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Journal Sciences au sud (IRD) N01

n° 1 - septembre/octobre 1999
25 F - 3,81 €

É d i t o r i a l

Sciences au
Sud numéro 1

V

oici donc le premier
numéro du nouveau
périodique de l’Institut
de recherche pour le
développement. Quelques
mots s’imposent pour en
expliquer les objectifs et
la forme.
Nous avons délibérément
choisi de fusionner les deux
anciens supports

d’information de l’Orstom :
sa Lettre mensuelle
– principalement destinée
à la communication
« interne » de l’Institut – et
Orstom-Actualités, revue
trimestrielle à vocation
essentiellement « externe ».
Il nous semble en effet
contestable de distinguer,
de notre propre chef, deux
catégories tranchées de
lecteurs : ceux qui
s’intéresseraient avant tout
à nos modalités
d’intervention et ceux qui ne
se sentiraient véritablement
concernés que par les
résultats scientifiques de
nos travaux. À chacun de
ceux qui veulent bien
s’informer de ce que nous
faisons le droit de
déterminer librement ses
priorités de lecture !
Si l’IRD veut jouer le rôle
qu’on attend de lui : être un
« ensemblier » des actions
de recherche, de formation
et d’expertise au service
des pays en développement,
Sciences au Sud se doit
d’être lui-même ouvert à
l’ensemble des institutions
françaises de recherche et
d’enseignement supérieur
qui consacrent une partie
de leur énergie à cette
cause. Nous nous
efforcerons de faire en


sorte que cette disponibilité
se traduise, concrètement,
par une large participation
de collègues relevant de ces
institutions à son contenu.
Est-il besoin de dire que
nous aurons la même
attention vis-à-vis de la
contribution de collègues du
Sud à nos colonnes ?

U n
e n t r e t i e n
a v e c
l e
p r é s i d e n t

A b d o u

D i o u f

Vers une nouvelle alliance
entre science et culture
Le président de la
République du Sénégal,
Son Excellence M. Abdou
Diouf, a bien voulu
inaugurer la tribune internationale de Sciences au
Sud en répondant à
nos questions.

de succès auprès de la communauté
scientifique comme de tous ceux qui,
sur le plan régional ou international,
sont préoccupés par le développement intégral et durable de notre
continent.
Pour parler des sciences
au Sud, je rappelle que
d’importants
efforts
financiers y ont été réalisés depuis des décennies
pour former des hommes,
pour ouvrir des laboratoires de recherche, pour
engendrer un savoir utile au
progrès, ce « grand enjeu
mondial ». Aucun pays, quelle que
soit sa stratégie de développement,
ne peut ignorer le rôle de la science
et de la technologie.

M

onsieur le Président
de la République,
quels sont, à vos
yeux, les grands enjeux de la
recherche scientifique pour le
Sénégal ?

Je voudrais d’abord vous dire que
c’est un grand honneur pour moi
d’ouvrir la tribune internationale du
nouveau périodique Sciences au Sud
édité par l’IRD, émanation d’une
organisation aussi prestigieuse que
l’Orstom – dont je salue la mutation
de nature à lui permettre d’appréhender toute la problématique du
développement. Je souhaite à cette
publication longue vie et beaucoup

S’agissant plus spécifiquement du
Sénégal, j’aimerais mettre l’accent
sur les secteurs dans lesquels ce
savoir doit s’exercer sans relâche
pour rendre notre économie compétitive et créatrice de richesses nouvelles : l’agriculture, les sciences
médicales et pharmaceutiques,

A u
c œ u r
d e s
g l a c i e r s

d e s

l’énergie solaire, et aussi les nouvelles technologies de l’information
et de la communication, les biotechnologies et l’environnement.

(suite page 16)

A n d e s

L’histoire du climat
tropical
À
140 mètres de profondeur,

les

glaces

de

l’Illimani ont conservé les

traces des débris végétaux et ani-

Sciences au Sud se veut en
outre une tribune
d’échanges et de libres
débats sur les modalités
d’intervention d’une science

maux déposés par le vent, il y a 15 à

tra de mieux comprendre l’évolution
du climat de cette région tropicale.
En particulier, les occurrences des
événements El Niño durant ces cinq
derniers siècles.

25 000 ans. En juin dernier, une
équipe franco-suisse dirigée par l’IRD
a procédé à deux forages dans cette

Les premiers résultats sont attendus
d’ici un an.


calotte glaciaire qui domine, à 6 350
Photo B. Francou

(suite page 2)

Traitement des carottes par
Bernard Francou, sous l’œil
de Patrick Ginot, pilote du
carottier.

mètres d’altitude, la vallée de La Paz,
capitale de la Bolivie. Les deux
carottes ainsi extraites ont été acheminées avec succès, l’une à Zurich,
l’autre à Grenoble. L’analyse physique et chimique de la glace accumulée au fil des millénaires permet-

Pour en savoir plus :
http://www.mpl.ird.fr/
hydrologie/illimani,
et sur le programme
« Neige et glaciers
tropicaux » :
http :// www.mpl.ird.fr/hydrologie/ngt

S o m m a i r e
Sommaire
Actualités
Conférence de l’Unesco
Pas de développement sans
la science
Premiers clubs IRD jeunes
Les concepts scientifiques
à portée des lycéens
Partenaires
Afrique tropicale
La jachère : un bienfait
retrouvé

p. 2
p. 3

p. 5

Recherches
Lagons d’atoll
Étonnante mais fragile
biodiversité
p. 6
Populations réfugiées
et déplacées
Quelle recherche
pour l’urgence ?
p. 7
L’Amazone
Des chercheurs sur le plus
grand fleuve de la planète p. 8-9
Va l o r i s a t i o n s
Création d’entreprise
Trois porteurs d’idées IRD

p. 10

Formations
Orléans
Environnement : succès
du DEA

p. 11

Planète IRD
Afrique du Sud
Un laboratoire pour
traquer les nématodes

p. 13

Instances
Politique scientifique
Une nouvelle étape en
cours à l’IRD

p. 15


Sciences au Sud paraîtra,
pour commencer, cinq fois
par an, et ambitionne
d’accroître progressivement
son rythme de publication.
Son format, deux fois plus
grand que le format
habituel des périodiques
professionnels, et sa
présentation,
volontairement aérée,
méritent enfin un bref
commentaire. Nous
voudrions que ses
destinataires ne rangent
pas ce journal sur un coin
de leur bureau « en
attendant d’avoir tout le
temps de le lire ». Disons-le
clairement : nous
souhaitons que ce journal
soit pris en mains, parcouru
et lu dès son arrivée,
chacun y trouvant d’emblée,
comme dans un quotidien,
ce qu’il y cherche. Sa forme
peut y contribuer – cet
espoir la fonde – mais c’est
évidemment la qualité de
son contenu qui, en fin de
compte, en décidera. À vous
de nous aider à l’améliorer
régulièrement par vos
critiques et, plus
encore, par
vos suggestions
et par vos
contributions ! ●
Philippe Lazar
Président du conseil
d’administration de l’IRD

IRD - 213, rue La Fayette F - 75480 Paris cedex 10
Tel. : 33 (0)1 48 03 77 77
Fax : 33 (0)1 48 03 08 29
http ://www.ird.fr
Directeur de la publication
Jean-Pierre Muller
Directrice de la rédaction
Marie-Noëlle Favier
Rédactrice en chef
Claire Nguyên-Duy
Comité éditorial
Yves Agnès, Françoise Bellanger,
Patrice Cayré, Jean-Michel Chassériaux,
Antoine Cornet, Philippe Lazar,
Ne Mboma, Yves Quéré, Hervé de
Tricornot, Jacques Weber
Rédacteurs permanents
Marie-Lise Sabrié (rubrique Recherches sabrie@paris.ird.fr), Olivier Blot
(rubriques Planète IRD et Ressources blot@rio.net) Fabienne BeurelDoumenge, Jacqueline Thomas
Ont collaboré à ce numéro
Patrice Cadet, André Capiès,
Christian Colin
Mise en page
Gladys Samson
 Photos IRD – Indigo Base
Contact : Claire Lissalde
et Danièle Cavanna
Conception graphique
Inédit
Photogravure, Impression
Jouve-Paris
ISSN : en cours
N˚ commission paritaire : en cours
Dépôt légal : septembre 1999
Abonnement annuel (5 numéros) :
100 F - 15,24 e
Journal réalisé sur papier recyclé.

Pas de développement
sans la science
La première conférence mondiale de l’Unesco sur la
science a consacré une grande part de ses travaux au
développement. L’un des quatre volets de la déclaration
adoptée le 1er juillet définit les principes d’une coopération assurant un équilibre plus juste entre Nord et Sud.

savoir scientifique qui a valeur uni-

Il ne peut y avoir de développement sans la science
et
ses
applications »,
annonce le texte d’emblée. L’accent
est mis sur la coopération régionale
et internationale. Celle-ci est invitée
à « appuyer la constitution de capa-

sciences ». En effet, « la présence de

verselle ». Grâce aux activités de partenariat menées par le monde industrialisé, les petits États et les pays les
moins avancés doivent pouvoir se
doter d’une « masse critique en

cités scientifiques de façon à assurer
un développement équitable et à
élargir le champ et l’utilisation de la
créativité humaine, sans discrimination d’aucune sorte (...). » Le préambule précise d’ailleurs que « toutes
les cultures peuvent contribuer au

‘‘

structures scientifiques est un élément indispensable pour la forma-

compétences. Sans, toutefois, restreindre la libre circulation des scientifiques. Le cadre d’action, sous
forme d’agenda, qui complète la
déclaration, ajoute que, pour ceux
qui ont migré dans un pays développé, des dispositifs devraient leur permettre d’établir une coopération
avec leur pays d’origine.


tion des personnels dans leur propre
pays, en vue d’y faire ensuite carrière ». Cela constituerait un moyen,

http ://www.unesco.org
/science/wcs/fre/fr.htm

entre autres, de réduire l’exode des

Exposition

Jardiner la Terre,
notre enclos planétaire

‘‘

produire, de consommer et d’organiser la société devient évidente.

Aquaculture : Acadja en
bambou dans une lagune.

Dans la Grande Halle de
la Villette, à Paris, transformée en serre, des
chercheurs de l’IRD ont
préparé, à l’attention du
public, des exemples d’un
« jardinage planétaire »
respectueux des
équilibres naturels.
Le citoyen du IIIe millénaire se trouve
confronté à un impératif : préserver
« cet enclos qu’est la Terre » et qu’il
partage avec l’ensemble des êtres
vivants. L’exposition « Le Jardin planétaire » qui ouvre ses portes à la
Grande Halle de la Villette le 15 septembre, invite l’homme à se réconcilier avec la nature. Le visiteur
apprend à la redécouvrir au cours
d’une promenade dans une œuvre
végétale de 3 500 m2. L’espace se

Des chercheurs de l’IRD se sont joints
à d’autres partenaires scientifiques
de l’exposition. Ils présentent au
public quelques acquis de la
recherche, centrés sur les relations
entre l’homme et son environnement. Un anthropologue retrace la
représentation du cosmos et les
techniques de jardinage d’un peuple
amazonien. Un biogéographe évoque le parcours d’une plante, longtemps considérée comme néfaste,
depuis l’Asie jusqu’à l’Afrique où elle

’’

protège maintenant la forêt camerounaise des feux de brousse. Un
microbiologiste décrit la grande
diversité d’environnements que
génèrent les paysages de rizière
d’une région à l’autre du monde. Un
géographe analyse les grands parcs
arborés qui, du Sénégal au Soudan,
témoignent chacun d’un modèle
précis de civilisation agraire.
Les expériences proposées par des
agronomes, hydrobiologistes et
microbiologistes de l’Institut montrent qu’il est possible de préserver et
même d’enrichir la qualité et la diver-

sité du vivant. Comment, par
exemple, certains systèmes de culture utilisés par les agriculteurs du Sud
– et quelquefois améliorés grâce à la
recherche scientifique – leur permettent de tirer profit de la richesse du
monde tropical tout en la protégeant.
Du 15 septembre au 23 janvier à la
Grande Halle de la Villette – Paris XIXe.



Contact
IRD : Daniel Berl 01 48 03 76 03 berl@paris.ird.fr
http : www.la-villette.com/indexz.htm

Consultation

Des réponses locales
à un problème global

‘‘

’’

Gilles Clément, paysagiste, maître d’œuvre
de l’exposition, suggère une manière d’être
« le plus possible “avec” et le moins possible
“contre” la nature ».

« Il est possible d’économiser les « énergies contraires ». Pourquoi

partage entre le « Jardin des
connaissances » et le « Jardin des
expériences ». Les sciences y croisent
avec subtilité l’art et les mythes, dans
une disposition poétique propice à la
méditation.

utiliser des engrais et beaucoup d’eau pour obtenir un important
rendement de céréales, alors que des résultats très intéressants
existent sans labours ? Ces économies peuvent être réalisées à
toutes les échelles, y compris celle de l’individu. C’est le cas pour
l’utilisation de l’eau. Cela concerne tous les domaines. La pollution par habitant est beaucoup plus considérable aux États-Unis

En comprenant mieux les mécanismes du vivant et les limites de la
biosphère, chacun peut mesurer sa
responsabilité dans la sauvegarde de
notre patrimoine commun. La nécessité d’inventer une autre manière de

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999

Photo P. Lavelle

2

qui, au service du
développement, sache
respecter la spécificité des
cultures de nos divers
partenaires. C’est un très
grand honneur que nous fait
Son Excellence le président
Abdou Diouf d’engager cette
confrontation par
l’interview qu’il nous a
accordée. Cette marque de
confiance est, pour toute
l’équipe de rédaction, un
encouragement hautement
apprécié, et elle sera
certainement perçue comme
telle par nos lecteurs.

Conférence de l’Unesco à Budapest

Photo S. Hem

Actualités

E d i t o r i a l - s u i t e

Cueillette manuelle du thé dans le sud de
l’Inde.

qu’en Inde, par exemple, mais finalement toute la planète s’en
trouve affectée. C’est un problème global qui ne trouve de réponse que localement. Il n’existe pas de recette identique pour tous
les pays. La philosophie est la même mais la méthode diffère pour
chaque lieu. »




Relever le défi
constant
des maladies
infectieuses

Premiers clubs IRD jeunes

Les concepts scientifiques
à portée des lycéens
te des foyers sismiques sous l’archipel du Vanuatu ». Le second projet
concerne la « pollution de la rivière
de Yahoué ». Tous deux seront l’occasion de rencontres régulières avec
les équipes scientifiques et techniques de l’Institut.

Émissions sur la vie
des clubs
En Nouvelle Calédonie, la mise en
place de ces clubs résulte d’un
accord de partenariat entre l’IRD, le
vice-rectorat et le CDP (Centre de

Actualités

Endémiques ou émergentes, les
maladies infectieuses posent des
défis constants et variés partout dans
le monde. Le Meegid*, avec sa quatrième édition qui s’est déroulée à
Dakar du 21 au 24 juin, est devenu
la rencontre obligée entre épidémiologistes, professionnels de la santé,
chercheurs de laboratoire, décideurs
et chefs de programme. Venus des
cinq continents, cent cinquante
congressistes ont présenté leurs travaux. Les participants ont trouvé là
une occasion privilégiée d’échanger
leurs différentes approches sur l’utilisation des outils génétiques et sur les
méthodologies à mettre en œuvre
pour le diagnostic et la prise en charge de maladies telles que le paludisme, le sida, la tuberculose, la fièvre
jaune ou encore la trypanosomiase
africaine.


Photo V. David

documentation pédagogique). Le

L’IRD, à la rencontre des scientifiques en herbe, inaugure
une série de clubs pour les jeunes.

L

lopper. L’IRD s’engage en effet à
organiser et soutenir des actions
éducatives permettant aux enfants
de mieux visualiser les concepts
scientifiques et de les discuter avec
ses chercheurs. Ceux-ci, fournissant

a création de deux « clubs
IRD jeunes » à Nouméa
marque le début d’une opération destinée à favoriser la rencontre des jeunes avec le monde de
la recherche, et appelée à se déve-

À Sète débute le chantier
du Centre de recherche
halieutique méditerranéenne et tropicale.

L

Pôle Ifremer-Ird de Sète.

Photo E. Nebout, architecte, Montpellier

a pose de la première pierre,
le 27 septembre, concrétise
la convention signée en
juillet dernier par L’Ifremer, l’université de Montpellier II et l’IRD. Ce
centre, avec la station de l’Ifremer et
la station méditerranéenne de l’environnement littoral de l’UMII, fera de
Sète un important pôle de recherche
« mer et lagune ». Le centre pourrait
également accueillir un observatoire
de recherche sur la dynamique et
l’exploitation des thonidés (Ordet),
commun à différents partenaires
européens.

Plus de soixante chercheurs travailleront à l’approfondissement des
connaissances scientifiques sur les
activités de pêche. Une meilleure
compréhension des interactions
entre les ressources marines, leur
environnement et leur exploitation
par l’homme devrait ainsi permettre
d’améliorer la gestion des pêches et
des écosystèmes marins.
Le centre jouera aussi un important
rôle de formation, notamment pour
les partenaires du Sud de l’IRD.
Bruno Voituriez qui vient d’être
nommé premier directeur du futur
centre, coordonnera ses activités :
« D’ici la mise en service du centre,
nous allons travailler, avec les équipes
impliquées, à la définition des
thèmes, selon les orientations du
projet scientifique qui ont été définies conjointement par les trois parties et auxquelles se réfèrent les projets d’UR (unités de recherche) et US
(unité de service) qui viennent d’être

soumis. »

Contact
Bruno.Voituriez@mpl.ird.fr

ter la multiplication de nouveaux

Après le lancement de leur club par
le président Philippe Lazar, le 8 juin,
les lycéens de 1ère scientifique du
lycée Lapérouse ont découvert le
laboratoire de géosciences du centre
IRD. Accompagnés de leur professeur
de biologie, animateur du projet, ils
ont discuté de leur future « maquet-

Télévision éducative, réalisera des

Contact

produits audiovisuels et diffusera des

Michel Fromaget, IRD Dakar :
fromaget@ird.sn

émissions sur la vie des clubs. La
coordination des actions est assurée
par l’Information communication IRD

La pêche en
grande largeur

de Nouméa dont l’équipe se chargera également d’aider les jeunes pour
la présentation de leurs travaux. Les
premières réalisations seront exposées lors de la Semaine de la science,
du 18 au 24 octobre.



h e u r e

Ecotap piste les
thons polynésiens

Pêche au Sénégal.

Photo J. Orempuller

Ouverture d’un
centre à Sète

établissements scolaires, afin d’inciprojets. Le CDP, par le biais de la

et
expliquant
des
données,
conseillent sur la marche à suivre
pour la réalisation de projets.

D e r n i è r e

Halieutique

le plus largement possible auprès des

Photo E. Charles-Dominique

L’équipe du premier club accueille les personnalités officielles pour
l’inauguration.

3

* Meegid : colloque international sur
l’épidémiologie moléculaire et la génétique évolutive des maladies infectieuses,
organisé par l’IRD, l’Institut Pasteur,
l’Université Cheikh Anta Diop (Dakar), le
Center for Control Diseases (Atlanta) et le
CNRS.

vice-rectorat diffusera l’information

L’Alis, navire océanographique de l’IRD.

L

es habitudes de concentration de plusieurs espèces de thons dans les eaux
polynésiennes sont désormais mieux connues. Les conclusions du programme Ecotap*, présentées récemment par François-Xavier Bard et ses collègues à
l’IRD Tahiti, permettront aux professionnels de la pêche de mieux ajuster gestion
de la ressource et rentabilité économique.
Les recherches ont été menées conjointement durant trois ans par l’IRD, l’Ifremer
et le Service territorial des ressources marines, à bord du navire océanographique
Alis. Les résultats ont été exposés lors de la réunion du Comité permanent sur les
thons et les marlins, à Papeete, en juin dernier.


Contact
François-Xavier Bard : bard@ird.pf
* Ecotap : étude du comportement des thonidés par l’acoustique et la pêche à la palangre
en Polynésie française. Un article plus complet lui sera consacré dans un prochain numéro de
Sciences au Sud.

La dimension spatiale des
phénomènes et sa prise en compte
est l’une des grandes préoccupations
actuelles de l’ensemble des sciences
halieutiques*. C’est donc le thème
qu’a choisi l’Association française
d’halieumétrique (AFH) pour son
4e Forum qui s’est déroulé à Rennes
du 29 juin au 1er juillet. L’AFH qui
compte environ cent cinquante
adhérents de divers horizons (IRD,
Ifremer, universités), a pour objectif
de contribuer au dynamisme des
recherches françaises dans le domaine des pêches.
Cette manifestation, parrainée par
l’IRD, l’Ifremer, l’EnsaR, la région
Bretagne et le ministère des Affaires
étrangères, a été l’occasion pour les
chercheurs français et africains
d’échanger leurs expériences. Le
laboratoire « Halieutique et écosystèmes aquatiques » (IRD Montpellier)
a apporté un concours actif à toutes
les étapes de ce Forum.

* L’halieutique est l’ensemble des techniques et des secteurs concernant la
pêche.

En savoir plus
Les pré-actes sont d’ores et déjà
consultables sur le site Web :
http ://agro.roazhon.inra.fr/dep/deern
/hal/AFH/. Les actes définitifs seront
publiés dans la série « Colloques et
séminaires de l’IRD ».


Contact
Pierre.Chavance@mpl.ird.fr



Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999


Les Laboratoires Pierre Fabre à Castres.

La première étape d’une mission dans le Pacifique Ouest a
conduit le président de l’IRD, Philippe
Lazar, en Nouvelle Calédonie (voir les
articles pages 3 et 5), puis au
Vanuatu et en Australie, du 7 au
16 juin. Roger Bambuck, directeur
de la délégation à l’outre-mer, et
Jacques Merle, directeur du département « Milieux et environnement »,
l’accompagnaient.
Au Vanuatu, l’intervention de l’IRD
évoluera vers d’autres formes, après
la fermeture de sa représentation en
septembre. L’expertise collégiale,
notamment, constituera un outil au
service des États insulaires en voie de
développement.
En Australie, des contacts fructueux
ont été renoués avec l’AGSO
(Australian
Geogolical
Survey
Observatory), dans le domaine de la
géologie-géophysique côtière et
hauturière, ainsi qu’avec le CSIRO
(Commonwealth Scientific and
Industrial Research Organization),
dans les domaines de la variabilité climatique, l’halieutique, la lutte biologique... Ils devraient se concrétiser
par des accords-cadres. Dans ce
pays, l’IRD entretient également des
relations scientifiques étroites avec
plusieurs universités et institutions de
recherche.


L’accord conclu avec les Laboratoires Pierre Fabre illustre
la dynamique enclenchée par l’IRD en direction du
secteur économique.
établies de l’IRD en Guyane et dans le
Pacifique Sud
L’IRD porte une attention particulière
à ses relations avec le secteur économique tant français qu’étranger.

L

‘utilisation de substances
naturelles,
issues
des
milieux marins et terrestres,
à des fins thérapeutiques, intéressait
aussi bien les Laboratoires Pierre
Fabre, à Castres, que l’IRD. Tous deux
ont donc décidé d’associer leurs compétences dans ce domaine. Une
convention de coopération a été
signée à cet effet, le 11 mai, par
Pierre Fabre (président), Jean-Luc
Bélingard (vice-président) et le président de l’IRD, Philippe Lazar. Selon
ses termes, quelque milliers de ces
substances seront soumises à un criblage pharmacologique à débit élevé,
chacune en quantité très réduite.

Semaine de la science

Indispensables au travail des
chercheurs, les images scientifiques
suscitent des innovations technologiques pointues. Pourtant, l’évolution des techniques de prise de vue,
la variété des appareils sont souvent
mal connues. Sait-on quand a été
réalisé le premier cliché à but scientifique au travers d’un microscope ?
À l’initiative de la base photographique de l’IRD, Indigo Base, les photothèques de l’Inserm, du CNRS, de
l’Institut Pasteur et des Hôpitaux de
Paris présenteront leurs fonds, dans
le cadre de la Semaine de la science,
du 21 au 24 octobre, au Forum du
Val-de-Marne.
Une exposition retracera l’histoire et
la diversité du monde de l’imagerie
scientifique, autour des trois thèmes
du forum : « l’homme biologique,
bâtisseur et communiquant ».
Parallèlement, trois modules de jeux
interactifs proposeront au public une
approche ludique de cet univers.
La projection de films scientifiques,
présentés par les chercheurs ou les
réalisateurs concernés, sera suivie de
débats.
Espace Jacques Brel – 164, bd
Gallieni – Fontenay-sous-Bois.


associer à des procédures de soutienformation des communautés scientifiques du Sud. Avec, à l’horizon, la
perspective de réseaux de coopération à vocation économique.


D

epuis le début de l’année, l’IRD a conclu de nombreux accords de coopération. L’accord-cadre conclu avec le CNST
du Viêtnam (Centre national des sciences naturelles et de la technologie), le 27 mai dernier, illustre cette impulsion.
Il s’appliquera aussi bien à des secteurs de la recherche qu’au développement technologique. Des domaines d’intérêt commun ont été identifiés pour de futures actions, comme les biotechnologies, la chimie des substances naturelles ou encore
la géologie. Cet accord poursuit en l’amplifiant un partenariat engagé avec le CNST depuis 1995, autour d’un programme sur la gestion des terres et de l’environnement dans les Hautes Terres du pays.
Dans la suite d’un processus engagé en 1998,
l’IRD a poursuivi, au cours des derniers mois, la
formalisation de ses relations avec ses partenaires
naturels : enseignement supérieur et grandes
écoles (Université de Perpignan, Conférence des
présidents d’université, École normale supérieure,
École des mines...), ainsi qu’avec d’autres organismes scientifiques tel l’Inserm.
La toute récente convention avec l’Université
Pierre et Marie Curie (Paris VI) prévoit des opérations conjointes dans les domaines de la climatologie, de la gestion des ressources en eau et de la
géoscience.
Il reste à concrétiser ces accords de principe par
l’engagement effectif de collaborations nouvelles
L’accord signé avec le directeur du CNST, Dang Vu Minh,
intensifie la coopération technologique avec le Viêtnam.
ou approfondies dans un nouveau cadre.


Les capacités du Centre de recherche
sur les substances naturelles de
Ramonville, qui sont adaptées aux
spécialités des Laboratoires Pierre
Fabre (oncologie, système nerveux
central, cardio-vasculaire), ont été
élargies aux besoins de l’IRD afin de lui
permettre d’intensifier sa lutte contre
le paludisme. Un combat dans lequel
la Fondation Pierre Fabre pourrait
trouver toute sa place, a déclaré JeanLuc Bélingard au président de l’IRD.
Ces actions de coopérations s’appuieront sur les relations bien

L’imagerie
scientifique
au Forum du
Val-de-Marne

Plusieurs contacts ont été établis
avec de grandes entreprises françaises. L’Institut leur propose de
développer en commun des projets
de recherche innovants ou de les

Impulsion sur le partenariat

Lutte contre le paludisme
intensifiée

Microscope électronique.

Photo R. Dejean

Criblage
pharmacologique de
substances naturelles

Agropolis

Plate-forme de recherche avancée
la réalisation est engagée
La France a lancé un appel
pour des projets associant
des centres internationaux
de recherche agricole aux
établissements français,
dans le domaine de la
génomique essentiellement.

bénéficie, à cet effet, d’un budget de
500 000 dollars.
D’une durée de un à trois ans, ces
projets se caractérisent par des thématiques scientifiques répondant
aux enjeux stratégiques du développement des pays du Sud. Ils doivent
mettre en œuvre des recherches de

L
Photo A. Rival

4

Partenariat industriel Pierre Fabre – IRD

Photo Institut Pasteur

Partenaires

Pacifique :
contacts
fructueux

Fixation d’échantillons
végétaux dans l’azote
liquide pour analyses
moléculaires (Genetrop –
Montpellier).

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999

base innovantes, aptes à produire
projet de Plate-forme de

des connaissances et des résultats

recherche avancée, répon-

susceptibles d’un transfert rapide.

se de la France à l’ouvertu-

re lancée vers les instituts de

Plusieurs centres intéressés

recherche des pays du Nord par le

Les domaines de recherche concer-

président du GCRAI (Groupe consul-

nent essentiellement la génomique :

tatif de la recherche agricole interna-

l’étude de la variabilité génétique, la

tionale) en octobre 1997, entre dans

gestion et l’évaluation des ressources

sa phase de réalisation. En effet, lors

génétiques des plantes cultivées et

de la réunion à mi-parcours du

spontanées apparentées, la connais-

GCRAI à Pékin, en mai dernier, la

sance et l’organisation des génomes

délégation française a officiellement

végétaux, la génomique fonctionnel-

lancé un appel à propositions pour

le, le pilotage des transferts de gènes

des projets associant des centres

d’intérêt, soit par voie sexuée (intro-

internationaux de recherche agricole

gression, recombinaison), soit par la

aux établissements français. Elle

transformation génétique (génie

génétique), le développement d’une
physiologie végétale intégrée.
Plusieurs centres ont déjà manifesté
leur intérêt, notamment le Ciat, l’IRRI
et l’IPGRI* avec lesquels des discussions approfondies ont permis
d’identifier des sujets de recherche.
Un comité composé de quatre scientifiques français et internationaux de
haut niveau sélectionnera les propositions en fonction d’un certain
nombre de critères : qualité et innovation scientifiques, faisabilité, complémentarité des partenariats, pertinence pour le développement.
Agropolis, à Montpellier, sera le
point focal de cette opération dont la
clôture est fixée au 15 octobre prochain.

• Ciat : Centro internacional de agricultura tropical.
• IRRI : International Rice Research
Institute.
• IPGRI : International Plant Genetic
Resources Institute.


Afrique tropicale

La jachère joue de multiples rôles
dans les systèmes agraires en
Afrique tropicale. Elle rétablit la
fertilité des terres, grâce à une régénération de la végétation et
une restauration des propriétés
physico-chimiques des sols. Elle
permet également de lutter
contre les mauvaises herbes et les
parasites des cultures. Elle fournit
du bois de feu commercialisable,
de petits fruits et des produits de
pharmacopée traditionnelle. Elle
sert enfin de pâturage aux animaux, sédentaires ou transhumants.

La Jachère
bienfaits retrouvés

En savoir plus
La synthèse des travaux réalisés au
cours de la première phase du programme jachère et présentés lors du
séminaire de Dakar, doit paraître aux
Éditions John Libbey.

Défriche sur jachère au Burkina Faso.

La première phase de ce
programme a mis en
évidence l’utilité de la
jachère dans les systèmes
agraires. L’IRD entame la
coordination de la seconde
étape, plus opérationnelle.

à une seconde, à caractère plus opérationnel. Débutée en mai dernier,
pour trois ans, elle vise l’amélioration
et la valorisation de la jachère ou sa
substitution par d’autres pratiques.

L

Cinq pays de l’Afrique de l’Ouest
sont concernés : le Burkina Faso, la
Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger et
le Sénégal. Des institutions de
recherche agronomique ou forestière
de ces différents pays mettent
en place des recherches-développement concernant des pratiques de
gestion de la jachère ou des
méthodes de substitution. Ces pratiques ont été mises au point durant
la première phase du projet. Il
convient à présent de les valider en
milieu paysan.
L’IRD, initiateur du projet, continuera

es bienfaits de la pratique
de la jachère en Afrique tropicale ont été confirmés par
le bilan d’étape d’un considérable
programme de recherche et de développement. Celui-ci résulte d’un partenariat réussi entre des institutions
de recherche du Nord et du Sud.
La première phase s’est conclue par
un séminaire international organisé
par l’IRD sous l’égide de la Coraf1, du
13 au 16 avril 1999, et qui a réuni
plus de deux cents participants.
Les connaissances dégagées lors de
cette première phase servent de socle

Cinq pays concernés

Coraf : Conférence des responsables de
recherche agronomique en Afrique de
l’Ouest.
2 NRI : National Research Institute.

Contact
Guy Pontanier : ponpon@ird.sn

Symposium international
pour petits mammifères
Du 4 au 9 juillet s’est tenu à Paris, dans l’auditorium de
la Grande galerie de l’évolution du Muséum national
d’histoire naturelle, le 8e Symposium international sur les
petits mammifères africains. Ces rencontres quadriennales sont l’occasion pour des scientifiques du monde
entier de faire le point sur l’avancement des connaissances sur les faunes de rongeurs, insectivores, chiroptères et petits carnivores d’Afrique. À l’origine réunion
de systématiciens-biogéographes, cette manifestation
s’est étendue au fil du temps à l’écologie, puis à l’écophysiologie et cette année aux problèmes de gestion des faunes nuisibles à
l’agriculture africaine et à la santé humaine. C’est dire l’intérêt croissant que
suscite ce domaine de recherches. L’IRD, co-organisateur de ce symposium
international avec le laboratoire « Mammifères & Oiseaux » du Muséum, était
représenté par ses chercheurs basés au Mali, au Niger et à Madagascar. Le
comité scientifique avait sélectionné 5 conférences plénières, 64 communications et 48 posters, permettant des présentations et des discussions d’une
haute tenue scientifique qui ont renforcé l’attrait de cette manifestation pour
les 125 scientifiques présents. Outre de nombreux chercheurs sud-africains,
on a pu apprécier la présence d’une importante délégation venue d’Algérie
qui a noué de fructueux contacts. L’intérêt des thèmes abordés s’est traduit
clairement par la présence remarquée de nombreux étudiants venus assister
aux débats.
Les actes de ce symposium seront publiés par l’IRD et la prochaine rencontre

aura lieu en Tanzanie.

* CIO : comité inter-organismes Cirad,
Inra, IRD.
* Ciat : Centro internacional de agricultura tropical.

Racines de Manioc.

Pacifique Sud

sociales (santé et éducation commu-

Ambition internationale
pour les petites îles

miques), terrestres (agriculture et

Pour mieux maîtriser leur
développement, les pays
et territoires dispersés
dans cette région du
monde disposent de
l’assistance d’une
structure internationale.
Celle-ci appuie son
intervention sur de
multiples partenariats.

sources marines. Un programme de

disposent

de technique et de développement :
le

Secrétariat

général

de

la

Communauté du Pacifique (CPS,
anciennement connue sous le nom
de Commission du Pacifique Sud)
représente, en particulier pour les
petits pays insulaires, un moyen d’accès privilégié à l’aide régionale.
Depuis son siège de Nouméa
(Nouvelle-Calédonie), situé à côté
des bâtiments de l’IRD, et son anten-

times).
Afin de mieux remplir sa mission, la
CPS établit divers partenariats. Celui
qui la lie à l’IRD permet d’effectuer
une recherche appliquée sur les rescommun

IRD-CPS,

« CoRéUs » (typologie des communautés récifales et de leurs usages
dans le Pacifique insulaire), étudie les
relations entre les communautés
vivantes, les ressources et leurs
usages. CoRéUs se situe en amont
du projet CPS SPRCARF (South
Pacific

d’un

organisme international d’ai-

socio-écono-

pêche hauturière et affaires mari-

recherche

es pays et territoires du
Pacifique

affaires

foresterie) et marines (pêche côtière,

Photo CPS

L

nautaires,

Le bâtiment de la Communauté du Pacifique jouxte ceux du Centre IRD.
ne de Suva (Fidji), la CPS emploie
plus de deux cents agents. Ceux-ci
dispensent conseils, assistance et formation techniques, et entreprennent
des recherches spécialisées au service
des vingt-deux pays et territoires
insulaires de Mélanésie, Polynésie et
Micronésie. Cette structure bilingue
(anglais-français) a en effet pour
objet d’améliorer le bien-être des

populations océaniennes en leur
donnant les compétences et les
capacités qui leur permettront de
décider, en connaissance de cause,
de leur développement futur.

Regional

5

Photo B. Marin

Photo S. Dugast

1

L’intérêt d’une collaboration pluriannuelle pour la recherche en
génétique du manioc a été souligné
par le Ciat et l’IRD, lors de la réunion
de concertation CIO/Ciat qui s’est
tenue à Montpellier du 22 au
24 juin. La constitution de nouvelles
UR (unités de recherche) fournirait
ainsi un cadre de référence à quatre
ans.
Les priorités de recherche définies
par consensus portent, entre autres,
sur la caractérisation du contrôle
génétique de la résistance à la bactériose du manioc, sur la résistance du
manioc à la mouche blanche, devenue un enjeu majeur en Amérique
latine et, en liaison avec le projet de
Plate-forme de recherche avancée
Agropolis et l’UMR (unité mixte de
recherche) « Génomique », sur les
EST (Expressed Sequence Tags de
gènes de résistance ou impliqués
dans la qualité de l’amidon). Les
perspectives ouvertes par ce dernier
projet devraient permettre d’intéresser des acteurs privés. Il a été proposé qu’un accord sur la stratégie et les
priorités soit rapidement soumis à la
signature des trois parties impliquées : Ciat, IRD, UMR.


Partenaires

d’assurer une mission de coordination et d’assistance scientifique et
technique, nécessaire au bon déroulement du projet. Ce qui implique
également la participation de chercheurs provenant du Cirad, du CNRS
et du NRI2, comme cela s’est produit
durant la première phase.


Manioc :
de nouvelles
perspectives
avec le Ciat

Comparative

Assessment of Reef Fisheries Project)
qui devrait être financé par l’UE et
vise à combler le manque d’informations sur les pêcheries récifales en
Océanie. Échanges et coopération
technique existent également de
longue date sur les thonidés dans le
Pacifique et leurs relations avec l’environnement.
Ces relations ont été formalisées par
la signature d’une convention entre

Ressources sociales
et marines

Bob Dun, son directeur général, et le

La CPS exerce son activité dans les

de sa mission dans le Pacifique, en

domaines privilégiés des ressources

juin dernier.

président de l’IRD, Philippe Lazar, lors


Coraf :
XIIe réunion
plénière
La Conférence des responsables
de recherche agricole en Afrique du
Centre et de l’Ouest (Coraf), s’est
réunie du 6 au 12 juillet à Bangui
(Centrafrique). La validation d’un
plan stratégique dans ce domaine
constituait le principal objectif. C’est
à la Coraf que revient la mission de
mettre en œuvre et d’organiser un
cadre de coopération et de coordination durable et efficace, à l’échelle
sous-régionale. Cet échelon territorial doit consolider son audience
internationale. À cet effet, la concertation sera renforcée aux niveaux
régional (à travers le Fara : Forum
africain de la recherche agricole) et
international (à travers le GFAR :
Global Forum for Agricultural
Research).
Les participants ont examiné, par
grandes zones agro-écologiques, les
priorités régionales susceptibles de
faire l’objet de coopérations entre les
différents partenaires. L’établissement d’un cadre de négociation
implique une refonte des organes de
gouvernance de la Coraf et le renforcement des capacités des systèmes
nationaux de recherche agricole.
Pour financer la recherche agricole,
le groupe de travail Coraf/SpaarBanque mondiale, mandaté par la
réunion des ministres de l’Agriculture
d’Abidjan (avril 1998), propose la
création d’un fonds régional compétitif, similaire à celui existant en
Amérique latine.


Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999


L a g o n s

Mieux comprendre l’influence de la
morphologie de l’atoll sur le fonctionnement de son lagon, tel était
l’enjeu de ce programme de
recherches, conduit de 1994 à 1999,
sur l’archipel des Tuamotu, en
Polynésie française. Les Tuamotu
représentent la plus grande concentration d’atolls de la planète. Avec la
pêche, la culture de la perle noire et
le tourisme, ils offrent à la Polynésie
de fabuleuses richesses écologiques,
culturelles et économiques. Ces ressources proviennent pour l’essentiel
des lagons. Or, ceux-ci présentent
une très grande diversité liée à la
variété morphologique des atolls :
leur surface varie de 1 à 1 600 km2
et leur profondeur de 2 à 100 m.
Certains sont ceinturés par une couronne de récifs largement immergée
qui laisse pénétrer les eaux de
l’océan, tandis que d’autres sont
quasi confinés.


Étonnante

d ’ a t o l l

mais fragile biodiversité

32 chercheurs
associés au
programme
Typatoll
Typatoll est une composante du
Programme national de recherche
sur les écosystèmes coralliens
(PNRCO). Coordonné par l’IRD, il a
associé, à des degrés divers, 32
scientifiques appartenant au service
des ressources marines de Polynésie,
à l’EPHE (École pratique des hautes
études), à l’UFP (Université française
du Pacifique), à l’Ifremer, au CNRS,
ainsi que des chercheurs des universités de San Francisco (États-Unis) et
de Laval (Canada).


Comment expliquer
une telle variété ?
Ces différences sont,
d’une part, liées à la
plus ou moins grande
communication
lagons

avec

des
l’océan.

Ainsi, plus un lagon
d’atoll

est

isolé

de

l’océan, plus sa biomasse en phytoplancton ou
en mollusques bivalves
(huîtres

perlières

notamment) est importante. Cet isolement le

Photo B. Salvat

Pendant cinq ans,
quatorze atolls
des Tuamotu
ont été
cartographiés,
inventoriés,
analysés.
Entretien avec
Philippe Dufour,
océanographe
de l’IRD et
coordinateur
du programme
Typatoll.

« protège » en effet de
la pauvreté des eaux de
l’océan qui, lorsqu’elles
entrent dans le lagon,

Anuanurunga, un atoll ouvert des Tuamotu. La couronne de récifs
est largement immergée.

en diluent les eaux plus riches. À
l’inverse, la diversité et l’abondance des coraux sont plus grandes
dans les lagons bien ouverts sur

loppement mal contrôlé. Ils pour-

d’un

du

l’océan. Les coraux qui ont besoin

ront aider les gestionnaires à choi-

synthèse de ces recherches per-

p r o g r a m m e

de lumière, préfèrent en effet les

sir l’utilisation la plus adaptée au

mettra de mettre les principaux

Typatoll soulignent

eaux

et

type d’atoll : perliculture, pêche,

résultats à la disposition des

la diversité écolo-

pauvres en matières en suspen-

tourisme ou réserve naturelle. La

scientifiques spécialisés et d’un

d’atoll.

sion. D’autre part, le nombre d’es-

réalisation

d’une

très large public : enseignants et

N’est-ce pas paradoxal alors

pèces et la biomasse des poissons

banque de données de référence

étudiants, gestionnaires et déci-

qu’ils paraissent tous sem-

augmentent avec la taille du lagon.

disponible sur Internet, ainsi que

deurs.

blables ?

Dans un même atoll, certains habi-

Les lagons d’atoll du Pacifique,

tats apparaissent plus riches que

ceux des Tuamotu ou d’ailleurs,

d’autres, comme les passes, les

semblent effectivement à première

pinacles (pâtés coralliens) ou les

vue identiques : eaux turquoise,

littoraux situés à l’ouest (non pro-

sable blanc, couronnes de coco-

tégés des vents dominants).

es

gique

des

résultats

lagons

très

transparentes

Six campagnes
océanographiques

tiers... Ces similitudes cachent en

Pour prospecter les 14 atolls sélectionnés, les scientifiques ont conduit
six campagnes sur un patrouilleur de
la Marine nationale, La Railleuse, et
sur le navire océanographique de
l’IRD, l’Alis. Plusieurs atolls n’étant
pas accessibles par ces navires, il a
fallu les aborder à la « paumotu »,
autrement dit en échouant une
baleinière sur les récifs extérieurs.
Cela fut parfois périlleux à cause des
vagues déferlantes et de l’agressivité
du corail.


peuvent être très significatives : le

Ces résultats devraient contribuer

plus riche, par exemple, produit

à une meilleure gestion de ces éco-

quarante fois plus de phytoplanc-

systèmes éminemment fragiles et

ton que le plus pauvre.

aujourd’hui menacés par un déve-

fait une grande variété en termes
de biomasses, de biodiversité et de
fonctionnement. Ces différences

prochaine

CD-Rom

présentant

une



50 atolls
cartographiés
et 14 sites d’étude

Comment peuvent être utilisés les différents acquis de
ce programme ?

Banc de poissons dans une passe.
Le programme Typatoll, dans
les 14 atolls étudiés, a recensé
300 000 poissons appartenant
à 302 espèces.

Les pinacles servent de support ou d’abri à de nombreux animaux
comme les huîtres (ici Pinctata margari tefera) qui recèlent la
célèbre perle noire.

Photo P. Laboute

Photo P. Laboute

Glossaire

Compte tenu des contraintes logistiques, les études ne pouvaient porter
en détail sur la totalité des soixante
dix-sept atolls des Tuamotu. Une cin-

quantaine ont tout d’abord été cartographiés par télédétection satellitaire. Ceci a permis d’établir des cartes à haute résolution qui jusqu’alors

Atoll : île, située en haute mer, formée d’une couronne de corail édifiée
sur un ancien volcan sous-marin et
d’un lagon central, étendue d’eau
marine de profondeur variable.
Passe : entaille profonde dans la
couronne de récifs qui permet le passage des embarcations.
Motu : îlot corallien faisant partie
de la couronne de récifs.

n’existaient pas. Sur la base de ces données cartographiques et en fonction de quelques critères morphométriques (taille et forme des lagons,
degré de communication avec l’océan, orientation de cette communication par rapport aux vents dominants), les chercheurs ont sélectionné
quatorze atolls représentatifs, parmi lesquels Takapoto, célèbre atoll perlier, et Tikehau, riche en poissons. Les chercheurs y ont procédé alors à
des analyses chimiques et biologiques de l’eau, à des mesures de biomasses et à un inventaire des espèces pélagiques (poissons) et benthiques (organismes inféodés aux fonds : coraux, algues, mollusques,

Contact
Philippe Dufour, IRD – Station
marine
d’Endoume,
Marseille,
dufour@ird.rio.net


Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999

Photo J. Orempuller

Recherches
6

Le programme
Typatoll

crustacés, etc.). Dans ces quatorze lagons, les chercheurs ont ainsi
recensé en plongée près de 300 000 poissons, appartenant à
302 espèces.




Les cartes socio-dộmographiques des camps de rộfugiộs, une aide
prộcieuse pour les ONG. La localisation des enfants de moins de
5 ans est utile par exemple aux campagnes de vaccination.

P o p u l a t i o n s

r ộ f u g i ộ e s

e t

C omment
les sciences
sociales,
habituộes
lanalyse
des
faits
sur la longue durộe,
peuventelles rendre
compte
des dộplacements de populations supposộs
ộphộmốres, parfois fortuits et clandestins ? Que peut apporter la
recherche la comprộhension de ces
situations durgence et de crise dans
lesquelles vivent rộfugiộs ou dộplacộs ? Telles sont les questions au
cur de cet ouvrage qui rassemble
des travaux de recherche prộsentộs
dans le cadre du sộminaire
ô Migrations forcộes de populations :
rộfugiộs, dộplacộs, migrants ằ coorganisộ par le Centre dộtudes africaines (CNRS/EHESS) et lIRD
(Programme Dimensions ộconomiques et sociales du dộveloppement). Sappuyant sur des exemples,
passộs ou prộsents, de communautộs
dộracinộes en Asie du Sud-Est, en
Afrique, en Amộrique latine et aussi
en France, ce livre aborde de nombreux thốmes : lenvironnement,
lidentitộ, la protection juridique, les
relations avec les populations daccueil, le rụle des organisations humanitaires, le retour aprốs lexil...


d ộ p l a c ộ e s

Quelle recherche
pour lurgence ?
Les dộplacements massifs de populations,
engendrộs par des guerres, des calamitộs
naturelles ou des opộrations
de dộveloppement, font rộguliốrement
la une des mộdias. Aux cụtộs
des journalistes qui tộmoignent
et des organisations humanitaires qui
agissent, y a-t-il une place pour la
recherche face ces situations de crise et
durgence ?

Photo I.Sauquet (IRD-Nutriset)

I n t e r v i e w

Une pratique

autonome du terrain
quasiment impossible

P



Jeune enfant en train de
manger le produit de
nutrition Plumpynut.

rofesseur de sociologie luniversitộ de Lille, spộcialiste

Un mộdecin nutritionniste de lIRD a
mis au point avec la sociộtộ Nutriset
un nouveau produit (Plumpy Nut)
destinộ rộalimenter les personnes
souffrant de malnutrition sộvốre. Cet
aliment haute valeur ộnergộtique
constitue une prộcieuse innovation.
Associant produits lactộs en poudre,
põte darachide, vitamines et minộraux, cet aliment prờt consommer
ne nộcessite pas ladjonction deau,
source de contamination bactộrienne. Il savốre ainsi parfaitement adaptộ aux contextes sanitaires souvent
trốs difficiles auxquels sont confrontộes les organisations humanitaires
dans les camps de rộfugiộs.


de lAfrique des Grands Lacs, Andrộ Guichaoua ộvoque les

difficultộs auxquelles peuvent ờtre confrontộs les chercheurs
et dộplacộes.

n ouvrage publiộ par
ô Dans la rộgion des Grands Lacs (notamment le Rwanda, le Burundi et

firmative. Des recher-

lex-Zaùre), comme dans de nombreuses rộgions en proie aux guerres
Photo L. Cambrezy

lIRD1 rộpond par laf-

listes en systốmes dinformation
gộographique et en cartographie
en offrent une illustration. Avec le
Haut commissariat aux rộfugiộs,
lIRD a en effet mis en uvre au
Kenya un programme de cartogra-

civiles, les autoritộs montrent une hostilitộ assez gộnộrale toute forme
dinvestigation non contrụlộe. Dans le domaine de la recherche, les premiốres victimes de cette conception de linformation dirigộe sont les
scientifiques nationaux soumis des pressions ouvertes ou des menaces
plus subtiles. Pour les chercheurs ộtrangers, la marge de manuvre est

Distribution des rations
alimentaires dans un camp
du Kenya.

un peu plus grande. Mais ils subissent des chantages aux visas et doivent
ờtre gộnộralement protộgộs lors de leurs dộplacements hors des capi-

phie des camps de rộfugiộs et de

questions de logistique et de loca-

tales. La pratique autonome du terrain et de lenquờte est alors souvent

leur environnement immộdiat. La

lisation des rộfugiộs. Sappuyant

impossible, au risque de se mettre en danger soi-mờme et surtout ses

dynamique parfois trốs rapide des

sur des recensements dộmogra-

informateurs. Du fait de cette rupture obligộe avec le terrain, lessentiel

camps et, de ce fait, la nộcessitộ

phiques, elle offre une reprộsenta-

de la production scientifique actuelle sappuie sur des informations dộj

dune actualisation frộquente des

tion actualisộe des principales

ộlaborộes par les seuls tộmoins autorisộs (autoritộs, ONG, milieux diplo-

cartes ont conduit les chercheurs

caractộristiques socio-dộmogra-

matiques, reportages de journalistes). Pour pallier ce dộficit dinforma-

ộlaborer une mộthode cartogra-

phiques des populations. Enfin,

tion, un comitộ scientifique composộ duniversitaires amộricains, belges,

phique adaptộe. Celle-ci met en

elle contribue ộvaluer limpact

canadiens, franỗais et suisses a crộộ, en 1996, le Rộseau documentaire

uvre des techniques ô lộgốres ằ

sur lenvironnement de ces con-

international sur la rộgion des Grands Lacs africains. Les ộtablissements

relativement autonomes et peu

centrations soudaines et brutales

universitaires de la rộgion en font aujourdhui partie et le Rộseau a pu

coỷteuses (levộs par GPS, acquisi-

de plusieurs dizaines de milliers

ouvrir un bureau Bujumbura en avril dernier. ằ

tion

dimages

de personnes. Au regard du peu
dộtudes menộes sur la dimension

par un systốme dinformation gộo-

spatiale des phộnomốnes en jeu,

graphique). Le HCR a pu ainsi dis-

cette analyse gộographique ouvre

poser dune image complốte des

la cartographie un domaine oự

camps de rộfugiộs du Kenya avec

celle-ci est encore sous-utilisộe.

une dộfinition environ dix fois

Avec la carte pour langage, lana-

supộrieure celle que lon peut

lyse gộographique peut devenir un

obtenir avec les images provenant

indispensable complộment dune

de satellites civils. Cette cartogra-

assistance humanitaire adaptộe et

phie permet de rộpondre des

soucieuse defficacitộ.



LAfrique des
Grands Lacs
sur CD-Rom



1

V. Lassailly-Jacob, J.-Y. Marchal,
A. Quesnel (ộditeurs scientifiques),
Dộplacộs et rộfugiộs. La mobilitộ
sous contrainte, IRD ẫditions, 1999.

Entrepụts du Programme mondial
alimentaire dans une camp de
rộfugiộs somaliens au Kenya.

Photo L. Cambrezy

numộriques

aộriennes, traitement des donnộes

7

Traiter
la malnutrition
sộvốre

sur le terrain, dans leurs ộtudes sur les populations rộfugiộes

ches conduites par des spộcia-

Recherches

Photo UNHCR-IRD

Mosaùque aộrienne de la partie centrale du camp
de Hagadera (est du Kenya) qui abrite plus de
30 000 personnes.

De multiples documents essentiels
la comprộhension de la rộgion des
Grands Lacs africains, qui compte
des millions de rộfugiộs, dộplacộs,
dispersộs, ne peuvent ờtre consultộs,
faute de diffusion. Aussi le Rộseau
documentaire international sur la
rộgion des Grands Lacs sest-il fixộ
pour objectif de diffuser une information aussi complốte que possible,
en regroupant sur CD-Rom une
documentation souvent difficilement
accessible (ô littộrature grise ằ).
Ces CD-Rom, publiộs deux fois par
an (au total, 10 000 pages de texte)
constituent une base documentaire
pour les acteurs nationaux et internationaux, les chercheurs, les enseignants. Pour en savoir plus :
http ://www.grandslacs.net


Sciences au Sud - Le journal de lIRD - n 1 - septembre/octobre 1999


8

L ’ A m a z o n e

L’Amazone est un fleuve singulier.
Par son gigantisme tout d’abord. Son
bassin de plus de 6 millions de km2
couvre 5 % des terres émergées du
globe et s’étend sur sept pays (le
Brésil, le Pérou, la Bolivie, la
Colombie, l’Équateur, le Vénézuéla,
la Guyane). Son débit à l’embouchure – 209 000 m3/seconde – représente 6 600 milliards de m3 d’eau douce
déversés en moyenne par an dans
l’océan Atlantique (soit 15 % des
apports en eau douce des océans).
Cette quantité d’eau considérable
résulte surtout de l’immense superficie du bassin amazonien et de sa
situation à cheval sur l’équateur,
l’une des régions les plus pluvieuses
du monde. Singulier, le bassin amazonien l’est également par son régime hydrologique. Après avoir dévalé
les pentes vertigineuses des Andes
ou du bouclier guyanais, il lui reste,
lorsqu’il entre au Brésil, près de
3 000 km à parcourir jusqu’à l’océan.
Sur cette distance, le dénivelé total
n’est que de 60 mètres. De ce fait,
les eaux ne s’écoulent pas de façon
classique mais sont poussées par
l’onde de crue des affluents d’origine
andine.


Des chercheu
grand fleuve d
Hydrologues, géochimistes, hydrobiologistes, ichtyologues...
nombreux sont les chercheurs de l’IRD à scruter les eaux
« noires » ou « blanches » de l’Amazone, depuis leurs sources
dans les Andes jusqu’à leur embouchure, sur les rivages
de l’océan Atlantique.

Eaux blanches,
eaux noires

Exploration hydrologique
de l’Amazone

Dans le bassin amazonien, on distingue les eaux « blanches », originaires des Andes et chargées de sédiments, des eaux « noires ou claires »,
issues des boucliers brésiliens et
guyanais, pauvres en matières en
suspension.


Le programme
HiBAm
Dans le cadre d’un convention avec
le CNPq (Conseil national de développement scientifique et technologique, Brésil), le programme HiBAm
(Hydrologie du bassin amazonien) est
réalisé en coopération par l’IRD,
l’UnB (Université de Brasilia) et
l’ANEEL (Agence nationale d’énergie
électrique, Brasilia). Il associe, entre
autres, l’Institut de géosciences et le
département d’ingéniérie civile de
l’université de Brasilia, le SENAMHI
(Service national de météorologie
et d’hydrologie) et l’Université Mayor
de San Andrés en Bolivie, ainsi
que l’INAMHI (Institut national de
météorologie et d’hydrologie) en
Équateur.


la

’immensité du bassin

ments climatiques, comme ceux

affluents,

amazonien, la variété

générés par El Niño, sur la varia-

Guyot, coordinateur du program-

des espaces géogra-

bilité du régime hydrologique du

me.

phiques qu’il traverse,

bassin. Pour mener à bien ces

années du programme, nous avons

puissance

et

origines

cours

des

Jean-Loup
premières

recherches, il était indispensable

pu, entre autres, déterminer de

diverses des cours d’eau qui le

de

de

manière précise les contributions

parcourent rendent son étude par-

mesures fiable et performant sur

respectives des rios Solimões,

ticulièrement complexe. Afin de

l’ensemble du bassin amazonien, y

Madeira

pouvoir disposer des très impor-

compris dans les régions les plus

affluents de l’Amazone au Brésil,

tants

moyens

les

Au

souligne

d’un

réseau

et

Negro,

principaux

et

éloignées et d’accès difficile. Aux

évaluer les apports totaux de ce

côtés du réseau hydrographique

bassin à l’océan Atlantique, mettre

recherches, l’IRD et trois orga-

déjà existant et géré par l’ANEEL,

au point un modèle de prévision

nismes

CNPq,

le programme HiBAm a suscité la

des crues à Manaus, la plus gran-

l’ANEEL et l’UnB, ont signé en

mise en place d’un réseau de télé-

de ville d’Amazonie, et effectuer

1994 un accord de coopération

transmission satellitaire des don-

une première régionalisation des

scientifique, à l’origine du pro-

nées hydroclimatiques et la créa-

débits des différents cours d’eau

gramme

objectif

tion de stations de référence spé-

du bassin. »

essentiel : améliorer les connais-

cialement équipées pour la mesure

sances acquises depuis le début du

des flux d’eau et de matières.

Récemment, les hydrologues ont, à

sols où les teneurs sont dix fois

siècle sur l’hydrologie et la géochi-

« Les nombreux résultats obtenus

l’aide d’un courantomètre à effet

supérieures à celles des pays tem-

mie du bassin amazonien. Ce pro-

depuis le lancement de HiBAm

Doppler, réalisé des campagnes de

pérés.

gramme vise également à évaluer

permettent aujourd’hui de mieux

mesures dans la partie aval du

l’Universidad

les apports du fleuve dans l’océan

appréhender la dynamique hydro-

bassin, de Santarem à Macapà, où

Andres à La Paz, de l’Université

Atlantique. Enfin, il s’attache à

climatique éminemment complexe

les débits de l’Amazone ont été

fédérale de Rio de Janeiro et de

déterminer l’impact des change-

et diversifiée du fleuve et de ses

mesurés pour la première fois. La

nécessaires
brésiliens,

HiBAm.

le

Son

à

a contamination par le
mercure constitue un
problème de plus en
plus

préoccupant

dans le bassin amazonien. Le mercure provient du dégazage de
l’écorce terrestre et, surtout, de
l’exploitation aurifère coloniale et
actuelle. Il s’est accumulé dans les

rapidité de mise en œuvre de cet
équipement a permis de suivre,
sur plusieurs cycles journaliers,

Manaus 99

l’impact de la marée sur les débits

Du 15 au 19 novembre, un symposium international organisé dans le
cadre du programme HiBAm se
réunira à Manaus. Au cœur des
débats : l’hydrologie, la géochimie et
l’écohydrologie des plus grands bassins fluviaux de la planète, leur rôle
sur les flux de matières et leurs
apports aux océans. Réunis à cette
occasion, 250 chercheurs et experts
originaires de 40 pays accorderont
une attention particulière à l’Amazone et aux fleuves tropicaux.

d’une sonde équipée d’un capteur

Contact

temps. De ce fait, l’impact

manaus99@apis.com.br

Bolivie : des
contaminés

ces

humains

techniques

disposer

Photo J.-L. Guyot

Recherches

Singulier
Amazone

Des

chercheurs
Mayor

de

de
San

La Bolivie compte plus de
60 000 chercheurs d’or.
L’orpaillage est l’une des sources
de contamination des cours
d’eau amazoniens par
le mercure.

du fleuve. L’acquisition récente
de turbidité a, en outre, permis
d’explorer, dans la section jaugée,
la distribution des sédiments en
fonction de la profondeur et d’améliorer

ainsi

l’estimation

des

apports sédimentaires à l’océan
Atlantique. Enfin, grâce au réseau
des stations de référence, il a été
possible de suivre la variabilité de ces apports dans le
du phénomène El Niño de



Pour en savoir plus sur
le programme HiBAm :
http ://www.unb.br/ig/
hibam/hibam.htm

1997-1998 sur le débit
des flux de matières de
l’Amazone et de ses
principaux affluents a pu

 Laboratoire de cartographie appliquée de l’IRD.

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999

être évalué.



n
s/ oi
tra rg
Fa -Bou
.
A e
o ic
ot ur
Ph . Ma
L


Une quarantaine
d’espèces de
piranhas sont
recensées dans le
bassin amazonien
et les Guyanes.

Piranhas

Photo M. Jégu

rs sur le plus
de la planète
Patrick Seyler, hydrogéochimiste
de l’IRD : « L’Amazone,
un laboratoire naturel idéal »

« L’analyse chimique des matières en suspension et

Recherches

Michel Jégu, ichtyologue de l’IRD,
étudie les Serralsamidae, sous-famille à laquelle appartiennent les piranhas. « Quatre espèces de piranhas
carnivores, et autant de Pacu, leurs
cousins mangeurs de fruits, sont toujours signalées ensemble en
Amazonie occidentale, du sud de la
Bolivie à la Colombie, et vers l’est
jusque dans la région de Manaus, at-il montré récemment. Plus en aval,
ces espèces se cantonnent dans les
eaux blanches issues des Andes et
pénètrent rarement dans les eaux
noires ou claires originaires des boucliers guyanais et brésiliens. Près de
l’embouchure de l’Amazone et le
long des marais côtiers de l’Amapà,
ce groupe s’appauvrit régulièrement
jusqu’à l’Oyapock, fleuve à la frontière entre la Guyane française et le
Brésil. Leur présence à cet endroit
indiquerait une progression récente
des poissons amazoniens vers le
nord, autour du bouclier guyanais.
De ce fait, l’Oyapock constituerait la
limite la plus septentrionale jusqu’à
laquelle s’avancerait la faune aquatique d’Amazonie centrale. »


9

dissoutes dans les cours d’eau offre des données
indispensables pour évaluer les phénomènes d’éroterre. La quantification de ces flux de matières dans
les grands fleuves est également essentielle pour
Photo J.-L. Guyot

Photo J.-L. Guyot

sion et d’altération qui ont lieu à la surface de la

comprendre les cycles biogéochimiques planétaires
– le cycle du carbone notamment. Par sa taille et
parce qu’il demeure relativement peu transformé

par l’homme, le bassin amazonien constitue un laboratoire naturel idéal
pour étudier ces phénomènes à l’échelle d’un continent. Récemment, dans
le cadre du programme HiBAm, nous avons conduit une étude sur les éléments traces (métaux, métalloïdes, terres rares) dans le cours inférieur

Topographie
de l’Amazone

de l’Amazone et ses principaux affluents. Ces éléments servent en effet de
marqueurs des processus d’altération ou d’érosion, et permettent égale-

Le fleuve Amazone en crue. L’un des acquis du programme HiBAm :
la mise au point d’un modèle de prévision des crues à Manaus.

exemple, les concentrations d’éléments dissous que nous avons relevées
dans certains affluents de l’Amazone sont parmi les plus faibles jamais
enregistrées dans un cours d’eau. De telles concentrations sont caractéristiques de régions non contaminées et éloignées des sources de pollution

Traversée périlleuse d’un
affluent du rio Béni où les
chercheurs effectuent des
prélèvements.

atmosphérique. Bien que faibles, les concentrations en plomb, cadmium,
nickel, cobalt et zinc mesurées aux environs de Manaus témoignent

Photo J.-L. Guyot



cependant de rejets polluants. »

Photo A. Fatras/L. Maurice-Bourgoin

cours d’eau
par le mercure

ment d’identifier des phénomènes de pollution de l’environnement. Par

Biodiversité en
Amazonie bolivienne
uels sont les facteurs qui

écologiques

déterminent la biodiversi-

L’intérêt de cette démarche est

très

diversifiées.

té du milieu aquatique

d’offrir une vision globale des diffé-

dans le bassin amazonien bolivien ?

rents types d’écosystèmes aqua-

des taux de mercure quatre fois

Telle est la question centrale du

tiques rencontrés dans ce bassin

supérieurs au seuil au-delà duquel ce

programme

immense

dans le bassin du rio Béni, l’un des

métal est considéré comme dange-

conduit depuis 1997 en Bolivie, en

connu et très difficile d’accès. Ceci

principaux

reux pour la santé. Or, ces poissons

collaboration avec l’Institut d’écolo-

offrira des bases scientifiques

la contamination par le mercure
sites

d’exploitation

aurifère en Bolivie.

constituent l’un des aliments de base

Les analyses ont révélé que la conta-

des populations indigènes vivant sur

mination n’est pas perceptible dans

les rives du Béni. » Chez ces rive-

les rivières où l’or est exploité, mais

rains, les taux de mercure sont ainsi

deux cents kilomètres en aval, dans

près de deux fois supérieurs au seuil

la plaine amazonienne où les

marquant le début d’un empoisonne-

teneurs atteignent six fois

ment. Plus préoccupant encore, les

la moyenne mondiale.

enfants de moins de cinq ans pré-

« L’ u t i l i s a t i o n

sentent des teneurs en mercure

du mercure n’en

deux fois plus élevées que celles de

demeure

Biobab

que

l’IRD

(700 000

km2),

peu

sérieuses permettant d’intégrer la
conservation et l’utilisation des
ressources en eau dans le dévelopPhoto J.-L. Guyot

l’IRD ont réalisé un diagnostic de

Inondation du rio Mamoré
près de Trinidad en Bolivie.

pement de la région. »
Le second volet de ce programme
concerne une vaste plaine située
autour de Trinidad et régulièrement inondée par le Rio Mamoré
sur 100 000 km2. La zone inondable où la plupart des espèces de

gie de l’université de la Paz, le

poissons du fleuve se reproduisent

SENAMHI

de

et où les juvéniles effectuent leur

Trinidad. « Cette question, explique

croissance, se caractérise par une

pas

leurs grands-parents. Ceci met en

moins un gra-

évidence un phénomène de contami-

ve problème

nation in utero dont les effets neuro-

J.G.Wasson,

du

extraordinaire productivité biolo-

dans

la

logiques sont plus graves que lors

Cemagref en accueil à l’IRD et coor-

gique. Cette étude vise à com-

région

du

d’une contamination pendant l’enfan-

dinateur du programme à la suite

prendre la dynamique de l’inonda-

ce ou l’âge adulte.

de Laurent Lauzanne, directeur de

tion à l’aide de la télédection radar

gne Laurence

Ce diagnostic, le premier du genre

recherche de l’IRD, nous amène

ainsi que le fonctionnement biolo-

Maurice-

réalisé en Bolivie, souligne l’urgen-

d’abord à définir des « hydro-écoré-

gique de cet écosystème. Les

Bourgoin, géochi-

ce d’engager, aux côtés de campa-

gions ». Autrement dit, nous cher-

résultats obtenus contribueront à

miste de l’IRD, qui a

gnes de prévention sur les risques

chons à expliquer la répartition des

définir les conditions hydrolo-

coordonné l’étude. En effet,

liés à l’utilisation du mercure, des

organismes aquatiques (inverté-

giques nécessaires au maintien de

70 % des poissons piscivores que

études sur les effets à long terme

brés et poissons) à une échelle

la richesse biologique de la plaine



régionale, en fonction de conditions

d’inondation.

Béni,

souli-

nous avons collectés présentent

de cette contamination.

et

l’université

hydrobiologiste

La situation topographique des deux
cent vingt stations hydrométriques
sur l’Amazone au Brésil n’est pas
connue. Ceci rend impossible l’analyse de la pente du fleuve entre deux
stations et le
recours à la modélisation hydrodynamique pour la
prévision des crues
ou l’étude du
transport de sédiments. Un projet
vise à déterminer
les altitudes par
rapport au niveau de la mer des quarante principales stations hydrométriques sur 6 000 km de cours d’eau,
en couplant l’altimétrie satellitaire et
les modèles de géoïde (déterminant
la topographie théorique de la surface océanique en tout point du
globe). La méthode, actuellement
testée sur 1 000 km du cours aval
de l’Amazone, sera étendue au Brésil
puis aux pays andins. Ce projet associe l’IRD, l’USP (Université de Sao
Paulo), l’IBGE (Institut brésilien
de géographie et statistiques) et
plusieurs partenaires français et brésiliens.




Le mercure
en Amazonie :
une expertise
collégiale
en vue
Une expertise collégiale organisée
par l’IRD en Guyane produira une
synthèse des connaissances sur la
présence, la dispersion et les effets
sanitaires et environnementaux du
mercure en Amazonie. Présent dans
les sols, le mercure est dispersé par
évaporation lors de la déforestation,
ainsi que par l’orpaillage. Le collège
d’experts, international, devra fournir des recommandations pour la
décision publique, l’aménagement
du territoire, la politique sanitaire. ●

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999


Qu’est-ce qui peut
motiver un chercheur à
franchir le pas de la
création d’entreprise ?
Questions à trois
entrepreneurs.

L o i

10

(directeur de recherche à l’IRD)
« Le rôle d’Adagesenvironnement est
différent de celui
d’une UR (unité de
recherche) ou d’une
US (unité de service). Les servicesconseils que propose cette société n’entrent pas dans
les missions de l’IRD. La vocation de
l’Institut est d’acquérir des connaissances utiles développement. C’est
une vocation d’excellence. Nous
mènerons la partie « activité de
développement », celle qui s’effectue avec le partenaire.
La création d’un certain nombre
d’emplois permanents est d’ores et
déjà prévue. Chaque contrat s’accompagnera également d’embauches
locales, d’experts, par exemple. Pour
cela, il était nécessaire de disposer
d’une structure. Responsable de mon
entreprise, la nouvelle loi me permet
de maintenir mes attaches avec mon
organisme de recherche. »

Passerelle
entre recherche
et création d’entreprise
Les chercheurs
publics peuvent
désormais
s’engager dans
la création
d’entreprise
en conservant
provisoirement
leur statut.

Contact
noel@orstom.rio.net



Ilias Stefas
(vacataire IRD sur une aide de l’Anvar)
« Je crois beaucoup
à mon projet. Mais
après avoir essayé
de vendre des
licences, nous avons
réalisé qu’il était
extrêmement difficile de trouver des
partenaires industriels dans ce
domaine de la santé humaine, étant
donné toutes les restructurations et
fusions des grands groupes de diagnostic. La création d’entreprise
n’était pas vraiment un choix au
départ mais elle s’est donc présentée
comme l’unique moyen de parvenir à
une concrétisation.
Au début, nous avons concentré nos
préoccupations sur les hépatites.
Puis, au fur et à mesure de la constitution du dossier, nous nous sommes
aperçus que d’autres débouchés
étaient possibles. Finalement, nous
ne serions peut-être pas parvenus à
ce constat si nous n’avions pas décidé de monter cette entreprise ! »

l ’ i n n o v a t i o n

innovantes. Les chercheurs ou
enseignants-chercheurs

bénéfi-

cient, tout particulièrement, d’un
aménagement notable de leur statut. Ils peuvent désormais participer à une création d’entreprise, en
tant que dirigeant, administrateur
ou associé, après avis, cependant,
de l’autorité dont ils relèvent. Au
bout de six ans au plus, ils disposent du choix entre le retour dans
le service public et l’appartenance
à l’entreprise. Durant cette période, détachés ou mis à disposition,
ils conservent leur statut de fonc-

es

connaissances

tionnaire.

issues de la recherche

Ceux qui ne souhaitent pas s’enga-

ainsi que moyens matériels et

« Notre pays dispose d’importantes

devraient plus facile-

ger dans cette voie peuvent tou-

humains à la disposition de jeunes

capacités en matière scientifique

ment trouver une tra-

jours apporter leur concours, sous

entreprises, moyennant rémuné-

et technologiques mais l’articula-

duction industrielle, grâce à la

forme de consultance, à une entre-

ration.

tion de ces découvertes et de ces

nouvelle loi sur l’innovation et la

prise qui valorise leur travaux et

Enfin, la loi instaure un éventail de

connaissances avec les activités

recherche. Le texte proposé par le

participer à son capital jusqu’à

conditions fiscales et juridiques

industrielles s’effectue moins faci-

ministre de l’Éducation nationale,

hauteur de 5 %.

plus favorables aux entreprises

lement que dans d’autres grands

de

la

Un autre volet de la loi s’applique

innovantes.

pays industrialisés. »

Technologie a été adopté définiti-

aux universités et aux organismes

Ce dispositif global devrait remé-

vement le 30 juin. Il introduit une

de recherche qui sont invités à se

dier aux insuffisances soulignées

série de dispositions destinées à

doter d’incubateurs. Cette opéra-

par le rapport d’Henri Guillaume,

Contact

stimuler la création d’entreprises

tion consiste à mettre des locaux

président d’honneur de l’Anvar :

Jean-Anne Ville : ville@paris.ird.fr ●

la

Recherche

et

de

Contact
stefas@melusine.mpl.ird.fr



Maurice
Raimbault

E n t r e p r i s e s

(a choisi la retraite pour créer son
entreprise)
« Certaines recherches que j’ai menées sur les aliments
tropicaux
peuvent se concrétiser par des applications qui intéressent
aujourd’hui l’industrie alimentaire européenne, au-delà
des métiers spécifiques de la
recherche pour le développement.
Mais pour aller plus loin dans les
applications, il me faut développer
les capacités locales de transfert. En
particulier pour les bioconversions et
les fermentations alimentaires.
L’idée de Probiotec, c’est également
de favoriser les transferts du laboratoire vers les PME-PMI. J’ai pu
constater au cours de ma carrière de
chercheur que les occasions de transfert concernent surtout les grandes
sociétés qui disposent des infrastructures de développement nécessaires.
Nous espérons que Probiotec pourra
apporter une contribution pour
ouvrir les résultats de la recherche
aux PME-PMI du secteur agro-alimentaire, en leur proposant des services et l’accès à des équipements
pour améliorer leurs fabrications et
transférer des innovations, non seulement en France, mais également
dans les pays en développement. »



i n n o v a n t e s

« Porteurs d’idées » IRD
Trois chercheurs de l’IRD ont décidé de créer leur entreprise.
Aperçu de trois projets.

complet de demandes de brevets
pour protéger la technologie innovante qui sera développée. Les
recherches concernant le dia-

Interface entre information
et décision

de d’approche originale et opéra-

des membres du consortium Adage

gnostic de l’hépatite B avaient

tionnelle d’aide à la décision.

n’étant

déjà bénéficié d’une aide de

L a société Adage-Environnement,

Celle-ci consiste à intégrer les

l’application, ce soin reviendra à

l’Anvar.

présentée par Jacques Noël, se

données scientifiques concernant

une structure réunissant les com-

Des produits pour la filière

situera en aval du projet Adage

l’environnement pour en faire des

pétences

(Aide à la décision en aménage-

informations claires, disponibles

et

ment et gestion de l’environne-

et utiles pour les décideurs (élus,

Cannes).

ment) qui s’est terminé en mai

chefs d’entreprise...) et les acteurs

Ce projet a été l’un des lauréats du

dernier, aboutissant à une métho-

de la société civile. La vocation

concours lancé par le ministère de

pas

d’en

développer

provenant

d’Alcatel

(ex.

de

l’IRD

bio

Aérospatiale

l’Éducation nationale, pour la
région Ile-de-France.

Probiotec projette de fabriquer
une gamme de produits à base de
bactéries lactiques amylolytiques
destinés à l’industrie agro-alimentaire. Ces ingrédients entreront
dans la composition d’aliments

Contact
maurice.raimbault@wanadoo.fr

t e c h n o l o g i q u e s

Photo C. Dejoux

Valorisations

Jacques Noël

s u r

Contamination de l’air à Mexico.

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999

Commercialiser un nouveau

diététiques pour les humains ou

test

dans l’alimentation animale.

Le projet d’entreprise porté par

L’origine du projet de Maurice

Ilias Stefas consistera à commer-

Raimbault remonte aux travaux

cialiser de nouveaux tests de suivi

qu’il a effectués avec d’autres

de la virémie ou de la bactériémie

chercheurs depuis 1987 sur les

lors d’infections par différents

aliments fermentés traditionnels

virus ou bactéries telles l’hépati-

tropicaux, essentiellement à base

te B, l’hépatite C et Chlamydia.

de manioc, et qui se sont traduits

L’IRD a déposé un portefeuille

par le dépôt de deux brevets.




Med-Hycos :
premier
séminaire
au Liban

O r l é a n s

À Orléans, le DEA sur l’environnement
attire des étudiants de plus en plus
nombreux. Jean-Paul Deléage, son
initiateur, en détaille le contenu.
’environnement est
un sujet vaste. Par
quels biais l’abordez-vous ?

peuvent accéder à ce diplôme par

Le DEA « Environnement : temps,
espaces, sociétés », Étès, a pour
sous-titre : « Gestion de la biodiversité et développement durable ». Comme l’indique son intitulé,
il est voué à réfléchir aux questions d’environnement, mais sans
les dissocier des divers problèmes
posés par le développement des
sociétés contemporaines. Avec une
approche plutôt sociologique, par
exemple des rapports entre économie et écologie.

une maîtrise d’économie... Ils ne

Quels étudiants sont concernés ?

Pendant un tronc commun initial de

La perspective étant largement
interdisciplinaire, les étudiants

collectivement à l’environnement,

des voies très diverses : une maîtrise de géographie ou d’écologie,
un diplôme d’ingénieur agronome,
se dispersent pas pour autant. Le
premier objectif est de leur permettre d’être capables de dialoguer avec des disciplines autres
que la leur. Un économiste qui a

Pour la deuxième phase, les étudiants choisissent entre quatre
options. La quatrième, « Environnement et sociétés », se déroule,
comme le tronc commun, à
Orléans, en collaboration étroite
avec les chercheurs du laboratoire
Ermès de l’IRD. Nous disposons à
la fois de ce soutien scientifique et
d’un soutien logistique (informatique, documentation...). Bon
nombre d’étudiants partent ensuite dans des centres IRD pour effectuer le stage de terrain qui conclut
leur diplôme. C’est un accueil précieux.

l’ambition de s’intéresser à l’environnement doit savoir échanger

À quoi se destinent-ils ensuite ?

avec des écologues ou des spécia-

Un certain nombre de thèses – une
quarantaine – ont été entreprises.
Mais le DEA entre seulement dans
sa cinquième année. Il est encore
trop tôt pour établir un bilan précis.
Pour l’instant, on peut constater
que le nombre de demandes croît
chaque année pour se situer aux
environs de quatre cents pour cin-

listes des climats, et inversement.
Comment s’organise une telle
diversité ?

trois mois, les étudiants réfléchissent
depuis différents points de vue.

Le libre choix
pour principe
’ambition de AIRE développement, et ce qui
fonde son originalité,
c’est la conviction que la
recherche scientifique n’est pas
uniquement utile à un développement à venir mais qu’elle est en soi
un développement déjà l’œuvre.
Pour mener à bien cette ambition,
l’Agence s’appuie sur deux principes : la nécessité de travailler en
équipe et celle de laisser ces
équipes libres du choix de leurs
programmes. L’équipe répond en
effet aux impératifs de la
recherche scientifique. Elle est
source de durée et lieu d’accumulation et de valorisation des
connaissances. Les équipes restent libre du choix de leur programme car leur motivation est

Comment se situe l’intervention de l’IRD ?

une garantie de leur qualité et de
leur efficacité.
AIRE développement inscrit son
action en cohérence avec le temps
de la recherche et soutient des
équipes pendant six ans. L’Agence
accorde aux équipes un budget de
fonctionnement et des bourses
individuelles de maintien à la
recherche pour qu’elles puissent
programmer et organiser leur travail et permettre aux chercheurs
de se consacrer pleinement à leur
métier. Elle propose également un
soutien scientifique pour aider les
équipes à s’affirmer.
Ce soutien scientifique et financier
se déploie sur six ans, mais il est
jalonné tous les deux ans par des
évaluations intermédiaires. Ces
évaluations visent autant à vérifier

que les équipes satisfont aux obligations de leur contrat avec AIRE
développement qu’à s’assurer
qu’elles progressent tant sur le
plan scientifique que sur celui de
leur structuration.
Fondé en 1993 par huit organismes de recherche français (le
Cemagref, le Cirad, l’Ined, l’Inra,
l’Inria, l’Inrets, l’IRD et l’Institut
Pasteur), AIRE développement est
un GIS (groupement d’intérêt
scientifique) dont le mandat vient
d’être renouvelé pour six ans.
Pour mener à bien sa tâche, AIRE
développement s’appuie sur trois
instances. Le conseil de direction
représente les organismes scientifiques membres du GIS, définit les
orientations stratégiques, arrête
les programmes d’activités et les
projets de budget annuel, décide
des équipes à financer. Le conseil
scientifique et technique procède à
l’évaluation des équipes et propose
et organise différentes formes de
soutien scientifique. Enfin, le
secrétariat permanent, accueilli
par le département « Soutien et

quante places. Cela s’explique
peut-être en partie par l’attrait
des méthodes pédagogiques assez
originales. L’enseignement repose
très largement sur des analyses de
livres. Chaque semaine, un groupe
d’étudiants réalise une revue de
presse sur l’actualité internationale concernant l’environnement et
le développement. Les étudiants
organisent eux-mêmes un colloque
en conclusion du tronc commun.
Envisagez-vous
tions ?

des

évolu-

Une des caractéristiques de ce
DEA est de mobiliser la participation de huit établissements, dont
certains accueillent les trois
options qui ne se déroulent pas au
laboratoire
Ermès :
Paris I,
Paris IV, Paris VII, l’INAPG, le
Muséum national d’histoire naturelle, l’Institut de géographie
national, l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud et
l’Université d’Orléans.
À partir d’octobre 2000, un DEA
ne pourra plus être réparti sur
plusieurs établissement universitaires. Nous devrons donc modifier
la forme de celui-ci, tout en gardant des contacts privilégiés avec
les organismes avec lesquels nous
avons déjà travaillé.

http ://medhycos.mpl.
ird.fr.

Contact
Laboratoire Ermès – Technoparc
– 5, rue du Carbone –
45072 Orléans cedex 2 –

Tél. : 02 38 49 95 00.

Promouvoir
les outils
du partenariat

http://www.orleans.
ird.fr

formation » de l’IRD, prépare et
met en œuvre les décisions du
conseil direction.
Actuellement, AIRE développement
soutient dix-neuf équipes. Elles
regroupent plus de cent trente
chercheurs dont les deux tiers
reçoivent une bourse de maintien à
la recherche.
Le prochain appel à propositions
sera ouvert à l’automne.

Contact
AIRE développement –

213, rue La Fayette – 75010 Paris
– Tél. 33 1 48 03 79 00 – Fax 33
(0)1 48 03 79 79 – aire@ird.fr ●

Photo A. Cornet

Photo M. Templier – Ville d’Orléans

Initialement, l’implantation du laboratoire Ermès a été couplée
avec la création du DEA.

Une large place est réservée à
l’histoire des sciences ayant trait à
ce domaine. Il s’agit de montrer
que leur dynamique a été fortement marquée par les problèmes
rencontrés par les sociétés à
diverses époques. En Italie, au
XVIIIe siècle, on s’intéresse à la
forêt parce que des scientifiques
ont mis en évidence les rapports
entre l’amplification des crues du
Pô et la déforestation des bassins
versants alpins. Avec un changement durant ces dernières décennies : la mondialisation et la globalisation des problèmes.

Le Centre régional de l’eau et de
l’environnement (Creen, Beyrouth) et
le Programme Med-Hycos, Système
méditerranéen d’observation du
cycle hydrologique, coordonné
depuis Montpellier par Marc Morell
(IRD), ont organisé conjointement à
Beyrouth du 15 au 18 juin 1999 un
séminaire de formation sur le thème
Applications hydrologiques des
modèles numériques de terrain. Le
logiciel Démiurge, développé par le
laboratoire d’hydrologie de l’IRD, a
servi de base à ce séminaire proposé
à des stagiaires libanais, bulgares,
grecs, syriens, tunisiens et yougoslaves. Forts de cette première expérience réussie, le Creen et MedHycos prévoient d’autres actions
communes de formation.
Le Creen est à vocation régionale,
avec comme objectifs la formation
de spécialistes de haut niveau dans le
domaine des ressources en eau et la
mise en place de programmes de
recherche sur les thématiques prioritaires pour la région du MoyenOrient. Une des principales missions
du programme Med-Hycos est de
favoriser d’une part l’échange de
compétences entre les instituts
hydrométéorologiques de la région
méditerranéenne et d’autre part le
transfert de connaissances et d’outils
vers les services producteurs de données. L’affectation d’un chercheur
de l’IRD au Creen depuis octobre
1998 est une autre marque de la
contribution de l’Institut à ces
actions de formation en région méditerranéenne.


Le nouveau département « Soutien
et formation aux communautés
scientifiques du Sud » a pour vocation d’œuvrer pour un partenariat
scientifique efficace et de qualité.
Son premier travail sera d’animer et
de promouvoir, en les améliorant si
nécessaire, les outils du partenariat
de l’IRD. Au-delà, il aura à concevoir
et à mettre au point de nouveaux
instruments qui répondent le mieux
possible aux besoins variés des
communautés scientifiques du Sud.
Ce travail de réflexion devra associer, non seulement les chercheurs
de l’IRD, mais également l’ensemble
de la communauté scientifique
française, les partenaires du Sud,
les bailleurs et les agences de coopération.
L’action de ce département n’aura de
sens et d’efficacité que s’il sait mobiliser l’ensemble des partenaires
concernés par la coopération scientifique pour le développement. Il
pourra affirmer là le rôle d’ensemblier dévolu à l’IRD. C’est d’ailleurs à
ce titre que l’Institut a souhaité assumer la charge du secrétariat du GIS
AIRE développement.


Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999

Formations

Environnement
Succès du DEA

11


Les normes de sộcuritộ de niveau 3 imposent une atmosphốre dite ô nộgative ằ.

Photo M. Peeters

Un ensemble de huit logements
a ộtộ inaugurộ par le prộsident de
lIRD, lors de son passage Noumộa.
Ces logements sont rộservộs essentiellement aux chercheurs en mission
et aux scientifiques partenaires qui
souhaitent ờtre accueillis au centre
IRD de Noumộa pour effectuer des
sộjours de longue durộe. Les conditions daccueil du centre, limitộes
jusqu prộsent, et le coỷt de la vie
trốs ộlevộ en Nouvelle-Calộdonie dissuadent gộnộralement les chercheurs
ộtrangers de participer aux programmes dộveloppộs par le centre
IRD de Noumộa. Ces nouveaux logements entiốrement ộquipộs sont mis
en service depuis juillet 1999.
La construction a ộtộ financộe par
une partie des fonds accordộs en
compensation des terrains cộdộs au
secrộtariat de la Communautộ du
Pacifique.


Photo J. P. Hervy

Planốte IRD

Nouveaux
logements
Noumộa

Le laboratoire Rộtrovirus Montpellier

Centre collaborateur Onusida
Montpellier, le laboratoire Retrovirus se trouve au cur
dun foisonnant rộseau dactivitộs et de collaborations.
Photo J. Mermoud

12

Appartement F2.

Laboratoire Bost
MartiniqueCaraùbes
Bilan dune annộe remplie
Une activitộ intense a marquộ
lannộe passộe pour le laboratoire
ô Biologie et organisation des sols
tropicaux ằ (Bost) de la Martinique.
Des rapports de fin de projet ont ộtộ
remis aux autoritộs et aux socioprofessionnels de la Martinique. Le projet Cordet : ô Influence de la profondeur de travail du sol sur la dộgradation des vertisols calco-magnộsosodiques de la Martinique et consộquences sur la production de
melon ằ (C. Hartmann) prouve lintộrờt dun travail allộgộ du sol et dune
conduite culturale raisonnộe sur la
prộservation de la ressource ô vertisol ằ. Ceci un coỷt ộconomique
intộressant pour lagriculteur.
Le projet AII (Action incitative interinstitutionnelle entre le Cirad, le
CNRS, lInra et lIRD) : ô Dộterminants biologiques de lagrộgation et
de la porositộ des vertisols des Petites
Antilles. Consộquences sur lộrodibilitộ et la disponibilitộ en eau des
plantes ằ (E. Blanchart et al) montre
que lactivitộ biologique dans les vertisols est fondamentale pour contrụler lộrodibilitộ et la disponibilitộ en
eau. Lagriculture sur ce type de sols
doit tenir compte de cette activitộ
pour ờtre durable. Deux articles de
synthốse sur ce dernier projet
(E. Blanchart E. et al., Y. M. Cabidoche et al.) seront bientụt publiộs
dans ô ẫtude et gestion des sols ằ.
Le laboratoire a ộgalement assurộ
une participation soutenue de
nombreux congrốs, en particulier
avec deux communications et quatre
posters prộsentộs au 16e Congrốs
mondial des sciences du sol
Montpellier. Les membres du laboratoire ont donnộ des confộrences sur
le biologie ou lộrodibilitộ des sols au
9e Congrốs de la Carribean Academy
of Sciences (Guadeloupe), au
6e International Symposium on
Earthworm Ecology (Vigo, Espagne)
et au 123e Congrốs national des
Sociộtộs historiques et scientifiques
(Fort-de-France).


Particule virale de souche SIV, isolộe partir dun
chimpanzộ sộropositif narurellement infectộ.

D

irigộ par ẫric Delaporte,
directeur de recherche
Inserm et rộcemment
nommộ professeur la Facultộ de
mộdecine de Montpellier, le laboratoire Rộtrovirus est le premier laboratoire franỗais se voir dộcerner, en
juin 1998, la dộsignation de centre
collaborateur de lOnusida (programme commun des Nations-Unies sur le
Sida).
Les activitộs du laboratoire Rộtrovirus
sintốgrent dans le programme Sida
de lInstitut, lequel regroupe trente

personnes dont dix Montpellier. Le
laboratoire est co-organisateur du
cours international en langue franỗaise sur le thốme des MST/Sida dont
le parrainage est assurộ par
lOnusida et lOMS. Le Programme
Sida coordonne, sous lautoritộ de
lANRS (Agence nationale de
recherche sur le Sida), le rộseau de
surveillance des souches de VIH circulant en Afrique qui concerne prốs
de quinze pays africains.
Montpellier, des relations sont
nouộes avec lhụpital Gui de

Un laboratoire
sous haute surveillance

L

e laboratoire Rộtrovirus utilise un laboratoire P3 pour certaines manipulations prộsentant un risque de contamination par les virus ộtudiộs : ici,
pour isoler de nouvelles souches de VIH partir dộchantillons sanguins. Les
lymphocytes (cellules sanguines responsables de la dộfense de lorganisme)
dindividus sộropositifs (singes et humains) y sont mis en culture. ô P3 ằ : on
dộsigne ainsi les laboratoires satisfaisant aux normes de sộcuritộ de niveau 3,
sachant que lộchelle va de 1 (sans contraintes particuliốres) 4 (rộservộ aux
recherches sur les fiốvres hộmorragiques qui sont contagieuses par simple inhalation). Lenceinte est sous atmosphốre dite nộgative, cest dire sous pression
de faỗon ce que rien ne puisse sen ộchapper. Deux sas successifs en rộgulent lentrộe, le personnel y porte des vờtements de protection et tout matộriel
est autoclavộ avant sortie.


Chauliac et le Centre rộgional de
transfusion sanguine. Les travaux
menộs impliquent, outre les institutions du Nord et du Sud dộj citộes,
le laboratoire de virologie de la facultộ de mộdecine de Tours, le Centre
de primatologie de Rijswijk (PaysBas), le Rega Institute de lUniversitộ
de Louvain (Belgique), le laboratoire
de virologie de lhụpital Le Dantec et
lInstitut dhygiốne sociale de Dakar
(Sộnộgal), ainsi que le Centre Muraz
(Burkina Faso).

Accueil de praticiens
et dộtudiants

La virologue,
le chimpanzộ
et le sida

E

n 1986, aprốs trois ans de
recherches sur les MST au

laboratoire de microbiologie de
lInstitut de mộdecine tropicale
dAnvers (IMT), Martine Peeters
va dộmarrer au Centre international de recherche mộdicale de
Franceville (Gabon) une fructueuse

collaboration

avec

ẫric

Les collaborations prennent aussi la
forme daccueil et dencadrement :
praticiens africains venant traiter
leurs prộlốvements et ộtudiants franỗais ou ộtrangers en bộnộficient.
Actuellement trois thốses et deux
DEA sont en prộparation sur divers
sujets complộmentaires : ộpidộmiologie de la prise en charge des
femmes atteintes de MST en Afrique,
mise au point dune technique sộrologique pour dộtecter les VIH et VIS
ộmergents, virus recombinants,
variabilitộ des VIH et ses consộquences, prostitution clandestine au
Sộnộgal et moyens dintervention
proposer.

Delaporte sur lộtude du Sida.

Contact

Rộtrovirus de Montpellier depuis

IRD Montpellier 04 67 41 61 00

eric.delaporte@mpl.ird.fr

Cest l quils dộtecteront, en
premiốre mondiale, la sộropositivitộ dun chimpanzộ (1987). Le
VIS (virus de limmunodộficience
simienne) sera isolộ en 1988 sur
Pan troglodytes troglodytes. De
retour lIMT en 1989, le tandem sattaque lộtude de la
variabilitộ du VIH. Lanalyse du
matộriel simien leur permet de
dộcrire chez une autre sous-espốce de chimpanzộ, Pan troglodytes
schwenrfurtii,

une

nouvelle

sộquence qui sera publiộe en
1992. Martine Peeters dirige des
recherches au sein du laboratoire
octobre 1994.



T r i b u n e
Rộunis Bondy du 6 au 10 septembre pour leur ô semaine
annuelle ằ

les reprộsentants de lIRD
prennent la mesure des nouvelles structures
de lorganisme

D

ốs son prochain numộro,
Sciences au Sud ouvrira
une tribune libre destinộe

permettre aux personnes travaillant
lIRD ou en collaboration avec
lInstitut, dexprimer des points de
vue diversifiộs sur la vie de lorganisme, sous tous ses aspects. La rộdaction de Sciences au Sud souhaite que
cette tribune soit aussi un lieu de

L

a ô semaine des reprộsen-

sagisse de formation, dexpertise ou

tableau des demandes dunitộs. Il

tants de lIRD ằ porte prin-

de valorisation des recherches.

sagit aussi de rộflộchir aux inflexions
apporter localement en termes de

cipalement cette annộe sur

dộbats : la complexitộ des problốmes
que nous avons traiter ne peut
manquer den susciter et ce journal
leur offre un support naturel.

les modifications introduites dans le

Il sagit notamment de mettre au

gestion pour prendre en compte

fonctionnement de lorganisme par

point la faỗon dont les reprộsentants,

opộrationnellement la nouvelle orga-

la crộation des nouvelles unitộs de

en liaison directe avec les instances

nisation fonctionnelle de lInstitut.

recherche et de service de lInstitut et

dộvaluation de lIRD, peuvent contri-

Sciences au Sud fera ộtat des conclu-

pour connaợtre les modalitộs pra-

par le dộveloppement intensif de ses

buer lộlaboration de la prospective

sions de cette rộflexion collective

tiques de participation cette tri-

diverses activitộs de transfert, quil

scientifique de lInstitut partir du

dans son prochain numộro.

bune.

Sciences au Sud - Le journal de lIRD - n 1 - septembre/octobre 1999

Utilisez-le !
Prendre contact avec la rộdaction




Afrique du Sud

Un laboratoire
pour traquer les nématodes

Dans le cadre de travaux
sur la canne à sucre
menés conjointement avec
la SASEX, l’IRD assure la
formation d’une chercheuse sud-africaine. À
l’issue de son stage, celleci pourra mettre ses acquis
en pratique dans un
laboratoire sur mesure.

titre que ce site, parmi d’autres, a été
retenu et qu’un laboratoire commun
de nématologie a été créé avec la
SASEX

(South

African

Sugar

Cet engagement des partenaires va
permettre de constituer sur place
une équipe dont les potentialités disciplinaires seront comparables à
celles qui existent sur le centre ISRAIRD de Bel Air au Sénégal. Les travaux porteront sur la canne à sucre
mais surtout sur l’amélioration de la
fertilité à travers le biofonctionne●
ment des sols.

* Nématodes : sortes de vers semi-microscopiques du sol.

Mount Edgecombe, près de Durban.
Trente-cinq chercheurs travaillent
dans ce centre sur la canne à sucre
dont les locaux ont été entièrement
rénovés.

n Afrique du Sud, les

sont nécessairement menées sur une

équipes et les compétences

base multidisciplinaire dont les diffé-

de l’IRD en matière de

rents aspects ne peuvent pas être

nématologie et celles de la SASEX

tous assumés, sur tous les sites, par

ont permis l’élaboration d’un projet

des chercheurs de l’IRD.

conjoint de recherche, en réponse à
l’appel d’offres franco-sud-africain

Parallèlement, un chercheur sud-africain en nématologie sera également
formé dans ce cadre.

Association Experiment Station) à

Au plan scientifique, les recherches

E

rejoindra la SASEX au moment où les
travaux, financés par un projet de
coopération
franco-sud-africain,
commenceront sur le terrain. Elle
sera périodiquement assistée par les
chercheurs de Lyon.

Stage à Lyon et à Dakar

de recherche pour le développement.
Après avoir obtenu la collaboration
Les sols sableux du KwaZulu Natal

des équipes locales de pédologie et

présentent une situation modèle

de génétique pour les questions rela-

pour l’étude des nématodes* para-

tives aux relations « nématodes-sol »

sites des cannes à sucre. C’est à ce

et « hôte-parasites », les respon-

Julia Goodall

C’est une chance pour un
‘‘
jeune scientifique

’’

J

e suis enthousiasmée à l’idée de me perfectionner en écologie microbienne à Lyon et à Dakar.
C’est pour moi l’opportunité d’acquérir les connaissances spécialisées qui me permettront de participer
au projet de recherche commun IRD-SASEX. Je me
fais une joie de travailler et d’apprendre avec d’autres
scientifiques d’Afrique, de France et du reste du
monde ! Je pense que c’est une chance pour n’importe quel jeune scientifique et l’expérience me sera
très profitable ainsi qu’à la SASEX. Je suis reconnaissante à l’IRD d’avoir financé ce stage.


10 000e photo Indigo
L’occasion d’une exposition

L

a banque d’images de l’IRD,
Indigo Base, existe depuis
mars 1995. De nombreux

chercheurs participent à son enrichissement. C’est autour de la dixmillième image déposée qu’une centaine de photographies, extraites
de la base, seront exposées. Un jury
composé de dix personnes (IRD
et extérieur) choisira vingt photos
qui seront présentées en grand
format.
Cette exposition a pour objectif de
fédérer un travail autour de l’image.
Elle se tiendra simultanément au
siège de l’Institut et au centre de
Ouagadougou*, dans les premiers

La concentration des
efforts contre le Sida
se traduit par un appel
d’offres conjoint ANRS –
partie Sida de VIH-PAL
Deux ministères français sont
à l’origine d’initiatives visant à « renforcer la coopération entre la France
et les pays du Sud, en développant
des recherches qui correspondent
aux besoins et aux demandes de ces
pays ». L’une, en direction du Sida,
associait déjà le ministère des
Affaires étrangères et l’action coordonnée ANRS-DGXII « Pays en développement ». L’autre, émanant
récemment du ministère de l’Éducation nationale, s’intitule VIH-PAL,
marquant son double objectif : Sida
d’une part, paludisme d’autre part.
L’équipe d’Éric Delaporte (laboratoire
Rétrovirus, IRD Montpellier) est impliquée dans trois propositions soumises à cet appel d’offres. En tant
que proposant principal pour le projet intitulé « Dynamique de la variabilité des virus VIH en Afrique : caractéristiques virologiques et génétiques
des variants émergents ». En tant
que co-proposant, avec le laboratoire Sida et immunologie moléculaire
de la Fondation Oswaldo Cruz
(Brésil). En tant que partenaire d’une
équipe de la Faculté de médecine de
Paris.
L’Institut est également présent par
le biais d’un projet à composante
sciences sociales intitulé « Migrations, violences et inégalités comme
trame historique de la progression et
de la gravité de l’épidémie de Sida en
Afrique du Sud et en Namibie ». ●

Une fenêtre
ouverte sur
la planète IRD
(http ://www.ird.fr)
Vous souhaitez tout connaître
des activités scientifiques de l’IRD,
feuilleter le catalogue des éditions,
consulter la base documentaire
Horizon ou bien encore contacter un
de nos chercheur en Afrique ? Rien
de plus simple, en vous connectant
au site Web institutionnel de l’IRD
(http ://www.ird.fr).
Le site vient de faire peau neuve. Il
s’est doté d’un nouvel habillage et
d’une rubrique actualité fournie et
renouvelée chaque semaine. En
outre, il permet d’accéder aux sites
des différentes implantations de l’IRD
et à de nombreuses bases de
connaissances scientifiques. Vous
pouvez, par exemple, suivre au jour
le jour les débits des fleuves
d’Afrique de l’Ouest ou bien encore
obtenir tous les renseignements sur
la pêche dans le delta du fleuve
Niger.
Vous pourrez enfin consulter en ligne
Sciences au Sud et alimenter la
rubrique « Forum des lecteurs ». ●

jours d’octobre. Ces deux expositions pourront ensuite être itinérantes, selon les demandes des

Photo S. Dugast

centres.

Cérémonie au Burkina Faso.
Tous les masques sont rassemblés et attendent maintenant que les initiés et les musiciens soient prêts. Au
premier plan, le masque « patron » qui, dans une lente procession très solennelle, entouré des ritualistes
qui l’accompagnent, est descendu de son promontoire pour se joindre aux autres masques. Au fond, on
distingue les initiés, torse nu et en pantalon bleu, qui s’apprêtent.

Contact
Claire Lissalde et Danièle Cavanna :
01 48 03 78 99

lissalde@paris.ird.fr

* La dix-millième photo a été prise au
Burkina-Faso par Stéphan Dugast.

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999

Planète IRD

Le laboratoire commun SASEX-IRD a trouvé place dans des locaux
entièrement rénovés.

sables de la SASEX ont proposé la
reconversion d’un de leurs chercheurs en microbiologie pour prendre en charge le volet consacré à
l’écologie microbienne du sol et aux
relations « bactéries-nématodes ».
Avec l’appui financier de l’IRD et de
l’UMR 5557, Julia Goodall qui travaillait jusqu’à présent sur les microorganismes pathogènes de la canne
à sucre, va suivre un stage de trois
mois, fin 1999, à l’université de Lyon,
pour se familiariser avec les techniques de microbiologie du sol au
sein de l’équipe d’écologie microbienne dirigée par P. Normand et R.
Bailly. Ce stage se poursuivra par un
séjour d’un mois au laboratoire de
biopédologie de l’IRD à Dakar, où,
sous la direction de R. Duponnois,
Julia Goodall se familiarisera cette
fois avec les champignons mycorhizogènes. À l’issue de ce stage, elle

Sida :
réponses à
l’appel d’offres
ministériel

13


Toute l’eau
de la terre

Vivre et penser le sida en Afrique
Des chercheurs francophones et
anglophones travaillant en Afrique
subsaharienne entendent rendre
intelligible tout ce qui explique et
favorise l’expansion de l’épidémie et,
par là, améliorer les programmes
d’information et de prévention. Cet
ouvrage est issu d’un colloque international sur « Sida et sciences
sociales en Afrique, bilan et perspectives » (Sali Portugal, Sénégal,
novembre 1996).

Ressources

De toutes les questions d’environnement qui se posent à l’aube
du troisième millénaire, celle de l’eau
est l’une des plus cruciales. La malleexposition « Toute l’eau de la terre »,
grâce à une scénographie originale
(dioramas, photos), constitue un
grand voyage au fil de l’eau dans le
temps et dans l’espace : de l’apparition des êtres vivants sur notre planète jusqu’aux questions très
actuelles de pollution, en passant par
les enjeux économiques de sa quête
et de son usage. Accompagnée d’un
animateur, elle propose jeux et manipulations au public le plus large.
Réalisation ASTS (Association science
technologie société) avec le concours
de l’IRD. Disponible à la location.

Contact
IRD : Daniel Berl –
Tél. : 01 48 03 76 03 –
berl@paris.ird.fr
ASTS : Marine Delorme et Linda
Abbas – Tél. : 01 44 89 82 87
le_lien@asts.asso.fr

14

En vedette

P u b l i c a t i o n s

Édité par Charles Becker, Jean-Pierre
Dozon, Christine Obbo et Moriba Touré –
Coédité par Codesria, Karthala et IRD, collection dirigée par Jean Copans,
708 pages.
IRD éditions, diffusion : 32, rue Henri
Varagnat, 93143 Bondy cedex –

diffusion@bondy.ird.fr

Ressources marines

Afrique : les identités
contre la démocratie ?
Autrepart n˚ 10

Les poissons des eaux continentales
africaines
Diversité, écologie, utilisation par
l’homme


http ://www.asts.asso.fr

Les mobilisations ethniques ou religieuses qui accompagnent la généralisation du multipartisme en Afrique
sont souvent interprétées comme le
signe d’un échec de la démocratisation. Ce numéro d’Autrepart prend
le parti de banaliser ces dynamiques
identitaires, de les concevoir comme
un paramètre ordinaire du politique
dans les situations de transition que
connaît l’Afrique aujourd’hui.

Cet ouvrage rassemble l’information
existante sur les poissons africains
qui offrent une grande diversité de
modèles biologiques. Six thèmes
principaux : la diversité des milieux,
l’origine et l’évolution, la biologie et
l’écologie, la richesse et la structure
des peuplements, les impacts des
activités humaines sur les espèces et
les peuplements ichtyologiques, sont
complétés par une étude sur la
pêche et la pisciculture.

Éditeur scientifique : René Otayek – coédition Aube-IRD 200 pages, 120 F. –
18,29 e .

Éditeurs scientifiques : Christian Lévêque
et Didier Paugy – IRD 1999, 520 pages,
240 F – 36,59 e .

Santé et nutrition
Santé de la mère et de l’enfant
Exemples africains

Hommes et sociétés

Communications présentées lors de
l’atelier « santé de la reproduction
dans les pays à croissance démographique rapide : approches méthodologiques » (Abidjan, mai 1995). Cet
publication présente les apports et
les limites des sciences sociales qui
abordent la question de la santé
maternelle et infantile. Les différentes contributions mettent en évidence la nécessité de diversifier les
approches afin de mieux cerner l’ensemble des mécanismes et facteurs
influençant la santé.

Rivières du Sud
Sociétés et mangroves
ouest-africaines

Photo G. Monico

Forêts dans la mer ou encore marais
maritimes convertis en rizières, les
mangroves constituent l’un des paysages les plus originaux des littoraux
intertropicaux. Cette synthèse régionale explicite la spécificité des
« Rivières du Sud », littoraux à mangrove compris entre le Sénégal et la
Sierra Leone.
Éditeur scientifique : Marie-Christine
Cormier-Salem – IRD 1999, Vol. 1, 416
pages, 260 F. – 39,64 e – Vol. 2 : bibliographie.

Éditeurs scientifiques : Agnès Adjamagbo,
Agnès Guillaume, N’Guessan Koffi –
IRD 1999, 166 pages, 70 F. – 10,67 e .

Une charte pour
préserver le
patrimoine vivant
La charte pour la gestion des ressources génétiques a été adoptée
par les pouvoirs publics. Elle est le
fruit du débat mené par le Bureau
des ressources génétiques (BRG).
Celui-ci associe trois ministères
(Recherche, Agriculture, Environnement) et six organismes scientifiques (Inra, Muséum d’histoire
naturelle, CNRS, Cirad, Geves,
IRD).
Le texte de la charte est édité et
diffusé par le BRG – 16, rue
Claude Bernard – 75231 Paris
cedex 05 – Tél. : 01 44 08 72 61.
La charte sera périodiquement
mise à jour pour prendre en
compte les avancées de la
recherche, l’état des négociations
internationales et l’évolution des
réglementations. Pour suivre
la progression de sa mise
en œuvre :
http ://www.brg.prd.fr

A u d i o v i s u e l
Palmarès
Deux distinctions s’ajoutent à celles
déjà reçues par Les Yeux de
l’espoir, film de 35 mm de 26 mn,
écrit et réalisé par Bernard Surugue,
et coproduit avec l’OMS. Le Serpent
d’argent, au Filmobidos 99 (Festival
international du film médical et
scientifique, à Obidos, au Portugal),
et le Prix de la direction de l’Agence
pour l’environnement, décerné
lors d’Envirofilm 99 (République
Slovaque).
Nioro du Sahel, film vidéo réalisé
par Christian Lallier, avec les conseils
scientifiques de Jacques Champaud,
coproduit avec le CNRS audiovisuel,
la Cité des sciences et le Grets, a reçu

La parole du fleuve, harpes
d’Afrique centrale, exposition
récente de la Cité de la musique, a
reçu le soutien de l’IRD Audiovisuel
pour la réalisation d’un CD encarté
dans le catalogue et pour la coproduction et la réalisation de deux
films : La parole du fleuve, et La
parole restituée. La diffusion permanente de ces deux films offrait une
découverte des harpes dans leur
environnement d’origine.


le Dauphin de bronze au Festival
Comunica de Deauville (anciennement Micam de Biarritz).

Télévision
Dans le cadre de la série Les nouveaux mondes, émission documentaire à caractère scientifique d’une
durée de 70 mn, France 2 a réalisé
avec le partenariat de l’IRD audiovisuel, une émission consacrée
au Vanuatu : Les îles de cendre
et de corail. Une équipe scientifique
de l’IRD composée de JeanChristophe Galipaud (archéologue),
Jean-Michel Lardy (représentant l’IRD
au Vanuatu) et Douglas Charley, tous
deux volcanologues, a participé au
tournage.
Cette émission a été diffusée le 29
juillet.

Colloques
● Du 21 au 22 septembre,
GEOFCAN, IIe colloque sur la géophysique des sols et des formations
superficielles, à Orléans.
Contact : albouy@bondy.ird.fr
ISAG 99 Fourth International
Symposium on Andean Geodynamics, à Göttingen (Allemagne).
Contact : isag99@popper.gwdg.pe

● Du 7 au 8 octobre,
Ve rencontre internationale du Groupe biologie moléculaire des ligneux,
à Montpellier.
Contact : Didier.Bogusz@mpl.ird.fr

● Du 15 au 19 octobre,
Pêche thonière et dispositifs de concentration de poissons, Martinique.
Contact : Patrice.Cayre@paris.ird.fr
Informations : www.ifremer.fr/general/colloque

● Du 17 au 20 octobre,
Symposium Evaluating Indirect Ecological Effects of Biological Control,
Montpellier.
Contact : iobc.symp@agroplis.fr

● Du 3 au 5 novembre,
International Symposium on Geochemical and Mineralogical Tracers in
Mining Exploration, Santiago (Chili).
Contact :gherail@paris.ird.fr

Photo M. Lardy

● Du 8 au 10 novembre,

Équipe de volcanologues
au Vanuatu.

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999

Ces diverses productions sont
disponibles en cassette VHS. Les
demandes écrites doivent être adressées à : IRD Audiovisuel – 32, avenue
Henri Varagnat – 93143 Bondy
cedex – Tél. : 01 48 02 56 29 –
Fax : 01 48 02 56 52
audiovisuel@bondy.ird.fr

Exemples
d’Indonésie
Une plaquette de présentation
des pratiques agroforestières a été
éditée en langue lao par l’IRD et
l’ICRAF (International Centre for
Research in Agroforestery).
Nouvelle approche des activités paysannes, l’agroforesterie s’intéresse
aux interrelations entre agriculture et
forêts. Elle propose des modes de
développement où les activités économiques de l’homme concourent à
la protection de la forêt.
La traduction en lao de la plaquette
originale réalisée en anglais par
l’équipe dirigée par Geneviève
Michon, a été rendue possible grâce
au soutien du projet IRD dirigé par
Catherine Aubertin. La plaquette servira ainsi à la formation des étudiants
et des professeurs. Elle s’adresse
aussi à un public plus large.
Renseignements : Faculté d’agriculture et des forêts, campus
de Nabong (Indonésie) –
Tél. : 021 51 29 10.


A g e n d a

● Du 4 au 6 octobre,
Exposition

Agroforesterie

Séminaire de restitution des résultats
du programme SALSA, Cananea
(Mexique).
Contact : ghani@cideson.mx

● Du 14 au 19 novembre,
Waste Minimisation and End of Pipe
Treatment in Chemical and Petrochimical Industries, à Yucatan (Mexique)
Contact : herve@xanum.uam.mx

● Du 15 au 19 novembre,
Manaus 99 (hydrologie et géochimie
des grands bassins fluviaux, voir
p. 8), à Manaus (Brésil).
Contact : manaus99@apis.com.br

● Du 22 au 24 novembre,
Les industries alimentaires de petite taille
pour une nutrition saine en Afrique de
l’Ouest, à Ouagadougou (Burkina Faso)
Contact : Serge.Treche@mpl.ird.fr

● Du 22 au 26 novembre,
Regional Aquifer Systems in Arid
Zones – Managing Non Renewable
Ressources, à Tripoli (Lybie).
Contact : Division of Water ScienceUnesco, tél. 33 (0)1 45 68 58 11

Expositions
et manifestations
● Du 15 septembre
au 23 janvier 2000,
Le Jardin planétaire, exposition à la
Grande Halle de la Villette (voir p. 2),
à Paris.
Contact : berl@paris.ird.fr
Information : www.la-villette.com

● Du 30 septembre
au 10 octobre,
Festival international de géographie
de Saint-Dié (Vosges).
Contact : peltre@bondy.ird.fr
Information : www.ville-saintdie.fr

● Du 18 au 24 octobre,
La semaine de la science.

● Du 9 au 12 novembre,

Contact : berl@paris.ird.fr

Santé de la reproduction en Afrique,
Abidjan (Côte d’Ivoire).
Contact : aguillau@abidjan.orstom.ci

● Du 20 au 24 octobre,
FIFI 99, IIIe Festival international du
film d’insectes, Narbonne.


Politique scientifique

D’un constat
de compétences
à la définition d’une stratégie
riaux de l’Institut leur fourniront,
une première esquisse, d’ordre

voient les textes fondateurs, aux
compétences collectives de ses instances statutaires.


« conjoncturel », des champs actuellement

couverts

par

les

cher-

cheurs de l’IRD et leurs partenaires
directs.
Le conseil scientifique, quelques
mois plus tard, en faisant un bilan
des réponses apportées par l’Institut
à ces demandes, sera à même
d’exercer ses responsabilités propres
en proposant une prospective d’évolution de l’organisme. La direction
pourra donc s’inspirer, dès l’été prochain, de ces suggestions et des
termes de la contractualisation quadriennale de l’organisme, qui seront
alors connus, pour rédiger un
deuxième appel à propositions en
vue de la constitution d’unités de

Les acteurs institutionnels de la réorientation
périodique de la politique scientifique de l’IRD
se mettent en place.

recherche et de service.

Élections
au CNRS
Date limite d’inscription le 15
octobre.
Les élections pour le renouvellement du Comité national de la
recherche scientifique auront lieu
au printemps 2000. La liste électorale doit être établie dès cet
automne. Les personnels des
autres établissements publics de
recherche doivent demander leur
inscription sur les listes, même
s’ils étaient inscrits lors des élections de 1995.
Les formulaires sont disponibles
depuis le 1er septembre :
http ://www.cnrs.fr

Le proche avenir est ainsi clairement
balisé en termes d’étapes à franchir.
Il reste à utiliser au mieux ce schéma,

F o r u m

de façon à ce que la définition de la

L

es commissions statutaires

mière session fonctionnelle, en

politique scientifique de l’IRD ne soit

de l’Institut ont désormais

novembre-décembre, sur l’analyse

pas le seul fruit d’une réflexion

la responsabilité officielle

de notre situation présente. Le

propre à ses responsables opération-

de contribuer à la définition de sa

tableau des demandes d’unités de

nels ou de l’application des directives

politique scientifique. À cet effet,

recherche et de service et les com-

gouvernementales mais qu’elle fasse

elles seront interrogées, dès leur pre-

mentaires des représentants territo-

effectivement appel, comme le pré-

Jean-Michel Chassériaux
est nommé depuis juillet directeur
de la délégation aux relations
internationales (DRI).
Ancien élève de l’École normale
supérieure et physicien de formation,
Jean-Michel Chassériaux est
également diplômé de l’IEP de Paris.
Après une thèse en physique
spatiale, sa carrière l’amène, au-delà
de son activité d’enseignement, à
occuper diverses fonctions
ministérielles. Directeur des relations
internationales à l’Inria et au
ministère chargé de la Recherche, il
a par la suite assuré la direction d’un
GIE européen de recherche en
informatique et en mathématiques.
Il est à présent professeur à
l’Université de Paris VII.
Seul ou en collaboration, il est l’auteur
de plusieurs ouvrages, notamment
Le développement d’Internet dans
les pays méditerranéens (1997), ainsi
que de nombreux articles sur la
physique des plasmas, l’économie de
l’énergie, les technologies de
l’information.


dans leur fonction après l’avis
favorable du conseil scientifique
du 29 juin dernier.

OMM1 : Dans le cadre du
renforcement de la coopération
entre les deux structures dans le
domaine de l’hydrologie, en
particulier en direction des pays en
voie de développement, Jean-Marie
Fritsch est mis à disposition de
l’OMM à compter de septembre
1999, en remplacement de Serge
Pieyns qui part à la retraite.
OMS2 : Pierre Guillet
a été mis à disposition de l’OMS à
compter d’avril 1999, auprès du
groupe « Maladies transmissibles »
(directeur : D. Heymann). Au sein du
département « Prévention et lutte »,
il sera plus particulièrement en
charge du secteur paludisme, tant
au niveau de la réflexion stratégique
en matière de systèmes de gestion
qu’au niveau technique dans sa
composante contrôle des vecteurs.
Pierre Guillet participera également
au programme mondial Roll Back
Malaria comme expert senior.

Anne-Marie Moulin et
Jacques Merle qui ont assuré

Académie des sciences :

par intérim la direction,
respectivement, des départements
« Sociétés et santé » et « Milieux et
environnement », ont été confirmés

Patrick Lavelle a été élu
correspondant dans la discipline
« Sciences du sol ». Directeur
du laboratoire Écologie des

l e c t e u r s
En liaison avec le site Web de l’IRD,
cette rubrique se fera l’écho, dès le
prochain numéro, des remarques,
suggestions, humeurs, idées et
entousiasmes des lecteurs de
Sciences au Sud. À adresser par courrier à la rédaction du journal ou, pour
un dialogue plus direct, via le site
rénové de l’Institut.

C a r n e t

● Nominations

d e s

sols tropicaux de l’IRD-Bondy, il est
professeur à l’Université Pierre et
Marie Curie.


1

OMM :

http ://www.ird.fr
e-mail : Sciences.
au.Sud@paris.ird.fr

Le conseil scientifique de
l’Institut a tenu sa onzième réunion à
Paris le 29 juin dernier.
Il a donné un avis favorable à la
nomination de Mme Anne-Marie
Moulin à la direction du département « Sociétés et santé » et à celle
de M. Jacques Merle à celle du
département « Milieux et environnement » de l’IRD.
Il a approuvé la répartition proposée
par la direction générale des vingttrois postes de chargés de recherche
(21 CR2 et 2 CR1) et des quinze
postes de directeurs de recherche
ouverts au concours au titre de l’année 1999. Il s’est toutefois déclaré
préoccupé de tout éventuel retard
dans l’ouverture effective de ces
concours.
S’agissant de l’accueil temporaire
d’universitaires ou de chercheurs sur
postes IRD, le conseil a estimé qu’il
n’était pas opportun de modifier la
procédure utilisée l’an passé (interclassement par le conseil des candidats préalablement retenus par les
commissions scientifiques).
La direction a par ailleurs recueilli
l’avis du conseil sur les modalités
qu’elle envisage de mettre en œuvre
pour l’évaluation des projets d’unités
de recherche et de service. Ces projets seront individuellement soumis,
dans un premier temps, à l’examen
critique des commissions compétentes, les demandeurs ayant la possibilité de modifier leurs projets pour
tenir compte des remarques qui leur
seront transmises à la suite de cette
première analyse. Dans un second
temps, les commissions se prononceront sur les projets éventuellement
corrigés et les classeront. Le conseil
scientifique reprendra alors l’ensemble des dossiers pour les soumettre, interclassés, à la décision du
directeur général.
Si le mécanisme d’évaluation en deux
temps par les commissions a fait
l’unanimité, le conseil s’est interrogé
sur la pertinence de la procédure de
sélection en cours, avec les risques de
rejet qu’elle comporte, en tant que
méthode de structuration de l’organisme. Il s’est aussi soucié de la prise
en compte, dans l’évaluation des projets, d’un critère d’adéquation à la
mission de développement en coopération de l’Institut. Enfin, il a attiré
l’attention de la direction sur le problème de la mise en cohérence de
l’ensemble des activités définies dans
les projets retenus.


Organisation mtorologique

mondiale.
2

OMS :

Organisation mondiale de la

santé.

Distinctions
La promotion du 14 juillet dans
l’ordre national de la Légion
d’honneur comporte les noms de :


Jean-Pierre Muller,

directeur général de l’IRD, au titre
du ministère de l’Éducation
nationale, de la Recherche et de
la Technologie.


Un programme chargé pour
les nouvelles commissions

L

e processus de renouvellement des instances d’évaluation de l’Institut – commissions scientifiques sectorielles (CSS)
et commissions de gestion de la
recherche et de ses applications
(CGRA) – s’achève : elles entreront
en fonction à la mi-octobre et désigneront alors leurs présidents et leurs
délégations permanentes.

Jean-Louis Frézil,

directeur de recherche à l’IRD, au
titre du ministère des Affaires
étrangères (coopération et francophonie).
Sciences au Sud leur transmet les
chaleureuses félicitations de
toute la communauté irdienne.

Elles tiendront ensuite deux sessions
ordinaires, l’une fin 1999, l’autre
début 2000.
Au cours de la session de 1999, les
commissions procèderont à un premier examen critique des cent vingt
projets d’unités de recherche (98) et
de service (22) déposés dans le cadre
de l’appel à propositions qui s’est

achevé le 30 juin dernier. La charge
de travail se répartira de façon assez
équilibrée entre les quatre CSS et la
CGRA 1 : chaque commission aura
en effet à examiner entre une vingtaine et une trentaine de projets.
Constituées en jurys d’admissibilité,
les commissions se prononceront par
ailleurs, lors de cette même session,
sur les candidatures à un poste
de directeur de recherche à l’IRD
(quinze postes ouverts).
Au cours de la session du début
2000, les commissions évalueront et
classeront les projets d’unités et,
dans les mêmes conditions que pour
les concours de directeurs, se pencheront sur les candidatures à un
poste de chargé de recherche (vingttrois postes ouverts).


Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999

Instances

à l’appui de cette consultation,

Le conseil
scientifique :
approbations
et réserves

15


ou l’architecture, et l’histoire de la

Entretien

science en Afrique reste encore très
largement à écrire.
Cela dit, il est vrai que la culture
scientifique y a perdu du terrain.
Mais nul n’ignore l’incidence dévastatrice de la traite négrière ou de la

Vers une nouvelle alliance entre science et culture (suite)

colonisation

qui,

l’une

comme

l’autre, ont engendré de véritables
pétitivité et de performance de notre
industrie de biens et de services, et
aussi de productivité de notre agriculture.
Le devenir de la planète est
aujourd’hui en partie conditionné par l’évolution explosive des
sciences et des techniques, avec
tout ce que cela peut signifier en
termes de progrès économiques
et sociaux mais aussi en termes
de risques. L’Afrique et votre
pays ont-ils la volonté et les
moyens d’intervenir dans le
débat sur le devenir des applications utiles et/ou abusives de la
science ?

Je voudrais vous dire notre pleine
adhésion aux principes directeurs
ayant inspiré la mise sur pied de l’IRD
et son souci à la fois de promouvoir
l’expertise collégiale et le renforcement des compétences scientifiques et
techniques dans les pays en développement, singulièrement en Afrique.
Nous sommes attachés aux notions
de partage et d’échange de savoir et
de savoir-faire pour mettre la science
au service du développement. À cet
égard, la mise en œuvre d’actions
structurantes dans le cadre de « programmes mobilisateurs », avec des
équipes pluridisciplinaires et multisectorielles, serait de nature à conférer
un caractère opérationnel aux dites
procédures ; le maître mot, aujourd’hui, est « réseau » : des chercheurs, des outils, de l’intelligence.
Vous parlez « d’expertise collégiale »,
peut être pour éviter la connotation
politique du terme « expertise collective », mais cette dernière expression
n’est pas impertinente : elle évoque,
précisément, ces notions de partage
et d’échange auxquelles notre peuple
est culturellement attaché. Elle prend
en compte des points de vue diversifiés, voire contradictoires, en y intégrant une dynamique prospective. En
un mot, c’est une démarche nouvelle
de veille scientifique qui fournit un
éclairage presque holographique,
apte à guider les processus de prise
de décision.
Une telle démarche, pour être pleinement opérationnelle, doit s’appuyer sur la mise en réseau d’abord
des chercheurs eux-mêmes, et ensuite des outils qu’ils utilisent quotidiennement dans leurs travaux : l’ordinateur, la publication, le laboratoire, le
champ, l’entreprise et les investissements immatériels qui les accompagnent. Elle peut constituer un terreau particulièrement fécond pour le
soutien et la formation des jeunes

équipes scientifiques et techniques
de notre pays. J’en appuie fortement
le principe car elle devrait permettre
à ces équipes de franchir très rapidement des étapes que ni leurs moyens
ni leurs connaissances ne leur permettraient de résoudre aussi vite par
elles-mêmes.
Le Sénégal est le pays du Sud
dans lequel l’IRD est le plus fortement implanté et nous y sommes
merveilleusement accueillis. Nous
sommes également présents dans
plusieurs autres grands pays de
l’Afrique sub-saharienne et nous
avons le sentiment que nous
aurions tous intérêt à donner plus
de visibilité au réseau scientifique
virtuel ainsi constitué de facto.
Qu’en pensez-vous ?

scientifique africain. Il s’y ajoute
aujourd’hui la fuite des cerveaux qui
permet à des Africains de rivaliser
avec les meilleures compétences au
Nord. Songez au cas de M. Diarra, du
Mali, le principal artisan de la NASA
pour la mise en œuvre de la navette
Pathfinder qui a permis des avancées
significatives dans l’exploration de la
planète Mars.
En Afrique comme ailleurs, science et
culture peuvent et doivent coexister
de façon synergique car, tout en
étant profondément enracinés dans
nos valeurs traditionnelles et cultu-

Aujourd’hui, l’Afrique, au-delà de
son influence antérieure, contribue
à enrichir notablement le patrimoine culturel mondial, notamment dans les domaines
musical et artistique
pour ne citer qu’eux.
Cependant, la science, comme vous le
savez, n’est l’apanage ou le monopole
d’aucune
race,
d’aucun peuple.

relles, nous pouvons être résolument
ouverts aux apports scientifiques
modernes et contribuer, par notre
génie propre, à faire reculer les frontières de la connaissance scientifique. Si mes souvenirs sont exacts,
l’Afrique a participé aux étapes fondamentales de l’aventure scientifique
de l’Homo sapiens au même titre et
au même rythme que l’Europe méditerranéenne

jusqu’à

ce

que

Carthage, ville radieuse et florissante, passerelle entre l’Europe et
l’Afrique noire, fût vaincue dans la
grande bataille de Zama, cette défaite marquant, pour dix sept siècles, la
déconnexion

de

l’Afrique

des

grandes aventures de la connaissance et des découvertes scientifiques.
Mais si nous visitons ces périodes historiques de mutations scientifiques
et technologiques extraordinaires, et
même pendant les temps présents,
nous voyons qu’il est difficile de trou-

Nous nous réjouissons en effet de la
présence de l’IRD dans notre pays et
sur notre continent et nous en souhaitons un nouvel essor, en maillage
plus serré avec les institutions nationales de recherche-développement.
La constitution formelle de réseaux
thématiques et sectoriels aurait
l’avantage de conférer plus de visibilité à l’action de l’IRD en tant qu’instrument de coopération scientifique
et technique, et servirait de tête de
pont à d’autres institutions.
L’importance de son héritage confère
tout naturellement cette vocation à
votre institut : il a su maintenir une
tradition plus que cinquantenaire de
recherche-développement en partenariat avec nos propres instituts et
développer une recherche scientifique en prise avec les questions du
développement qui se posent à nous.
Il semble vital de travailler en même
temps à faire émerger une « excellence locale » en la matière, condition nécessaire pour attirer ou développer diverses coopérations, notamment celle de l’Union Européenne.
Concernant cette dernière, j’insiste
particulièrement sur la nécessité de
tirer profit de l’immense expérience
des programmes d’innovation et de
transferts technologiques de la
Communauté en vue de lancer des
programmes nationaux d’innovation
qui intègrent les questions de com-

Sciences au Sud - Le journal de l’IRD - n° 1 - septembre/octobre 1999

Que ce soit dans
le cadre des instances africaines
telles l’OUA, la
CEA, la Conférence des ministres africains de l’Industrie (CAMI), la
Conférence des ministres africains de
l’Environnement (CMAE) ou encore
dans celui des instances internationales comme les sommets de Rio ou
de Kyoto, le Sénégal a toujours milité en faveur d’un développement
durable dans un souci d’équité et de
justice (les pollueurs doivent être les
payeurs !), et il s’est engagé activement en faveur de la préservation de
notre écosystème et de la biosphère
en général. Conscients des enjeux,
nous appuierons toute nouvelle initiative en la matière.

ver un pays où le savoir se développe
Photo J. F. Trape

Vous avez longuement reçu, à la
fin de l’année dernière, une délégation de la direction de l’IRD qui
vous a exposé les principes qui
inspirent la réforme de cet
Institut. Nous aimerions que vous
les commentiez.

Le nouvel ordre mondial est essentiellement scientifique et technologique, eu égard à l’incidence
des multiples innovations
technologiques
dans
presque tous les secteurs
d’activités
économiques. Ces innovations sont surtout soucieuses
aujourd’hui des
impératifs économiques, mais
il faudrait en
effet de plus en
plus tenir compte des considérations environnementales
pour un meilleur
respect de notre
cadre de vie présent et futur.

pillages du patrimoine culturel et

L’Afrique a fourni au monde des
savants de grande valeur.
Néanmoins l’essentiel de sa culture historique ne repose pas sur
la science, en tout cas sur la
science telle qu’elle s’est développée au Nord. Pouvez-vous
nous éclairer sur la façon dont la
science et la culture peuvent
aujourd’hui coexister en Afrique
de façon synergique, dans le
plein respect en particulier de ce
que votre continent peut apporter de spécifique à l’humanité en
termes culturels ?

Elle résulte du génie créateur inné
en l’homme, mais son appropriation
peut être grandement facilitée par
la disponibilité de ressources globales et d’un environnement favorable, notamment sur les plans politique, humain, technique et organisationnel. Il ne serait pas exact d’affirmer que la culture historique de
l’Afrique ne repose pas sur la science : la seule référence à la civilisation égyptienne démontre éloquemment l’apport décisif de l’Afrique
dans nombre de domaines scientifiques comme les mathématiques

dans

un

milieu

culturellement

pauvre. Nous avons évoqué le passé
de Carthage, nous pourrions parler
de l’Asie, avec son ré-ancrage culturel permanent dans la science et la
technologie, ou de l’Europe, avec ses
musées, ses bibliothèques, ses salles
de concert, ses écrivains et ses
artistes. Quant à l’apport culturel
spécifique de l’Afrique, il trouve tout
son sens dans cette réplique du
Président Senghor (qui, je le rappelle,
fut Secrétaire d’État à la Recherche
scientifique dans le gouvernement
d’Edgar Faure) : « Oui, j’ai attaqué
Descartes au coupe-coupe et soutenu, avec une passion toute barbare,
la raison intuitive contre la raison discursive. »

Au Sénégal, beaucoup d’espèces ont disparu
« Les scientifiques admettent qu’il existe aujourd’hui près de 10 millions d’espèces (animales et végétales confondues) mais ils n’en connaissent que 1,5 million.
Selon une estimation, l’humanité perd environ quatre espèces par an. Cependant, si les tendances actuelles se maintiennent, les pertes seront
d’environ 50 000 espèces par an au cours des prochaines décennies. À ce rythme, les deux tiers de toutes les espèces vivantes seront perdus.
Ici, au Sénégal, beaucoup d’espèces ont disparu ou se sont réfugiées dans les zones qui conservent encore des caractéristiques de leur habitat. Par exemple, le venn et le néré qui étaient très répandus dans la région de Kaolack (où j’étais gouverneur en 1961) se sont maintenant
réfugiés en Casamance ou au Sénégal oriental.
Il en est de même des lions, autruches, antilopes et panthères que l’on ne retrouve plus que dans le parc national de Niokolo-Koba.
Au plan de l’agriculture, plusieurs variétés locales de riz adaptées, les unes à la sécheresse, les autres à la salinité, ont totalement disparu
aujourd’hui, et tous les pêcheurs ont constaté la rareté de plusieurs espèces de poissons d’eau douce et de mer. Demain, il risque de ne plus
y avoir de quinqueliba (Combretom michrantom), de nger (Guiera senegalensis) ou de ndimb (Cordylla pinnata) si les tendances se maintenaient, c’est-à-dire si les taux de prélèvement continuent de dépasser ceux de la régénération. »






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