les
trypanosomiases
à l’honneur

Photo P. Laboute © IRD

Le navire océanographique Alis mène de nombreuses campagnes aux antipodes.
Tantôt aux îles Marquises, tantôt à Fidji ou en Papouasie Nouvelle Guinée.
Il enchaîne les missions dans des domaines aussi variés
que la climatologie ou la biologie marine.
vec 230 jours de mer en

A

il est aussi adapté aux opérations de

1999, l’Alis frôle cette

mouillage de bouées pour les équipes

année encore les records

d’océanographie physique qu’aux

de sorties. Stationné en Nouvelle-

prélèvements d’échantillons biolo-

Calédonie, ce monocoque en acier

giques. Pour l’analyse et le condition-

bâti en 1987 est très sollicité pour

nement des échantillons, ainsi que

tous les travaux de recherche dans le

pour le traitement des données, il dis-

Pacifique Sud. Il faut dire que sa

pose de deux laboratoires. Un labora-

conception

plus

toire humide, communiquant directe-

conventionnelles ne prête pas le flanc

ment avec le pont arrière où sont

aux avaries. Propulsé par un moteur

remontés les prélèvements, et un

technique

des

de 800 chevaux, il peut accomplir de

laboratoire sec situé près de la partie

longues traversées ou procéder à des

Côté vie à bord, il offre un hébergement confortable avec des cabines
individuelles et collectives aux 6 scientifiques qui peuvent embarquer à
chaque campagne et aux 12 membres
d’équipage qui pourvoient à son fonctionnement.
Les campagnes de l’année qui vient
de s’achever l'ont mené à Fidji, près
des îles
Loyautés
et sur

13

la ride de Norfolk, non loin de la
Nouvelle-Zélande. Il a également
participé à des opérations internationales, comme la campagne SMV3
qui visait à découvrir de nouvelles
substances d’intérêt thérapeutique
dans la faune du lagon de
Vanuatu, en collaboration
avec des laboratoires européens et australiens. ●

Les jeunes du
club étudient les
champignons
mexicains

habitation du navire.

chalutages en eaux profondes. Équi-

Lors de sa toute dernière campagne,

pé d’un portique et de solides treuils,

Westpalis 1, en octobre dernier, l’Alis
© IRD

a démontré ses capacités de navire
océanographique hauturier. Il a
notamment permis aux chercheurs
d’intervenir directement sur des
Photo P. Laboute © IRD

bouées du réseau TAO, mouillées à
proximité de l’Équateur, soit à plus de
2 000 km des côtes calédoniennes. À
cette occasion, les scientifiques ont
pu apprécier sa manœuvrabilité qui
autorise des travaux directement

Fiche
technique

depuis le pont arrière sans avoir à
L’Alis après la tornade,
au large de la NouvelleCalédonie.

mettre à l’eau d’annexe, comme c’est

Longueur : 28,40 m.
Largeur : 7,60 m.
Tirant d’eau : 3,55 m.
Vitesse de croisière : 10 nœuds
Moteur : 800 cv.
Hélice : 4 pales orientables
Moteur d’étrave : 55 cv.
Groupe hydraulique :
260 cv./ 30 bars


le cas avec de plus grosses unités.

Du satellite
à l’intranet
Précurseur dans l’utilisation des images satellites,
l’IRD s’est doté depuis 1996 d’une base de données
spécifique stockant toutes ces informations.
Cet outil, exploité conjointement avec les autres partenaires*
de la Maison de la télédétection, vise à rendre les images
plus accessibles pour les équipes de recherche
et donc à en optimiser l’utilisation.

Q

ui aurait pu penser en
1973, à l’époque où l’institut a commencé d’acquérir
des images satellites, qu’il faudrait un
jour en gérer et en exploiter plus de
25 gigaoctets ? C’est pourtant le
volume d’informations qui est actuellement stocké dans la base de données dédiée à ces images à la Maison
de la télédétection. Issues des satellites Landsat américain et Spot fran-

çais, ces images de la zone intertropicale ont une résolution au sol de
1 mètre à 1 kilomètre et sont prises
au radar, afin de passer à travers le
couvert nuageux. Initialement, elles
étaient enregistrées sur des bandes
magnétiques, ce qui rendait la
consultation fastidieuse et la conservation hasardeuse. Les images ont
donc été transférées sur le disque dur
de stations de travail, puis sauvegar-

Le premier club de jeunes
implanté par l’IRD au Mexique
devrait fonctionner dès ce début
d’année 2000.
Créé conjointement avec le Museo
de Historia Natural de Mexico et
l’Asociacion Juvenil de Divulgadores
de la Ciencia, ce club vise à associer
des jeunes aux travaux scientifiques
de l’IRD dans le pays.
Onze étudiants, de 17 à 23 ans, ont
d’ores et déjà choisi de travailler sur la
production de champignons comestibles cultivés sur de la bagasse de
canne à sucre. Ce projet s’inscrit
directement dans les thèmes d'étude
devéloppés par l’IRD au Mexique, en
particulier avec l’Université autonome
métropolitaine.
Ce type de projet appliqué, proche
des préoccupations des jeunes, présente un double interêt : il offre aux
agriculteurs mexicains une possibilité
pour diversifier leurs productions et
donc d’améliorer leur niveau de vie,
et il permet d’utiliser des déchets
agricoles qui sont actuellement brûlés et qui participent donc à la contamination ambiantale.
Le chercheur senior qui a accepté de
superviser les travaux est le Dr. Daniel
Martinez Carrera, partenaire de
longue date de l’Orstom, puis de
l’IRD, et actuellement chercheur au
Colegio de Postgraduados, antenne
de Puebla.


Lauréate
colombienne
Vue satellite de l’embouchure de l’Amazone,
le 17 mars 1998.
dées sur CD-Rom. Elles en requièrent

sur l’intranet de l’institut. Leur utilisa-

maintenant près de quatre-vingts.

tion pour des travaux de recherche par

Afin de faciliter la consultation des
images, on a créé des prévisualisations
des clichés affichables simplement et
appelées les « quicklook ». Pour améliorer la convivialité et l’accessibilité

des scientifiques de l’IRD ou leur partenaires est libre de droits.



* Cirad, Cemagref, Engref, Inra, Ensam.

aux 2 500 images de la base, celles-ci

Contact

sont consultables en réseau à la

David Engheta :

Maison de la télédétection et bientôt

engheta@teledetection.fr

Planète IRD

L’Alis, voyageur infatigable

Deux chercheurs de l’IRD
viennent d’être distingués pour leurs
travaux de recherche dans le domaine de la lutte contre les trypanosomiases. Albert Challier, directeur de
recherche actuellement à la retraite,
est entomologiste. Jean-Louis Frézil,
également directeur de recherche,
est responsable du laboratoire d’épidémiologie des maladies à vecteurs
au centre IRD de Montpellier. En
reconnaissance du rôle actif qu’ils
ont joué dans la recherche pour le
contrôle de ces maladies susceptibles
de toucher des millions de personnes
dans 37 pays africains, ils ont reçu la
médaille d’argent frappée à l’occasion du 50e anniversaire du Conseil
scientifique
international
de
recherche sur les trypanosomiases et
leur contrôle (ISCTRC), organisme
dépendant de l’OUA (Organisation
de l’unité africaine).


Silvia Restrepo, allocataire
colombienne de l’IRD, lauréate 1999
du concours Prix Christiane Doré, a
obtenu la mention très honorable et
les félicitations écrites du jury pour sa
thèse soutenue à l’université Paris VI
Jussieu, sur le thème « Étude de la
variabilité des populations de Xanthomonas axonopodis pv. manihotis
en Colombie ».
Les travaux de recherche se sont
déroulés dans le laboratoire de biotechnologie du Ciat (Centre international d’agriculture tropicale) à Cali,
Colombie et dans le cadre du programme IRD-Ciat sur l’étude de la
bactériose vasculaire du manioc dirigé par Valérie Verdier.


Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000


Image
numộrique
et science

Ressources

Une journộe dinformation sur
le thốme ô Image scientifique : de largentique au numộrique ằ a rộuni une
centaine de participants le 17 novembre dernier. Cette manifestation
entendait rộpondre aux multiples
demandes de conseils adressộes la
banque dimages de lIRD (Indigo) par
les scientifiques de plus en plus nombreux sộquiper en numộrique.
Plusieurs spộcialistes ont rapportộ leur
tộmoignage quant lộvolution technologique en cours et ont prodiguộ
dutiles suggestions. Bernard Hidoine,
chercheur lInria*, a ộvoquộ quelques critốres de choix dans lộquipement. Il en ressort que lappareil
photo numộrique nest pas encore au
sommet de ses capacitộs. Franỗois
Hebel, directeur de lagence photo
Magnum, sappuyant sur son expộrience, a insistộ sur lexigence de qualitộ qui doit ờtre associộe la numộrisation des clichộs. Bertrand Lavedrine,
quant lui, a ộvoquộ en tant que
directeur du centre de recherche sur
la conservation des documents graphiques, les dộgradations des CD-Rom
sur lesquels sont bien souvent stockộes les images. Une normalisation
est en cours et le numộrique est nộanmoins dộj utilisộ de faỗon trốs probante comme en ont tộmoignộ des
chercheurs. Deux exemples de cet
usage ont ộtộ commentộs par Luc
Cambrezy (IRD) et ẫric Larquet
(Institut Pasteur). De la prise de vue
aộrienne liộe la cartographie, la
mise au point dộquipements adaptộs
la microscopie, le numộrique offre l
de rộels avantages.
Des notions sur les droits limage
ont ộgalement ộtộ apportộes par
Mary-Anne Ferry-Fall, juriste la
Scam*. La dộontologie, les nouvelles
contraintes et les perspectives des
bases dimages scientifiques ont ộtộ
abordộes par Claude Delaire, du
laboratoire photo de linstitut
Pasteur, Claire Lissalde, responsable
de la Base Indigo (IRD) et Daniel
Hennemand, consultant multimộdia.
Les actes de cette journộe, organisộe
par lIRD et lInstitut Pasteur, seront
prochainement publiộs. Vous pouvez
envoyer vos questions et tộmoignages ladresse suivante :
image.scientifique@paris.ird.fr

14

*Inria : Institut national de recherche
en informatique et automatisation
Scam : Sociộtộ civile des auteurs multimộdia.


Vient de paraợtre
Les serpents dAfrique occidentale et centrale
Cet ouvrage met la disposition
du naturaliste, professionnel comme amateur, linformation la plus
complốte, partir des ộtudes les
plus rộcentes, sur les serpents rencontrộs de la Mauritanie jusquau
Tchad et au Congo. Il ộvoque ộgalement les morsures, leurs pathologies et leurs traitements.

Photo â D. Heuclin

Jean Philippe Chippaux. IRD ộditions, 1999 - 278 pages 170 F.

Cobra cracheur (Naja
Nigrocollis).

P u b l i c a t i o n s
La Coopộration scientifique et
technique avec les pays du Sud.
Peut-on partager la science ?

ẫvaluer la prộvention de linfection par le VIH en France
Synthốse des donnộes quantitatives (1994-1999) 1999 143 p.
gratuit.
Lintroduction des nouvelles combinaisons thộrapeutiques en 1996 a profondộment modifiộ le visage de l'infection VIH dans les pays dộveloppộs.
Les changements ne se limitent pas au
champ thộrapeutique et la vie des
personnes sộropositives. Ils affectent
aussi les reprộsentations et les attitudes face la maladie, la place de
l'infection VIH dans les politiques
publiques, dans les mộdias ou dans le
dộbat public. Les progrốs des connaissances biomộdicales crộent ainsi des
conditions nouvelles pour la prộvention.

Pharmacopộe
Tramil

caribộenne

-

Ecological Dynamics of Tropical
Inland Waters

ẫditeur : ANRS (Agence nationale de
recherches sur le sida) 1091, rue de
Tolbiac , 75013 Paris Tộl. : 33 (0) 1 53
94 60 00 Fax : 33 (0) 1 53 94 60 01.

Les temps du Sahel
Hommage Edmond Bernus

La question de la coopộration scientifique et technique avec les pays du Sud
se pose avec autant dactualitộ et durgence aujourd'hui quil y a dix, vingt, ou
trente ans, mais le contexte et les termes
du dộbat ont profondộment changộ.
Jacques Gaillard. Prộface de Charles
Josselin. Avant-propos de Jean Nemo.
Paris : Karthala, 1999 340 pages 160 F.
24,39 e .

Les enjeux des migrations
scientifiques internationales.
De la quờte du savoir la circulation des compộtences
Cet ouvrage fait le point sur une question quil est convenu (peut-ờtre
tort ?) dappeler lexode des cerveaux,
savoir la traduction gộopolitique donnộe la mobilitộ des scientifiques et
des ingộnieurs quittant leurs pays au
profit dautres qui, tels les ẫtats-Unis,
seraient ainsi passộs maợtres dans lart
de ô piller ằ les cerveaux.
Anne Marie Gaillard et Jacques Gaillard.
Paris : LHarmattan (Questions contemporaines) 1999 - 233 pages - 130 F.
19,82 e .

Vallộe de lAzawagh (Sahara du
Niger) - ẫtudes Nigộriennes N 57
La vallộe de lAzawagh, entre les massifs
de lAdrar des Ifoghas et de lAùr, a donnộ
lieu, dans sa partie nigộrienne, une
ộtude qui a rassemblộ de nombreux
chercheurs. Le premier livre est consacrộ
au peuplement ancien de lAzawagh et
son environnement. Le second livre porte
sur la rộgion dIn Teduq, du Moyen ge
jusqu nos jours.
ẫditeurs scientifiques : Edmond Bernus,
Patrice Cressier, Alain Durand, Franỗois
Paris, Jean-Franỗois Sallốge - ouvrage
publiộ avec laide du ministốre des Affaires
ẫtrangốres et de lIRD - ẫditions Sộpia
1996 422 p. 160 F. 24,39 e .

Tramil est un programme de recherche
appliquộe sur la mộdecine traditionnelle
populaire de la Caraùbe, en vue de la
rationalisation des pratiques de santộ
fondộes sur lutilisation de plantes
mộdicinales. Il est nộ de leffort commun dune groupe de scientifiques (ethnologues, botanistes, pharmaciens,
mộdecins) travaillant en contact ộtroit
avec des communautộs de base en Haùti
et en Rộpublique Dominicaine.

Le fleuve Sộnộgal, les eaux du
partage , 52
Coproduction : Citộ des Sciences et
de lIndustrie/IRD
Rộalisation : M. Dalaise et I. Santos
Conseillers scientifiques : J.-M. Fritsch
et J.-P. Lamagat
Diffusion TV : France 3 dans le magazine ô Cụtộ Sciences ằ (date confirmer)

Le Pacifique de 5000 2000
avant le prộsent Supplộments
lHistoire dune colonisation
Ce volume rassemble les contri-

butions des participants la troisiốme
confộrence Lapita qui sest dộroulộe
dans la capitale du Vanuatu du
31 juillet au 6 aoỷt 1996.
ẫditeurs scientifiques : Jean-Christophe
Galipaud, Ian Lilley IRD ộditions 1999
Colloques et sộminaires 619 p.

plantes aux vertus curatives. Le professeur Yang, un des plus grands
botanistes chinois, les accompagne.
De villages en forờts tropicales, des
montagnes aux frontiốres du Laos et
de la Birmanie, en passant par les
gorges du fleuve Yang-Tsộ, ils croisent des fleurs toujours plus surprenantes.


Films primộs
Ekotopfilm99, XXVIe Festival International des Films Professionnels et
de Tộlộvision (Rộpublique Slovaque),
a attribuộ les prix suivants :
Le fleuve Sộnộgal, les eaux du
partage : Prix de Vahostav
Vanuatu, le peuple du feu : Prix
du Directeur du Festival
Neblina,
montagnes
des
brumes : Prix du Ministốre des
Affaires Etrangốres de la Rộpublique Slovaque, 1999


Chercheurs dorchidộes, aux
confins de la Chine, 54
Coproduction : Image et Compagnie/
Canal +, avec le soutien de lIRD
Rộalisation : Didier Fassio
Conseillers scientifiques : Michel
Sauvain

Citộ des Sciences et de lIndustrie

Sciences au Sud - Le journal de lIRD - n 3 - janvier/fộvrier 2000

Acquisition la mộdiathốque des
films suivants :
Mara, le regard du lion, 26,
rộal. B. Surugue, OMS/IRD 1986
Sahel bleu, 26, rộal. B. Surugue,
CNROP/Orstom 1988


Contact
audiovisuel@bondy.ird.fr



ẫditrice scientifique : Yveline Poncet IRD
1999 199 p.

A g e n d a

Colloques
le 25 janvier 2000
Urbanisme et gestion urbaine.
Un exemple de coopộration avec
le Venezuela, Christian Maudet,
directeur adjoint de lAgence durbanisme Bordeaux-Aquitaine.
Cette confộrence a lieu 19 heures
lambassade du Venezuela Paris.
Contact : FRAVEN
Tel. : 33 (0)1 43 21 69 03
Email : ASS.FRAVEN@wanadoo.fr

le 26 au 28 janvier 2000

Nous suivons le long du fleuve
Sộnộgal une des missions organisộe
par une ộquipe de chercheurs de
lIRD, du Mali au Sộnộgal en passant
par la Mauritanie afin de constituer
avec et pour ces trois pays un manuel
de gestion de leau.
Des rencontres avec les populations
riveraines et les acteurs du dộveloppement ponctuent cet itinộraire qui
nous fait dộcouvrir les barrages et les
diffộrents amộnagements de la vallộe
ainsi que leurs consộquences.

Yves Paccalet, passionnộ dorchidộes,
dộcide de partir pour le Yunnan (sud
de la Chine) en compagnie de Michel
Sauvain, ethnopharmacologue de
lIRD, chargộ de dộcouvrir des

ẫditeurs scientifiques : Jack F. Talling,
Jacques Lemoalle Cambridge University
press 1998 441 p.

ẫditeurs scientifiques : L. GermosộnRobineau - IRD, enda tiers monde, endaCaribe - Saint-Domingue, 1996 - 493 p. 300 F. 45,73 e .

A u d i o v i s u e l
Nouveau film

Lakes and rivers of the tropics are rich
with variety and human relevance, yet do
not figure prominently in surveys of general freshwater biology and limnology.

Les interactions urbainesrurales : mobilisation et circulation
de ressources, coorganisộ par lIRD,
le CTA (centre technique de coopộration agricole et rurale) et lAPAD
(association euro-africaine danthropologie du changement social et du
dộveloppement), ce colloque aura
lieu Saint Louis du Sộnộgal.
Contact : Philippe Antoine
(antoine@ird.sn)

du 23 au 24 fộvrier 2000
Leau, la santộ et lenvironnement,
symposium international organisộ
par lAcadộmie de leau, Rennes.
Lobjet de ce symposium est dộtudier
comment peuvent ờtre conjuguộes et
mises en uvre les trois thộmatiques
eau-santộ-environnement.
Contact : Acadộmie de leau
Fax : 33 (0) 1 41 20 09
Email : academie@oieau.fr

du 28 fộvrier au 4 mars
2000
Congrốs inter national sur la
dộmoustification et la lutte
contre les moustiques : quels
enjeux et quelles stratộgies laube
du 3ốme millộnaire ? Co-organisộ par
lIRD et le conseil gộnộral de
Martinique Fort-de-France.
Contact : Bernard Philippon
(philippo@ird.fr)

du 29 au 31 mars 2000
RIF 2000, premiốres rencontres de
lichtyologie en France, sous lộgide
de la Sociộtộ franỗaise dichtyologie
(SFI), la Sociộtộ dichtyophysiologie
fondamentale et appliquộe (SIFA) et
lAssociation franỗaise dhalieumộtrie (AFH), Paris.
Info-contacts :
http://www.mnhn.fr/sfi/congres/rif
J.Y. Sire (sire@ccr.jussieu.fr) B. Sộret
(seret@mnhn.fr) N. Bailly
(bailly@mnhn.fr)

du 3 au 5 juillet 2000
Des modốles biologiques lamộlioration des plantes, VII ốmes
journộes scientifiques du rộseau
Biotechnologies vộgộtales : amộlioration des plantes et sộcuritộ
alimentaire de lAUPELF-UREF,
Montpellier, France, organisộ par
Serge Hamon (IRD) assistộ de Alain
Rival (Cirad-CP) et Stộphane Dussert
(IRD).
Contact :
http://www.refer.org/bioveg/
Fax (33) 4 67 41 62 22
Email : colmodbiol@mpl.ird.fr

Expositions
du 20 au 24 mars 2000
Lẫducation aux risques (santộsộcuritộ-environnement) XXIIốmes
Journộes internationales sur la communication, lộducation et la culture
scientifiques et industrielles au
centre Jean Franco, Chamonix
(France).
Contact IRD :
Maurice Fay : mfay@paris.ird.fr
Michel Lardy : ird@vanuatu.com.vu

du 13 au 17 juillet 2000
ô Brest 2000 ằ Village du futur et
des sciences de la mer, Brest France
Contact : Bertrand.Gobert@ird.fr


Une étape décisive
dans l’évolution
de l’IRD

nant. Toutes devraient devenir opérationnelles au cours du deuxième
semestre de l’année 2000 et nous
avons donc toutes raisons de penser
désormais que le nouveau système
sera parfaitement opérationnel au
1er janvier 2001. Une bonne façon,
somme toute, pour l’IRD d’engager
le troisième millénaire !


L’évaluation des projets
d'unités de recherche ou
de service par les « pairs »
des demandeurs.

* Trois projets seulement n’ont pu recevoir le label de recevabilité administrative,
pour non-conformité aux spécifications de
l’appel à propositions.
** Au passage, soulignons que l’esprit de
cette remarque vaut tout aussi bien pour,
par exemple, la phase d’admissibilité des
candidats-chercheurs dans les concours de
recrutement de chargés ou de directeurs
de recherche.

La procédure, à cette seconde étape,
se déroulera en deux temps au sein
de chaque commission : l’examen de
la recevabilité de chacun des projets
puis leur classement par ordre de
priorité relative d’intérêt.
Quelques mots sur ces deux temps.
Pour le premier, nous avons clairement dit aux commissions que nous
souhaitions, au niveau de la direction, qu’elles ne fassent preuve d’aucune forme de malthusianisme. Un
examen de recevabilité a simplement
pour objet de vérifier qu’un projet a

les qualités voulues pour être reconnu comme unité de recherche ou de
service. À ce stade, les disponibilités
budgétaires de l’organisme ne doivent aucunement être prises en
compte. C’est seulement au cours de
la deuxième phase, celle du classement relatif, que cette donnée intervient.**
Certains de nos interlocuteurs se
sont demandés quelle était, dans ces
conditions, la légitimité de ce classement. La réponse tient en deux arguments.
Le premier est qu’à l’IRD – comme
dans tous les établissements publics
scientifiques et technologiques (EPST)
qui procèdent de façon similaire à la
nôtre –, l’évaluation des projets se fait
en trois étapes essentielles : d’abord
l’avis d’une commission, puis celui du
conseil scientifique, enfin la décision
par le directeur général entouré de
ses conseillers directs, en l’occurrence
du « collège » des directeurs de départements. Pour que chacune de ces
étapes ait un sens et que les deux instances qui interviennent après les
commissions puissent jouer leur rôle
sans être contraintes de le faire de
façon arbitraire, il faut qu’il y ait, entre
chaque instance et la suivante, un
« langage » de communication qui
témoigne des préférences de l’instance précédente, sans enfermer la suivante dans un carcan dont elle ne
pourrait sortir qu’en reprenant l’analyse complète des dossiers à son niveau.
Le classement relatif des projets par
ordre d’intérêt décroissant constitue,
précisément, cet indispensable outil
de communication. Naturellement, il
n’est pas question de demander à
chaque commission de classer tous les
projets un par un : l’établissement de

C a r n e t
classes d’ex-æquo est parfaitement
admissible, dès lors que la fin du classement respecte la nécessité de laisser, à l’instance suivante, les degrés de
liberté nécessaires. En clair, seuls les
derniers projets retenus par une commission doivent impérativement être
classés un à un.
Le deuxième argument, qui deviendra
dominant pour les années à venir, est
qu’au-delà de ce premier appel
d’offres dont nous souhaitons qu’il se
conclue par la création du plus grand
nombre possible d’unités. Nous serons
évidemment contraints de limiter le
nombre d’unités créées chaque année
en fonction des disponibilités budgétaires de l’organisme. Le classement
sera alors d’une nécessité absolue.
Une fois que les commissions se
seront prononcées, le conseil scientifique, qui aura été mis en place d’ici
là, réexaminera en mai 2000 les projets sur la base des propositions ainsi
ordonnées des commissions, et il
pourra procéder, à son échelle, aux
ajustements quantitatifs permettant
d’obtenir un bon équilibre global des
créations entre les divers secteurs
d’activité de l’institut. Il devrait alors
être relativement facile au directeur
général et à son équipe de prendre
les décisions finales, en liaison, le cas

échéant, avec nos partenaires institutionnels nationaux et du Sud concernés par chacun des projets.

● Nominations
Daniel Nahon

Les classements seront
oubliés

a été nommé président du conseil
d’administration du Cirad (Centre de
coopération internationale en recherche agronomique) par le conseil des
ministres du 10 novembre 1999.

Une fois les décisions finales arrêtées,
les classements – étapes intermédiaires de jugement – seront oubliés :
toutes les unités créées le seront à
part entière, et les moyens de l’organisme seront répartis au mieux entre
toutes ces unités. Les équipes de
recherche ou de service et les personnels de l’institut relevant de projets
non retenus (ou ayant, pour diverses
raisons, décidé de ne pas s’inscrire
cette année dans des projets), recevront un financement de transition
leur permettant soit de demander
leur inclusion dans des unités créées
(sous réserve de l’accord de ces unités
et de la direction), soit de s’inscrire
dans un projet déposé lors de l’appel
d’offres suivant (en l’occurrence l’appel de l’été 2000).

Bertrand Hervieu
a été nommé président du conseil
d’administration de l’Inra (Institut
national de recherche agronomique).
Philippe Kourilsky
a été nommé directeur de l’Institut
Pasteur au 1er janvier 2000.
Jean Nemo
(ancien directeur général de
l’Orstom) a accédé à la présidence du
CIES (Centre international des étudiants et stagiaires).
Patrice Levang
(représentant de l’IRD en Indonésie)
a été nommé membre du conseil
scientifique du Cirad.
Jean Fages
a été nommé représentant de l’IRD
en Polynésie Française. (fages@ird.pf)

Les unités créées seront mises en
place le plus rapidement possible, au
fur et à mesure que seront signées
les diverses conventions (d’hébergement, d’affectation de personnels ne
relevant pas de l’IRD, etc.) les concer-

Jean Casenave
a été nommé représentant de l’IRD
au Burkina Faso à compter du 1er janvier 2000. (alain.casenave@ird.bf)
Jean-François Silvain,

T r i b u n e

Les négociations ouvertes à Seattle risquent à terme de
condamner les secteurs « non rentables » comme la
recherche pour le développement.
Christophe Peugeot, chargé de recherche à l’IRD
Montpellier, livre son sentiment sur la question.

«

La conférence de l’Organisation mondiale du commerce
(OMC) devait ouvrir début
décembre 1999 à Seattle (États-Unis)
un cycle de négociations (« Cycle du
millénaire ») visant à étendre la libéralisation des échanges commerciaux à
plus de 160 secteurs d’activité, parmi
lesquels la culture, l’agriculture, l’éducation, etc. La conférence à échoué
mais ce n'est que partie remise.

de la recherche ‘à la française’. Il est

« À terme, la libéralisation pourrait
condamner les services publics, obstacles à la libre-concurrence car subventionnés, et parmi eux, le service public

demment des moyens dérisoires. De

donc à craindre qu’un grand nombre
de programmes de recherche, non
concurrentiels, ne seraient plus financés. De plus, qui investirait dans la formation de chercheurs du Sud, activité
par définition ‘non rentable’? Dans un
monde livré au libre-échange, tout petit
producteur du Sud se retrouverait en
concurrence directe avec les grandes
entreprises transnationales, avec éviplus, libre concurrence oblige, il n’y
aurait plus de place pour des aides à
l’exportation vers les pays développés

«Devant ces scénarios alarmistes tous
les personnels de l’IRD, institut dont la
mission est la recherche pour le développement, sont à double titre concernés. Ils ont toujours soutenu et défendu
avec fermeté cette mission. Mais quel
en sera le sens, et quel sera désormais
l’intérêt de notre investissement dans
notre travail si, à l’issue du ‘Cycle du
millénaire’, les conditions économiques
et politiques en Europe et dans le tiers
monde sont telles qu’il n’y a plus de
place pour la recherche en partenariat
pour le développement?»

Distinctions
Photo D.R.

L’OMC : menaces
pour l’IRD ?

telles que celles mises en place entre
l’Union Européenne et les pays ACP par
la convention de Lomé. Ce serait donc
aussi toute initiative de politique de
coopération envers les pays du Sud
(euphémisme pour pays pauvres!) qui
serait soustraite aux États. La crise
récente de la banane opposant les
États-Unis et l’Europe en est un bon
exemple. À Seattle, les représentants
des pays les plus pauvres ont bien montré, en refusant d’être marginalisés dans
les discussions, qu’ils rejettent la logique
que d’aucuns veulent imposer à tous.
Une autre mondialisation est possible!

(entomologiste à l’IRD), a été nommé
vice-président du conseil de la
Société française de systématique. ●

Contact
Christophe Peugeot, chargé de
recherche à l’IRD :
christophe.peugeot@mpl.ird.fr

• Site officiel de
l'OMC :
http://www.wto.org
• Site de la conférence de Seattle :
http://www.seattlewto.org
• Sites sur les activités anti-OMC
(non exhaustif) : http://attac.org
(France), http://www.seattle99.
org (États-Unis)

Dans le cadre de la promotion de
l’Ordre national du Mérite du
15 novembre 1999 :
Philippe Lazar (président du
conseil d’administration de l’IRD)
a été promu au grade de commandeur ;
Marc Bied-Charreton (directeur
de recherche à l’IRD), Vincent
Courtillot (membre du conseil
d’administration de l’IRD) et
Gérard Winter (ancien directeur
général de l’Orstom) ont été promus officiers ;
Serge Pyens (directeur de
recherche à l’IRD), Thierry
Simon (membre du conseil d’administration de l’IRD) ont été
nommés chevaliers.

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 3 - janvier/février 2000

Instances

L

es commissions compétentes de l’IRD (les quatre
commissions scientifiques
sectorielles (CSS) et l’une des deux
commissions de gestion de la
recherche et de ses applications
(CGRA 1) viennent d’achever le premier examen des 117 projets d’unités
de recherche (96) et de service (21)
déposés et jugés administrativement
recevables*. Il ne saurait évidemment
être question à ce stade de dresser le
bilan d’une opération en cours.
Disons simplement que tout semble
s’être passé pour le mieux du point
de vue du fonctionnement de cette
première phase de la procédure.
Chacun des responsables de projet a
reçu ou devrait recevoir sous peu un
premier avis, qualitatif, de sa commission. Les commissions se prononceront, et cette fois formellement, en
mars prochain, sur les projets éventuellement remaniés par les demandeurs en fonction de ces remarques.

Philippe Lazar

15


F o r u m

Entretien

d e s

l e c t e u r s

Une lecture rapide
et facile
Bravo

et merci pour ce premier
numộro de Sciences au Sud toute
lộquipe qui la confectionnộ. Il est de
belle facture : dun bon format, aộrộ,
il autorise une lecture rapide et facile
dun nombre variộ darticles. On ne
devrait pas, pour ma part, attendre
ô davoir tout le temps de le lire ằ, de
quoi rassurer M. Philippe Lazar. Jen
serai, pour ma part, un fidốle lecteur
et, le cas ộchộant, je ferai entendre
lộcho du centre de Petit Bassam.

La science se formule dans les langues de la diversitộ culturelle mondiale
Quand pensez-vous possible de
faire fonctionner lagence selon
les nouvelles lignes directrices
que vous venez desquisser ?

Boizo Ori

Prộsentation type
Internet trốs originale
Jai lu trốs attentivement le premier

16

numộro de Sciences au Sud. Je lai
fait lire autour de moi. Tout le monde
est unanime. Cest non seulement un
journal dinformation mais aussi un
journal de communication. Je trouve
la prộsentation type Internet trốs originale et interactive. La thộmatique
transversale me semble ờtre une
bonne solution pour aborder tous les
sujets de lIRD. Les recherches scientifiques sont prộsentộes de faỗon
accessible pour tous.

Stộphanie Dilliốre

Qui en tirera profit?
Lannonce dun forum sur ô ộthique
et dộontologie ằ est des plus intộressantes. Reste savoir qui lorganise ?
La rộdaction ? M. X. ? Pour quel
objectif ? Quel en sera le produit ?
Qui en tirera profit, ộcrit ou autre ?
Alain Marliac, Bondy

Un petit cocorico !
Enfin

un journal clair et utilisable
pộdagogiquement en franỗais et
en anglais ! Et dans nos ộtablissements franỗais de lộtranger, pouvoir,
de faỗon tangible, valoriser la recherche franỗaise auprốs de notre public
multinational, mộrite un petit cocorico ! Sans compter que votre journal
suscitera des vocations. Fộlicitations,
continuez dans ce sens.

Jean-Marie Pinguet, proviseur
du lycộe franỗais Jakarta
http ://www.ird.fr
Email : Sciences.au.Sud
@paris.ird.fr

I l

f a l l a i t
l i r e

Un ô n ằ qui fait
toute la diffộrence
Dans

lentretien avec Gộrard Rocquelin publiộ dans Sciences au Sud
n 2 (p. 9), il fallait lire ô Au Congo
(...), le lait maternel est trốs riche en
acides linolộnique (et non linolộique )
et cervonique. Ce nest pas le cas au
Burkina Faso. ằ Le lait des femmes
congolaises se distingue des autres
par sa richesse en un acide gras essentiel, lacide linolộnique. Au Burkina
Faso, au contraire, le lait maternel est
pauvre en acide linolộnique, mais
riche en acide linolộique. Le ô n ằ fait
donc toute la diffộrence. Toutes nos
excuses aux chercheurs concernộs.

Un autre ô n ằ farceur
La photo illustrant larticle sur les
Cifre, page 11 de Sciences au Sud
n 2, reprộsente bien sỷr des ô panicules de riz ằ.

ẫmeraude fantaisiste
La cavitộ qui sert dộcrin aux ộmeraudes (p. 5, Sciences au Sud n 2)
est de calcite et non de calcique.

(suite de la page 1)

lheure de la mondialisation,
non seulement de lộconomie
mais aussi de la science, l'expression mờme de ô francophonie universitaire ằ nest-elle pas quelque
peu provocante ?
Luniversitộ sest toujours dộfinie
comme dộpassant son environnement local : elle porte en elle une
notion duniversalitộ. De ce fait, lidộe
de se rattacher spộcifiquement la
francophonie peut paraợtre paradoxale. Mais ce mot est pour moi associộ
la notion de diversitộ culturelle. La
science doit se formuler dans les
langues de la diversitộ culturelle mondiale, dont la francophonie reprộsente un des fleurons. La science pense
ô en langue ằ et penser en langue
franỗaise, cest aussi penser quil faut
plusieurs langues dans le monde.
Quels sont les objectifs de l'AUF
en termes de recherche ?
Pas d'universitộ digne de ce nom
sans alliance avec la recherche ! La
formation universitaire est intimement liộe au progrốs des savoirs et
aussi la dộcouverte de nouveaux
champs pour le savoir. Et si la
recherche est premiốre dans linstitution universitaire, elle doit permettre
que les programmes de lagence
associent les jeunes chercheurs des
ộquipes internationalement reconnues, les ộpaulant ainsi dans leur
effort vers le plus haut niveau.
Et en termes denseignement
supộrieur ?
Nous ne ferons rien de sộrieux sans
les universitộs ; elles sont le support
fondamental des actions de lagence,
dont les programmes doivent entraợner leur adhộsion et leur intense participation. Les universitaires ont ộgalement vocation offrir lagence
leur concours dans le domaine de
lenseignement supộrieur distance
et dans celui de la confection de
documents ộcrits qui soient de vộritables outils universitaires.
Comment concilier les exigences
des ẫtats, bailleurs de fonds de
lagence, et la lộgitime revendication dautonomie des universitộs ?
Les exigences des ẫtats leur nombre
devrait augmenter! qui contribuent
au financement des actions de lagence, sont lộgitimes si elles dộbouchent
sur des programmes d'enseignement
supộrieur ou de recherche se situant
dans le droit fil des besoins propres et
des compộtences des institutions qui
les rộalisent. Dốs lors, lexistence d'une
reprộsentation des ẫtats au sein dinstances de dộcision de lAUF et le respect de lautonomie des universitộs en
termes de choix de programmes me
semblent parfaitement compatibles, et
cest le rụle dintermộdiation de lAUF
qui lui confốrera son nouvel ộlan.

Sciences au Sud - Le journal de lIRD - n 3 - janvier/fộvrier 2000

Les rộformes structurelles, la rộộcriture des budgets et des programmes et
la consultation interne des personnels qui trốs lộgitimement demandent ờtre entendus occuperont la
quasi-totalitộ de lannộe universitaire
en cours. La suivante devrait ờtre celle
de la prộsentation du nouvel organigramme opộrationnel de lAUF et de
ses nouveaux programmes. Cest un
vu trốs vif si ce nest un pronostic.
Un organisme comme lIRD peutil concourir au succốs de votre
entreprise ?
LIRD est mes yeux un partenaire
essentiel. Ses finalitộs sont liộes
lenseignement supộrieur et la
recherche au Sud, en mờme temps
quelles rapprochent cette institution
des mondes de lộconomie et de la
culture. Aussi suis-je persuadộe que,
tant par la participation de ses chercheurs que par ses composantes institutionnelles, lIRD peut ộpauler le
travail de rộnovation de lAUF. Je
compte beaucoup sur une relation
que je souhaite permanente.

T r i b u n e

L A g e n c e u n i v e r s i t a i r e
de la francophonie

Un espace scientifique
de langue franỗaise
LAgence universitaire de la francophonie (AUF) reste encore souvent connue
sous son ancienne dộnomination dAupelf-Uref.
LAupelf (Association des universitộ partiellement ou entiốrement de langue
franỗaise) a ộtộ crộộe Montrộal en 1961, la suite dun congrốs de 150 recteurs francophones. Elle a ộtộ complộtộe, en 1987, par la crộation de lUref
(Universitộ des rộseaux dexpression franỗaise).
LAUF a pour mandat de ô contribuer la construction francophone, en consolidant un espace scientifique de langue franỗaise, animộ par ses principaux
acteurs, les ộtablissements, les enseignants, les chercheurs et les ộtudiants ằ
Les programme quelle a mis en uvre depuis 1987 sappliquent de nombreux domaines dintervention : recherche, enseignement et formation, information scientifique, coopộration universitaire, formation distance Son statut dô opộrateur spộcialisộ pour lenseignement supộrieur et la recherche ằ est
inscrit dans la charte adoptộe par le sommet de Hanoù en 1997.

http://www.aupelfuref.org

LIRD fait partie des 384 ộtablissements
denseignement supộrieur et de recherche, membres de lAUF et rộpartis sur
tous les continents. Son prộsident siốge
au conseil dadministration de lagence.

i n t e r n a t i o n a l e

Au Mexique, les sciences sociales
aux prises avec la mondialisation
Au Mexique, le Centre de recherches et dộtudes en anthropologie sociale (Ciesas) dispense une formation supộrieure 150 ộtudiants triộs sur le volet, et ses 130 chercheurs, rộpartis entre Mexico et quatre unitộs dộconcentrộes, ộtudient des domaines aussi
variộs que lanthropologie mộdicale, la linguistique indienne, la sociologie de lộcologie et de lenvironnement

Questions Rafael Loyola Diaz,
directeur gộnộral du Ciesas.
Monsieur le Directeur gộnộral, vous placez la recherche mexicaine en sciences sociales dans
une dimension internationale. De quelle maniốre ?
Pour prendre un exemple, une part consộquente des recherches poursuivies par le Ciesas portent sur les questions indiennes
et, plus gộnộralement, sur les relations ethniques. Or, de ce point de vue, des changements profonds interviennent dans de
nombreuses rộgions du monde. Et lon commence sapercevoir que certaines caractộristiques se rejoignent. Les questions
indiennes, par exemple, se posent dans des termes trốs semblables au Mexique, au Guatemala ou au Paraguay. Mais elles
prộsentent aussi des similitudes avec les problốmes identitaires rencontrộs en Europe centrale. Elles ressemblent ộgalement,
par certains cụtộs, aux difficultộs que vivent les minoritộs aux ẫtats-Unis, en Allemagne, voire en France.
Au mois de novembre 2000, nous envisageons la tenue dun colloque international sur lidentitộ indienne dans un contexte la fois dộvolution dộmocratique, de transition vers une ộconomie ouverte et de mondialisation. Nous espộrons ainsi
rộunir des observations sur ce que deviennent les identitộs minoritaires au moment oự se produisent ces processus dans
diffộrents pays : en ex-Yougoslavie, en Russie, en Europe centrale
Le Ciesas entretient des relations soutenues avec lIRD. Quattendez-vous dun tel partenariat ?
Jusquici, au Mexique, nous avions quelque peu tendance penser que nos problốmes ộtaient uniques. Cela nous amenait
envisager nos problộmatiques de faỗon trốs limitộe. Quand on commence voir ce quil se passe ailleurs, le regard change. On constate que les problốmes sont, dune certaine faỗon, pareils et que de meilleures solutions peuvent ờtre trouvộes
dans notre propre pays. Cest pourquoi il est important pour le Ciesas de dộvelopper des rapports intellectuels avec des
groupes de chercheurs dautres pays.
Je souhaite stimuler la recherche sur de nouveaux problốmes sociaux qui ne sont pas encore pris en compte. Laccord commercial conclu avec les ẫtats-Unis et le Canada nous incite renforcer les liens avec ces pays. Or, les sciences sociales aux
ẫtats-Unis ont un caractốre plutụt quantitatif. Nous devons donc chercher auprốs dautres partenaires une rộflexion plus
qualitative et nous la trouvons tout particuliốrement en France.
Cest ainsi que, lannộe derniốre, nous avons organisộ un colloque avec lIRD, dans le but danalyser les changements intervenus dans la propriộtộ fonciốre au Mexique et dans dautres pays. Nous avons ộchangộ des informations sur lAfrique et
certaines rộgions dAmộrique latine. Il est apparu que les processus de modernisation impliquent des transformations dans
la propriộtộ de la terre. Cela pose quantitộ de problốmes sociaux auxquels nous devons rộflộchir. Voil un exemple dộtudes
comparatives que nous pouvons mener conjointement avec des institutions comme lIRD.



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